Après avoir, au début de la pandémie, refusé de partager leurs moyens sanitaires, chapardé des livraisons de masques pour les uns ou les autres, ou encore échoué à coopérer pour les essais cliniques sur les traitements contre le Covid-19 (lire ici), les États membres de l’Union européenne (UE) n’arrivent toujours pas à s’accorder sur les centaines de milliards d’euros nécessaires à un plan « de reprise » visant à conjurer le spectre d’une récession plus importante que celle de 1929.
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Tout est bloqué. Rien ne marche ? En fait, non. Un petit village résiste au marasme et à la misère. Ici, crèchent les grandes multinationales européennes. C’est coquet, bien à l’abri des regards des citoyens et, surtout, irrigué par l’argent – gratuit, ou presque – distribué par la Banque centrale européenne (BCE).
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Début mai 2020, selon les chiffres arrêtés la semaine dernière, elle possède des titres de cette nature pour une valeur de 209 milliards d’euros. Ce qui signifie qu’elle a créé, puis prêté cette somme globale gigantesque aux seuls grands groupes à des taux qui feraient évidemment pâlir d’envie bien des États européens, et ceci sans tenir compte des programmes d’obligations d’entreprises déjà arrivés à échéance depuis 2016, et donc effacés des stocks actuels…
Plusieurs États prévoient un seuil mais le seuil de 5% renvoie à certains pays parmi les moins avancés du point de vue démocratique : il est fixé à 5 % en France, en Lituanie, en Pologne, en Slovaquie, en République tchèque, en Roumanie et en Hongrie, à 4 % en Autriche, en Italie et en Suède, à 3 % en Grèce et à 1,8 % à Chypre. Par deux décisions prises en 2011 et 2014, la Cour constitutionnelle allemande a statué que les seuils prévus (5 %, puis 3 %) étaient inconstitutionnels. Le Conseil constitutionnel pourrait-il prendre le même chemin ?
Au lieu de la division binaire, les sondages suggèrent plutôt que les « europhobes » et les « europhiles » convaincus ne sont que les minorités extrêmes d’une opinion qui oscille entre au moins trois attitudes : ceux qui pensent que l’Union a plus d’avantages que d’inconvénients, ceux qui pensent le contraire (chaque groupe est au-dessous de 40%) et ceux qui jugent qu’il y a autant d’avantages que d’inconvénients. À l’arrivée, l’opinion positive et l’opinion négative globales sont à égalité, mais la volonté de sortie est très minoritaire. Telle est la réalité : elle n’est pas et elle ne sera pas univoque, en tout cas pour longtemps.
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Alors que la nation était promise à la disparition progressive, il y a quelques décennies à peine, nous assistons aujourd’hui à l’émergence d’un monde que le politologue Bertrand Badie désigne justement comme « néo-national ». En soi, cela pourrait n’avoir rien d’inquiétant : tout esprit national n’implique pas sa perversion chauvine. Mais, précisément, l’air du temps est aussi à la dominante d’un véritable « néo-nationalisme », et pas seulement en Europe. Tout discours « national » s’enchâsse aujourd’hui dans cette dynamique, au risque d’être dévoré par elle. Lordon déteste le « mondialisme abstrait » ; mais jusqu’où peut conduire le « nationalisme concret » que l’on opposerait à lui ?
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Lordon a l’habitude de dire que la sortie de l’Union est d’autant plus nécessaire que c’est l’Europe communautaire qui a imposé le cours néolibéral de nos sociétés. Il sous-entend que cette sortie permettra de contester cette imposition. Je ne pense pas comme lui, et d’abord pour une raison historique : c’est parce que le mouvement ouvrier et les forces les plus démocratiques ont été nationalement battus, y compris en France, que la vague libérale a déferlé sur notre continent, et pas l’inverse. L’offensive néoconservatrice avait de solides bases nationales, qu’aucune configuration nationale des classes, aucune tradition démocratique, aucun dispositif local des gauches politiques n’a été en mesure de contrecarrer. Penser qu’il suffit de sortir du cadre de l’Union pour relancer la grande contestation sociale et dégager la nation du cadre ultralibéral est une illusion. D’une certaine manière, ce que propose Lordon relève d’un « nationalisme abstrait ».
via Riff
Le Parlement européen a enclenché l'article 7, le mécanisme le plus radical visant un pays de l'Union européenne, contre la Hongrie. Budapest doit se prononcer ce lundi sur les mesures qu'elle envisage pour contester sa mise en cause. Comment l'article 7 a-t-il été établi ? Éclairage.
Le rapport annuel sur les droits fondamentaux dans l'Union européenne, adopté ce matin, appelle de ses vœux les Etats membres à légiférer pour interdire lesdites «thérapies» tout en prenant des mesures pour dépathologiser entièrement le parcours de changement d'état civil des personnes trans.
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Dans ses déclarations l'eurodéputée finnoise rappelle que seuls le Royaume-Uni, Malte et des régions autonomes espagnoles ont à ce jour interdit les «thérapies» de conversion en Europe malgré les condamnations onusiennes. Pas la France.
