Il était une fois une ancienne clerc d'huissier qui voulait devenir crêpière et qui y est arrivée.
L’obsession paye. «Au crépitement que la pâte fait quand je la dépose sur le bilig, je sais désormais si la crêpe va être réussie», assure l’artisane de 51 ans. Peu de temps après l’ouverture des lieux en février 2025, la salle est pleine et les critiques unanimes. La crêperie ranime ce village de 500 habitants à la population vieillissante – 24,5 % de plus de 65 ans –, qui trouve une certaine fierté dans les articles de la presse locale venus vanter le goût si fidèle de la complète de Joëlle Dambo.
Elle est même devenue championne de France de la meilleure galette de blé noir.
Mais voilà, les affreux gnomes des z'internet ne voulaient pas que la gentille princesses des crêpes savoure une victoire si justement méritée, et ils commencèrent à l'attaquer en utilisant ce genre d'arguments :
«Ce n’est pas parce qu’il tu mets (sic) une marinière et que tu fais des crêpes que tu es Breton (ne) !!! L’ADN c’est la base, et ce dans tous les peuples.»
Ah oui, c'est con, un gnome d'internet.
Parce que pour ces gens là voyez-vous, pour avoir le droit de faire des crêpes, il faut être breton. Ca se pose déjà là en terme de connerie. Et pour être breton, il faut avoir des ancêtres nés du temps de la duchesse Anne, plus ou moins : et ça, ça se voit dans l'ADN (si, si, j'te jure, on voit parfaitement les hermines et kouign-amann au microscope).
D'aucunes se seraient laissées abattre, mais notre crépière, prouvant par là qu'elle est bien une authentique bretonne, est têtue et ne s'en laisse pas conter : les gnomes, trouvant leurs commentaires parfaitement intelligents (souvent quand on est con, ben on s'en rend pas compte, c'est un vrai drame pour l'entourage) et légitimes (sans doute à cause de quelques personnalités politique de droite et de droite, allez savoir), ont signés de leurs vrais noms.
Elle a porté plainte contre chacun d'eux, individuellement, auprès du Pôle national de lutte contre la haine en ligne.
Une fiche très bien faite pour évaluer si un enfant est en situation de harcèlement, et si oui, à quel degré. Source : cette page de l'espace "mineurs" du Ministère de l'intérieur, qui propose également des fiches-conseil sur la sextorsion, comment trouver de l'aide [un chat confidentiel vient d'être mis en place pour les mineurs en danger] et un mineur peut-il porter une arme pour se défendre [spoiler : non].
La Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants estime -je m'éloigne du harcèlement mais c'est dans le sujet du chat confidentiel- que 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année, « majoritairement au sein de la famille ».
Ca me dégoute, mais tellement... Entre le père de famille catho BCBG, le paumé "sans amis" alcoolique, l'étudiant de base... tous avaient une "bonne raison" d'envoyer un message haineux à la DJ Leslie Barbara Butch, dont le seul crime, inexpiable pour tous ces hypocrites cachés derrière leur religion pour ne pas avouer en face leur intolérance crasse, est d'être, dans l'ordre :
- une femme
- lesbienne
- grosse
- militante pour les femmes, les gros, les handicapés...
- et d'avoir été au centre d'un tableau de la cérémonie d'ouverture des JO parodiant la Cène, même si son créateur s'en défend.
Et ce qui me fait encore plus hurler, c'est qu'ils disent tous plus ou moins "je ne savais pas qu'elle était harcelée".
Parce que pour vous, envoyer un message de haine (florilège : «Tkt on va t’attraper la grosse», «[…] tu as passé une limite et tu le sais», «crève salope. J’espère te croiser sale chienne […]»), déjà c'est normal, on fait ça entre grandes personnes civilisées (et chrétiennes, voir plus bas), ensuite, à aucun moment vous pensez que 1 message + 1 message + 1 message multiplié par des milliers de courageux anonymes (cachés derrière des pseudos tels qu’«arracheur de LGBT»), c'est pas du harcèlement.
Dites moi, vous êtes cons ou hypocrites ?
