Je n'avais plus beaucoup d'estime pour Uderzo, mais là...
"Etre ou ne pas être Charlie ? Non, je n’étais pas Charlie. J’étais Cabu. J’étais Wolinski. Mais je n’étais pas Val, ça non. Et donc, je ne pouvais pas être Charlie. Mais tout ça, c’était hier. C’était avant la mare de sang. De l’autre côté de la frontière de sang.
Aujourd’hui, oui, je suis Charlie. Je suis le Charlie de l’après. Le Charlie indispensable, et qu’on accueillerait volontiers chez nous, avec ses traumatisés, avec ses éclopés, avec tous les petits nouveaux qu’on souhaite le plus nombreux possibles, si on avait la place. Et pas seulement pour le prochain numéro à un million d’exemplaires. Mais pour tous les suivants, quand Obama et tous les empesés repenseront à autre chose."
Et pourquoi la mort de Cabu et Wolinski nous touche particulièrement : "C’est cette tendresse, qu’on a assassiné, avec les deux vieux."
Et merde. Je voulais écrire un article, Schneidermann a dit à peu près ce que je voulais dire. Pour moi "Je suis Charlie", ça ne veut pas dire "Je soutiens la lige éditoriale d'un journal dont Val (et d'autres) ont tué l'âme" ; ça veut dire "Je suis solidaire, pas forcément solidaire de leurs idées, mais solidaire de leur liberté" Si on leur enlève à eux, alors on nous l'enlèvera à tous.
"On partage quelques liens, accessoirement on fait un peu de pédago dans notre entourage. Mais au final, on continue d'avoir un boulot de développeur dans un boîte de comm'; oscillant entre le rythme rassurant d'un boulot-famille, rythme qui nous permet de ne pas avoir trop de compte à rendre à nous même. [...] Reprend une dose de fuite, ça passera mieux."
Moi aussi j'ai peur pour mes enfants. Très prosaïquement, mon fils de 3 ans a eu droit a une minute de silence hier. En maternelle. J'ai peur. Qu'est ce que des gens peu ou pas formés ont bien pu raconter à des gosses de 3 ans pour justifier de leur faire faire une minute de silence ? "Loulou, il t'ont raconté quoi hier à la cantine ?" "Je sais pas. J'ai pas compris" Est-ce que c'est pour ça qu'il m'a fait un gros câlin quand je suis rentré hier soir ? Putain, je pourrais chialer en écrivant ça. C'est tout un symbole, c'est le symbole de notre impuissance. Tu fais tout pour préserver tes gamins, pas de télévision avant 6 ans, pas d'ordinateur avant 3 ans, pas d'internet avant... longtemps, et cela n'empêche pourtant pas le monde extérieur de les atteindre, de leur tomber dessus, de les abîmer.
J'en parlais hier soir avec mon épouse. Et tu sais quoi ? Objectivement, le monde ne va pas plus mal qu'avant. Ce n'est pas une parole de consolation. C'est un constat amer. Il ne va pas plus mal parce qu'il n'est jamais allé mieux. Allez, sans remonter très loin, cela fait 100 ans que, se référant à des événements tragiques, des pères et des mères disent "plus jamais ça", "mes enfants ne grandiront pas dans ce monde là". Et pourtant ça continue : les guerres, le terrorisme, la misère terrifiante. 1914, 1929, 1933, 1940, 1945, le Viet-Nam, le Chili, le Rwanda, les massacres, les attentats, les tours qui s'effondrent, les bombes qui explosent, les moines qui s'immolent, les soldats qui meurent les tripes à l'air, tout ce sang versé en vain : la danse infernale de la violence et de la mort ne s'arrête jamais. Brassens l'a bien dit : "Mais l'âge d'or sans cesse est remis aux calendes / Les dieux ont toujours soif, n'en ont jamais assez / Et c'est la mort, la mort toujours recommencée"
L'homme est intrinsèquement violent. Et pourtant il est aussi intrinsèquement social et empathique. Le même animal peut être ces deux choses, en même temps, ou à des moments différents. Nous savons que nous mettons au monde des enfants qui mourront un jour et qui avant ça, vivront dans un monde atroce, et pourtant nous continuons à le faire. L'instinct de survie de l'espèce est plus fort que nos hontes, que nos peurs, que nos angoisses.
