Un thread via malauss@piaille.fr à propos du "réarmement démographique" de Macron
... qui n'apprendra rien à celleux qui, comme moi, sont persuadés que Macron a toujours été uniquement "ni de gauche" et qu'il est un train de tomber le masque vis à vis de son allégeance à l'extrême-droite.
Mais l'analyse est intéressante.
Je vois plein de gens intelligents soutenir que le mot réarmement serait un mot serait vide de sens, comme la macronie sait en produire à la pelle aidés par McKinsey, etc. Pour le coup, je suis pas du tout d'accord, et je trouve que c'est bien plus parlant que ce qu'on pense...
Un truc qu'on apprend très tôt quand on suit la politique, c'est une règle de décryptage des discours qui consiste à écouter une phrase, et se demander si qui que ce soit défendrait le contraire. Si la réponse est non, alors la phrase d'origine est bien souvent du vide.
Rétrospectivement, c'est pas le meilleur, mais j'avais donné un exemple ici : https://t.co/d54OgNrH71 https://t.co/d54OgNrH71
Comment repérer de la langue de bois : prenez le contraire, si c'est éclaté, c'est que la phrase d'origine l'est aussi. Exemple : "Cette reconstruction sera mise en œuvre par un gouvernement sans mission, et de division" : personne, jamais, nulle part.
Mais cette technique n'est pas magique. Si on l'applique systématiquement et automatiquement, à mon sens, on peut rater un truc : quelqu'un qui dit un truc vide peut quand même dire quelque chose, rien que par ce qu'il a choisi de dire... et de ne pas dire.
Quand Macron dit, par exemple, qu'il veut de l'ordre dans le pays... Personne ne dirait "je veux du désordre en France". Est-ce que pour autant, en disant qu'il veut de l'ordre, Macron n'a rien dit ? Non...
Parce que dire ça, c'est avoir fait le choix de ne pas dire d'autres choses. Par exemple, pour le même résultat, on peut dire qu'on veut de la responsabilité, de la justice, ou de la justice sociale : ces choses là évitent au moins aussi surement les violences (sans doute plus).
Du coup, revenons à réarmement, réarmer. Ce mot n'est pas neutre du tout, comme peuvent l'être des mots d'usage courant, comme renforcer, solidifier, améliorer, développer, promouvoir...
Dans réarmement, déjà, il y a re-. Ajouter re-, c'est dire qu'il faut revenir à un état passé, meilleur, qu'on a perdu.
S'armer démographiquement, c'est pondre du gamin parce qu'on est pas assez, tout court.
Se réarmer démographiquement, c'est en pondre pour revenir à quand on était forts démographiquement.
C'est évidemment totalement délirant : on est 68,37 millions et on n'a jamais été autant. https://t.co/obRhlcDar2
Même en proportion c'est délirant : entre 1980 et aujourd'hui, l'Allemagne est passée de 78 à 83 M d'habitants, le RU de 56 à 67, l'Espagne de 37 à 47, l'Italie de 56 à 59, la France de 55 à 68. Nos voisins ne nous sèment pas, bien au contraire.
"Renforcer" a aussi ce re-, et pourtant, ça porte pas un imaginaire si fort : quand on renforce, c'est qu'il y a déjà de la force, et on va juste en ajouter plus. Quand on réarme, c'est qu'il n'y a plus d'armes, et qu'il faut en redonner.
Ce qui amène à l'autre partie : dans réarmer, il y a armer. Ca porte un imaginaire qui est très loin d'être neutre, un imaginaire militaire et viriliste.
Si au lieu de parler de réarmement démographique, Macron parlait d'armement démographique, on aurait vite (ou plutôt encore plus vite) une image en tête : qu'il faut pondre des gosses, pour avoir de la chaire à canon prête pour la prochaine guerre.
S'il avait parlé de renforcement démographique, de développement démographique, on serait bien moins susceptibles d'avoir cette image en tête.