Et donc, c'est juste une façon, comme dit l'accusé BCBG, "d'évacuer sa douleur" parce que "c’était tellement décevant de mettre de côté une partie importante de la population en parodiant une scène biblique centrale et un personnage important de la chrétienté". Non mais rhâââ. J'ai très envie de mettre un chapelet d'insultes, mais je ne veux pas tomber aussi bas que ces gens là. Je vomis de plus en plus tous ces cathos préchi-précha, qui te foutent leurs "valeurs chrétiennes" dans la figure à tout bout de champ, pour tout de suite après allez manifester contre le mariage pour tous, puis rentrent à la maison poster des messages homophobes derrière des pseudos inspirés.
Ouais, j'ai la haine.
Dans la foulée de ces révélations, Serge Hascoët, directeur créatif et numéro 2 du groupe, avait démissionné. Deux autres hauts cadres, Thomas François et Guillaume Patrux avaient été licenciés pour faute grave.
Tous les trois anciens doivent désormais s’expliquer devant le tribunal correctionnel de Bobigny. Le procès s’est ouvert ce lundi 10 mars, et devait s’étendre jusqu’à vendredi. Il a finalement été renvoyé à début juin. Ce renvoi a été réclamé par des avocats des parties civiles et de la défense qui estimaient n’avoir eu accès que très tardivement à un nombre conséquent de pièces du dossier.
Ultia, streameuse de 29 ans sur la plateforme Twitch suivie par près de 300 000 personnes, avait dénoncé en 2021 les propos d’un de ses collègues lors du grand événement caritatif du milieu, Zevent : Inoxtag, l’un des plus gros influenceurs français, avait fait dire à sa petite amie, non francophone, devant plus de 400 000 personnes, « Tu as une grosse bite », et lui avait lancé, hilare, des phrases comme « J’ai le braquemart à fond », « je vais la soulever ».
Pour avoir dénoncé ces propos sexistes et exprimé son dégoût devant l’inaction des autres streameurs et de la plateforme Twitch, Carla G. subit depuis plusieurs années des vagues de cyberharcèlement répétées, qui continuent encore aujourd’hui et sont parfois entretenues par d’autres créateurs de contenu. Sans appeler directement à son harcèlement, ils attisent parfois la haine de leur communauté en la dénonçant comme « la casse-couilles de service » et provoquent régulièrement de nouvelles vagues de haine.
Seuls 4 hommes ont finalement été poursuivis et 3 d'entre eux condamnés. C'est peu (elle a fourni 700 captures d'écran aux enquêteurs, mais c'est bien en terme de signal.
TW : harcèlement, suicide (tentative).
Du blabla d'institutions qui se protègent mais qui au final n'ont RIEN fait. C'est dégueulasse.
TW : violence, harcèlement, suicide
Dès la mi-octobre 2022, les parents de Nicolas avaient compris que leur fils se faisait harceler et avaient alerté l'équipe pédagogique. Une lettre du rectorat datée du 4 mai qualifiait leurs propos d'"inacceptables" et mentionnait l'article 226-10 du Code pénal qui sanctionne les dénonciations calomnieuses, rappelant qu'elles sont punies de cinq ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende.
L’Éducation Nationale dans toute sa splendeur. Si ce malheureux gamin ne s'était pas foutu en l'air, la rectrice serait toujours en place, voir même félicitée pour son bon travail. J'ai vu passer des choses absolument analogues sur Mastodon, d'un mastonaute expliquant que leur gamin, harcelé, avait été raccompagné jusque chez lui, soi-disant pour sa sécurité... par ses harceleurs, à la demande de la direction de l'établissement.
Quand on en arrive à ce niveau de bêtise crasse, où la peau de saucisson devant les yeux tient lieu de diplôme de pédagogie, on a du mal à prendre au sérieux les gesticulations ministérielles, les émissions spéciales à la téloche pour dire qu'on s'occupe du sujet, etc.
Un appel de détresse. La chanteuse française Hoshi a interpellé le gouvernement sur Twitter ce jeudi 13 janvier pour l’aider face à la campagne de cyberharcèlement qu’elle subit depuis plusieurs années désormais.
