Encore un discours sans concessions -ni à Trump, ni à nous autres européens... surtout à nous autres européens- de Claude Malhuret, le sénateur préférés des américains non-trumpistes.
Une fois encore, il se contente d'énoncer des faits -on est dans la merde- et des solutions -il faut se sortir les doigts et il faut du courage politique- avec quelques tacles bien sentis énoncés d'une vois égale.
Les hôpitaux doivent se préparer à faire face à des situations de crises et un possible "engagement majeur" de la France d’ici mars 2026. C’est ce que préconise une instruction du ministère de la Santé adressée aux directeurs des agences régionales de santé le 18 juillet et révélée par Le Canard enchaîné.
Eh ben c'est rassurant ça dites moi.
Vous avez dit que la Russie est capable de «tenir cinq minutes de plus que nous» en Ukraine, quelle que soit la durée du conflit. Qu’entendez-vous par là ?
Dans trente ans, les historiens écriront que Poutine a été le pire stratège de la Russie. Il n’a pas réussi à s’emparer de l’Ukraine, il a perdu des centaines de milliers d’hommes, il a déclenché l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’Otan, il ne peut plus naviguer en mer Noire sans se faire couler ses bateaux, il s’est placé dans une sorte de dépendance vis-à-vis de la Chine. La population russe le sait, les généraux russes aussi. Les Russes n’aiment pas plus mourir que nous.
Pour autant, je pense que les caractéristiques de la société et de l’organisation du pouvoir font qu’ils tiendront plus longtemps, parce qu’ils se sont mis en économie de guerre, et que la guerre ne s’arrêtera que quand Poutine le décidera. Les plus cyniques peuvent penser que c’est le problème de l’Ukraine, que les chars russes n’arriveront pas à la frontière française. C’est probable, mais cela ne veut pas dire que la menace n’existe pas. Une Ukraine qui n’est pas sous domination russe et qui possède une armée forte contribue à nos intérêts de sécurité. Si nous, Européens, ne sommes pas capables de prendre des risques pour assurer une paix durable et la sécurité de notre continent, Poutine aura imposé l’idée que désormais, la force est supérieure au droit. Et cela aussi est une menace.
Et dans une guerre, c'est le dernier debout qui gagne...
Le Pen annonce avoir saisi la CEDH pour contester sa peine d'éligibilité. Elle a bien raison, les droits, c'est fait pour être utilisés.
Là où ça ne manque pas de sel, et la même newsletter ChezPOL se fait un plaisir de le rappeler dans le détail, c'est que la même a passé sa vie à fustiger la CEDH, à en dénoncer les prétendus abus, à expliquer en quoi elle était dangereuse :
Il n'est donc pas inutile (wink wink) de rappeler ce que la fille de Jean-Marie Le Pen a toujours pensé et dit au sujet de la CEDH avant de se rendre compte qu'elle pouvait servir ses intérêts. En 2014, par exemple, elle voulait «couper le cordon» avec la CEDH alors que la France venait d'être condamnée pour ne pas avoir reconnu la filiation d'une naissance par GPA aux Etats-Unis, fustigeant une instance qui irait «contre l'avis des peuples». En 2018, elle accusait - à tort - la CEDH d'avoir rendu une décision autorisant l'application de la charia sur notre territoire. En 2019, la même disait vouloir sortir la France de la «camisole» des droits de l'homme, car «la Convention européenne des droits de l'homme tolère le délit de blasphème et fixe presque les règles du communautarisme». Elle faisait alors de la cour le cheval de Troie de l'islamisme radical en Europe.
Alors de deux choses l'une : soit Le Pen s'est toujours trompée, soit son recours pour sauver son avenir politique et judiciaire est purement opportuniste. Elle imite en tout cas ici parfaitement Nicolas Sarkozy.
Edito de la newsletter le pavé numérique :
Tout part de la conviction des États-Unis que leur principal adversaire, économique et militaire, est désormais la Chine. Notons que cette conviction dépasse le mouvement MAGA, elle est partagée par le camp démocrate. On peut la discuter, mais elle obéit à des arguments rationnels.
À partir de là, si l’on se place dans l’hypothèse qu’un conflit aigu, potentiellement même armé, avec la Chine est possible, il est également rationnel de vouloir reconstruire une industrie nationale, particulièrement pour la Tech et les semi-conducteurs : les États-Unis ne fabriquant que 11 % de leurs besoins en puces électroniques, la dépendance dans ce domaine vis-à-vis de la Chine et de l’Asie de l’Est serait en effet une vulnérabilité stratégique majeure.
