Le corps expéditionnaire français, fort de quelque 15 000 hommes de nombreuses nationalités, avait sous-estimé la puissance de feu de ses ennemis, nourrie par l'installation, sur les collines surplombant le camp retranché, de canons transportés en pièces détachées sur des centaines de kilomètres dans la jungle, parfois à vélo.
Alors les "nombreuses nationalités", c'était les enrôlés des colonies hein, notamment sénégalais et algériens. Des colonisés pour aller foutre sur la gueule d'autres colonisés, et se faire massacrer pour un pays qui n'était pas le leur, dans un conflit où ils n'avaient absolument rien à gagner. Je ne dis pas qu'il n'y avait aucun blancs de métropole (mon grand-père y était, il a eu la "chance" -il a failli crever- de chopper un truc et d'être rapatrié avant Dien Bien Phu ; je regrette qu'il soir mort si jeune, je n'ai jamais pu en parler avec lui - notez qu'il n'aurait peut-être pas voulu), mais le gros de la troupe, c'était des colonisés.
Pour la sous-estimation de l'adversaire et la grossière erreur stratégique, je vous renvoie au livre d'Eric Vuillard cité ici : des gradés hautains qui méprisaient autant leurs troupes que l'adversaire. Ils sont toujours là, et quand ce sera à refaire ils referont tout pareil.