Je pose ça là, hein.
Marine Le Pen est donc candidate à la présidentielle malgré une condamnation pour «détournement de fonds publics» (oh rien du tout, 2,8 millions d’euros) confirmée en appel, mardi 7 juillet. Et ce n’est pas à elle-même qu’elle le doit. Car tout ce que la leader d’extrême droite a toujours pu dire, au sujet de la justice et plus particulièrement du rapport des élus à cette dernière, aurait dû l’en empêcher. L’ironie est cruelle et à tous les étages.
Et d’abord dans le fait que c’est bien l’exécution provisoire de son inéligibilité, prononcée en première instance, qui la rend éligible pour 2027, cette peine (ramenée à quinze mois en appel) ayant déjà été purgée. Il y a un an, le RN livrait la «justice politique» à la vindicte populaire pour cette décision. «Je suis éliminée» et «des millions de Français vont être privés de […] la favorite de l’élection», avait estimé Le Pen, pour qui «l’état de droit [avait] été totalement violé». «C’est la démocratie française qui est exécutée», avait renchéri Jordan Bardella. C’est au contraire ce qui assure la survie politique de sa cheffe bien aimée.
De même, Le Pen peut se réjouir de ne pas aller en prison, puisqu’elle est condamnée à trois ans dont un ferme aménageable sous bracelet électronique. Ce qui n’aurait pas été possible si elle avait été au pouvoir, du moins si l’on en croit ses propres promesses. Pas plus tard qu’en 2022, elle considérait que seuls «deux types de peines peuvent être compris par les délinquants et les criminels : les amendes et la prison ferme». Elle s’engageait même à «supprimer toute possibilité de réduction et d’aménagements de peine» car «c’est considéré par les délinquants comme l’impunité totale».
La candidate du RN pourrait d’ailleurs ne porter son bracelet – avec lequel elle semble prête à faire campagne contrairement à ce qu’elle a répété ces derniers mois – que quelques mois : elle pourra solliciter jusqu’à la moitié de sa peine en réductions devant un juge d’application des peines. Le tout, comme le rappelle l’avocat Seydi Ba sur son compte X, constitue l’héritage de trois des ministres de la Justice les plus honnis par le parti lepéniste (et réciproquement) : Christiane Taubira, Nicole Belloubet et Eric Dupond-Moretti. Merci la «justice laxiste».
La candidature de Le Pen malgré une condamnation judiciaire vient aussi contredire des décennies de discours du FN devenu RN sur la probité des élus. N’est-ce pas la cheffe des députés lepénistes elle-même qui, alors patronne du FN en 2013, réclamait l’inéligibilité «à vie» des élus «condamnés pour des faits commis grâce ou à l’occasion de leur mandat», citant spécifiquement le cas du «détournement de fonds publics» ? De même, est-il nécessaire de rappeler que Le Pen comme Bardella estimaient encore très récemment qu’on ne peut décemment pas être candidat RN à une élection avec un casier judiciaire rempli ? Rappelons-le tout de même.
Et puis, voir le parti qui dénonce avec une démagogie et un populisme infini le «tous pourris», se gargarisant de garder «la tête haute et les mains propres», représenté par une délinquante avérée, franchement… La version passée de Le Pen elle-même réclamerait un minimum de décence. On se contentera d’un seul exemple parmi des dizaines à disposition. En 2004, réagissant à la condamnation d’Alain Juppé à dix ans d’inéligibilité dans l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris, la fille de Jean-Marie Le Pen faisait son grand numéro : «Tout le monde a piqué de l’argent dans la caisse, sauf le FN. Et on trouve ça normal ? […] Les Français en ont marre de voir des élus qui détournent l’argent, c’est scandaleux. […] Respecter la démocratie, c’est ne pas voler l’argent des Français.» A qui le dit-elle.
Ça faisait longtemps que je ne vous avais pas parlé de la newsletter Chez POL (non Sammy, et d'ailleurs tu nous saoules).
Alors, dans la catégorie "même pas honte", le FN reprend à son compte... Le chant des partisans.
voici Marine Le Pen qui pioche dans un classique de la gauche. En conclusion de son meeting à Liévin hier et alors qu'elle saura demain si elle reste inéligible, elle a cité le Chant des partisans pour adouber Jordan Bardella : «Ami, si tu tombes, un ami sort de l'ombre à ta place.»