Dans mon exemple plus haut, il y avait déjà reconstruire : déjà cette idée de revenir à un état passé, plus souhaitable... mais la reconstruction, c'est la stabilité, le calme, c'est pas ce que porte le mot réarmer.
Réarmer, c'est comme régénérer : on avait un truc, mais on l'a perdu, il faut qu'on y revienne. C'est une vision d'un passé idéalisé comme glorieux, qu'on a perdu et qu'il faut retrouver, pour pas se faire bouffer.
Le passé mythique, fantasmé, d'un pays qui a été fort, mais que des années de décadence ont fait lentement descendre. C'est ça que porte ce genre de vocabulaire. Et c'est des mots qui appartiennent spécifiquement à un camp politique, qui parlent à un électorat bien particulier.
Cette forme de "c'était mieux avant", ça s'inscrit dans une tendance de plus en plus marquée dernièrement, dans la macronie en général, mais en particulier chez Macron. Ca a toujours existé chez lui, mais là ça prend un tournant de plus en plus accentué.
Ses politiques appliquées ont toujours été largement à droite, bien sûr, mais là où avant il tentait de rester dans le "en même temps", il y a depuis quelques temps une inflexion qui percole maintenant jusque dans le discursif.
Tout aussi malhonnête que c'était dans les faits, parler de "en même temps", de "dépasser les clivages", etc, ça portait une autre image : complexité de la pensée, modernité, tout ça. Ca regardait vers l'avant, vers le futur, ou en tout cas, ça prétendait.
Maintenant on est dans un truc qui fantasme bien plus le passé que l'avenir : le retour du service militaire, le "retour" de l'uniforme, la fermeture des frontières, la préférence nationale, la chasse à l'étranger, au fainéant, aux fraudeurs (qu'on sait être toujours les mêmes)…
Autre point de crispation : la mise en place des groupes de niveau, au moment où se décide la dotation horaire globale (l'ensemble des moyens d'enseignement attribués à un établissement) pour la rentrée 2024. "Dans beaucoup de collèges, les chefs d'établissement vont être contraints de supprimer des heures d'enseignement pour intégrer les groupes de niveau. C'est par exemple le cas des groupes à effectifs réduits en langue vivante ou des cours de latin et d'allemand", alerte Catherine Nave-Bekhti. "Cette réforme n'est pas financée et va se faire au détriment d'autres dispositifs", dont certaines heures dans les classes Segpa, estime également Maud Valegeas.
Les levées de garde à vue des 79 ans sont en cours ont été levées
C'est vrai que 79 ans ça faisait un peu pour une gàv ! :D
Mais c'est tellement ça...
Le monde politique ne tolère plus la contradiction que lui porte la justice institutionnelle qu’elle soit nationale ou internationale. Partout, les gouvernants s’indignent lorsque des juges leur imposent de respecter le Droit, en particulier les droits humains. Mieux, ils refusent de se soumettre à leurs décisions.
En 2023, le gouvernement belge a refusé d’exécuter des milliers de jugements qui le condamnaient à respecter le droit d’asile. La France n’est pas en reste qui a vu, en décembre, son ministre de l’intérieur décider d’enfreindre l’interdiction d’expulser un Ouzbek qui lui était faite par le Conseil d’État et la Cour européenne des droits de l’homme, sans rencontrer l’opposition du Président Macron pourtant garant du respect de la Constitution.
Ce tournant proprement séditieux qui marque la manière dont les élus violent désormais le respect dû à l’État de droit n’est pas seulement assumé ou décomplexé, il se revendique idéologiquement jusque dans les médias mainstream. Il est alors question de « gouvernement » des juges ou encore de « coup d’État de droit », selon le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes réagissant à la décision prise le 25 janvier par le Conseil constitutionnel français d’invalider une large part de la loi dite « immigration ».
Dès 2018, dans un éditorial intitulé « Les juges contre les peuples », le rédacteur en chef du Figaro Magazine critiquait une décision du Conseil constitutionnel français qui érigeait la fraternité promue par la devise de la République en principe constitutionnel. Il y dénonçait rien moins qu’une « dérive anti-démocratique » menée par des juges se plaçant « au-dessus des lois », et à la tête desquels se situait la Cour européenne des droits de l’homme, ce « repère d’activistes non élus ».