Là où l’on quitte le rationnel, c’est quand on prétend convaincre les acteurs industriels d’investir des milliards sur au moins cinq ans pour reconstruire des usines complexes, alors qu’on change les règles douanières chaque semaine. Et si l’on est logique, pour faire revenir la fabrication des processeurs et des smartphones sur son sol, on ne les exempte pas soudain (et provisoirement ?) de taxes, alors qu’elles sont maintenues sur les t-shirts ou le ciment.
Voyons maintenant les choses du point de vue européen, puisque nous présentons la même dépendance industrielle et la même vulnérabilité. Si l’hypothèse d’un conflit entre les États-Unis et la Chine est jugée réaliste (et vu la trajectoire des deux pays, elle le semble malheureusement), l’Europe espère-t-elle échapper aux mêmes réflexions stratégiques que les Américains ? En cas de conflit, imagine-t-on réellement que l’export des produits électroniques de la région (Corée, Taïwan, Japon, Vietnam…) pourrait continuer tranquillement ? que la Chine se priverait de ce moyen de pression ? ou même que la simple interruption des exportations de la Chine et de Taïwan ne suffirait pas à provoquer une pénurie mondiale ?
Puisque le monde accélère et que le temps semble se réduire, que fait l’Europe hormis constater qu’elle n’a pas les moyens de remplir ses propres objectifs en matière de puces électroniques ? Il conviendrait de muscler ou mettre à jour l’European Chips Act, entré en vigueur en 2023, mais cela ne semble étrangement pas à l’ordre du jour.
Nous moquons, à juste titre, les initiatives erratiques de Trump mais est-on certain que, face à une hypothèse plausible de désordre mondial majeur, notre propre attentisme ne soit pas plus risible encore ?
Vous ne serez peut-être pas d'accord sur tout, mais écoutez ce discours du sénateur Claude Malhuret sur l'Europe, l'Ukraine, et la trahison américaine.
C'est pertinent, et en plus, il ne mâche pas ses mots, et c'est assez rafraichissant, malgré la gravité de la situation (il compare Trump à Néron et traite Musk de bouffon sous kétamine), sans pour autant verser dans l'hystérie. Il se contente d'énoncer des faits.
Et son discours, traduit par un internaute, est devenu viral aux USA.
L'article qui va vous foutre les chocottes.
Je déconne pas. Ce n'est pas juste du ohlala ma pauv' dame la monde va mal : c'est plutôt long, argumenté, sourcé. Donc flippant.
Les Européens seraient avisés de prendre au mot le ministre russe de la Défense lorsqu’il envisage, en présence de Vladimir Poutine, la possibilité d’un conflit avec l’OTAN en Europe d’ici à dix ans.
[...]
La Russie, pays de 140 millions d’habitants, déploie désormais 570 000 hommes sur le terrain ukrainien, contre 150 000 au début de son invasion. De sources officielles, l’Ukraine, pays d’aujourd’hui 22 millions d’habitants, dispose pour sa part d’une armée de 880 000 hommes. Les pertes humaines et matérielles sont colossales des deux côtés. Mark Rutte, le nouveau secrétaire général de l’OTAN, estime que le nombre de tués et de blessés a dépassé le million. En 2024, année particulièrement meurtrière, la moyenne mensuelle des personnels militaires mis hors de combat se situait entre 30 000 et 35 000 hommes pour chaque camp.
Je vous renvoie à ce que je disais il y a quelques mois sur le fait que l'Ukraine, n'ayant pas les mêmes capacités à trouver de la chair à canon que la Russie, avait déjà perdu...
Quelle que soit l’issue de la négociation russo-américaine, il faut, pour l’avenir de l’Ukraine et la sécurité de l’Europe tout entière, prendre la mesure du danger, y sensibiliser les opinions publiques, se préparer à l’éventualité d’un conflit avec la Russie et l’empêcher autant que possible de se remettre en ordre de bataille.