L’artiste de 26 ans a dévoilé un échantillon des messages homophobes, misogynes, grossophobes et les menaces de mort d’internautes qu’elle reçoit régulièrement. « En France, on peut menacer les gens, tenir des propos homophobes et sortir librement dans la rue parce que la justice ne fait rien », a-t-elle dénoncé.
Chères hommes qui répondez: "Wow je savais pas que c'était si violent ils sont malade courage" sous les thread d'horreurs sexistes que subissent les femmes, voici une série d'actions concrètes que vous pouvez faire pour nous aidez a corriger cet enfer qui sera plus utile
La suite de ce dont je parlais hier, à propos du harcèlement en ligne à l'encontre des femmes.
Une liste d'actions que les hommes peuvent mettre en pratique, sans délai :
- Modérez vos commentaires (si vous animez un chat, un forum, un stream, un blog...)
- Éduquez vos potes
- Dégagez les déchets
- Donnez l'exemple
- Arrêtez de vous taire
- Exigez des outils (sur les plates-formes)
- Offrez plus que des mots de soutien
- Renseignez vous
- Arrêtez de tolérer l'intolérable
- Ayez des femmes dans votre entourage et écoutez les (le gras est de moi)
- N'oubliez pas tout ça demain
- Soutenez et suivez des assos
- Quand des femmes prennent la parole soutenez les (je me permets d'ajouter : mais sans faire de mecplication !)
- "Et face aux imbéciles qui font du not all men on ferme les réponses"
je suis fatiguée et il est temps que je vous explique.
Des années que je streame et j’ouvre ma gueule sur 10% max du problème, parce qu’apparemment faut ignorer pour que ça passe.
Une streameuse raconte le harcèlement sexuel dont elle est victime. Pas juste elle : toutes les femmes qui streament. Lisez, c'est à gerber.
Activision Blizzard est à son tour (et sans surprise) accusé de discrimination et harcèlement. Après avoir nié en bloc, l'entreprise doit faire face à une fronde massive de ses employé·e·s, un mouvement de grève inédit, une plainte des actionnaires et le retrait de sponsors. C'est vraiment bien fait pour leur gueule, et je pèse mes mots. J'espère seulement que cela entamera un (long) processus d'évolution (même si j'en doute).
Quand ce ne sont pas des humiliations publiques, elles se déroulent en privé, plus rudes encore. Florent C. a l’habitude de s’enfermer pendant des heures, seul avec un employé ou une employée, dans la cuisine des studios. De ces « réunions cuisine », comme elles sont appelées par les collaborateurs, on ressort lessivé, en ayant mal au crâne, « les larmes aux yeux », parfois « en pleurant », nous décrivent de nombreux témoins. Toutes les personnes à qui nous avons parlé nous ont expliqué avoir dû affronter au moins une fois cette épreuve, presque considérée comme un « bizutage ». Pendant, 3, 4, voire 5 heures, le manager questionne les salariés, leur « retourne le cerveau », nous dit-on. Tous les prétextes sont bons pour ces réunions. « J’ai remarqué que tu ne rigoles plus à mes blagues, je sens que t’es pas bien », dit un jour le manager à Quentin, sur le ton du reproche. Dès qu’il sent la moindre remise en question de son travail de la part d’un salarié, le directeur le prend à part. « Il ne te lâchait pas tant que tu n’avais pas dit oui à tout », relate Quentin. « Au final, si tu veux pas qu’il te harcèle et que tu vives un enfer, il faut que tu sois dans un rapport de soumission » conclut Antoine.
Auprès de Numerama, le chef de Nadeo justifie ce comportement par un intérêt pour la vie de ses employés.
via Riff
Dans n'importe quel sens que l'on prenne cet article, ça sent pas bon :
- Google espionne ses employé·e·s
- en admettant que ce ne soit pas le cas, l'ambiance a l'air bien pourrie, et la communication interne est défaillante
- Google protège ses hauts dirigeants accusés de harcèlement sexuel
- Google vend à la Chine un moteur de recherche censuré
- Google vend à l'armée américaine de l'IA pour ses frappes de drone
Et ce n'est qu'un article de 5 paragraphes !
via Mastodon
Je partage ceci car je trouve cette conversation "exemplaire" :
Pour ceux qui nous disent d'user de politesse quand on se fait "gentiment" aborder en DM, voilà ce qu'il se passe.