TL;DR : il y a de fortes suspicions qui inclinent à penser que les organisateurs chinois des derniers Hugo awards (un prestigieux prix couronnant les œuvres de SF), aient censuré préalablement certaines œuvres, les empêchant de concourir, pour ne pas risquer de déplaire au gouvernement chinois.
Putain, c'est vraiment de la merde les LLM : ça se contente de lire des blocs de texte. Et des instructions codées, c'est aussi des blocs de texte. Donc tout est imaginable, de débrider le chatbot jusqu'à l'exécution d’instruction malveillantes (extraction de données, etc.)
Si les deux situations soulèvent des inquiétudes sérieuses, attardons-nous sur le cas des personnes trans. Elles seront outées de fait auprès de la police qui aurait alors connaissance de leur deadname. Or de nombreux témoignages, tels que ceux recensés chaque année par SOS Homophobie dans ses rapports sur les LGBTI-phobies, démontrent qu’il existe une réelle transphobie au sein de la police. Compte tenu de ces discriminations et des violences qui peuvent y êtres associées, fournir de telles informations à la police aura non seulement pour effet de les renforcer mais peut également mettre en danger les personnes trans confrontées à la police.
Un fichier de plus, mais bien puant celui-ci.
Je viens de découvrir qu'il existe un site entièrement consacré aux jeux LGBTQ-friendly et à la "queer geek culture". Rien que le fait que ça existe, je trouve ça très cool.
Bien entendu, il y a déjà plusieurs articles sur Baldur's Gate 3 ;)
Alors ça, c'est très rigolo.
Il existe une catégorie de speedrun dans Baldur's gate 3, où il faut romancer (c'est à dire : avoir des relations sexuelles, mettons les points sur les i) un personnage le plus vite possible.
Mae arrive à romancer Lae'zel en moins de 2 minutes. XD
=> délai entre la fin de la création du perso joueur et la première ligne de dialogue menant à la baise.
C'est... expéditif ! Et c'est un record du monde (qui ne demande qu'à être battu, je suis curieux de voir quelles nouvelles techniques seront mises en œuvre).
"Je refuse d'envoyer des CRS sur des gens qui travaillent".
Purin (c'est le cas de le dire) j'ai failli m'étouffer.
Je vous le recopie :
Ça alors ! Darmanin fait dans la compassion !Aujourd’hui, la gestion du mouvement social dans l’agriculture confirme sa déclaration : pas d’intervention des forces de l’ordre, même lorsque certains agriculteurs n’hésitent pas à dégrader des bâtiments publics des services de l’État, arracher des arbres, détruire des panneaux de signalisation… Aucune réaction policière…
Alors, on se souvient. Retraites, Sainte Soline,Gilets jaunes, réfugiés et sans-papiers, banlieues, Sivens… La liste est longue, aussi longue que le déferlement de violences policières qui s’est abattu sur nous…
Morts violentes, utilisation d’armes de guerre,blessures et mutilations, violences physiques et verbales,arrestations arbitraires, intimidations… Voici notre lot lorsque nous osons occuper l’espace public et manifester notre désespoir…
On constate donc qu’il y a deux poids deux mesures dans le « pays de l’Égalité ».
Nous ne pouvons l’accepter et nous réclamons donc, dans les prochains mouvements sociaux, autant d’égards que ceux dont fait preuve le ministère de l’intérieur avec le monde agricole en crise.Nous aussi nous sommes désespéré·e·s devant les inégalités sociales et la ségrégation,devant la crise écologique, devant les politiques qui bafouent nos conquêtes et nos droits.
Justice et Égalité pour toutes et tous !
Tout. Va. Bien.
En France, la FNSEA fait chier son monde. En Suède, on se prépare à la guerre qui vient contre la Russie.
Non, rien.
