La France a un incroyable talent : celui d’empiler des protocoles d’une complexité démente afin de mettre en place une réponse «graduée». Et à persister dans cette voie alors que, depuis le début de cette pandémie, le coronavirus profite systématiquement de la moindre faille pour nous déborder. Edouard Philippe parle de «doctrine», Jean-Michel Blanquer garde en réserve précieusement un plan de continuité pédagogique qui prend la poussière tandis que ses personnels achètent leurs propres masques, Jean Castex explique que son plan de déconfinement était parfait. Et les chaînes d’info qui ont laissé plateau ouvert à des charlatans narcissiques s’interrogent gravement : comment se fait-il que les Français n’aient pas vu venir la seconde vague ?
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Car il faut arrêter, enfin, avec ces excuses en mode «Oui, mais à l’époque personne ne savait», «La doctrine a changé», «Les scientifiques n’étaient pas d’accord», «Tout le monde s’est trompé». En février, nous demandions où était le stock pandémique de masques. En mars, nous conseillions à la population d’en coudre et d’en porter. En avril, nous parlions d’aérosolisation. En juin, nous alertions sur le risque de «Covid balnéaire» et de diffusion territoriale du virus. En juillet, nous pétitionnions pour le port du masque en lieu clos. En août, nous proposions le port du masque à partir de 6 ans et le maintien du télétravail. En septembre, nous déplorions le renvoi des vulnérables au travail sans protection. Pas parce que nous sommes des génies, mais parce que certains d’entre nous sont épidémiologistes, d’autres urgentistes, d’autres généralistes, que nous sommes confrontés à cette pandémie au quotidien, et que nous n’avons rien à vendre.
Très présent dans les médias pour critiquer les décisions gouvernementales face au coronavirus, dont l’instauration du couvre-feu et la fermeture des bars dans sa ville, le maire (LR) de Saint-Etienne se fait ces jours-ci plus discret. Alors qu’il affirmait, lundi 12 octobre sur RTL, qu’il n’y avait « aucun malade dans les Ehpad stéphanois », Gaël Perdriau, qui n’a pas souhaité répondre à nos questions, a dû faire face une semaine plus tard à l’identification par l’agence régionale de santé (ARS) d’une dizaine de clusters dans des Ehpad.
Y'a des fois, on ferait mieux de fermer sa gueule, hein ?
Cela fait plusieurs jours que j'ai ce lien ouvert (je ne sais plus chez qui je l'ai trouvé), et je prends enfin le temps pour cette petite comparaison.
Je vous laisse en tirer les conclusions que vous voulez.
...oh, un musulman, si, si, là, regardez !
Source : Le Monde : Covid-19, le point sur la situation dans le monde en graphiques
N.B. : l'article datant du 19 octobre, et le re-confinement irlandais ayant débuté ce jeudi matin, je ne pense pas que la situation ait pu évoluer au point de déjà rendre caducs ces graphiques du monde.fr, mis à jour toutes les 24h.
Ces perquisitions, très médiatisées, viennent rappeler à l’opinion que l’exécutif est sous pression pour sa gestion de la première vague épidémique. Au total, depuis le début de la crise sanitaire, 90 plaintes contre des ministres ont été adressées à la Cour de Justice de la République (CJR) – seule instance habilitée à juger les membres du gouvernement pour l’exercice de leur fonction. Seules neuf plaintes ont été jugées recevables – visant les politiques perquisitionnés ce jeudi – et une information judiciaire a été ouverte le 7 juillet pour « abstention de combattre un sinistre ». Elle a été confiée à la commission d’instruction de la Cour de justice de la République.
J'étais complétement passé à côté de ça. Faut dire que je viens de passer 3 semaines bien chargées.
Olivier Berruyer note : «Le dispositif de protection des salariés les plus vulnérables concerne entre 50 000 et 100 000 personnes, ce qui représente un coût de 50 à 100 millions d’euros par mois… Le gouvernement… a donc de nouveau effrontément menti en multipliant le coût par 30 à 60 pour justifier son choix d’arrêter le dispositif. Sachant que la première vague a entraîné un coût pour la société concernant les malades de 20-65 ans de plus de 2 milliards d’euros (indemnités journalières et frais de santé), protéger les personnes les plus vulnérables pour moins d’une centaine de millions d’euros par mois (soit 10 % du coût actuel habituel des IJ) est parfaitement rentable, et… un excellent investissement pour les finances publiques, réduisant, en plus, les coûts futurs liés aux séquelles.»
