Evidemment, préviennent les auteurs, les fascistes ne se présenteraient pas comme tels en utilisant les méthodes d’Hitler ou de Mussolini. Ils s’empareraient du pouvoir «sous couvert d’un super-patriotisme et d’un super-américanisme» en utilisant trois techniques. D’abord, briser l’unité nationale en menant une «campagne de haine contre les minorités raciales, religieuses et autres». Ensuite, mettre fin à toute coopération internationale puisque les Etats-Unis sont meilleurs que tous les autres : les fascistes y substitueraient «une forme pervertie d’ultranationalisme en disant à leur peuple qu’il est le seul qui compte au monde. Cela s’accompagne de haine et de suspicion envers les peuples de toutes les autres nations».
Enfin, pour eux, «le monde n’a que deux choix : le fascisme ou le communisme et ils qualifient de communistes tous ceux qui refusent de les soutenir». Les militaires américains sont donc appelés à apprendre à repérer les fascistes locaux même «s’ils adoptent des noms et des slogans populaires, s’enveloppent du drapeau américain et mettent en œuvre leur programme au nom de la démocratie qu’ils cherchent à détruire».
Cette citation est extraite d'un document interne de prévetnion de l'armée américaine, daté de 1945.
On y est.
«En 2025, mon assurance santé était d’environ 500 dollars par mois. Je payais près de 375, et les aides étaient donc d’environ 125 dollars. Les aides sont calculées en fonction du revenu. Avec la fin de l’extension d’Obamacare, et vu qu’avec mon revenu je suis au-dessus de 400 % du niveau de pauvreté, je n’y suis plus éligible. Je paye désormais 628 dollars par mois, car mon assurance santé a aussi augmenté. Les compagnies d’assurances ont anticipé une baisse du nombre de personnes qui allaient cotiser, à cause de la réduction des aides, et ils ont augmenté les prix. Quand ils ont passé la loi Obamacare, 400 % du niveau de pauvreté semblait beaucoup, mais les prix des assurances santé ont tellement augmenté depuis qu’ils sont devenus inabordables financièrement, même pour ceux au-dessus de ce seuil.
«Je vais devoir trouver cet argent quelque part. Je vais sûrement mettre moins de côté pour ma retraite, c’est la façon la plus facile de réduire mes dépenses. Mon loyer a augmenté, le prix des courses est plus cher, je ne mange déjà pas beaucoup dehors. C’est stressant. Je n’ai plus accès aux aides, vu que mes revenus dépassent le seuil, car les affaires vont bien, mais avec le prix de ma nouvelle assurance, d’une certaine manière, cela annule les gains que je fais avec mon entreprise.»
Le système (social, de santé, de l'assurance etc.) américain est brutal, surtout vu par un français, mais avec Trump c'est devenu encore pire. Cet article donne une série d'exemples, en donnant la paroles aux victimes directes de sa brutalité (chercheur sans crédit, fonctionnaire licencié, mère de famille aux portes de la pauvreté, immigrée craignant d'être expulsée...). Mais je me suis focalisé sur cet exemple qui appelle deux commentaires :
Maintenant, la question se pose, nous sommes à la croisée des chemins : les contre-pouvoirs vont-ils fonctionner ? Trump et sa clique ne vont-ils pas aller au bout de leur démarche et instaurer une dictature totale ? Comment ces gens, qui chient sur la Constitution, le droit international, ne pensent qu'à leur intérêt financier avant toutes autres considérations, ne pourraient-ils pas franchir le Rubicon du coup d’État ?
Lauder y décrit une île riche en terres rares, cruciales pour les technologies de pointe, les armements avancés et l’intelligence artificielle. Washington doit agir vite, affirme-t-il, avant que d’autres puissances ne s’y installent – exactement l’argument repris par Trump, qui évoque des menaces russes et chinoises pour justifier la prise de contrôle du Groenland. «En agissant dès maintenant avec vision et détermination, Trump peut garantir le leadership américain dans l’Arctique pour les générations à venir, tout en aidant le Groenland à réaliser ses aspirations en tant que partenaire, allié et peut-être, un jour, membre de la famille américaine», écrivait encore Lauder.
Lauder, la crème des éminences grises.
Encore une fenêtre grande ouverte sur la collusion politico-financiaro-familiale au cœur du système Trump :
Les intérêts de Ronald Lauder ne se limitent d’ailleurs pas au Groenland. D’après des documents révélés par The Guardian, Lauder appartient aussi à consortium minier ayant décroché ce mois-ci un contrat pour exploiter un gisement de lithium en Ukraine, conséquence de l’accord signé en mai entre la Maison Blanche et Volodymyr Zelensky. Cette imbrication entre diplomatie et business est au cœur du système Trump. «Trump a tendance à obtenir ses informations et à prendre ses décisions en s’appuyant sur des conversations avec d’anciens partenaires de golf, des avocats impliqués dans ses procès et des partenaires commerciaux. Ce sont des gens comme Ronald Lauder», explique Rasmus Sinding Sondergaard, chercheur à l’Institut danois d’études internationales, à Politiken.
