Décidément cette histoire ne me lâche pas.
Lisez ce texte de Filoche, il a tout dit :
- si on n'est pas partie prenante, on ne peut ni condamner, ni excuser ;
- faut-il vraiment s'étonner que des gens à qui on demande sans cesse des sacrifices finissent par exploser, alors que dans le même temps leur PDG gagne des millions ? (ce n'est pas une hyperbole ; il gagne vraiment des millions) ;
- l'indignation sélective des médias et des politiques... Pensez à Djamel Chaar, le chômeur immolé, pensez à Rémi Fraisse...
Il cite aussi cet extrait de Jaurès, que j'ai entendu sur France Culture ce matin dans la revue de presse de Nicolas Martin (
http://www.franceculture.fr/emission-la-revue-de-presse-de-nicolas-martin-la-chienlit-et-les-voyous-2015-10-07), dont je salue le travail, bien plus équitable que nombre de ses confrères.
« Le patronat n’a pas besoin, lui, pour exercer une action violente, de gestes désordonnés et de paroles tumultueuses ! Quelques hommes se rassemblent, à huis clos, dans la sécurité, dans l’intimité d’un conseil d’administration, et à quelques-uns, sans violence, sans gestes désordonnés, sans éclats de voix, comme des diplomates causant autour du tapis vert, ils décident que le salaire raisonnable sera refusé aux ouvriers ; ils décident que les ouvriers qui continuent la lutte seront exclus, seront chassés, seront désignés par des marques imperceptibles, mais connues des autres patrons, à l’universelle vindicte patronale. [...] Ainsi, tandis que l’acte de violence de l’ouvrier apparaît toujours, est toujours défini, toujours aisément frappé, la responsabilité profonde et meurtrière des grands patrons, des grands capitalistes, elle se dérobe, elle s’évanouit dans une sorte d’obscurité. »
Le patronat n’a pas besoin, lui, pour exercer une action violente, de gestes désordonnés et de paroles tumultueuses ! [...] l’acte de violence de l’ouvrier apparaît toujours.
Troublant, non ?