Il me semble que mon refus lui a été signifié clairement et sans ambiguïté.
Mais visiblement, pour certains, dire "non" même une dizaine de fois ne suffit pas.
Résumé de la conversation :
- Ça te dirait de venir boire un verre ?
- Non
- [Insiste 10 fois + photo "dénudée"]
- Non
- Mais t'es qu'une sale pute en fait
Ni oubli, ni pardon :
Depuis ces révélations, de nombreux hommes ont pris la parole reconnaissant avoir fait partie de ladite « ligue » : Vincent Glad (Libération), Alexandre Hervaud (Libération) Olivier Tesquet (Telerama), Guilhem Malissen (Nouvelles Ecoutes), Sylvain Paley (Studio 404), Henry Michel, (rédacteur, créateur de podcast), Baptiste Fluzin (ancien directeur créatif), Stephen des Aulnois (rédacteur en chef du Tag Parfait), David Doucet (rédacteur en chef des Inrocks), Christophe Carron (rédacteur en chef de Slate), Renaud Aledo (communiquant).
[...]
Cyprien doute de la sincérité de ces excuses. « Ils essaient de se racheter une image, dit-il. Ils disent que Twitter c’était juste un espace pour bitcher, qu’on le faisait tous, mais c’est faux. Sur Twitter ce n’était pas comme ça. » Il ajoute que contrairement à ce qui a été dit, le harcèlement ne s’est pas arrêté en 2011. Il aurait reçu des messages des mêmes personnes jusqu’en 2014. « Ils adoraient la souffrance des autres, ajoute le youtubeur. Ruiner des carrières et ruiner des vies, c’était leur quotidien. »
Depuis vendredi 8 février, de nombreuses entreprises ont pris des décisions très fermes à l’égard d’anciens membres de ladite ligue. L’entreprise de podcasts Nouvelles Ecoutes a mis un terme à sa collaboration avec Guilhem Malissem, ex « pornkid ». Brain Magazine a dit suspendre le travail de Vincent Glad, qui gérait leur Page Président. Lui et Alexandre Hervaud ont été suspendus à titre conservatoire du média Libération. Guillaume Ledit a été mis à pied par Usbek & Rica. Stephen des Aulnois, fondateur du site sur la culture porno Le Tag parfait, a annoncé son retrait du poste de rédacteur en chef. Renaud Aledo a été mis à pied par son employeur Publicis. David Doucet a été mis à pied à titre conservatoire et une procédure de licenciement a été engagée.
Un point de vue intéressant. Qui n'excuse rien (mais quel imbécile a bien pu dire que chercher à comprendre c'était déjà excuser ? Hummm... attendez,ça va me revenir)
Parce que les prédateurs n'ont pas forcément une tête de prédateurs ;
Parce que les affiches, ça change pas grand chose aux problèmes ;
Parce que on met plus l'accent sur la femme qui doit "donner l'alerte" que sur les hommes qui doivent changer de comportement.
Bref : images choc, mais bullshit.
Quand une femme raconte publiquement et avec assurance avoir remis un pauvre type à sa place, c’est au fond inverser un certain rapport de force et perturber ce petit ordre établi dans les rapports H/F pour pas mal de monde.
[...]
il n’est plus possible de dominer de manière tranquille, nous pouvons “afficher” ce genre de comportements. Même sans montrer un visage, un nom de famille ou un numéro : le strict minimum semble déjà créer une onde de choc intéressante à analyser. Ce n’est pas l’humiliation qui doit disparaître comme par magie mais plutôt qui est ce qui la subit qui doit être réévalué.
Le message délivré par la télévision publique, par la chroniqueuse de la télévision publique, aux victimes d'agressions sexuelles, notamment de la part des puissants, et sans aucune atténuation de l'animateur sur le plateau, restera donc : face aux agressions sexuelles, "on se débrouille, c'est comme ça".