MAGA = Moscow Agent Governing America !
Trump un agent au service des russes ? Écoutez, c'est sans doute le dernier complot à la mode, amis avouez que ça fait sens.
Un début de réponse à la question que je posais ce matin : Trump est-il fou ou fait-il juste semblant ?
Réponse par Elisabeth Roudinesco : c'est compliqué...
Cher Jonas : Étant donné que votre pays a décidé de ne pas m’attribuer le prix Nobel de la paix pour avoir mis fin à PLUS de 8 guerres, je ne ressens plus l’obligation de penser uniquement à la paix, bien que ce sujet reste prédominant, et je peux désormais réfléchir à ce qui est bon et approprié pour les États-Unis.
Trump a écrit au président norvégien pour lui dire en substance qu'il allait prendre le Groenland parce qu'on ne lui avait pas donné le prix Nobel de la paix.
Je pense que le plus terrifiant avec Trump, c'est de ne pas savoir s'il est fou, ou s'il joue au fou.
Trump, qui sait pertinemment qu'il va perdre les élections de mi-mandat prévues cet automne, qui doivent renouveler les élus de la Chambre des représentant et 1/3 du Sénat, lance l'idée de les annuler, en mode je plaisante mais en fait pourquoi pas mais ne dites pas que j'ai dit ça, dans un de ses charabia en roue libre auxquels nous sommes désormais habitués.
Voilà. C'est comme pour le Groenland, on pourra pas dire qu'on n'était pas au courant.
Cette campagne violente d’enlèvements par la police secrète, qui selon l’ONG Human Rights Watch « viole les droits humains à grande échelle », a commencé cet été après que le chef de cabinet adjoint de la Maison Blanche a annoncé que l’administration allait « libérer Los Angeles de l’invasion des migrants ».
Elle s’est étendue à Chicago, puis à Charlotte, en Caroline du Nord, puis à La Nouvelle-Orléans, où des brigades non violentes inspirées du modèle de Chicago se sont formées pour y résister dans chaque nouvelle ville.
À Grand Rapids, dans le Michigan, la police a arrêté face caméra des manifestants qui protestaient contre l’intervention américaine au Venezuela.
Tout cela est en train de se passer sous nos yeux.
En l’absence d’une résistance farouche, la situation va empirer.
J’ai un message pour l’Europe : ne cédez pas à cet homme.
Ne cédez pas à cet homme.
Trump mène une politique de terreur envers ses opposants. Tous ses opposants. On le savait depuis décembre 2024, mais la complaisance n'est plus permise : les USA sont devenus une vulgaire dictature.
Attention, je vais émettre un truisme : non seulement Trump est un dictateur mégalo, mais il est complétement con. C'est un vrai dictateur de BD... sauf que c'est vrai.
=> il veut lancer la production d'une vingtaine de navires de guerre d'une nouvelle catégorie (bon, pourquoi pas), mais ce sera des "Trump class". Déjà que ce type veut créer une "Trump gold card" (avec sa tronche dessus), des pièces à son effigie... Pourquoi pas un nouveau type de navire de guerre après tout ?
L'autre jour, je demandais sur Mastodon dans combien de temps il lui viendrait l'idée de rajouter son effigie sur le mont Rushmore. Je suis sûr qu'il n'y a pas encore pensé mais que ça va venir.
Et donc, non content d'appuyer son habituelle logorrhée avec des illustrations moches faites par IA, il explique qu'il faut que les bateaux de guerre soient jolis, parce que les derniers navires furtifs sont "affreux", et qu'il faut remettre des catapultes à vapeur à la place des catapultes magnétiques pour lancer les avions parce que "J’aime voir cette belle vapeur qui se déverse du pont. Avec de l’électricité, ça n’existe pas".
Aussi stupide que taré.
On va droit à l'apocalypse, avec le Joker comme méchant suprême. (et encore, le Joker, il est pas idiot. Il est juste taré.)
Et, non, on n'est toujours pas dans une BD.
Donald Trump a annoncé, jeudi 18 décembre, l’organisation des tout premiers « Patriot Games », un événement sportif réunissant des jeunes athlètes pour marquer le 250e anniversaire de l’indépendance américaine. Sur les réseaux sociaux, les démocrates dénoncent leurs similitudes avec le roman dystopique Hunger Games.
