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Et quand je ne joue pas... Long John Silver

vendredi 12 juin 2020, par Sammy

On va entrer en mode gosse de 12 ans pour cette note : j’ai lu une super histoire de pirates en BD, c’était chouette. Il y avait des méchants anglais, des gentils pirates, d’autres pirates méchants, une dame anglaise, un vieux docteur et un trésor, à la fin. Elle faisait un peu peur, la fin.

Cela faisait quelques semaines que ces 4 BD patientaient sur ma table de nuit, et le confinement m’a autorisé à les garder encore un peu plus longtemps que prévu. J’ai fini par m’y attaquer après avoir terminé mes multiples activités culturelles [1], la perspective du déconfinement m’ayant fait réaliser qu’il faudrait peut-être que je les rende à la bibliothèque municipale, un de ces jours.

Le prétexte de l’histoire tient en quelques mots, mais on s’en doutait dès la couv’ : qu’est-il advenu du pirate Long John Silver après sa fuite à la fin de l’île au trésor ? Après avoir rapidement expédié la question du devenir des autres protagonistes, et ce brave docteur Livesey étant désigné comme le fidèle scribe de cette nouvelle aventure, on s’embarque à la suite de Lady Hastings pour un long et dangereux voyage, à la recherche d’un fabuleux trésor jamais trouvé par les conquistadores, et à côté duquel le mythe de l’Eldorado fait figure de pâle lot de consolation.

On retrouve rapidement toute l’aura du dangereux et fascinant Long John Silver, sa capacité à manipuler, sa cruauté, mais aussi des faiblesses, et un côté presque humain, mais allez savoir ? C’est peut-être pour se donner un genre. La jeune, belle, aristocrate et malheureuse Vivian Hastings apparait vite comme son alter-ego féminin, femme éprise avant tout de liberté, prête à toutes les manipulations et trahisons pour s’assurer celle-ci, à une époque où l’horizon d’une femme n’était bornée que par le mariage, le couvent ou la prostitution.

Xavier Dorison et Mathieu Lauffray ont fait du bon boulot. J’avais un peu peur avant de me lancer dans la lecture, les couvertures laissant présager une ambiance chromatique très sombres, et on passe effectivement du noir au bleu foncé de la mer, puis au vert émeraude de la forêt, avec tous les jeux possibles d’ombre et de lumière ; le résultat est baroque, somptueux, et pas sombre du tout.


[1Il faudrait peut-être que je fasse une note générique pour parler de tout ça