« Je vais lui dire : 'Au fond, tu ne peux pas être faible face au président Poutine. Ce n'est pas toi, pas ta marque de fabrique, ce n'est pas ton intérêt' », a expliqué le président français. « Comment ensuite être crédible face à la Chine si tu es faible face à Poutine ? », a-t-il encore fait valoir. « La deuxième chose à dire : 'Si tu laisses l'Ukraine prise par Poutine, la Russie sera inarrêtable pour les Européens', car elle 'va récupérer l'Ukraine et son armée, qui est l'une des plus grandes d'Europe, avec tous nos équipements, y compris les équipements américains. C'est une faute stratégique énorme' », a encore plaidé le chef de l'État, qui veut convaincre Donald Trump que « c'est son intérêt de travailler avec les Européens en ce moment ».
Ah, merde. Je n'avais pas vu les choses comme ça. Cela étant, je ne pense pas que l'argumentaire de Macron, ou des autres dirigeants européens, soit de nature à faire changer Trump d'avis. Déjà parce qu'on ne peut pas raisonner un rhinocéros. Ensuite parce que je suis profondément convaincu, pour dire les choses rapidement, que Trump est pro-Poutine, qu'il ait été élu avec son soutien (Cf. le procès avorté des malversations russes lors de l'élection de 2016) ou pas.
J'avais envie d'écrire "complètement taré", mais c'est faux.
Ce type a un agenda politique, des objectifs, et des idéaux, qui ne sont pas les nôtres.
Pour le dire vite : c'est un fondamentaliste chrétien doublé d'un xénophobe. Son discours, c'est le même que Trump, c'est le même que Musk : c'est la synthèse des thèmes chers à l'extrême-droite : restrictions des libertés des citoyens en général, des immigrés et des femmes en particulier (au nom de la liberté d'expression), lutte contre l'immigration (au nom de la sécurité, avec toujours le même révoltant amalgame insécurité = immigrés), antiécologisme primaire (et dans son cas, misogyne), avec l'assimilation de Greta Thunberg à une menace pour la démocratie.
André Pietri ne dit pas autre chose, il promeut la French Tech à l'étranger : "Il faut arrêter d'être énervé sur Donald Trump. Il pousse son avantage. Il sent que les Européens et le reste du monde sont affaiblis, inquiets de la puissance américaine. À nouveau, c'est un pari sur la puissance américaine financière, technologique, politique, militaire. Il sent qu'on est faible, c'est en montrant qu'on n'est pas agressifs mais certains de notre puissance, certains de la taille de notre marché, de nos talents, de la force de nos valeurs, qu'on se fera respecter."
Il y a du vrai...
Vu sur Brief.me :
Pour connaître toutes les destinations accessibles en Europe en train depuis chez vous et la durée approximative du trajet, le site Chronotrains, créé par un développeur français en 2022, propose une carte pratique à utiliser. En cliquant sur la grande ville la plus proche de chez vous et en sélectionnant un temps de trajet (jusqu’à huit heures), vous pouvez afficher toutes les destinations accessibles dans cette durée. Cette carte permet par exemple de se rendre compte que depuis Paris, il est plus rapide de se rendre à Glasgow qu’à Monaco. Il est aussi possible de chercher une ville de départ et une ville d’arrivée pour estimer le temps de trajet entre les deux.
Tant que j'y suis, regardez moi ça si c'est pas beau : au Parlement européen, l'extrême-droite (CRE, ID et "non inscrits" et "Autres", cache sexe assez commode pour dire "fachos indépendants") représente entre 160 et 205 élus (à cause des "Autres" qu'on sait pas où mettre), donc entre 22 et 29%.
MA-GNI-FI-QUE. Vraiment, continuez comme ça.
Autre enseignement important de cette projection, le renforcement des deux groupes d’extrême droite à prévoir. Du côté des Conservateurs et réformistes européens (CRE), la famille politique de la Première ministre italienne Giorgia Meloni (Fratelli d’Italia), on observe une hausse importante des effectifs. 14 élus viendraient grossir le contingent eurosceptique, portant son nombre de parlementaires à 83, contre 69 à la fin de la mandature 2019-2024. Une augmentation qui ferait désormais du groupe CRE la troisième force politique de l’hémicycle.
Les nationalistes d’Identité et démocratie (ID), qui comptent dans leurs rangs les élus du Rassemblement national (RN) ou les Italiens de la Lega, glaneraient 9 sièges supplémentaires. Ce qui leur permettrait de passer de 49 à 58 eurodéputés.
