Le Prix Nobel de physique va aux inventeurs de l'apprentissage automatique (les réseaux de neurones), dont Geoffrey Hinton, qui disait pas plus tard que l'an dernier (et il a coulé de l'eau sous les serveurs en surchauffe depuis) qu'il fallait tout arrêter parce que
l’information, l’éducation, la société et l’humanité tout entière sont en danger.
Surfusion : démonstration. C'est rigolo et assez impressionnant : l'eau est liquide, et gèle pourtant instantanément dès qu'on remue un peu la bouteille.
A propos du prix Nobel d'Alain Aspect :
Son expérience, car on dit aujourd’hui "l’expérience d’Alain Aspect" comme on a dit jadis "l’expérience de Galilée", a résolu le problème resté jusque-là théorique, le montage de l’expérience proprement dite lui ayant quand même pris cinq ans. Respect. Et ce, par pure curiosité fondamentale, titillée par de premières démonstrations du physicien irlandais John Bell, selon qui une expérience pouvait être montée afin de mettre un point d’orgue au combat de titans susnommé ! Oui, il a su montrer que des photons - des quanta de lumière - peuvent être intriqués, autant dire qu’ils forment un tout, si bien que, même très éloignés, si l’on connaît l’état de l’un, on peut donner l’état de l’autre. On se réfèrera aux articles spécialisés pour en expliciter le détail technique. Ce qu’il faut saluer aujourd’hui, c’est la ténacité du chercheur face à un problème fondamental, quand de bons esprits alentour allaient disant que c’était sans intérêt et que, de toute façon, ça ne servirait à rien.
Il passe trop vite. On n’en a jamais assez. Il fait son œuvre, et parfois, on le tue. Le temps nous dirige, mais si on le regarde de plus près, c’est une énigme. Peut-être la plus importante de l’univers. Qu’est-ce que le temps ? D’où vient-il ? Pourquoi ne se souvient-on pas du futur ? Dès qu’on s’approche d’un peu trop près de ces interrogations, la réalité semble se dérober sous nos pieds. C’est l’effet induit par la lecture du dernier ouvrage de Carlo Rovelli, l’Ordre du temps (Flammarion). Le physicien italien, à l’origine de la théorie de la gravité quantique à boucle, déjà auteur en 2014 du best-seller Sept Brèves Leçons de physique, traduit en 41 langues et vendu à plus d’1,3 millions d’exemplaires, y déconstruit la temporalité telle que nous la concevons au quotidien.
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Oui, notre grammaire est basée sur une vision approximative du monde et c’est pour ça qu’il est compliqué de changer d’idées sur des choses plus fondamentales. Les temps du verbe sont le passé, le présent et le futur. Nous n’avons pas les moyens de parler d’une chose qui n’est ni passée ni future, tout en n’étant pas au présent. On tombe vite dans des pièges grammaticaux, et il faut alors se mettre à faire des dessins pour expliciter les choses dont on est en train de parler. Une situation similaire s’est produite quand on s’est rendu compte que la Terre était ronde, mais avec le bas et le haut. Aujourd’hui, on sait que haut et bas sont des notions relatives et ne désignent pas les mêmes directions à Paris et à Sydney. Ce qui est normal pour nous ne l’était pas du tout à l’époque. Sur le temps, c’est la même chose. Il faut se rendre compte que dire «maintenant ici», c’est différent que de dire «maintenant ailleurs», ce n’est pas le même «maintenant».
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On sait que les équations fondamentales du monde ne font pas de distinction entre passé et futur. Seul le deuxième principe de la thermodynamique qui établit que l’entropie (le désordre global si on veut) d’un système isolé ne diminue jamais, fait cette distinction. L’idée, c’est que l’augmentation de l’entropie implique de la chaleur, et cette chaleur laisse des traces. Je donne l’exemple du film d’une balle qui roule. S’il est projeté dans le bon sens ou à l’envers, ce sera tout aussi crédible. Par contre, si la balle ralentit et s’arrête, à cause des frottements, donc de la chaleur produite, le film passé à l’envers montrera une balle qui se met en mouvement elle-même, ce qui est impossible. C’est donc la chaleur qui établit la différence entre le passé et le futur. Mais nous ne comprenons pas pourquoi, dans ce qu’on appelle le passé, il y avait cette basse entropie initiale, cet ordre. C’est la source des traces, de la mémoire, de ce que nous appelons la temporalité dans son sens le plus large. On a bien compris que tout vient de là et la question ouverte sur laquelle je travaille, c’est de savoir d’où elle vient.
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A un niveau fondamental, on a perdu des morceaux du temps. Il n’est pas unique, il n’y a pas de présent, il n’y a pas de distinction entre passé et futur, etc. Et, finalement, il ne reste presque plus rien de cette idée du temps qui passe, de cet ordre dans les événements du monde que nous appelons usuellement «le temps». Je dis «presque», parce qu’on ne décrit pas un monde figé où rien ne change. Quand on dit «rien ne change», on sous-entend que le temps passe, mais que rien ne change. C’est plutôt le contraire : les choses changent, mais elles ne sont pas ordonnées dans le temps.
Bobo la tête. Mais je trouve ce sujet passionnant : sans être physicien, je me suis déjà posé la question : est-ce que le temps existe vraiment ? Où est-ce une création arbitraire qui n'a d'intérêt qu'à notre toute petite échelle ?
"Notre univers n'est donc pas le résultat d'une expérience menée par des êtres à 4 dimensions, ou de dieux pour lesquels notre temps ne serait qu'une dimension parmi beaucoup d'autres. Nous ne sommes pas manipulés comme "La Linea", ça soulage..." A part ça, j'ai pas tout compris...
Pour tout savoir sur la singularité de Prandtl-Glauert, et bien sentir que la science, les maths, tout ça, c'est pas pour vous...