Dans les hôpitaux surchargés, mis en « état d’alerte maximale » par le ministère de la Santé, les victimes ont perdu soit quelques phalanges, soit souffraient d’une plaie béante au niveau de l’abdomen. Autour des établissements de santé, les ambulances vont et viennent, sirènes à fond, pendant que des proches des victimes se pressent aux alentours, ont pu observer nos journalistes.
Le Dr Hassan Wazni, directeur de l’hôpital Nabih Berry de Nabatiyé où ont été accueillis 47 blessés graves, décrit une scène d’horreur. « Tous les blessés sont arrivés en même temps, la plupart étaient blessés au visage et aux mains, certains au ventre ; il a fallu faire des scanners, radios et examens avant de les opérer dans l’urgence absolue », explique-t-il à notre journaliste Emmanuel Haddad, tandis que les appels à faire des dons de sang se succèdent sur les réseaux sociaux. Selon le ministère, les victimes seront soignées aux frais de l’État. La Croix-Rouge libanaise et la Défense civile se sont également mobilisées intensivement pour transporter les blessés et assurer les unités de sang nécessaires.
Ne me faites pas dire ce que je ne dirai jamais, le Hezbollah n'est pas une organisation d'enfants de chœur.
Mais ça, c'est du terrorisme d’État, c'est pas défendable.
Sur le fond, la conviction de l’establishment politico-militaire israélien demeure que ces assassinats ciblés permettent à la fois de protéger Israël et de gagner du temps. Les faits ne soutiennent pas cette analyse. Ils n’ont jamais empêché l’émergence d’une relève encore plus dangereuse : la barbarie déployée par la milice islamiste le 7 octobre le confirme. Ces éliminations sont devenues en fait une fin plutôt qu’un moyen, compte tenu de l’incapacité de Benyamin Nétanyahou à articuler la moindre solution au conflit israélo-palestinien qui ne parte pas de la négation des droits légitimes des Palestiniens à disposer de leur propre Etat.
Cette hémiplégie stratégique et l’obsession de la force produisent des effets délétères sur la société israélienne elle-même, qui se radicalise au fur et à mesure que la diplomatie et le compromis disparaissent. Le dernier exemple en date est l’assaut donné le 29 juillet contre deux bases militaires par des dizaines de militants d’extrême droite pour protester contre des poursuites engagées contre des soldats accusés du viol d’un Palestinien. Ces extrémistes étaient accompagnés par des députés du Likoud, le parti du premier ministre, et par des membres masqués de la Force 100, une unité de l’armée déjà accusée de maltraitance envers des détenus palestiniens. Un signal particulièrement inquiétant.
"C'est de la destruction excessive et gratuite. S'en réjouir s'apparente à de la persécution, qui peut être un crime de guerre ou un crime contre l'humanité", juge Luke Moffett, professeur à l'Université Queen's de Belfast, spécialiste du droit international humanitaire, interrogé par franceinfo.
Je crois que tout est dans le titre.
Selon une vaste enquête du média israélien en ligne "972" et du quotidien britannique "The Guardian", le Premier ministre israélien a multiplié les démarches ces dix dernières années pour empêcher la CPI de poursuivre des Israéliens pour "crimes de guerre".
L'Espagne a été "l'un des premiers Etats à dire qu'Israël avait le droit de se défendre, mais dans le strict respect du droit humanitaire", constate Antoine de Laporte, spécialiste de la vie politique espagnole à la Fondation Jean-Jaurès. Le tout, "en dénonçant les attaques du Hamas de manière extrêmement claire".
Faut croire que c'est pas évident pour tous les pays et/ou partis...
Le ministère israélien des Affaires étrangères a immédiatement réagi mercredi en annonçant le rappel "pour consultations" de ses ambassadeurs en Irlande et en Norvège. La veille, dans un message sur le réseau social X, Israël Katz avait averti l'Irlande que "reconnaître un Etat palestinien risque de vous transformer en pion dans les mains de l'Iran" et du Hamas, accusant cette mesure "de nourrir l'extrémisme et l'instabilité".
Ben voyons.
Le procureur de la Cour pénale internationale accuse Israël et le Hamas de crimes de guerre.
Depuis le début de la semaine, il y a une convergence des luttes entre le mouvement social né de l’opposition, l’année dernière, à la réforme de la justice et les soutiens de familles d’otages qui ne croient plus que la stratégie guerrière du gouvernement leur permettra de retrouver leurs proches. Tous ont désormais le même objectif : la chute de Benyamin Nétanyahou.