Même si la terrible répartie d'Angot donne davantage à voir et à penser sur sa propre souffrance que sur celle de Rousseau, l'effet produit est effectivement désastreux.
Oh, je précise que je n'ai découvert cette polémique qu'hier soir via le web, ne regardant aucune de ces merdes télévisuelles régulièrement citées dans ce genre de situation. Oui, c'est -au delà de la propre souffrance d'Angot- une réflexion de droite. Oui, Ruquier, sous ses airs faussement bonhomme est une ordure qui cautionne par son silence toutes les saloperies balancées par ses chroniqueurs : Zemmour en son temps, Polony, Moix, et maintenant Angot et son délire individualiste.
J'avais ça qui traîne dans mes onglets ouverts depuis avant les vacances [via Riff], je partage avant de nettoyer...
Une fois de plus, méfiez-vous des histoires un peu trop belles...
Depuis, il semble qu'un barrage a cédé : ces derniers jours, révélations et démissions se succèdent. Vendredi 30 juin, le "New York Times" a ainsi publié les témoignages de 24 femmes sur la culture du harcèlement dans le monde de la tech.
Voir aussi ce (hélas) vieil article : https://cafaitgenre.org/2013/03/16/sexisme-chez-les-geeks-pourquoi-notre-communaute-est-malade-et-comment-y-remedier/
C'est affligeant. Faudrait pas trop qu'il se pose en victime non plus, ça va finir par se voir. Et je me demande dans quelle mesure sa "plainte" est recevable.
J'apprécie à sa juste valeur l'hypocrisie du journal Le Monde, qui publie des extraits du communiqué du Parquet, mais l’intégralité du communiqué triomphaliste, hypocrite, mensonger, dégoûtant et obscène d'un "harceleur présumé".
Le témoignage de Kayane, cette joueuse pro stalkée par un malade, que j'évoquais hier.
Mes proches me disent: «Ah bah tu ne vas pas là-bas!»
Mais ma première réaction était: «Il m’attend là-bas, JE DOIS Y ALLER !»
C’était ma seule et unique occasion de l’attraper, d’être enfin sûre de savoir où il est. La police ne m’aidera que si je suis en sa présence. Il ne pourra consulter un psychiatre et se faire soigner QUE si la police l’y mène.On arrive avec mon ami, on gare notre voiture à côté de la sienne pour qu’il ne puisse pas fuir. Je sors de la voiture, je le regarde et il me sourit d’un air «te voilà enfin!» Je le regarde avec beaucoup de mépris, et devant lui, je sors mon téléphone et j’appelle les urgences. Il faut qu’il comprenne que c’est moi qui le dénonce. (…)
La police arrive, c’est un soulagement.
Je reporte plainte, et je dois consulter un médecin spécialisé pour justifier de la nuisance de ses faits sur mon état de santé, mon travail, mon bien-être. Le RDV a été pris pour mi-mai seulement…
Quant à lui, il est pris en charge et j’espère qu’il pourra être entendu par un psy, qu’il réalise son problème et qu’il sera soigné.
[...]
Je tiens à dire que le harcèlement pourrit la vie d’une personne au quotidien, et qu’il ne peut être affronté seul. Il faut en parler. Parce qu’on ne peut pas continuellement vivre dans la peur seule.
Je n’aurais jamais réussi à l’attraper hier soir sans avoir parlé de ça à mes proches, sans avoir prévenu de ce qui se passait. Je ne les remercierai jamais assez pour leur réactivité et leur bienveillance.
De par mon vécu, le harcèlement semble vraiment méconnu et pas pris au sérieux. Souvent parce qu’il n’y a pas d’impact physique visible, l’impact est intérieur et est dur à voir. S’il n’y a pas eu de violence, ce n’est pas très important alors que la violence peut aussi être mentale. (…)
Tout ce que je vous raconte là, ce n’est que le récit de trois jours. Mais ça dure depuis des mois. Je vous passe énormément de détails sur ce qu’il a fait tout ce temps, et sur la réaction de sa famille et particulièrement son père qui est très choquante.