Un renforcement de l’extrême droite qui s’observe également à travers la composition du groupe des non-inscrits, bien qu’il passe de 62 à 45 eurodéputés (-17). Tous les membres de ce groupe ne sont pas proches idéologiquement de l’extrême droite, mais on y retrouve notamment les 15 élus nationalistes allemands de l’AfD (récemment exclus du groupe ID), ou les 10 eurodéputés du Fidesz, le parti au pouvoir en Hongrie. Ces deux formations politiques pourraient d’ailleurs rejoindre l’un des deux groupes d’extrême droite ou tenter d’en former un troisième.
Le prochain Parlement européen recense ainsi plus de 160 représentants des courants nationalistes au sein de l’Union européenne. Et ce sans compter les 45 nouveaux élus que les services du Parlement européen classent encore dans une catégorie “Autres”, en raison du manque d’informations concernant les groupes politiques au sein desquels ils pourraient siéger prochainement.
La législation prévoit une approche à deux niveaux. Les modèles d'IA à "usage général" devront respecter des obligations de transparence, ainsi que les règles européennes en matière de droit d'auteur. Quant aux systèmes considérés comme à "haut risque" – utilisés par exemple dans les infrastructures critiques, l'éducation, les ressources humaines ou le maintien de l'ordre –, ils seront soumis à des exigences plus strictes. Ils devront par exemple prévoir la mise en place d'une analyse d'impact obligatoire sur les droits fondamentaux.
Les images, textes ou vidéos générés artificiellement ("deep fakes") devront être clairement identifiés comme tels. Le texte interdit aussi les systèmes de notation citoyenne ou de surveillance de masse utilisés en Chine, ou encore l'identification biométrique à distance des personnes dans les lieux publics. Sur ce dernier point, les Etats ont toutefois obtenu des exemptions pour certaines missions des forces de l'ordre comme la prévention d'une menace terroriste ou la recherche ciblée de victimes.
Lu dans Brief.me :
« La répression que subissent actuellement en Europe les militants environnementaux qui ont recours à des actions pacifiques de désobéissance civile constitue une menace majeure pour la démocratie et les droits humains », estime le rapporteur spécial des Nations unies sur les défenseurs de l’environnement dans un bilan publié aujourd’hui. Ces actions, qui connaissent un recours « accru », se heurtent à une criminalisation « croissante » et à des « brutalités policières », notamment en France, selon le rapport.
Le sujet est inaudible en France – tout de suite viennent les contre-arguments sur l’espérance de vie, la malbouffe, les inégalités, etc. Il agace même les Britanniques, tout aussi mal lotis, comme en attestait, le 11 août, une chronique du Financial Times qui s’interrogeait : « Le Royaume-Uni est-il vraiment aussi pauvre que le Mississippi ? »
Ah, monsieur Patate fait encore des siennes. Ne lui en déplaise, la croissance du PIB n'est pas un indicateur pertinent pour mesurer le bien-être d'une population. Cela étant, je suis d'accord avec lui sur un point : l’appauvrissement des classes moyennes et de celles qui leurs sont inférieures (pas de macronisme de bas étage dans cette phrase, je parle juste de déciles, merci). Seulement lui parle d'un appauvrissement "global", que représenterait la moins bonne croissance du PIB européen comparé au PIB étatunien, là où il faudrait parler de l’appauvrissement des individus.
C'est une nouvelle tellement absurde qu'elle pourrait sortir tout droit du scénario d'un épisode de Succession, la satire à succès de HBO sur un empire médiatique que dissèque l'émission de la semaine. Mais elle est bien réelle, et révélée ce jeudi 1er juin par l'Informé : Avisa partners va aider l'Union européenne à lutter contre la désinformation.
[...]
Si les responsables de la Commission européenne souhaitent lire nos enquêtes afin de s'informer sur les candidats avant d'attribuer le prochain marché destiné à lutter contre la désinformation, ASI se tient à leur disposition. À moins, bien sûr, que la Commission ne sache parfaitement ce qu'elle fait : après tout, Avisa partners va aussi être chargée, à travers ce contrat, de "faciliter la promotion des intérêts et des valeurs de l'UE ainsi que la promotion des intérêts offensifs de l'UE". Ce que la société sait indéniablement faire… mais à quel prix.