Le Conseil d’Etat désavoue finalement totalement le décret le 15 octobre au matin, le lendemain de l’allocution d’Emmanuel Macron décrétant un couvre-feu, et alors que les domiciles de plusieurs membres du gouvernement sont perquisitionnés.
Cf. https://www.sammyfisherjr.net/Shaarli/index.php?Ptz8Gw#Ptz8Gw
Neuvième mois de pandémie, donc, et il faut qu’une infirmière en CFA alerte un généraliste, que celui-ci interpelle un ministre sur les réseaux sociaux, pour que les pouvoirs publics communiquent enfin sur la dangerosité d’un dispositif conçu à tort comme protecteur contre le coronavirus. Tandis qu’en prime time à la télévision le porte-parole du gouvernement, incapable d’expliquer clairement aux gens comment porter un masque, participe activement à la diffusion d’idées fausses sur les modes de contamination. Tout va bien. On a bien progressé depuis le début de cette pandémie. J’ai hâte de voir la suite. Ou pas.
Allez, encore une pour la route.
La malscience et les fake news sont les mères de tous les relativismes, de tous les complotismes, de la perte de confiance dans les médecins et les chercheurs, au pire moment possible. Et cela, il faudra des années pour s’en remettre. Cette pandémie s’arrêtera un jour. Ça n’est ni la première ni la dernière. Elle s’éteindra dans un déluge de morts, médicaux et économiques, et comme d’habitude, les plus fragiles auront payé le plus lourd tribut. Il faudra alors sévèrement débriefer. Punir ceux qui doivent l’être, les escrocs, les renégats, quels que soient leur grade et leur fonction. Reconstruire pour que ces décès de patients, et ces sacrifices de soignants n’aient pas été inutiles. Je déteste le Covid.
Je ne vous mets que les quelques dernières phrase, mais il faut lire ce texte, écrit par un médecin réanimateur, et décrivant aussi ce qu'est la réanimation : un acte brutal, invasif,
Cent pour cent de ce que l’on fait dans une réanimation a des effets indésirables
mais qui sert à sauver des vies, expliquant au passage cette notion de "triage" qui a pu tant choquer :
On vient en réanimation quand on a un ou plusieurs organes qui défaillent, et qu’il faut suppléer, le temps que le traitement fasse son œuvre. Et on vient en réanimation pour survivre. Pas pour mourir. La finalité de la réanimation est de rendre au patient, sur le long terme, une vie que lui juge digne d’être vécue. Et la réanimation est un marathon olympique. C’est une rude épreuve, dont on sort déplumé, rincé, essoré, et il ne faut pas l’infliger de manière indue à quelqu’un qui n’a à l’évidence pas les réserves pour l’affronter.
En temps de guerre on donne des ordres, en temps de crise sanitaire on donne des moyens. On a eu les ordres, on n’a pas eu les moyens, et la première vague passée, on nous a offert des médailles. Vous ne rêvez pas, des médailles, qui portent le nom de « médaille de l'engagement face aux épidémies ».
On pourrait rire du ridicule de la récompense, si ça ne cachait pas une réalité bien plus sordide : depuis le début de cette crise, ce n’est pas une pluie de médailles qui est tombée sur les soignants, mais des représailles en pagaille sur la tête de celles et ceux qui osaient contester publiquement la gestion gouvernementale de cette crise :
- Deux aides soignantes parisiennes sont licenciées pour avoir alerté la presse sur le manque de moyens ;
- En Bretagne un aide-soignant est muté pour avoir publié une lettre dans la presse quotidienne régionale ;
- Dans le sud, un soignant hospitalisé à cause du Covid et qui s’est plaint sur facebook d’avoir manqué de masques est convoqué par sa direction ;
- À Toulouse, dans ma ville, deux infirmières ont été mises à pied parce qu’elles réclamaient des masques.