Vous avez un seau ? Non ? Un sac en papier peut-être ? Tant pis, il me reste encore ma poubelle.
"Le FN il a changé."
Non, il n'a pas.
Lu à l'instant dans la newsletter Chez POL du jour :
C'est une séquence de 3 minutes qui illustre parfaitement la dérive de la droite «républicaine» vers l'extrême droite. Le premier rôle y est tenu par Agnès Evren, brillamment secondée par un Pascal Praud qui lui donne la réplique avec le naturel qui fait son talent si unique, le tout évidemment sur la scène du plateau de CNEWS. La sénatrice et patronne de la fédé LR de Paris (la plus importante du parti de droite), aujourd'hui membre de l’équipe de campagne de Retailleau, a longtemps été identifiée comme une modérée à droite : elle fut entre autres proche de François Baroin, porte-parole de Nathalie Kosciusko-Morizet puis de Valérie Pécresse... Mais ses positions et propos se sont durcis au fil du temps, à l'unisson de son camp désespérément lancé à la poursuite du RN. Sur la chaîne bolloréenne hier, Praud commence donc par provoquer son invitée : «Si je vous pose une question pour [savoir] pour qui vous votez entre Mélenchon et Bardella, vous me répondrez pas, vous me direz ''je veux pas, gna gna gni, gna gna gna''. J'vous connais.» Ne faisant pas ce plaisir à l'ex-journaliste sportif, Evren prend au contraire une position très claire, tel le très conservateur François-Xavier Bellamy en 2024 : «Pour moi, le pire danger de ce pays, c'est Jean-Luc Mélenchon, qui est un parti de la haine, le parti racialiste, le parti communautariste, le parti antisémite. Et c'est évident qu'entre les 2, et comme beaucoup de Français, je peux voter Bardella. C'est une évidence !» Voilà qui suscite ce cri d'admiration du présentateur ultra-réac, ravi d'avoir obtenu cette décla : «Alors là je retire tout ce que j'ai dit ! […] Bravo pour votre sincérité.»
La sénatrice LR est encouragée par tout le plateau de la chaîne d'extrême droite, notamment Charlotte d'Ornellas, ex de Valeurs Actuelles aujourd'hui au JDD bollorisé. Cette dernière se désespère qu'on en soit «encore là», en France en 2026, à demander à des élus de choisir entre le RN et LFI, alors que la réponse est selon elle si évidente que la question ne se pose même pas. Evren approuve et se lâche encore un peu plus. Après avoir estimé que «toute la droite réunie» représente 70% des électeurs de ce pays (RN et LR confondus dans la même famille idéologique, donc), elle balance : «N'importe quel électeur de droite aujourd'hui, entre Mélenchon et Bardella, il vote Bardella ! C'est d'une telle évidence, faut arrêter de se mentir ! On a l'impression qu'on redécouvre la lune.» Ne tenant plus en place sur sa chaise devant un tel alignement avec ce que prône sa chaîne, Praud jubile : «Faites attention à vous madame Evren, faites très attention à ce que vous dites, vous êtes en train de vriller ! Chez LR, personne n'a dit ça quasiment.» Toujours sur sa lancée, l'élue parisienne conclut d'une tirade finale : «Y'a 11,5 millions d'électeurs qui ont voté pour le RN. Est-ce qu'il y a 11,5 millions de fachos et de racistes en France ? Non, je ne pense pas, je ne pense pas qu'il y ait un péril fasciste en France. Je pense juste qu'il y a des Français qui veulent plus de radicalité, qui en effet ne veulent pas d'eau tiède.» Ou comment l'une des principales cadres de droite valide de bout en bout la rhétorique et la stratégie de l'union avec l'extrême droite.
Quoi qu'il arrive, ne jamais voter LR. Ils sont définitivement perdus. LR = RN = FN = parti fondé par des SS (et dont la ligne politique n'a pas fondamentalement bougé depuis). (désolé, il fallait que je le rappelle)
Je vous rassure : je ne l'ai pas découvert aujourd'hui, mais cette tirade sans vergogne sur "l’évidence" du vote Bardella a quelque chose d'effrayant : dans leur tête, ils ont déjà gagné.
