le président brésilien Jair Bolsonaro a été invité le 22 janvier 2019 par les sommités planétaires de la finance et de l’entreprise à présenter ses projets au Forum économique mondial de Davos. D’ordinaire prompts à claironner leur amour de la parité, leur respect de la diversité, leur engagement pour le droit des minorités, pour l’environnement, la paix, les enfants, les baleines à bosse, les dirigeants ont (provisoirement) remballé ces convictions et acclamé le nouveau chef d’État, dont ils attendent de plantureuses occasions de profits. « Le Brésil a besoin de vous, et l’inverse est vrai aussi », a expliqué M. Bolsonaro aux « maîtres du monde » économique. Lesquels ont fait mine de n’avoir jamais entendu les formules qui ont assuré le succès du candidat d’extrême droite auprès de la bourgeoisie conservatrice brésilienne. « J’ai eu quatre fils. Et puis j’ai eu un coup de mou : j’ai eu une fille. » Lorsqu’il exprime ses convictions, M. Jair Bolsonaro ne s’embarrasse pas de manières : « Les femmes doivent gagner moins que les hommes puisqu’elles tombent enceintes. » À une parlementaire qui lui reprochait sa misogynie, il a rétorqué : « Jamais je ne vous violerai : vous ne le méritez pas. » Selon lui, l’homosexualité s’expliquerait « par la consommation de drogue ». Enseigner le respect de la diversité sexuelle à l’école ? « Cela reviendrait à promouvoir la pédophilie. »