Le message est clair : soyez un héros, prenez la médaille et taisez-vous, taisez le manque de moyens, taisez le manque de personnels, taisez votre épuisement, taisez vos découragements, taisez vos idées noires, taisez vos confrères morts taisez vos consœurs mortes, taisez-vous, taisez-vous, prenez la médaille, mais taisez-vous.
Privés d’accès au chômage partiel à la suite d’une décision gouvernementale, de nombreux salariés jugés vulnérables face au Covid-19 vont devoir reprendre le travail. Sans garantie sur la possibilité d’assurer leur protection. Un casse-tête pour les médecins du travail.
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Pour être considéré comme « vulnérable », il faut désormais être atteint d’un cancer en cours de traitement ; souffrir d’une immunodépression ; avoir 65 ans ou plus et un diabète associé à une obésité ; être dialysé ou présenter une insuffisance rénale chronique sévère.
EDIT : voir aussi https://www.liberation.fr/france/2020/10/19/patients-vulnerables-petits-mensonges-entre-amis_1802815
la mission d’évaluation de la gestion de la crise du coronavirus a déploré dans un rapport d’étape des « défauts manifestes d’anticipation, de préparation et de gestion » dans les aspects sanitaires.
Ah, ce n'était pas qu'une vague impression de ma part, donc.
Les cafés fermés à Paris. Mais pas les restaurants (qui, pour ouvrir, doivent respecter un protocole sanitaire dissuasif, mais difficile à contrôler). Les attroupements de plus dix personnes interdits dans la rue pendant que s’entassent les voyageurs dans des métros et des RER bondés. La crise sanitaire due au Covid-19 continue d’affecter nos vies et la logique des mesures prises par les pouvoirs publics pour lutter contre l’épidémie qui progresse (avec 10 500 nouveaux cas par jour en moyenne) ne cesse d’interroger.
Selon le gouvernement britannique et l’agence de santé Public Health England, il y avait 50 786 personnes malades recensées entre le 25 septembre et le 2 octobre. Mais il a été découvert que 15 841 autres individus n’ont pas été enregistrés, à cause d’une mise à jour des données manquée dans Excel — le fichier de suivi était alors trop rempli.
Cela veut dire qu’en moyenne 1 980 malades ont été loupés ces huit jours. Et, donc, les cas contacts de ces malades.
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... plusieurs observateurs sur les réseaux sociaux ont fait remarquer qu’il aurait été plus judicieux d’inverser les éléments mis en colonne avec ceux inscrits en ligne (il existe une option automatique pour pivoter ces éléments), ou même d’utiliser une vraie base de données.
ce niveau de facepalm quand même...
Le "miracle italien" face au covid ?
- L'embauche de 6600 médecins et 14500 infirmiers
- Pas de déconfinement précipité
- Prudence sur l'école
- Traçage des clients dans les lieux clos, prise de température
- ...
Et en France ? On applaudit nos soignants, on leur donne une médaille s'ils ont risqué leur vie la première semaine, et on file 8 milliards à Airbus alors qu'ils licencient.
Le tout en continuant de fermer des services dans les hôpitaux par manque de moyens.Ça risque de se voir qu'à un moment notre gouvernement s'en bat les couilles du peuple, des soignants et de notre santé non ?
Que leur seul but c'est de filer un max d'argent public à des sociétés privées, en dépensant le moins possible dans le public. (pour à terme dire "vous voyez le public ça marche pas, il faut privatiser")
Pour ceux qui avaient encore un doute sur le "gentil professeur Raoult"
La contamination Covid c'est la faute des maghrébins, des roms et des juifs.
Faudrait peut-être les mettre dans des camps, pour la sécurité de tout le monde... Professeur, vous en pensez quoi ? (Et bim, point Godwin. C'est gratuit, c'est cadeau)
Pour la société savante, édicter des règles trop contraignantes sur le lavage des masques grand public peut être contre-productif.
Bravo, belle réactivité. Vous avez mis combien de temps à vous adapter à la vraie vie des vrais gens ? 3 mois ? 4 ?