Non seulement nous vivons désormais réellement dans une dystopie, mais en plus elle est de plus en plus WTF.
Composé de cinq membres, le comité Nobel prend généralement sa décision plusieurs jours, voire plusieurs semaines, avant l’annonce officielle, et se réunit une dernière fois dans la dernière ligne droite avant ladite annonce pour peaufiner ses attendus. La dernière réunion du comité s’est tenue lundi 6 octobre. Ainsi, l’accord entre Israël et le Hamas trouvé dans la nuit de mercredi à jeudi n’a eu «absolument aucune conséquence» sur le choix du lauréat 2025 car «le comité Nobel a déjà pris sa décision», a précisé jeudi 9 octobre l’historien Asle Sveen, spécialiste du Nobel.
Car depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump lorgnait sur le prix, revendiquant un rôle dans la résolution de multiples conflits dans le monde. Il avertissait qu’il prendrait comme «une insulte» le fait que la décoration lui échappe.
Du coup ? Le prix Nobel de la paix putatif va déclarer la guerre à la Suède ou bien ?
Dans une vidéo publiée jeudi soir sur Instagram, l’ancien directeur du FBI a clamé son innocence et promis de se battre. «Nous ne vivrons pas à genoux et vous ne devriez pas non plus. La peur est l’arme des tyrans», a-t-il martelé.
"Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux", une phrase de La Boétie, le pote de Montaigne,les punks anar bien connus. Il a des lettres ce monsieur (à l'inverse de son persécuteur).
J'ai l'air de rigoler, mais c'est gravissime. A l'heure ou la droite et l'extrême-droite françaises crient au procès politique contre Sarkozy, le président des États-Unis utilise le pouvoir judiciaire pour exercer sa vengeance envers une des personnes qui avaient préféré l'intégrité à la servilité.
Il a rappelé que ce n’était pas son émission en soi qui était importante, mais le fait de «vivre dans un pays qui nous permet d’avoir une émission comme celle-ci». Devenu le héros de la liberté d’expression bafouée, Kimmel a remercié «ceux qui ne soutiennent pas mon émission ni mes convictions, mais qui soutiennent mon droit de les partager».
Voilà.
Un article fleuve (j'ai lu en diagonale) de la revue Le Grand Continent, qui établit un parallèle entre Trump et... Mao. En tout cas, le Mao de la Révolution culturelle, et les similitudes sont nombreuses : désir de vengeance (si j'ai échoué le coup d'avant c'est la faute des autres), autoritarisme, culte de la personnalité, purges, "nettoyage par le chaos" (pensez au DOGE), rejet de tout ce qui n'est pas traditionnel (le wokisme pour Trump), rejet de la science et de toute voix discordante d'une façon générale, etc.
L'article s'achève en rappelant que la Révolution Culturelle n'a pas survécue à Mao...
Les conservateurs américains dans le délire le plus total : une chaîne de restaurants renouvelle son logo, dans un style plus moderne (et AMHA plus lisible), mais en supprimant le paysan qui y figurait. Panique, révolte, dénonciation du wokisme. Si, si, on en est là. Ils sont complétement tarés.
Exaspéré par la lenteur des interpellations, jugée incompatible avec sa promesse de conduire la «plus grande opération d’expulsion» de l’histoire des Etats-Unis, Stephen Miller – conseiller influent de Trump et maître d’œuvre de sa politique migratoire – a éclaté de colère le 21 mai, lors d’une réunion à Washington avec les responsables de l’immigration (ICE). Il a fixé un objectif sans équivoque : 3 000 arrestations quotidiennes, soit plus d’un million par an.
Ce sont des fous furieux.
Au-delà de la seule question économique, la guerre commerciale pourrait, en réduisant l’activité et le pouvoir d’achat des consommateurs-électeurs, avoir des conséquences importantes sur la scène politique intérieure et réduire le risque que la tentative techno-césariste réussisse. Trump, qui a longtemps bénéficié d’un a priori positif quant à sa capacité de gérer l’économie, est aujourd’hui désavoué par une majorité d’américains sur ce point.
Au moins une bonne nouvelle.