Lu dans la newsletter Chez POL (ça faisait longtemps), où quand Guillaume Erner, le matinaler de France Culture, diffuse un montage grossier mettant sur le même pied l'antisémitisme avéré (et multi-condamné) de Jean-Marie Le Pen, et celui, supposé de Jean-Luc Mélenchon :
Calomniez, calomniez
On entend beaucoup de monde s'inquiéter de l'IA et de la difficulté, avec le développement des technologies, à démêler le vrai du faux. Nul besoin pourtant de ChatGPT ou autre pour faire une grosse manip'. Sur France Culture hier, le présentateur de la matinale Guillaume Erner a diffusé un montage qu'il a «trouvé sur les réseaux sociaux». On y découvre des paroles de Jean-Marie Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon mises côte à côte afin de faire un parallèle net entre les deux hommes sur la question de l'antisémitisme. Et dire que le second est aussi antisémite que l'était le premier - notons que le premier a été condamné à plusieurs reprises pour antisémitisme, contrairement au second. Et l'on entend l'insoumis déclarer, après un passage de Le Pen sur les juifs : «Pour moi c'est la caste, c'est-à-dire les tout-puissants financiers et leurs marionnettes médiatiques, politiques…» Du bon cliché antisémite donc. Sauf que l'extrait en question est tiré d'un entretien avec Natacha Polony en 2017 sur Paris Première. Et les deux parlent non pas des juifs mais des élites déconnectées. Peu importe pour Erner qui diffuse donc ce montage devant une Marine Le Pen chaleureusement invitée et à laquelle il demande très gentiment à quel moment elle a décidé de rompre avec l'antisémitisme de son père. Voici donc l'extrême droite réhabilitée sur le service public, le tout en omettant les nombreuses sorties antisémites des troupes lepénistes, comme on a encore pu le voir à l'occasion des dernières municipales ou en regardant sans trop forcer dans les articles pro-Pétain de l'actuelle vice-présidente du groupe RN à l'Assemblée Caroline Parmentier. Côté insoumis, on dénonce évidemment cette manip'. «La malhonnêteté et l’indécence de tels procédés n’ont rien à faire sur le service public d’information, commente ce matin Manuel Bompard. Nous saisissons l’Arcom et la SDJ de Radio France et nous demandons instamment à la direction de France Culture de rétablir la réalité des faits et de présenter des excuses publiques pour une telle désinformation.» En attendant, le montage circule toujours.
Je suis profondément déçu.
J'ai toujours considéré que France Cul était profondément conservateur dans les prises de positions de ses chroniqueurs, mais là ça va beaucoup trop loin.
Plusieurs jeunes, visiblement éméchés, se trouvaient au fumoir quand ils ont commencé à scander «Marine au pouvoir, les Arabes à l’abattoir». Et le groupe de continuer, selon la jeune femme qui a capté les images et qui est revenue sur les faits auprès de France 3 Occitanie : «La France aux Français», «Netanyahou, allez, allez…»
Le FN, il a changé.
Non.
Or, c’est plutôt l’exact contraire que l’on observe : les enquêtes montrent que le RN reste une formation d’extrême droite (avec toutes les intolérances qui vont avec), dirigé par une petite élite chargée médiatiquement de sa dédiabolisation. Il faudrait sans doute en finir avec cette formule des brebis galeuses pour plutôt rappeler que les «dédiabolisés» sont l’exception et non la norme.
Le FN (RN si vous y tenez) est le parti de la politisation du racisme. Je suis tombé sur cette interview du même dans un podcsat que je en connaissais pas, c'est intéressant, je vous la conseille si vous préférez l'oral à l'écrit : https://www.reddit.com/r/france/comments/1s1qs8s/il_a_v%C3%A9cu_6_ans_avec_des_%C3%A9lecteurs_rn_pour/
Tout est dans le titre : un député RN obsédé par sa transphobie, a souhaité couper les vivres au festival des Trans Musicales de Rennes parce qu'il pensait que c'était un "festival de musique d'artistes transgenres"
La définition même de bête et méchant. L'extrême-droite quoi.
