Moi qui ne regarde pour ainsi dire jamais la télévision, j'ai regardé ce reportage hier soir. Ben j'aurais pu m'abstenir, ça n'apportait pas grand chose : c'est un peu creux.
A aucun moment on ne s'interroge sur les origines de cette violence, on ne parle que des moyens de répression, à la rigueur des tentatives de "réhabilitation" de ces animaux décérébrés, mais jamais d'éducation, jamais de rôles genrés, jamais des représentations de la femme dans la société... A aucun moment il n'a été fait la relation entre "ahlala, les féministes, els exgèrent" et les hommes qui "remettent à sa place" (ce sont les mots employés par une de ces raclures) la femme qui est "sorti de son rôle".
Des points positifs tout de même :
- avoir pointé les les journaux titrant sur les "crimes passionnels" et autres "drame famillial"
- avoir montré l'inexcusable passivité des forces de l'ordre, que l'on pourrait, au moins dans le cas présenté dans le reportage, poursuivre pour complicité passive ("Madame X a trouvé un bon moyen [porter painte] pour se débarrasser de son mari" => son avocate enchaîne : un an plus tard elle se vidait de son sang dans la rue, transpercée de multiples coup de couteau par son compagnon.)
- avoir montré, quitte à ne parler que de l'aval, qu'il est possible de faire beaucoup mieux, tout simplement en sensibilisant et en formant les intervenants (soignants, policiers, juges...)
- avoir rappelé le chiffre : une femme est tuée par son compagnon / ex tous les 3 jours. (et encore, le problème de ce chiffre, c'est qu'il ne tient pas compte des survivantes ; à quel rythme monterait-on si l'on comptabilisait les tentatives de meurtre ? Une tous les deux jours ? Une chaque jour ?)