Je n’arrive plus à dormir correctement, je ne peux plus m’entraîner en étant complètement concentrée, je ne peux pas promener Yumiko sereinement. Je passe mon temps libre au commissariat.
La vache. @Kayane, "joueuse semi-pro" a été stalkée et harcelée par un malade érotomane. Elle a eu le courage d'en parler, de l'affronter, et de pouvoir le coincer avec l'aide de la police.
EDIT : précision "avec l'aide de la police", c'est beaucoup dire ; ce serait plutôt "elle a aidé la police" :
Sachez que la police avait son tel, plaque d'imma, adresse de travail, et qu'il s'est rien passé jusqu'à ce que je le choppe moi-même.
https://twitter.com/Kayane/status/833987080053280768
A alors été lancé le hashtag #harcelementdomicile qui a permis à de très nombreuses femme de témoigner de toutes les fois où elles avaient vécu des situations de harcèlements. Eclaircissons d'emblée ce terme car il semble, que lorsqu'on parle de violences sexuelles, beaucoup d'hommes se transforment en docteurs en droit. Voici ce que nous dit le droit " Est assimilée au harcèlement sexuel toute forme de pression grave (même non répétée) dans le but réel ou apparent d'obtenir un acte sexuel, au profit de l'auteur des faits ou d'un tiers." (j'ai mis en gras ce qui importe).
Lorsqu'on parle de "harcèlement de rue", on évoque le fait qu'une situation qui s'est répétée de nombreuses fois au cours d'une vie, même si chaque auteur n'a eu qu'un seul propos sexuellement agressif, devient du harcèlement du fait même du nombre de propos.
Et lorsque donc on évoque du "harcèlement à domicile", on entend dire par là qu'une catégorie entière de la population (= les femmes) subissent des propos, des actes qui vont parfois jusqu'à la violence, non sollicités sexuellement. Ce harcèlement est commis par des hommes inconnus et se sur-ajoute donc aux violences sexuelles décrites au dessus. Même si chaque homme n'a eu qu'un seul propos, la récurrence crée une situation de harcèlement.
Magie de Twitter, c'est la jeune femme qui devient alors victime d'un harcèlement acharné: insultes, menaces, ouvertures de faux comptes... Sur l'air de «c'est de la délation! Le pauvre homme va perdre son boulot». Et il s'en est fallu de peu pour que Buffy Mars soit accusée de la non inversion de la courbe du chômage. Il a aussi été reproché à cette jeune femme de crier au loup. De faire grand cas de ce que certains n'ont considéré que comme de la drague maladroite. Voire touchante.
Il y aurait beaucoup à dire sur l'absurdité du double discours s'articulant ainsi: «Les femmes devraient porter plainte quand elles sont harcelées/agressées/importunées. Un peu de courage que diable!» / «Ta gueule salope, tu devrais te sentir flattée».
A lire et à diffuser, bien sûr.
EVIDEMMENT, personne ne vivra tout cela dans la même journée ou ce serait vraiment jouer de malchance. EVIDEMMENT, #NOTALLETECHNICIANS si vous insistez. Il n'est pas question de dire que TOUS les chauffeurs UBER et TOUS les mecs qui viennent t'installer la fibre vont te harceler des sms pour boire un mojito, dans le meilleur des cas. Mais enfin, penser à toutes les options de harcèlement sur une journée permet de façon visible de constater que le simple fait de recourir à un service de base (se faire livrer du courrier, rentrer chez soi en VTC, faire installer internet chez soi) peut nous priver de la jouissance de ce qu'on considérait comme un sanctuaire: nos foyers. (En tout cas pour celles qui sont épargnées par les agressions intrafamiliales).
Non, pas de lien vers ce truc infâme. J'en parle juste parce que c'est passé sur le Twitter de @_BuffyMars.
Si vous voulez lire l'article => Google + le titre, ça devrait suffire.