Vu dans le Chez POL du jour : une proposition de loi transpartisane -et par les temps qui courent, c'est un miracle- va aboutir -2ème miracle- d'ici peu à l’inscription du consentement dans la loi.
Un accord vient d'être obtenu en Commission mixte paritaire (une réunion de députés et de sénateurs, pour se mettre d'accord sur un texte), qui a été votée par des représentant de tous les partis.
Tous, sauf le RN :
Après une adoption qui ne fait guère de doute à la chambre basse jeudi, le texte devrait être soumis aux sénateurs dès la semaine prochaine, le lundi 27 ou le mercredi 29 octobre. «Les espaces transpartisans sont rares ces temps-ci, donc on est contentes d'avoir réussi à faire aboutir ce travail», se félicite l'élue écologiste de Lyon. Deux députées se sont pourtant démarquées du collectif en CMP en votant contre la proposition de loi. Il s'agit des députées RN Pascale Bordes et Sylvie Josserand, qui n'ont pourtant «pas ouvert la bouche» et fourni «aucun argument» pour justifier cette opposition, relate Garin.
Questionnée par Chez Pol sur cette position inexplicable, Marine Le Pen nous a sèchement éconduits. Serait-ce parce que l'extrême droite est en lien étroit avec les réseaux masculinistes, dont la rhétorique est utilisée pour attirer de nouveaux adeptes sur internet ? «Ces derniers temps, leur stratégie consistait plutôt à s'afficher en défense des droits des femmes», relève Garin, même si un certain malaise avait émergé dans les troupes lepénistes au moment de l'inscription de l'IVG dans la Constitution. Il faut croire que le naturel est tenace.
Voilà. Pour celles et ceux qui en doutent encore, le RN n'est pas le parti des femmes. Ni des travailleurs. Ni des opprimés.
C'est un parti d'extrême-droite, avec des convictions d'extrême-droite (genre les femmes à la maison, le viol c'est pas vrai, tout ça).
Je te fais la version courte : pour Retailleau, ce qui empêche la fusion-acquisition du RN sur LR, c'est que le programme économique du RN est "trop à gauche".
Vous marrez pas.
Déjà parce que c'est tragique, ensuite parce qu'il a vraiment dit ça.
Donc c'est foutu Massu. Dans quelques jours on aura un Bardella premier ministre, ou un Retailleu avec des ministres RN.
Ou une dissolution, avec une victoire du RN à la clé.
Cette fois, c'est vraiment la merde.
Lu dans Chez POL d'hier :
On le sait depuis longtemps : il ne faut pas compter sur la droite dite «républicaine» pour participer au front républicain contre l'extrême droite (même si elle en a profité pour garder un nombre miraculeux de postes à l'Assemblée en 2024). Depuis le «ni FN ni PS» de Nicolas Sarkozy, l'UMP devenue LR refuse de voter pour la gauche pour faire barrage aux lepénistes. Mais jusqu'ici, officiellement du moins, elle ne votait pas non plus pour le RN. Eh bien c'est en train de changer. Sur Europe 1 et CNEWS hier (où d’autre ?), le sénateur LR Roger Karoutchi a assumé de voter pour Marine Le Pen ou Jordan Bardella en cas de 2d tour face à Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle. «Oui, bien sûr, sans état d'âme parce que pour moi aujourd'hui, c'est LFI qui n'est plus dans l'arc républicain et moi j'affirme et je confirme qu'aujourd'hui, le RN est dans l'arc républicain», a soutenu ce cadre du parti de Bruno Retailleau (il est membre du bureau politique et vice-président de la commission d'investiture). Un choix somme toute logique au regard du brevet en républicanisme accordé au parti d'extrême droite par Sarkozy et des propos de Laurent Wauquiez et Retailleau sur LFI qui serait «le plus grand danger politique pour notre pays». Cela a au moins le mérite de l'honnêteté. Sur CNEWS ce matin, on se gargarise de cette prise de position et surtout du fait que Karoutchi n’a été recadré par personne à LR. La boucle est bouclée.
