Qui l’eu cru ? Attendre d’avoir presque atteint l’âge canonique de 45 ans pour sortir un disque. J’ai appelé ma maman pour lui dire. Elle s’est inquiétée, sans doute à tort, parce que ce n’est pas si grave que ça. Ah oui, le disque qui sort, c’est celui entre les vertèbres L5 et S1 [1]. Le titre c’est « discopathie dégénérative », je ne suis pas sûr que ce soit très vendeur.
Ça peu faire un peu peur dit comme ça, mais c’est le terme scientifique pour dire que ton disque intervertébral, il est usé. Le disque usé entre les deux vertèbres, l’image que je m’en fais c’est que c’est un peu comme une éponge trop sèche : ça se déchire, et la hernie c’est un bout qui dépasse [2].
Quand on parle d’hernie discale, généralement c’est à ce moment là que tout le monde comprend et y va de son anecdote sur le beau-frère qui a été arrêté 8 mois ou une ancienne collègue qui devait prendre de la morphine.
Non mais, merci, vraiment.
En vrai, c’est une protusion discale intra-foraminale, et ça, c’est la classe.
Tout a commencé par une sciatique le 2 avril, laquelle s’est aggravée une semaine plus tard en hernie discale, enfin, en machin intra-foraminal, non ce n’est pas sale, même si foramen ça veut dire trou. Là où ça devient emmerdant, c’est que ça a créé un déficit du releveur du pied gauche. Ah oui, pardon, la version française : j’avais le pied gauche qui ne remontait plus totalement, à cause du nerf coincé, c’est bêtement mécanique. [3] et ça faisait *tap* par terre quand je marchais. Qui a dit Glokta ? Non, je n’en suis pas à ce point là.
A l’heure où je finalise cet article, j’ai vu quatre fois mon médecin traitant, deux chirurgiens dont un deux fois, une kiné deux fois par semaine ; j’ai passé un scanner [4] et une IRM, ce qui fait que j’ai vu quelques fois des radiologues ; la dernière fois, c’était un rendez-vous en vue d’une potentielle infiltration derrière les lignes ennemies, où ce monsieur m’a annoncé qu’au vu de l’évolution positive de mon cas, l’infiltration ne lui semblait pas indiquée.
Vous l’aurez compris, ça va vers le mieux [5], et on va pas s’en plaindre, après un mois passé très peu assis, pas mal debout, beaucoup allongé. Ce qui m’a permis d’être parfaitement à jour de Canard PC, de lire un bon paquet d’articles de Libération et de Le Grand Continent, et de faire un bond de géant dans ma lecture des Misérables.
Dans la vie, faut toujours voir le côté pratique des choses.