Je n'arrive pas à croire que :
1/ On puisse écrire un tissu de conneries pareil. Non seulement c'est calomnieux, injurieux, misogyne, sexiste et mensonger (le technicien n'a pas été licencié), mais en plus c'est romancé comme un roman-photo de Nous Deux.
2/ Il y a des gens qui lisent ça, qui le prennent pour argent comptant et vont ensuite s'en servir comme d'une "preuve" pour asséner leur "vérité"
sans compter les autres articles du site, qui font passer Zemmour pour un modéré...
J'ai eu une longue conversation ce matin à propos de cette histoire, avec un twitto que je ne connaissais ni des yeux ni des dents. J'ai quand même réussi à parler de harcèlement, de consentement et de société patriarcale (non, je n'ai pas coché une liste de termes à placer). Je nourris l'espoir secret qu'il contribuera au changement, lui aussi, dans son petit coin.
Il n'était pas dans les abrutis virulents, sinon je l'aurai bloqué direct, mais son raisonnement achoppait quand même sur la question de "comment séduire sans harceler" et "juste un SMS, c'est pas du harcèlement" (je m'en voudrais de déformer son propos, l'échange est retrouvable sur mon compte Twitter pour celleux qui ont du temps à perdre).
J'espère qu'il lira ces témoignages. Lui, et les autres.
Ce qui me dérange le plus dans ces démarches, c'est qu'elles traduisent un climat de séduction qui serait permanent. Toutes les occasions sont bonnes. Or quand je fais des courses, que je vais au commissariat, que je fais venir un réparateur chez moi, que je passe un entretien professionnel, je ne suis pas dans la séduction, je mène juste ma vie.
[...]
Ce n'est pas grave, mais c'est lourd. Ce type de message me fait me sentir vulnérable au point que recevoir un inconnu chez moi, pour des travaux ou autres, m'angoisse au plus haut point. Je ne sais pas comment lutter contre cette peur, que je dois pourtant affronter à diverses occasions.
[...]
J'étais vraiment très inquiète. Ce livreur disposait de toutes mes coordonnées -nom, prénom, adresse, etc. Il m'a même ajouté sur Facebook, ce que j'ai évidemment refusé. Pour qu'il me laisse tranquille, j'ai prétendu avoir un petit-ami. Cela ne l'a pas empêché de me recontacter plusieurs mois après.
Je découvre à l'instant et je vous la fais courte : la blogueuse Buffy Mars (citée l'autre jour) a été victime d'un harcèlement absolument délirant juste pour avoir fait part sur Twitter du comportement non-professionnel et illégal du technicien Orange qui utilise ses données privées (son numéro de téléphone) pour la draguer.
Elle a eu la totale : cyber-harcèlement, faux profils, appels au viol... avec inversion des rôles : la victime devient une méchante sans pitié, et le technicien une pauvre victime innocente tombée dans les griffes d'une horrible-féministe-gauchiste.
Enfin lu cet article ouvert depuis des semaines.
Nan, mais faut comprendre le ras-le-bol des policiers : ils ne peuvent même plus harceler en paix.
Éduquez vos enfants.
:(
via https://liens.nonymous.fr/?KDEdkQ
Déjà évoqué, mais c'est une bonne synthèse sur l'affaire.
J'espère qu'ils vont prendre cher.
Les conséquences de la mise en œuvre de ces deux programmes furent dramatiques. Soixante personnes se sont suicidées en trois ans, dont trente-cinq pour les seules années 2008 et 2009.
[...]
Si le juge d’instruction, qui rendra son ordonnance d’ici quelques semaines, suit l’avis du parquet, Didier Lombard, ancien numéro un de France Télécom (devenu Orange en 2013), son ex-bras droit, Louis-Pierre Wenes, et celui qui fut DRH, Olivier Barberot, comparaîtraient pour « harcèlement moral ».
De même pour la société France Télécom, personne morale. Deux directeurs territoriaux – Nathalie Boulanger et Jacques Moulin –, ainsi que le DRH France de l’entreprise, Guy-Patrick Cherouvrier, et l’ex-directrice du programme Act, Brigitte Bravin-Dumont, devraient répondre, eux, de « complicité de harcèlement moral »
Bien. La justice est lente, mais elle avance. Parfois.