EDIT du 03/10 : les noms des députés macronistes qui ont refusé de voter pour des vice-président(e)s RN (mais aussi LFI): Charles Sitzenstuhl, Guillaume Gouffier Valente, Éric Bothorel, Denis Masséglia, François Cormier-Bouligeon.
C'est marrant que le FN se sente visé quand quelqu'un parle d' « une nouvelle et inquiétante réapparition d’idées extrémistes. Ces idéologies brunes et nauséabondes trouvent dans l’autre, celui qui est différent, toutes les raisons de le rejeter et de lui imputer la responsabilité de malheurs souvent imaginaires », je croyais qu'ils avaient été dédiabolisés ?
La réaction du délégué départemental du Souvenir français est une honte absolue.
Merci Seb pour le partage.
Le Pen annonce avoir saisi la CEDH pour contester sa peine d'éligibilité. Elle a bien raison, les droits, c'est fait pour être utilisés.
Là où ça ne manque pas de sel, et la même newsletter ChezPOL se fait un plaisir de le rappeler dans le détail, c'est que la même a passé sa vie à fustiger la CEDH, à en dénoncer les prétendus abus, à expliquer en quoi elle était dangereuse :
Il n'est donc pas inutile (wink wink) de rappeler ce que la fille de Jean-Marie Le Pen a toujours pensé et dit au sujet de la CEDH avant de se rendre compte qu'elle pouvait servir ses intérêts. En 2014, par exemple, elle voulait «couper le cordon» avec la CEDH alors que la France venait d'être condamnée pour ne pas avoir reconnu la filiation d'une naissance par GPA aux Etats-Unis, fustigeant une instance qui irait «contre l'avis des peuples». En 2018, elle accusait - à tort - la CEDH d'avoir rendu une décision autorisant l'application de la charia sur notre territoire. En 2019, la même disait vouloir sortir la France de la «camisole» des droits de l'homme, car «la Convention européenne des droits de l'homme tolère le délit de blasphème et fixe presque les règles du communautarisme». Elle faisait alors de la cour le cheval de Troie de l'islamisme radical en Europe.
Alors de deux choses l'une : soit Le Pen s'est toujours trompée, soit son recours pour sauver son avenir politique et judiciaire est purement opportuniste. Elle imite en tout cas ici parfaitement Nicolas Sarkozy.
Le FN convie le ban et l'arrière-ban des fachos européens à un grand raout dans le Loiret, aux frais de la princesse Europe :
On sent tout de même qu’il y a plus d’argent que d’ordinaire : c’est l’Europe qui paie, comme le rappelle au bas de l’écran, la phrase, contractuelle dans ce genre de manifestation : «patriots.eu [le PFE, ndlr] est partiellement financé par le Parlement européen et est le seul responsable de cet évènement.»
Ce qui n'empêche pas lesdits participants de comparer l'UE aux pires dictatures du monde :
Si chaque intervenant n’a pas manqué de comparer l’Union européenne aux pires dictatures du monde – ici, l’Union soviétique, là un «Empire» «totalitaire» – nul n’a semblé chagriné par la manne qui prend en charge le meeting et, en général, le train de vie des élus européens.
Florilège de saloperies énoncées par ces personnes (reprises dans une question au gouvernement de la députée du coin, et cité apr la newsletter Libé "Chez POL") :
Séance des questions au gouvernement, hier à l’Assemblée. 48h après un grand raout des extrêmes droites européennes, organisé par Le Pen dans le Loiret, la députée (Liot) du cru Constance de Pélichy souhaite faire réagir le gouvernement. Qu’a-t-il à dire après les propos du Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, qui parle de l’immigration en dénonçant «un échange organisé de populations pour remplacer le socle culturel de l’Europe», une reprise transparente de la théorie raciste du «grand remplacement» ? Et ceux de l’Estonien Martin Helme, pour qui «être un nationaliste français veut dire que la France est dans vos os et que les os de vos ancêtres sont en France» ? Ou ceux de l’Italien Matteo Salvini, qui s’en est pris en 2020 aux femmes étrangères recourant aux urgences médicales pour des avortements, en raison d’un «style de vie non civilisé» ? Quid des saillies de l’Espagnol Santiago Abascal contre le réchauffement climatique, «plus grande escroquerie de l’Histoire» ? Quant au Polonais Krzysztof Bosak, «plutôt sceptique» sur la démocratie…
[...]