Je ne sais pas si je t'ai consolé en écrivant ça ; je ne pense pas non plus t'avoir rassuré. Je l'ai écrit autant pour moi que pour toi. Je suis triste, mais je m'efforce d'être lucide. S’efforcer d'être heureux malgré tout n'est pas une fuite. C'est une résistance.
Citons Prévert après Brassens : "Il faudrait s'efforcer d'être heureux, ne serait-ce que pour montrer l'exemple"
Courage. Vivons.
Vu le passif de ces deux assassins, j'ai très peur pour l'otage :(
"Alors, non, Apple, tu n'es pas Charlie. Tu œuvres au quotidien contre la liberté d'expression pour défendre tes intérêts commerciaux."
via http://hub.tomcanac.com/liens/?IyXS6g
Couvertures de Charlie. Merci Cochise.
Bienvenue à bord ! :)
Ça continue.
(suite de http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?_vv-vQ)
Vous pouvez annuler vos marches et vos cortèges. Les terroristes ont déjà gagné.
"Le secrétaire général de l'UMP Laurent Wauquiez a affirmé jeudi à l'AFP que l'UMP était « unanime » pour s'opposer à l'exclusion du FN de la « marche républicaine » prévue dimanche en hommage à l'attentat contre Charlie Hebdo."
:-O
Pourquoi est-ce que la première image qui me vient à l'esprit, c'est StarWars, avec l'empereur qui se frotte les mains ?
Eh les gens, vous avez compris ? Ce n'est plus UMPS le problème. C'est UFNMP.
La vache !!!
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L'effet SebSauvage fonctionne toujours aussi bien ! :)
Merci pour les ballons sinon, je m'interrogeais sur la pertinence de les garder ou de les enlever.
Bon, je vais essayer de parler d'autre chose pour finir la journée.
Voici d'extraordinaires photographies de bébés, quelques secondes après leur naissance par césarienne. Non, ce n'est pas sale. C'est magnifique.
EDIT : Éléments d'explication : une naissance par césarienne, c'est soit programmé, et ça se passe assez généralement d'une façon assez cool (même si ce n'est pas très plaisant, la maman a quand même le temps de s'y préparer, d'être rassurée, de se faire endormir tranquillement...), soit "en urgence", et c'est parce que la mère, ou le bébé, ou les deux, sont en danger. Mon fils est né par césarienne. En urgence. Et c'est assez traumatisant pour les parents. On s'en remet hein, je vous rassure ;)
Sur le coup, ça m'a fait rire et puis à la réflexion... je n'aimerais pas être à la place de cette dame et voir débarquer 15 robocop dans ma maison...
10 intox de 2014. Je ne dois pas suivre les bons médias, je ne les ai pas vu passer :)
Je pose ça là, je ne sais pas. On verra.
Same shit ; Different asshole.
Bon résumé.
Et c'est aussi l'occasion pour moi de me permettre un petit conseil : si on vous demande pourquoi il est stupide, injuste et complétement déplacé de demander aux musulmans de se "désolidariser", demandez donc à votre interlocuteur pourquoi, en tant que catholique et/ou blanc, il n'a pas jugé utile de se désolidariser des actes de Breivik, pourtant commis au nom d'une soi-disante culture blanche/occidentale.
Parce que Wolinski, ce n'était pas que des filles à poil et des cigares (même si il en foutait partout, on est d'accord)
Pour Donald Trump, la solution est très simple : donner un flingue à chaque français, pur qu'il ait "une chance de se battre."
Une VF de ses âneries ici : http://www.vanityfair.fr/monde-de-vf/articles/lattentat-charlie-hebdo-la-faute-aux-lois-anti-armes-feu-selon-donald-trump/23455