A retenir : les eurodéputés qui se sont abstenus ou ont votés contre : https://twitter.com/Keryn76/status/970323367642517505
via (°m
Je recopie le résumé du désastre :
- Un régime dictatorial prend doucement place en Pologne ;
- La Hongrie a un gouvernement réactionnaire (source : Canard enchaîné du 27 décembre 2017) ;
- L'extrême-droite est entrée au Parlement chypriote pour la première fois en 2016 ;
- L'extrême-droite se renforce dans les parlements néerlandais et allemands ;
- Cas de l'Autriche ci-dessus malgré un président écolo ;
- Le faux retrait de l'Angleterre (je maintiens que l'Angleterre signera 3 tonnes d'accords et de partenariats… Plus officiellement dans l'Union, mais pas en-dehors non plus). [Note Sammy : je suis d'accord, mais je ne vois pas le rapport avec la propgation en cours de la peste brune]
Jusque-là, tout va bien dans l'Union européenne ?
Dégoût.
Dans le système mental intime des silencieux, la Commission européenne et Goldman Sachs appartiennent à une même entité multiforme, obéissent à une même logique, servent les mêmes intérêts. Rien de choquant, sinon pour la galerie, à ce que l’on passe de l’une à l’autre.
Peut-être, plus simplement, personne n’a intérêt à organiser aux 3% des obsèques trop solennelles. Ni les pays qui ont transgressé l’objectif, ni l’Allemagne apparemment tétanisée par le risque du Brexit, ni la Commission, qui a sans doute intériorisé sa défaite politique, ni même les éditocrates perroquets de l’équilibre budgétaire, sentinelles qui viennent de prendre conscience de la désertion des généraux. La Commission, dit Cécile Ducourtieux, « espère que les medias ne vont pas trop s’en apercevoir ». C’est en bonne voie.
WTF ? Alors on met des ponts et portes imaginaires (enfin presque : http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?YWfPsQ) sur les billets, mais on frappe des pièces (françaises) à l'effigie d'Astérix ? C'est ridicule.
Deux remarques :
« L’Union européenne vient de vivre des instants historiques »
Ouaip. Munich, 1938, c'était aussi un autre grand moment d'histoire européenne.
via http://www.mypersonnaldata.eu/shaarli/?M7moaw
"Les jeunes Grecs ont voté « non » à l’austérité. Les vieux ont voté « oui ». Que les nonistes grecs perçoivent d’ailleurs leur vote comme pro ou anti-euro n’y change pas grand-chose : l’euro – et sa carapace protectrice de compétitivité obligée – est avant tout un bouclier pour les riches rentiers. Ceux qui y perdent sont les jeunes, condamnés au chômage de masse et à la précarité. C’est (presque) aussi simple que ça.
Ce qui s’est joué dimanche en Grèce, et se rejouera peut-être demain ailleurs en Europe, c’est l’éternelle confrontation entre ceux qui n’ont rien à perdre (ou le croient), et ceux qui ont quelque chose à perdre (ou le croient)."
Intéressant. Je ne voyais pas les choses comme ça .
Bon article qui synthétise bien les principales problématiques. Je découvre l'implication de l'Allemagne / de l'Europe.
"Pour une « bavure » faisant des victimes occidentales admise, combien sont ignorées lorsqu’il s’agit de civils locaux, voire même d’enfants ? "
Il serait effectivement temps qu'on en parle, parce que ce n'est pas vraiment une révélation de l'année. Florilège :
http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?EE5AOQ
http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?zbsy5w
http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?iobBAw
http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?FxtYSw
La BCE inaugure son nouveau siège à Francfort : une tour à 1,2 milliards d'euros. Apparemment, l'austérité ne s'impose pas à tout le monde.
EDIT : https://www.ecb.europa.eu/ecb/premises/intro/html/index.fr.html Ouf ! C'est un bâtiment "soutenable", avec de vraies briques pour faire authentique et des arbres autour. On respire.
Quatremer, que j'aimais bien lire à une époque, est vraiment puant :(
En admettant que Schneidermann ait tort, ce n'est pas en traitant de nazis tous ses contradicteurs qu'on fait avancer le débat.
J'aime beaucoup la justification publiée a posteriori par Juvin : http://delegationfrancaise-ppe.eu/IMG/pdf/juvin16022015.pdf "On a pas voté votre résolution, mais c'était juste parce qu'il y avait un mot avec lequel on était pas d'accord. On vous en propose une autre rédigée différemment à la place. Comme ça c'est trop tard ? Ah ben c'est vraiment trop balot, crotte alors."
via http://www.mypersonnaldata.eu/shaarli/?m6ZTmw
Pour faire court, Montebourg a été "viré" du gouvernement, alors qu'au niveau des instances européennes, ce sont les tenants de son point de vue qui sont en train de devenir majoritaires ^^
J'avais loupé ça, je coudifie pour l'intérêt politico-sociologique de la chose : liste des liste (euh...) aux élections européennes de 2014 dans la circonscription Centre-Limousin-Auvergne.
Ah putain, dis comme ça, ça pique... Merci pour les comparaisons, elles sont malheureusement éclairantes.