Il était temps.
Mais quelle purin de bande d'hypocrites.
Lien vers l'article de Disclose : https://disclose.ngo/fr/article/guerre-a-gaza-la-france-equipe-en-secret-des-mitrailleuses-utilisees-par-larmee-israelienne
L'une des rescapés de "Charlie Hebdo" a reçu un "florilège" d'insultes après la parution de cette caricature qui dénonce la famine à Gaza à l'occasion du début du ramadan.
Y'a rien qui va dans cette histoire, comme bien souvent. Entre les "pro-palestiniens" auto-proclamés (coucou La France insoumise) qui ne s'arrêtent qu'à la blague osant évoquer la religion (alors que des gens meurent, et que le dessin va plutôt dans le sens de la cause qu'ils défendent hein) et les "pro-isaraelien" qui ne supportent pas que l'on puisse suggérer qu’Israël est en train de commettre un massacre, franchement, y'a rien à sauver. Si on rajoute là dessus la lâcheté, la misogynie, l'antisémitisme, les menaces de mort... A rapprocher bien sûr de l'épisode tragico-judiciaro-comique de Guillaume Meurice.
Décidément, le fond de l'air est de plus en plus malsain.
Près de Hind, dans la voiture, son oncle et sa tante sont morts. L'une de ses cousines, Lyian, 15 ans, parle aussi aux secouristes, quand le pire survient. "Il y a un char, il nous tire dessus !", s'exclame Lyian. La cousine décède. Hind est blessée et supplie encore pendant trois heures au téléphone. L'ambulance arrive enfin.
De cette ambulance, il reste un amas de tôle.
Je m'en veux de propager une information jouant autant sur la volonté d'émouvoir que sur les faits ; mais les gens sont plus touchés par les histoires que par les chiffres.
Des enfants palestiniens, l'armée israélienne en a tué combien, dans l'indifférence générale ?
Eh oui... nous sommes dans un monde où tout doit être en permanence remis en question. Intellectuellement stimulant, mais crevant à la longue.
Ceci étant, cette Une est intéressante : fake news, vraie conséquences. L'image est peut-être fausse, mais la réalité qu'elle recouvre est vraie.
A ce titre, je trouve l'explication de Libé assez juste :
Directeur de la publication de Libération, Dov Alfon fait cette réponse : «Beaucoup des pancartes brandies dans les manifestations du 17 octobre étaient en effet générées par IA, qui devient ces derniers mois le socle artistique de protestations, comme auparavant l’étaient des pantins, poupées ou squelettes. Cette photo de l’agence Associated Press représente justement «le spectre de l’embrasement», notre titre sur cette une (spectre : «apparition fantastique, généralement effrayante, d’un mort ou d’un esprit ; image effrayante, sinistre, aux contours irréels»). Le centre de la photo est le manifestant en colère, pour qui la vérité importe peu.»
Pantin, dessin ou fausse photo : ce ne sont que les symboles pour afficher une colère bien réelle. Je vais aller voir si André Gunthert en parle, tiens.
Depuis le 7 octobre, les commentaires se multiplient à l'encontre des politiques menées par le chef du gouvernement. "Le cataclysme qui fracasse Israël est clairement la responsabilité d'une seule personne : Benyamin Nétanyahou", écrivait le journal israélien Haaretz dès le lendemain de l'attaque. "Notre Premier ministre (...) n'a manifestement pas pris à leur juste mesure les menaces auxquelles il exposait Israël en mettant sur pied un gouvernement d'annexion et de dépossession (...) tout en adoptant une politique étrangère qui nie explicitement les droits des Palestiniens."
C'est atroce qu'il leur ait fallu 1400 morts pour se rendre compte que ce type aurait du jarter depuis longtemps.
Les solutions sont pourtant connues depuis longtemps…
Pour que la paix revienne, il faut appliquer le droit international, c’est-à-dire que l’Etat d’Israël cesse l’occupation et la colonisation, qu’il détruise le mur, lève le blocus de Gaza et cesse l’apartheid contre la population palestinienne.
Absolument.