Une société qui écrit des articles bidons pour faire de l'intox, manipule parfaitement les procédures-baillons pour faire taire les journalistes qui mettent le nez dans ses petites affaire, recrutée par l'Europe pour "lutter contre la désinformation", cachez-nez même pas drôle pour camoufler sa vraie mission de lobbying des intérêts de l'UE.
Traduction via DeepL :
Au cours des six dernières années, l'Union européenne, lasse des coûts financiers et politiques de l'accueil des migrants d'Afrique subsaharienne, a créé un système d'immigration parallèle qui les arrête avant qu'ils n'atteignent l'Europe. Elle a équipé et formé les garde-côtes libyens, une organisation quasi-militaire liée aux milices du pays, pour qu'ils patrouillent en Méditerranée, sabotant les opérations de sauvetage humanitaire et capturant les migrants. Les migrants sont ensuite détenus indéfiniment dans un réseau de prisons à but lucratif géré par les milices. En septembre de cette année, environ six mille migrants étaient détenus, dont beaucoup à Al Mabani.
Les agences d'aide internationale ont documenté toute une série d'abus : des détenus torturés à l'aide de décharges électriques, des enfants violés par des gardes, des familles à qui l'on extorque des rançons, des hommes et des femmes vendus pour le travail forcé. "L'UE a fait quelque chose qu'elle a soigneusement envisagé et planifié pendant de nombreuses années", m'a dit Salah Marghani, ministre libyen de la Justice de 2012 à 2014. "Créer un enfer en Libye, dans l'idée de dissuader les gens de se diriger vers l'Europe".
Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)
via Riff
Après avoir, au début de la pandémie, refusé de partager leurs moyens sanitaires, chapardé des livraisons de masques pour les uns ou les autres, ou encore échoué à coopérer pour les essais cliniques sur les traitements contre le Covid-19 (lire ici), les États membres de l’Union européenne (UE) n’arrivent toujours pas à s’accorder sur les centaines de milliards d’euros nécessaires à un plan « de reprise » visant à conjurer le spectre d’une récession plus importante que celle de 1929.
[...]
Tout est bloqué. Rien ne marche ? En fait, non. Un petit village résiste au marasme et à la misère. Ici, crèchent les grandes multinationales européennes. C’est coquet, bien à l’abri des regards des citoyens et, surtout, irrigué par l’argent – gratuit, ou presque – distribué par la Banque centrale européenne (BCE).
[...]
Début mai 2020, selon les chiffres arrêtés la semaine dernière, elle possède des titres de cette nature pour une valeur de 209 milliards d’euros. Ce qui signifie qu’elle a créé, puis prêté cette somme globale gigantesque aux seuls grands groupes à des taux qui feraient évidemment pâlir d’envie bien des États européens, et ceci sans tenir compte des programmes d’obligations d’entreprises déjà arrivés à échéance depuis 2016, et donc effacés des stocks actuels…
Plusieurs États prévoient un seuil mais le seuil de 5% renvoie à certains pays parmi les moins avancés du point de vue démocratique : il est fixé à 5 % en France, en Lituanie, en Pologne, en Slovaquie, en République tchèque, en Roumanie et en Hongrie, à 4 % en Autriche, en Italie et en Suède, à 3 % en Grèce et à 1,8 % à Chypre. Par deux décisions prises en 2011 et 2014, la Cour constitutionnelle allemande a statué que les seuils prévus (5 %, puis 3 %) étaient inconstitutionnels. Le Conseil constitutionnel pourrait-il prendre le même chemin ?
Au lieu de la division binaire, les sondages suggèrent plutôt que les « europhobes » et les « europhiles » convaincus ne sont que les minorités extrêmes d’une opinion qui oscille entre au moins trois attitudes : ceux qui pensent que l’Union a plus d’avantages que d’inconvénients, ceux qui pensent le contraire (chaque groupe est au-dessous de 40%) et ceux qui jugent qu’il y a autant d’avantages que d’inconvénients. À l’arrivée, l’opinion positive et l’opinion négative globales sont à égalité, mais la volonté de sortie est très minoritaire. Telle est la réalité : elle n’est pas et elle ne sera pas univoque, en tout cas pour longtemps.
[...]