Ça parait cool mais :
rendre cette histoire publique n’a pas été un choix facile. Si vous parlez des problèmes féministes comme la violence faite aux femme, il y a de grands risques que vous deviez affronter plus de harcèlement en ligne. C’est d’ailleurs très ironique (et effrayant) que je craigne le harcèlement pour avoir dénoncé du harcèlement
et :
Dans une rue sombre, sans personne autour, il n’est pas certain que sortir son téléphone pour filmer en direct son agresseur permette de renverser le rapport de force.
Décrédibiliser les accusations portées contre Denis Baupin en montrant que certaines partenaires pouvaient être consentantes, et donc que c'est Denis Baupin la victime, c'est brillant, vraiment.
Mais ce que son avocat néglige volontairement de rappeler, c'est que toutes les femmes qui ont reçu ces SMS n'étaient pas les partenaires de jeu qu'il prétend. Qu'elles ont même dit "stop". Que ça n'a pas suffit.
Hop, illustration : https://twitter.com/ellensalvi/status/740250043811307520
Libé, ce journal "de gôôôche" va encore nous expliquer que c'est de la "restitution littéraire et ironique de préjugés et d'angoisses", comme la dernière fois ?
Sans qu'il soit nécessaire d'en lire plus, un type qui qualifie de "marivaudages" le délit de harcèlement sexuel (et allez savoir, peut-être que le crime de viol n'est que cette "exception française" qu'il vante dans son vomi ? J'insiste sur les qualifications juridiques pour bien éclairer son propos) mérite t-il qu'on lui explique à quel point il est à côté de la plaque ?
Lisez plutôt l'article de Renée Greusard dans Rue89, elle a eu l'abnégation de lui répondre point par point. Enfin... lui répondre... ce n'est pas à lui qu'elle répond, on se comprend. Elle écrit pour ceux dont on peut encore sauver quelque chose.
Fichage de salariés, licenciements montés de toutes pièces, répression syndicale
Diverses pratiques de harcèlement ont été utilisées : « Détérioration des conditions de travail, isolement physique et moral, demandes floues et répétées suivies de reproches, jeu sur la mobilité... »
"Il a Free, il a tout compris"
Je doute que les autres opérateurs aient de meilleures pratiques. Mais ça fait tâche, quand on prétend tout faire mieux que les autres.
Le harcèlement assomme. Je ne crois pas qu'on puisse éviter une période de sidération, surtout dans un cadre où les victimes ont plus à perdre que leurs abuseurs, et plus à perdre à parler qu'à se taire. C'est encore le cas aujourd'hui. Un procès pour harcèlement prend des années, la mise au placard des victimes prend cinq minutes.
Voilà.
Voilà. Entendu sur dans le journal de France Culture ce matin.
Ses avocats ayant invité les journalistes à leur envoyer une liste de question (le sensible et pudique Denis Baupin refusant de s'exprimer), ils ont répondu, dixit la station, par un courrier "comminatoire" les menaçant de poursuites.
EDIT : la gerbe : https://twitter.com/Denis_Baupin/status/707227396110417920
Déjà que je trouvais cette initiative calamiteuse, mais là, c'est d'un cynisme gerbant.
EDIT 2 : la gerbe, suite
http://denisbaupin.fr/communique-de-presse-du-9-mai-2016/
J'ai l'impression d'avoir lu ce genre d'histoire une centaine de fois :(
Éduquez vos fils.
Merde.
Pour la directrice de l'hôpital Georges Pompidou, le suicide d'un médecin sur son lieu de travail est un "décès accidentel".
Un peu comme les "décès accidentels" ont été à la "mode" à une époque à France Télécom.
"Si de plus en plus de joueurs qui n’entrent pas dans la catégorie du stéréotype de ‘homme blanc hétérosexuel’ se mettent à jouer, leur présence suffira peut-être à réduire les comportement discriminatoires."
Hum. Pas sûr. Il suffit d'une minorité de connards violents pour perpétuer le phénomène.
Un livre à offrir !
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