"Tous les organes, comités et autres, qui ne se sont pas réunis ces 12 derniers mois, seront supprimés"
Je sens qu'il y a un tas de comités Théodule qui vont se réunir d'urgence la semaine prochaine...
Et si les autorités néerlandaises ont contacté la préfecture de l'Oise, c'est parce que la multinationale, déjà implantée à Villers-Saint-Paul dans le département, veut s'agrandir, pour produire des membranes qui serviront à la production d'hydrogène. Si 80 nouveaux emplois sont à la clef, les Néerlandais appellent à la "prudence", d'autant que l'entreprise a déjà menti par le passé.
[...]
Pour l'instant, les autorités françaises soutiennent l'agrandissement de Chemours. Il y a un an, le ministre de l'Industrie, Roland Lescure s'en est félicité.
Je me marre. Pour les ultraconservateurs espagnols, l'affiche de la semaine sainte, réalisée par un peintre a priori connu et représentant le Christ ressuscité, nu jusqu'à la taille, est un scandale car trop "maniérée", voire "efféminée" et de là, je vous laisse imaginer les saloperies homophobes que ces gens là, se considérant comme de bons chrétiens, ont pu proférer.
Là où la chose est tristement drôle, c'est que, comme le dit l'artiste, ces gens n'ont aucune culture artistique et n'ont par ailleurs retenu du message du Christ uniquement ce que 2000 ans de haine catholique ont pu laisser dans leur sillage, alors qu'à la base c'était un message de compassion, de protection des plus faibles, des femmes, des enfants, des pauvres, etc.
Peu après 7 heures du matin, le convoi a été très brièvement bloqué par le barrage de la gendarmerie sur l'autoroute A20, rapporte France Bleu Périgord. Mais les agriculteurs en colère ont forcé la glissière pour rejoindre des plus petites routes et poursuivre leur trajet jusqu'au marché de Rungis.
C'est ça qui a manqué aux gilets jaunes : des tracteurs...
TW : mort, souffrance, exécution capitale
En raison d’une difficulté à se procurer des injections létales - les sociétés pharmaceutiques rechignent à en vendre aux autorités pénitentiaires conscientes de la mauvaise image véhiculée - de plus en plus d’Etats cherchent de nouveaux procédés pour exécuter leurs détenus. Ou reviennent à de vieilles pratiques, comme l’Idaho qui est devenu en avril 2023 le cinquième Etat à réautoriser les exécutions par balle.
Mais quels putains de barbares. Ils ne valent pas mieux que les bouchers de Daech : même mépris de la vie humaine, de la souffrance, même componction dans la satisfaction de la "justice rendue" ; j'ai lu un autre article (RTBF) où même le prêtre qui a assisté le condamné jusqu'au bout s'est déclaré horrifié
Enfin un titre honnête : c'est la vitre de protection de la Joconde qui a été aspergée de soupe, pas le tableau lui-même. La vitre blindée je précise. J'espère qu'elle est à l'épreuve des balles et de la soupe.
En deux ans, Going Medieval a vu arriver la pêche, l’élevage d’animaux, les bêtes sauvages à chasser, la fermentation d’alcool, une refonte de l’agriculture, la météo, le vieillissement, les factions ennemies et les villages voisins qui envoient leurs caravanes de marchands, la création de perso et tout un tas de nouveaux meubles, objets, plantes. Tout n’est pas encore parfait et certaines choses manquent de clarté, mais le jeu n’a plus rien d’un brouillon ou d’une bêta, même s’il compte encore quelques lacunes béantes – j’ai râlé en me rendant compte qu’on ne pouvait pas lancer d’expéditions punitives chez les clans voisins. Il manque aussi un objectif et une difficulté à long terme, car après vingt ou trente heures, une fois qu’on a un village entouré de quatre murailles, même les trébuchets adverses ne peuvent plus nous menacer et la partie peut continuer indéfiniment. Ce qui ne serait pas un si triste destin, d’ailleurs.
Bref, quoi qu'en dise ce brave Izual, ce n'est pas encore aussi bien que Rimworld :p