"On peut être faussement rassuré" parce que l’augmentation de la circulation du virus a "peu de retentissement actuel" sur le système de soins, mais il peut y avoir "une augmentation très rapide, exponentielle, dans un deuxième temps", a-t-il averti au cours d’une conférence de presse en ligne, consacrée aux modalités d’isolement des personnes infectées et des cas contacts.
1/ Ça pue
2/ Mais ce n'est pas une surprise : on s'y attendait depuis le début des vacances
J’appréhende la rentrée, le retour à l’anormal.
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Après avoir prédit que le Sars-CoV-2 tuerait moins que les accidents de trottinette, que deux médicaments potentiellement cardiotoxiques étaient la clé du traitement de «l’infection respiratoire la plus facile à soigner du monde», qu’il n’y aurait plus de cas cet été, Didier Raoult est réapparu dans les médias pour asséner qu’il n’existait pas de contamination par voie aérienne. Le grand professeur microbiologiste que le monde entier, de Trump à Bolsonaro, nous envie, après avoir passé six mois à se lisser la barbe et à tripoter son visage sur tous les plateaux télé, nous annonçait doctement que la contamination se faisant par les mains, le port du masque était une mesure ridicule. Dans la foulée, Bernard-Henri Lévy se hissait sur les pointes pour fustiger un virus qui l’avait pendant quelques mois éloigné des écrans : «Le rebond n’est pas celui de la maladie mais de la peur.»
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J’appréhende la rentrée. Parce que les soignants sont sonnés, et pour beaucoup désabusés. Parce que tenir sur la distance va être d’autant plus difficile, que le mépris affiché des politiques, passée la période des applaudissements, a laissé des traces : primes Covid distribuées au compte-gouttes, reniements et mensonges à répétition, et Santé publique France et la direction générale de la santé rivalisant d’absurdités – la première structure publiant un document dans lequel elle s’étonne que les soignants n’aient pas systématiquement porté de masque en début d’épidémie, la seconde prévenant les médecins qu’il était de leur responsabilité de s’équiper en moyens de protection cet automne.
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aucun organisme de santé publique ne porte un message aussi simple que ce conseil accessible à un enfant : «Vivez les fenêtres ouvertes.» Aérer naturellement la pièce dans laquelle vous vivez, la pièce dans laquelle vous travaillez, diminue le risque de contamination par aérosolisation, par inhalation de particules virales en suspens excrétées par une personne infectée. Dans un lieu clos, le virus reste en suspension dans l’air. Aérer, créer des courants d’air, c’est dissiper ce nuage viral, éviter la contamination. Comment se fait-il qu’à la fin du mois d’août, huit mois après le début de l’épidémie, ce message qui ne peut être qualifié de liberticide soit encore ignoré de beaucoup de nos concitoyens ?
Par contre, d’autres pays comme la Grèce ont enregistré très peu de décès (170) du fait que la majorité des personnes âgées vit avec les proches et pas dans les Ehpad. Le directeur de l’Ehpad de mon histoire est médecin, il a préféré garder l’anonymat. Il a contracté le Covid au cours du mois d’avril. Hospitalisé, il a été intubé et a passé cinq jours en réanimation. Il s’en est sorti, mais est toujours souffrant. Et très en colère.
Il faudra bien rendre des comptes un jour sur ce qui s'est passé en 2020 dans les EHPAD.
ressusciter n’est pas une mince affaire
Oui, je recommence à vous foutre les pétoches ^^
Non, je ne suis pas payés par le gouvernement.
Oui, vous devriez aller le blog de Fiamma Luzzati (autrice de "La femme qui prenait son mari pour un chapeau. Voyage au pays du cerveau", cité tout à l'heure)
Jo, brillant avocat, attrape le Covid-19 dans une forme très sévère et manifeste une « belle indifférence » à la maladie: à tel point qu’il se préoccupe de sujets totalement anodins sur son lit d’hôpital. Cet étrange comportement a donné lieu à des études qui s’intéressent aux manifestations neuro-psychiatriques du Covid-19. Le virus attaque le cerveau, on ne sait pas encore par quelle voie, et fragilise le malade qui, au moment où il devrait se réjouir d’avoir dépassé la crise, plonge en dépression.
C'est, comment dire ? Horriblement fascinant.