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Nosferatu en son miroir

vendredi 6 mars 2020, par Sammy

Cet article a une histoire rigolote, parce qu’à l’origine je voulais juste écrire quelques lignes sur 2 BD vite lues... Seulement voilà, je me suis demandé « pourquoi Nosferatu ? » Et la réponse est plutôt intéressante. Peut-être plus intéressante que les BD dont je voulais parler à l’origine ! Pour faire court, si vous aimez les histoires de vampire et que vous n’êtes pas trop difficiles, vous aimerez ces 2 tomes de Nosferatu. Mais commençons par digressez un peu, si vous le voulez bien.

Historiquement, Nosferatu est... une erreur de traduction. Bram Stoker l’a pris comme synonyme de « vampire » dans son célèbre roman, alors que le mot roumain dont il s’est inspiré signifiait en fait « le démon », « le diable ». Et c’est vrai que ces qualificatifs collent plutôt bien au personnage de Nosferatu tel qu’il est imaginé par Peru et Martino.

Nosferatu [1] est passé à la postérité avec le film de 1922 de Murnau, Nosferatu le vampire, qui est adaptation du roman Dracula, pour lequel le réalisateur n’avait pas obtenu les droits ; il a tenté tant bien que mal de dissimuler le plagiat en changeant les noms propres et les lieux (Dracula devient Orlok, Londres devient la ville imaginaire « Wisborg »...), mais las, la veuve de l’auteur lui intente un procès, et toutes les copies de ce qu’on appelait pas encore une fanfiction sont condamnées à être détruites. Et elles l’ont été. Si on peut encore voir ce film aujourd’hui, c’est parce que des copies pirates se sont élevées dans le Domaine Public aux États-Unis... Magnifique fable pour illustrer la lutte -désormais séculaire- des ayant droit contre le Domaine Public, ne trouvez-vous pas ?

La BD dont je voulais vous entretenir avant cette longue et chiante mais je l’espère intéressante digression franchit une étape de plus en faisant de Nosferatu le nom du vampire [2]. C’est même mieux que ça : Nosferatu est le premier de tous les vampires, le « premier père » qui d’enfant en enfant donnera naissance à tous les autres. Est-il utile de préciser qu’il ne s’agit pas d’enfants au sens classique du terme, mais de vampires créés par des vampires plus anciens et plus puissants ?

Et Nosferatu est le plus ancien, le plus puissant, et le plus terrifiant. Même les cadors vampires ont peur de lui, et se débinent tous à la simple évocation de son nom. Il faut dire qu’il a un sacré pedigree, des pouvoirs et un petit truc en plus : il n’est pas facile, mais alors pas facile du tout à tuer. Et y’en a qu’on essayé...

Je ne vais pas vous donner trop d’éléments sur l’intrigue, les 2 tomes sont vraiment trop vite lus. Sachez juste que l’hémoglobine coule à flot, que Nosferatu était déjà un puissant vampire du temps de Caligula et, c’est la révélation du tome 2 qui m’a beaucoup plu à cause de ce blasphème, Jésus était un vampire ! Toutes les histoires de vie éternelle et de « ceci est mon sang » prenant soudain un sens littéral assez jouissif... J’ai trouvé quelques incohérences une fois l’album refermé, et ai regretté une fin un peu en queue de poisson, mais l’histoire est quand même très sympa, les dessins sont magnifiques et servent parfaitement le propos, des orgies romaines aux bidonvilles indiens.

Deux albums conseillés à sang pour sang :->


Pour cause de vacances, cet article tiendra lieu de « Et quand je ne joue pas... » pour cette semaine ! B-)


Sources :

Les titres auxquels vous avez échappé :

  • Nosferatu t’es vu quand t’as bu ?
  • Nosferatu crois que tu m’fais peur ?

[1Cette image me faisait très peur quand je tombais dessus dans l’encyclopédie Quillet de ma mémée !

[2Si on récapitule, on a donc un vampire de fiction (Dracula), désigné de manière erronée par un nom commun (nosferatu), lequel devient le nom d’un autre personnage de fiction, donnant en même temps son titre à une BD. C’est pourtant simple.