Alors que la nation était promise à la disparition progressive, il y a quelques décennies à peine, nous assistons aujourd’hui à l’émergence d’un monde que le politologue Bertrand Badie désigne justement comme « néo-national ». En soi, cela pourrait n’avoir rien d’inquiétant : tout esprit national n’implique pas sa perversion chauvine. Mais, précisément, l’air du temps est aussi à la dominante d’un véritable « néo-nationalisme », et pas seulement en Europe. Tout discours « national » s’enchâsse aujourd’hui dans cette dynamique, au risque d’être dévoré par elle. Lordon déteste le « mondialisme abstrait » ; mais jusqu’où peut conduire le « nationalisme concret » que l’on opposerait à lui ?
[...]
Lordon a l’habitude de dire que la sortie de l’Union est d’autant plus nécessaire que c’est l’Europe communautaire qui a imposé le cours néolibéral de nos sociétés. Il sous-entend que cette sortie permettra de contester cette imposition. Je ne pense pas comme lui, et d’abord pour une raison historique : c’est parce que le mouvement ouvrier et les forces les plus démocratiques ont été nationalement battus, y compris en France, que la vague libérale a déferlé sur notre continent, et pas l’inverse. L’offensive néoconservatrice avait de solides bases nationales, qu’aucune configuration nationale des classes, aucune tradition démocratique, aucun dispositif local des gauches politiques n’a été en mesure de contrecarrer. Penser qu’il suffit de sortir du cadre de l’Union pour relancer la grande contestation sociale et dégager la nation du cadre ultralibéral est une illusion. D’une certaine manière, ce que propose Lordon relève d’un « nationalisme abstrait ».
via Riff
Le Parlement européen a enclenché l'article 7, le mécanisme le plus radical visant un pays de l'Union européenne, contre la Hongrie. Budapest doit se prononcer ce lundi sur les mesures qu'elle envisage pour contester sa mise en cause. Comment l'article 7 a-t-il été établi ? Éclairage.
Le rapport annuel sur les droits fondamentaux dans l'Union européenne, adopté ce matin, appelle de ses vœux les Etats membres à légiférer pour interdire lesdites «thérapies» tout en prenant des mesures pour dépathologiser entièrement le parcours de changement d'état civil des personnes trans.
[...]
Dans ses déclarations l'eurodéputée finnoise rappelle que seuls le Royaume-Uni, Malte et des régions autonomes espagnoles ont à ce jour interdit les «thérapies» de conversion en Europe malgré les condamnations onusiennes. Pas la France.
A retenir : les eurodéputés qui se sont abstenus ou ont votés contre : https://twitter.com/Keryn76/status/970323367642517505
via (°m
Je recopie le résumé du désastre :
- Un régime dictatorial prend doucement place en Pologne ;
- La Hongrie a un gouvernement réactionnaire (source : Canard enchaîné du 27 décembre 2017) ;
- L'extrême-droite est entrée au Parlement chypriote pour la première fois en 2016 ;
- L'extrême-droite se renforce dans les parlements néerlandais et allemands ;
- Cas de l'Autriche ci-dessus malgré un président écolo ;
- Le faux retrait de l'Angleterre (je maintiens que l'Angleterre signera 3 tonnes d'accords et de partenariats… Plus officiellement dans l'Union, mais pas en-dehors non plus). [Note Sammy : je suis d'accord, mais je ne vois pas le rapport avec la propgation en cours de la peste brune]
Jusque-là, tout va bien dans l'Union européenne ?
Dégoût.
Dans le système mental intime des silencieux, la Commission européenne et Goldman Sachs appartiennent à une même entité multiforme, obéissent à une même logique, servent les mêmes intérêts. Rien de choquant, sinon pour la galerie, à ce que l’on passe de l’une à l’autre.
Peut-être, plus simplement, personne n’a intérêt à organiser aux 3% des obsèques trop solennelles. Ni les pays qui ont transgressé l’objectif, ni l’Allemagne apparemment tétanisée par le risque du Brexit, ni la Commission, qui a sans doute intériorisé sa défaite politique, ni même les éditocrates perroquets de l’équilibre budgétaire, sentinelles qui viennent de prendre conscience de la désertion des généraux. La Commission, dit Cécile Ducourtieux, « espère que les medias ne vont pas trop s’en apercevoir ». C’est en bonne voie.
WTF ? Alors on met des ponts et portes imaginaires (enfin presque : http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?YWfPsQ) sur les billets, mais on frappe des pièces (françaises) à l'effigie d'Astérix ? C'est ridicule.