L’escalade de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine a conduit à un quasi-embargo réciproque, avec des niveaux de droits de douane — 145 % et 125 % — qui rendent quasi-impossible les échanges bilatéraux. Cette situation devrait radicalement diminuer le volume de fret entre ces deux pays. Plusieurs compagnies maritimes ont déjà réduit le nombre de liaisons hebdomadaires transpacifiques et l’activité sur les ports de la côte Est devrait assez fortement se contracter au cours des prochaines semaines. Le directeur exécutif du port de Los Angeles a récemment dévoilé que l’activité, la semaine du 5 mai, devrait être 35 % plus faible qu’à la même époque l’an dernier, cela car « de nombreux distributeurs américains ont totalement arrêté leurs importations depuis la Chine en raison des droits de douane »
Dans un rapport largement commenté, l’économiste en chef d’Apollo Global Management estime que ce gel des activités portuaires devrait progressivement se transmettre au reste de l’économie américaine. Il prévoit que les volumes de conteneurs devraient baisser significativement d’ici début mai. En conséquence, l’activité de fret routier devrait être affectée à partir de cette date. En prenant en compte les délais de livraison par la route et les stocks, le commerce de détail devrait être touché fin mai ou début juin. À cette date, des pénuries devraient apparaître, ainsi que d’importantes hausses de prix.
Tout cela conduirait à une entrée en récession à l’été.
[...]
Mais les dommages économiques de la politique adoptée depuis janvier risquent surtout d’être insidieux, progressifs et persistants. Le « Liberation Day » a mis à mal le système commercial mondial créé par l’Amérique, et dont elle a fortement profité pour assurer le développement de ses multinationales telles que Apple ou Nike, qui contribuent à sa prospérité en organisant les chaînes de valeur mondiale de manière à concentrer les activités à plus forte valeur ajoutée aux États-Unis. La perte de confiance dans les États-Unis a conduit au boycott de leurs produits au Canada ou au Danemark, l’escalade avec la Chine a provoqué l’annulation de ventes de Boeing, affaiblissant ainsi une des rares industrie très exportatrice des Etats-Unis et a fait naître de premières interrogations sur le statut de monnaie de réserve internationale du dollar.
[...]
Toutes ces mesures [la réduction des financements de la recherche via le DOGE, la suppression de subventions aux universités (-2 milliards pour Havard)] , ainsi que les actions du Département de la sécurité intérieure à l’encontre d’étudiants étrangers, risquent d’affaiblir le cœur de l’écosystème d’innovation américain, sur lequel repose son leadership technologico-économique, à un moment où la Chine mobilise toutes ses ressources pour dominer les technologies du futur.
Non content d'être devenus une presque dictature (c'est en cours) d'extrême-droite, les États-Unis veulent que le reste du monde devienne comme eux.
Elle termine tout de même par une comparaison avec l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie...
Selon Maud Quessard, directrice du domaine Euratlantique à l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire (Irsem), cette diplomatie en apparence erratique est pourtant bien construite et mûrement réfléchie.
Comment qualifier la politique étrangère de ce deuxième mandat Trump ?
Elle s’inscrit, comme ce qui se fait en politique intérieure, dans une dérive autoritaire de l’Etat américain. Et surtout, elle est marquée par une tendance de fond : c’est une idéologie nationaliste et ultrareligieuse qui détermine désormais l’agenda de politique étrangère américaine. Ce n’est donc pas l’imprévisibilité du président Trump mais le projet des personnes qui l’entourent. Et ce ne sont pas Pete Hegseth [secrétaire à la Défense, ndlr] ou Marco Rubio [secrétaire d’Etat] qui sont à la manœuvre, mais davantage l’entourage de J.D. Vance et de l’ensemble des courants nationalistes conservateurs et ultrareligieux.
[...]
Donald Trump, c’est l’homme de paille de l’agenda politique déterminé par les nationalistes américains et la droite religieuse, avec J.D. Vance à la jonction de ces courants.
[...]
Ils n’ont plus de projet, de grande stratégie à l’international. Ils n’ont comme projet que ce qui sert les intérêts nationaux et qui nous a d’abord étonnés : sécuriser les voies maritimes au Sud comme au Nord, avec le canal de Panama, le Groenland ou l’Arctique. Selon eux, c’est comme ça qu’on reste un pays puissant, en contrôlant des points stratégiques, des routes commerciales. On est de retour à une politique étrangère qui est héritée du XIXe siècle avec des sphères d’influences.
Ce qui est plus perturbant, c’est qu’on ne comprend pas pourquoi Donald Trump adopte une politique de pression maximale aussi forte en utilisant les instruments commerciaux, ce qui paraît totalement contre-productif. Sur ce sujet, on peut effectivement craindre beaucoup d’amateurisme. Les conseillers économiques de Trump sont les plus mauvais, les plus contestés du paysage des experts de l’économie américaine. Donc tout n’est pas complètement cohérent. Mais le projet idéologique, il est quand même là. Et si vous regardez l’histoire des régimes autoritaires, que ce soit l’Italie fasciste ou l’Allemagne nazie, ils n’ont pas commencé avec des prix Nobel, des chercheurs émérites, ou des diplomates de carrière. Ils prennent d’abord des hommes de main.