Et les jeunes gens qui ont envie d'aider la Palestine, qui rêvent d'un Etat palestinien ne se rendent pas compte que le plus grand ennemi de cet État, c'est le Hamas. Jusqu'à il y a dix jours en Israël, les Israéliens de gauche, dont je fais partie, passaient une nuit par semaine à manifester contre Netanyahou pour mille raisons et, entre autres, son traitement des Palestiniens. Il est évident que dès que les massacres ont commencé, l'unité s'est faite tout simplement pour une question de survie. Et je regrette que notre jeunesse connaisse aussi peu le Proche-Orient, son histoire, qu'elle ignore ce que c'est que ces territoires, ce que sont Israël et la Palestine. C'est l'empire turc, c'est le protectorat anglais et ce sont les Anglais en 1917, par la déclaration Balfour, qui ont promis la même terre aux Juifs et aux Arabes. Et on se débat depuis dans ce que le condominium anglais nous a laissé. Et dans ce domaine-là, plutôt que d'appeler à la haine, plutôt que d'appeler au sang, connaître l'histoire, connaître l'humain, parler aux gens qui sont là-bas, dire ce que personne n'ose dire. Dans les communications anglophones palestiniennes, on voit très bien qu'à Gaza, tout le monde a été surpris et tétanisé par l'attaque du Hamas parce que personne ne l'attendait. Elle a été téléguidée par l'argent iranien, par les chefs du Hamas qui sont tranquillement au Qatar et qui ne risquent rien du tout. Et derrière ça, il n'est question ni de Palestine ni d'Israël. Il est question du régime des mollahs qui essaye de ne pas disparaître et qui veut entraîner la région entière derrière elle dans le sang.
AH PUTAIN. Enfin quelque chose de sensé et d'humain sur cette tragédie. Merci Joann Sfar.
Parce que je suis israélien et que j’ai rempli tous mes devoirs de citoyen.. y compris militaires dans trois guerres.. En tant que tel j’ai le droit absolu de critiquer la politique raciste de mon gouvernement.. que vous soutenez de loin.
L'excellente réponse de Charles Enderlin à un troll.
Dans notre série "la religion altère le jugement" : les juifs ultra-orthodoxes
Mais à Geoulah, des milliers de juifs ultraorthodoxes vaquent encore sur les trottoirs. Jeunes et vieux font des emplettes, en longs manteaux et chapeaux noirs sous la bruine. Les vendeurs de luminaires et les drapiers sont ouverts. Les écolières, dispensées de classes, s’égaillent partout avec leurs mères, en grappes serrées. Deux policiers regardent cela les yeux ronds : ils ne font rien. Circulez ! Dieu nous protège.
Historiquement, l’antisionisme consiste en l’opposition à la création d’un État juif en Palestine. Aujourd’hui, il s’agit d’une part de considérer que cet État a été fondé au détriment des Palestiniens, et, d’autre part, d’être opposé aux discriminations qu’il perpétue au nom de la préservation de son identité juive. La « destruction d’Israël » est dans les faits un non-débat que l’on agite pour ne pas aborder la question de sa politique coloniale.
La seule partie prenante qui a suffisamment de moyens politiques et militaires pour menacer l’existence d’Israël aujourd’hui, c’est Israël. Déjà à l’époque d’Oslo, d’aucuns disaient que la solution à deux États était peut-être la moins pire de toutes, mais la plus limitée dans le temps. Aujourd’hui, la multiplication des colonies en Cisjordanie et la reconnaissance de Jérusalem comme capitale indivisible d’Israël visent à créer une réalité de facto sur le terrain qui justifiera demain l’impossibilité de créer un État palestinien. En fait, c’est déjà le cas. Que restera-t-il alors? Si tout va bien, un État abritant des populations aux droits inégaux, donc très moyennement démocratique. Quant à l’égalité, elle signifierait le renoncement au caractère juif de l’État…
Intéressant paradoxe.
Des salopards, il y en a toujours eu. Mais au moins associaient-ils l’ignominie à un minimum de cohérence politique. Pierre Drieu La Rochelle, écrivain collaborationniste français, écrit par exemple dans son journal de guerre (1939-1945) : « Je meurs antisémite (respectueux des juifs sionistes) » ou encore « J’aime les races d’ailleurs chez elles ; j’aurais aimé sincèrement les juifs chez eux. » Dans la même veine, on peut aussi citer des responsables du régime de Vichy, comme Vallat, ou Tixier-Vignancour, dont l’antisémitisme n’était pas incompatible avec leur soutien au sionisme.
Cela ne signifie évidemment pas que tous les sionistes sont antisémites. Juste que les mots ont un sens. Ainsi, quand certains associent « sionisme », « crise bancaire », « crise sociale », « crise morale », « Bruxelles » et « Macron », ils sont généralement antisémites. Pas antisionistes. Et certainement pas propalestiniens.