Deux remarques :
« L’Union européenne vient de vivre des instants historiques »
Ouaip. Munich, 1938, c'était aussi un autre grand moment d'histoire européenne.
via http://www.mypersonnaldata.eu/shaarli/?M7moaw
"Les jeunes Grecs ont voté « non » à l’austérité. Les vieux ont voté « oui ». Que les nonistes grecs perçoivent d’ailleurs leur vote comme pro ou anti-euro n’y change pas grand-chose : l’euro – et sa carapace protectrice de compétitivité obligée – est avant tout un bouclier pour les riches rentiers. Ceux qui y perdent sont les jeunes, condamnés au chômage de masse et à la précarité. C’est (presque) aussi simple que ça.
Ce qui s’est joué dimanche en Grèce, et se rejouera peut-être demain ailleurs en Europe, c’est l’éternelle confrontation entre ceux qui n’ont rien à perdre (ou le croient), et ceux qui ont quelque chose à perdre (ou le croient)."
Intéressant. Je ne voyais pas les choses comme ça .
Bon article qui synthétise bien les principales problématiques. Je découvre l'implication de l'Allemagne / de l'Europe.
"Pour une « bavure » faisant des victimes occidentales admise, combien sont ignorées lorsqu’il s’agit de civils locaux, voire même d’enfants ? "
Il serait effectivement temps qu'on en parle, parce que ce n'est pas vraiment une révélation de l'année. Florilège :
http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?EE5AOQ
http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?zbsy5w
http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?iobBAw
http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?FxtYSw
La BCE inaugure son nouveau siège à Francfort : une tour à 1,2 milliards d'euros. Apparemment, l'austérité ne s'impose pas à tout le monde.
EDIT : https://www.ecb.europa.eu/ecb/premises/intro/html/index.fr.html Ouf ! C'est un bâtiment "soutenable", avec de vraies briques pour faire authentique et des arbres autour. On respire.
Quatremer, que j'aimais bien lire à une époque, est vraiment puant :(
En admettant que Schneidermann ait tort, ce n'est pas en traitant de nazis tous ses contradicteurs qu'on fait avancer le débat.
J'aime beaucoup la justification publiée a posteriori par Juvin : http://delegationfrancaise-ppe.eu/IMG/pdf/juvin16022015.pdf "On a pas voté votre résolution, mais c'était juste parce qu'il y avait un mot avec lequel on était pas d'accord. On vous en propose une autre rédigée différemment à la place. Comme ça c'est trop tard ? Ah ben c'est vraiment trop balot, crotte alors."
via http://www.mypersonnaldata.eu/shaarli/?m6ZTmw
Pour faire court, Montebourg a été "viré" du gouvernement, alors qu'au niveau des instances européennes, ce sont les tenants de son point de vue qui sont en train de devenir majoritaires ^^
J'avais loupé ça, je coudifie pour l'intérêt politico-sociologique de la chose : liste des liste (euh...) aux élections européennes de 2014 dans la circonscription Centre-Limousin-Auvergne.
Ah putain, dis comme ça, ça pique... Merci pour les comparaisons, elles sont malheureusement éclairantes.
Hormis le résultat effarant du FN, l'autre chose qui m'emmerde, c'est la façon dont sont traitées ces élections : on ne parle que des résultats franco-français ! C'est encore un coup de mon imagination, ou élisait-on des représentant au Parlement européen ? J'dis ça, j'dis rien, remarquez...
Alors du coup j'ai cherché un peu, et il s'avère que les résultats sont assez contrastés. Ce n'est pas une vague brune qui déferle sur l'Europe. Comme toujours, rien n'est simple. A noter : l'excellente carte interactive de Rue89 http://tempsreel.nouvelobs.com/elections-europeennes-2014/20140521.OBS7961/tous-les-resultats-des-elections-europeennes-2014-en-france-et-pays-par-pays.html
Pour l'heure, on peut résumer les choses ainsi : (je reprends la nomenclature de la carte de Rue89)
1/ Pays où les populistes du genre FN dominent : Rance, Perfide Albion, Royaume de la frite, Tchéquie, Pologne, Danemark
2/ Sociaux démocrates et "extrême gauche" : Portugal, Italie, Suède, Slovaquie, Roumanie
3/ Centristes et libéraux : Pays-Bas, Estonie
4/ Chrétiens démocrates et conservateurs (la droite "normale") : Espagne, Allemagne, Luxembourg, Autriche, Slovénie, Croatie, Hongrie, Bulgarie, Finlande, Lettonie, Lituanie
Il y a aussi des renversements étonnants, comme aux Pays-Bas où les fachos du cru se sont pris une déculottée.
