Sans rentrer dans les détails de l'article (je ne suis pas d'accord sur tout, je n'adhère pas vraiment aux thèses conspiratio-apocalyptiques se délectant de "la chute de l'Occident" mais pour autant je suis assez d'accord pour dire que le système politique est à repenser de fond en comble), je suis intrigué par cette propension très à la mode depuis quelques temps à utiliser la métaphore informatique à propos de tout et n'importe quoi. Surtout pour n'importe quoi d'ailleurs. Ecoutez un peu les interviews des hommes politiques à la radio (je sais, c'est chiant), et vous finirez par noter cet "élément de langage" (pour parler comme leurs communicants) : à tout bout de champ, on nous explique que "le logiciel est cassé" ou bien au contraire que telle ou telle chose "sont dans le logiciel/le code du parti" etc.
Je ne sais pas qui a cette idée pourri le premier, et je regrette vivement que Jean Quatremer soit mouru. Il aurait pu nous analyser tout ça.
Lien vers l'article : http://auxinfosdunain.blogspot.fr/2014/06/point-de-rupture.html
via http://lehollandaisvolant.net/?id=20140518180135
Ça me rappelle un billet de blog qui s’intitulait (à dessein) "A table on mange les enfants" et qui protestait pour le même manque de respect envers la ponctuation.
Lien donné par Kévin Mérigot http://www.mypersonnaldata.eu/shaarli/?gU6JWA : les conférences du Pavé.
C'est pour des notes de ce genre que Kevin Merigot est en train de passer dans mon top 5 des Shaarlis à suivre :)
Je te conseille de lire ceci pour prolonger ta réflexion, mais tu l'as peut-être déjà lu : http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?67YMrA
Pas le courage de faire un résumé. regardez au moins la vidéo.
EDIT : tiens, je n'étais plus trop sûr de l'avoir shaarlisé ! Je vais un peu étoffer cette notice du coup. Il décortique le langage dominant et ses stratégies rhétorique : euphémismes, oxymore, pléonasme et langue de bois la plus brute.
"Des exemples ? Le capitalisme s’appelle désormais développement, la domination se nomme partenariat, l’exploitation se dilue dans la gestion des ressources humaines et l’aliénation a l’apparence d’un projet."
Bref, "À regarder le tableau se remplir et à réaliser tous ensemble qu’aujourd’hui un licenciement collectif s’appelle un plan de sauvegarde pour l’emploi, on se dit que George Orwell dans 1984 (publié en 1949) avait déjà tout compris."
Putain mais c'est vrai bordel, ce con a raison !
"Créé en 2005 par le CNRS, le CNRTL fédère au sein d’un portail unique, un ensemble de ressources linguistiques informatisées et d’outils de traitement de la langue.
Le CNRTL intègre le recensement, la documentation (métadonnées), la normalisation, l’archivage, l’enrichissement et la diffusion des ressources.
La pérennité du service et des données est garantie par l’adossement à l’UMR ATILF (CNRS – Nancy Université), le soutien du CNRS ainsi que l’intégration dans le projet d’infrastructure européenne CLARIN."
On dirait pas comme ça, mais c'est une super ressource : dictionnaires, lexiques, outils...
"Alors, faut-il interdire le tacle aux journalistes en manque d'imagination, comme l'avait un jour envisagé Michel Platini pour les footballeurs ? Ou proposer à la corporation un programme de désintoxication ? Les ressources de la langue française étant vastes, les substituts ne manquent pas et on y gagnera en nuances [...] Peut-être faudra-t-il surtout que les acteurs de la vie publique commencent par élever leur discours à un niveau d'argumentation nécessitant des comparaisons moins simplistes qu'avec un geste de footballeur."