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Harry Potter et l’enfant maudit

mardi 20 mars 2018, par Sammy

Histoire de redémarrer ce blog en douceur -oui, depuis quelque jours j’ai à nouveau envie de bloguer- je vais réadapter une critique de Harry Potter et l’enfant maudit antérieurement publiée dans mon Shaarli [1], en tâchant de l’améliorer autant que faire se peut au passage.

J’ai lu Harry Potter et l’enfant maudit hier [2] Vous savez, il s’agit de cette suite théâtrale des aventures de Harry Potter, se déroulant vingt ans après Les reliques de la mort, dont les cons ont essentiellement retenu qu’Hermione était noire.

Pour ma part, en attaquant ma lecture, je craignais trois choses :

  • que la magie n’opère plus
  • que ce soit chiant de lire du Harry Potter sous forme de pièce de théâtre
  • que ce soit juste une histoire sans intérêt pour faire du pognon

Arrêtons dès maintenant cet insoutenable suspense : j’avais tort sur les trois points.

La magie est toujours là, magie à prendre au sens de « on se fait happer par une histoire et on ne la lâche plus jusqu’à la fin » ; elle commence, cette histoire, [3] au moment de l’épilogue du tome 7 : Harry/Ginny, Ron/Hermione et Drago Malefoy sont avec leurs enfants respectifs sur le quai 9 3/4, pour le départ d’une nouvelle année à Poudlard. Et on referme le livre sur cette image idyllique.

Sauf que oui mais non. La suite de la scène, puis l’histoire elle-même, nous montre très vite qu’on n’est pas dans la guimauve, et qu’être le fils de Harry Potter peut être un fardeau. Sans rien dévoiler de l’intrigue, je me contenterais de dire que le trio John Tiffany, Jack Thorne et J. K. Rowling a eu la bonne idée de ne pas récrire un Harry Potter bis où les enfants de la bande à Potter seraient de mini-clones de leurs parents, mais réellement une nouvelle histoire dans laquelle Harry, Ron et Hermione ne sont que des personnages secondaires.

Les enfants n’ont pas d’ailleurs pas hérités des caractéristiques de leurs parents. Occasion pour les auteur·e·s de questionner la transmission, la filiation (c’est avant tout l’histoire de la relation entre deux garçons et leurs un peu trop encombrants et un peu trop connus paternels ; l’un d’eux et Harry Potter, l’autre... vous verrez bien) et, pardon pour la tarte à la crème, le temps qui passe.

Un petit détail auquel j’ai pensé après ma lecture : pour faire court, Albus Severus Potter, outre le fait d’avoir deux prénoms impossibles à porter, est un « ado à problèmes ». C’est assez drôle quand on pense que Harry était plutôt l’ado parfait, qui se rebellait un peu mais pas trop, qui envoyait chier Dumbledore et ses mensonges mais était quand même prêt à se sacrifier pour sauver le monde quand il le fallait.

L’intrigue elle-même... comment dire ? C’est un mash-up entre Harry Potter et Retour vers le futur. C’est plaisant, bien trouvé, et ça amène assez vite à des situations intéressantes. J’ai assez rapidement éventé l’identité de la Némésis (c’est assez transparent, et il faut être stupides comme les deux jeunes protagonistes pour ne pas le voir ; je dis bien stupides, d’ailleurs le terme est employé par la directrice de Poudlard, la professeure Minerva McGonagall - oui, elle encore là) ; encore un avatar sur le thème du retour du fantôme de la vengeance de Voldemort, avec une petite variante qui rend la situation crédible, tout en venant renforcer le thème principal.

Bref, j’ai vraiment aimé cette histoire, je la conseille à toutes celles et ceux qui ont aimé Harry Potter et qui veulent se refaire un petit shoot sans pour autant devoir relire toute la saga.

Ne perdez pas de vue que ce livre est la traduction d’une transposition [4] ; la pièce de théâtre qui en est à l’origine est divisée en deux représentations d’environ 2 heures 30 chacune ! [5] J’espère que les représentations seront également traduites un jour. J’ai souvent pensé en cours de lecture que les scènes décrites devaient être très spectaculaires à voir en spectacle : il se passe beaucoup de choses, des transformations, des batailles de sorts, des voyages dans le temps ; je me suis demandé comment les effets spéciaux pouvaient être suggérés avec les moyens techniques du théâtre.

Vous allez lire ce livre. Vous allez l’aimer. Et vous allez pleurer à la fin. Et puis vous serez quand même content au bout du compte, parce que l’histoire continue, même si l’on n’est plus là pour la regarder. Et si vous avez des enfants, vous ne pourrez faire autrement que de le lire avec vos yeux de parents.


Je me suis rendu compte à l’occasion de cette lecture que j’avais quasiment le même âge que Harry à 2 mois près, ça fait drôle.

Sources (avec des photos de la pièce) :


[1le 14 novembre 2016...

[2Oui, le 13 novembre 2016. Faut suivre hein !

[3en reprenant le passage presque mot pour mot

[4mais si, c’est clair...