A rapprocher de ce que je disais en février 2015 : http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?6M-d3w
Vous pensiez vraiment que les contes étaient de petites histoires anodines ?
Bien au contraire, je l'affirme haut et fort : c'est le meilleur moyen de traumatiser vos enfants. Attention à ce que vous leur lisez, et à l'âge auquel vous leur lisez.
Au-delà de la question des versions édulcorées (il est d'ailleurs infiniment regrettable que la version présentée dans cet article comme la version de référence que "tout le monde connait" soit presque systématiquement l'adaptation mièvre et châtrée par Disney), il faut toujours garder à l'esprit que les contes ont tous, je dis bien tous, une dimension psychologique (voire psychanalytique) qui parle à l'inconscient de l'enfant (et de l'adulte).
Sans qu'il soit besoin de beaucoup creuser ou de s'abimer les neurones à lire les œuvres de Bruno Bettelheim (qui n'a pas fait que déblatérer des conneries hyper-culpabilisante pour les mères à propos de l'autisme, il est aussi connu pour son approche psychanalytique des contes de fées : https://fr.wikipedia.org/wiki/Psychanalyse_des_contes_de_f%C3%A9es), il suffit de regarder un peu de quoi il retourne :
Ce n'est pas des conneries ce que je dis sur Le petit chaperon rouge, et c'est là où la notion de versions antérieures prend toute son importance. Il existe un ouvrage de Paul Delarue recensant les versions orales primitives des contes mis par écrit notamment par Perrault et les Grimm (https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Conte_populaire_fran%C3%A7ais_%28livre%29 et http://www.ethno-info.com/index.php?id=248 j’apprends au passage que le livre n'est plus disponible, c'est pourtant THE ouvrage de référence). On y découvre notamment que les versions traditionnelles du PCR parlent de cannibalisme (http://expositions.bnf.fr/contes/gros/chaperon/nivers.htm), tout symbolique dans la mesure où la petite fille mange les restes de sa grand-mère puis échappe ensuite au loup. Voir une analyse ici : http://expositions.bnf.fr/contes/gros/chaperon/indverd.htm "Le monstre dans l'affaire ce serait plutôt la petite fille ; le loup, lui, ne fait que son métier de loup quant à la grand-mère, elle serait la principale victime de l'aventure." Le portail de la BNF sur les contes : http://expositions.bnf.fr/contes/
Résumons nous : la petite fille tue plus ou moins symboliquement son ascendance après avoir "vu le loup". Faut-il vraiment que je fasse un dessin ?