Fait assez rare au Palais Bourbon pour être souligné, tous les députés, des Républicains (LR) à la gauche en passant par Horizons, le Modem et les macronistes, se lèvent alors et applaudissent longuement leur collègue.
C'est bien gentil, mais face à ces gens là, des applaudissements ne suffiront pas.
Le FN ("RN") est (toujours) un parti raciste, autoritaire, anti-immigration, anti-Europe, etc. (ce qui ne l'empêche pas de se gaver de l'argent de l'Europe). L'article a beau rappeler que tous les fachos d'Europe ne sont pas forcément d'accord entre eux (certains sont avant tout anti-immigration, d'autres sont surtout des extrémistes cathos ; certains sont contre l'immigration et pour le mariage pour tous -mais ça peut n'être qu'un argument électoral- quand d'autres rêvent d'un monde à la Poutine, sans homo, trans, etc. MAIS derrière ces contradictions (qui ne sont, je le rappelle, peut-être seulement apparentes), il y a un même fonds commun de rejet de (en vrac) la démocratie, la différence (toutes les différences, et ça me fait rire amèrement de voir une immigrée asiatique tenir le pire des discours raciste anti-arabe et anti-musulmans parce qu'elle, elle est intégrée... le jour où l'un de ces tarés sera élu, je voudrais bien voir comment elle lui expliquera qu'elle est d’origine étrangère, mais c'est pas pareil... Cf. l'immonde phrase citée plus haut : "être un nationaliste français veut dire que la France est dans vos os et que les os de vos ancêtres sont en France")...
Le FN est toujours aussi dangereux. La manœuvre de dédiabolisation n'a pas fonctionné. Ils n'arrivent même plus à dissimuler leur pourriture.
D'emblée, ça commence mal : confier à Julien Odoul la tâche d'enquêter sur les "brebis galeuses" au sein du FN, c'est un peu comme demander au Maroilles de mener l'enquête dans le frigo pour savoir quel fromage pue le plus...
Mais passons. Une fois encore, on en apprend de belles, mais pas vraiment des nouveautés : islamophobie, racisme, Islam "pas compatible avec la France " (notez bien : pas "la République", "la France"), hommages à Maurras ou à Pinochet ou louanges à Alain Soral... Heureusement que vous avez viré les brebis galeuses... Ah pardon, pas viré, mais promis-juré-craché la main sur le cœur que vous alliez le faire.
le Kremlin déplore une "violation des normes démocratiques"
Je... comment dire ? Non seulement c'est le plus beau jour de l'année, mais en pus vous allez me faire mourir de rire ?
Le président du Rassemblement national avait été qualifié "d'assistant parlementaire fantôme" par le journal. Le tribunal correctionnel de Paris a jugé que le titre "n'est pas diffamatoire", annonce vendredi l'avocat de "Libération".
Voilààààà. Maintenant, on a tous le doit de dire que le président du FN a été un assistant parlementaire fantôme :)
Mais la raison de ce rejet est peut-être plus profonde. "On ne va quand même pas valider la stratégie va-t-en guerre d'Emmanuel Macron", poursuit un cadre du parti, qui reprend à son compte le nouvel élément de langage en vogue au RN : "La Russie est certes une menace, mais pas une menace imminente."
Le FN qui tente de naviguer entre deux eaux, comme c'est mignon.
Dans tous les cas, si on vivait dans un monde un peu plus logique (heureusement pour eux, ce n'est pas le cas), ça devrait leur revenir dans la gueule :
« Nous devons être à l’une des seules périodes de l’histoire où le remplacement d’un peuple par un autre est sciemment organisé par nos dirigeants », a-t-elle lancé en préambule de son intervention, avant d’ajouter quelques secondes plus tard, dans la même veine : « Dois-je vous rappeler que Mohammed Merah, les frères Kouachi, Amedy Coulibaly, tous étaient français par droit du sol ? »
"Le FN il a changé"
Ah ben non en fait. Pas du tout. Toujours les mêmes racistes décérébrés.