Voir aussi ici http://www.lesinrocks.com/2014/05/25/actualite/elections-europeennes-les-resultats-pays-pays-11506670/ et ici http://www.metronews.fr/info/elections-europeennes-allemagne-grece-autriche-les-resultats-pays-par-pays/mney!QT6SvHF2XcyS2/
Après, je cherche encore celui qui me donnera une projection en fonction du nombre du siège par pays. Mais si il y a bien une chose dont je suis sûr, c'est que le vote "populiste" ,'est pas un vote "utile" au niveau du fonctionnement de l'Europe ; dans les pays où ces formations arrivent en tête, il va juste servir à leur donner plus de poids e de légitimité au niveau national. Mais ça ne changera rien au fonctionnement actuel de l'Europe, que l'on soit d'accord avec ou pas.
Pourquoi les sanctions de l'UE à l'encontre de la Russie sont-elles aussi faibles ? Vraiment, vous ne voyez pas ? La réponse est pourtant simple : $$$$$$$
Ben quoi, c'est simple, non ? Un schéma pour bien comprendre ce qu'on met derrière le mot "Europe" (beaucoup de mauvaise foi dans ce dessin, parce qu'il jour sur la confusion Europe géographique / Union européenne / Conseil de l'Europe...)
Misère...
TL;DR pour le moment, mais respawné.
Un livre certes engagé, mais qui contribue à poser le même constat que mon shaare précédent : on est dans la merde.
1/ Montée des extrêmes
"« On nous a retiré tous nos droits souverains. Nous sommes juste assez bons pour que le capital international daigne nous laisser payer des intérêts et remplir ses sacs d’or. »
L’auteur de ces lignes ? Non, ni le parti grec d’extrême droite Aube dorée, ni même notre gaulois Front national, mais Joseph Goebbels en 1927, quand il dirigeait ce qui n’était encore qu’« une bande de cinglés insignifiants et parfaitement ridicules » et que personne ne prêtait attention au danger qui montait."
2/ Néo-libéralisme triomphant
"En Europe, surenchérit Zizek, l’opposition centre droit-centre gauche cède peu à peu la place à une coalition des centres représentant le capitalisme global contre un populisme anti-immigration dont les idées identitaires contaminent l’ensemble du corps politique."
Si j'ai bien compris, la thèse des auteurs pourrait se résumer à ceci : l'Europe (cette Europe, mais est-il encore temps d'en changer ?) nous laisse le choix entre repli nationaliste/identitaire genre FN & co. ou néo-libéralisme débridé, avec les effets que l'on sait, voir la Grèce, Chypre, le Portugal, l'Espagne...
3/ L'appel au dictateur
Là, c'est moi qui en rajoute, mais j'utilise le mot "dictateur" dans le sens romain : un homme providentiel qui assumerait tous les pouvoirs les temps de régler tous les problèmes. Je n'invente rien :
"Et Zizek de conclure, pince-sans-rire :
« Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, étant donné la situation actuelle, c’est donc bien d’une Thatcher de gauche. »"
Petite lecture à l'intention de nombreux sharlistes qui ont relayés le hoax...
"La politique a perdu tout son sens et donc le soutien populaire qui devrait, dans une logique démocratique, être son seul moteur. Elle ne prépare plus et ne défend rien, elle n’a plus de valeurs et plus d’odeur, elle est purement gestionnaire et tournée sur elle-même, elle s’auto-alimente au lieu d’être alimentée et d’alimenter à son tour la société. Elle ne crée ni espoir ni futur. Accorder à Edward Snowden l’asile politique en Europe reviendrait à rassurer les européens, à leur dire : nous n’avons pas fait cela pour rien. "
A rapprocher du texte de Ploum.
MàJ du 2 juillet 2013 : j'ai posté ce lien sur delicious en janvier, avant que n'éclate l'affaire Prism/Snowden... Ceux qui jouent aujourd’hui les vierges effarouchées se foutent bien de notre gueule...