Un pays qui voit des outrages à la police partout ne va pas dans la bonne direction.
D’après BMTV, la fuite aurait été causée par une canalisation défaillante située à l’étage supérieur. Le plafond de la salle, en cours d’expertise, est fortement dégradé et des «œuvre[s] sont a priori endommagée[s]», précise la chaîne. Selon nos sources, une toile du XIXe, peinte par Charles Meynier, le Triomphe de la peinture française : apothéose de Poussin, de Le Sueur et de Le Brun, exposée dans la salle sinistrée, fait partie des toiles touchées.
Évidemment qu'elle est touchée la toile, puisqu'elle constitue le plafond de cette salle !
Il est digne de Berserk ce tableau...
Ouais, encore un truc dont il faut que je parle, mais j'ai plus le temps pour les articles de blog ces jours ci :(
Après vous avoir fait découvrir (en tout cas j'ai cette prétention) la vie de Rose Valland la semaine dernière, je vous présente aujourd'hui la vie de Han van Meegeren. La première a consacrée sa vie à sauver des œuvres d'art, le second à peindre... même s'il est surtout connu pour ses faux Vermeer, notamment un vendu à Goering, et c'est là le point de jonction de ces deux livres, lus à quelques jours d'intervalles cet été.
Toutes choses égales par ailleurs, Macron se comporte comme Trump : les avis qui lui déplaisent doivent être effacés. Il n'est question ici que d'un patrimoine mondial, inestimable et irremplaçable, c'est tout de même moins grave que quand des gilets jaunes pètent un moulage en plâtre, mais quand même.
TL;DR : Macron, pendant la durée des travaux du musée qui l'abrite, veut prêter la Tapisserie de Bayeux aux anglais. Intention louable et juste retour des choses puisque c'est la conquête de l'Angleterre qui est le sujet de ladite tapisserie. Sauf que TOUS les experts s'accordent pour reconnaître qu'elle n'est pas déplaçable car trop fragile. Qu'à cela ne tienne : toutes les références à ces avis, sur tous les sites de l'Etat qui en faisaient mention, ont été effacées.
Beau travail, pour un président qui fait tapisserie depuis plus d'un an.
On ne pouvait guère faire plus raccord avec mon article de ce matin : aujourd'hui encore, on retrouve des œuvres spoliées pendant la guerre par les nazis.
Trouvé dans la newsletter "Le pavé numérique" : Un nouveau scan de 108 gigapixels de “La jeune fille à la perle”, de Johannes Vermeer, permet d’examiner online chaque touche de peinture.
Les boulets...
Oh. Il y a tellement, mais tellement à dire sur cette histoire. Et j'en ai tellement ras le bol. Je suis tellement too old for this shit.
Bon, alors rapidement :
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Déjà, le tableau en question : https://pbs.twimg.com/media/GjGzYGpWQAALR-w.jpg (désolé, je ne l'ai pas trouvé ailleurs, visiblement tout le monde s'autocensure).
Vous pouvez aussi le voir en arrière-plan dans cette vidéo : https://www.lavoixdunord.fr/1552339/article/2025-02-06/non-lieu-derriere-la-peinture-d-emmanuel-macron-decapite-le-scandale-du -
"Je suis Charlie", comme l'explique Arrêt sur image (la flemme de chercher un lien, bossez un peu) est devenu une idéologie d’État. On ne défend plus une liberté d'expression sacralisée, on interdit, en creux, de dire ou faire certaines choses. Cette affaire (passablement ridicule au demeurant) en est l'illustration parfaite.
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On ressort encore une fois de la naphtaline le crime d'atteinte au chef de l’État / de lèse-majesté, parce que c'est exactement la même chose. Et après, on s'offusque du président chinois qui fait interdire Winnie l'ourson car il a été une fois caricaturé de cette façon. Dans une démocratie saine, on ne devrait pas craindre, je cite le (pas) regretté Nicolas Sarkozy lors d'un procès intenté à Charlie, bien avant 2015, "l'excès de caricature". On doit pouvoir dénoncer l'action de l’État, y compris en abîmant un peu l'image de la personne qui le représente.
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D'une manière générale, quand le pouvoir exécutif se met à décider ce qui est de l'art et ce qui n'en est pas, ça pue. J'espère de tout cœur que la plainte sera classée sans suite : il n'y a aucun élément permettant de qualifier ce tableau d'incitation à la haine ou au meurtre. C'est juste un tableau. Vous pouvez le juger choquant ou moche, ça n'en demeure pas moins qu'un tableau. Et un artiste devrait avoir le droit de représenter ce qu'il veut sans risquer la Bastille.
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Pour autant, ce tableau a bien évidemment une portée politique : il dénonce l'inaction complice de l’État dans le scandale du chlordécone, qui a contaminé, et qui contamine encore, la quasi-totalité des antillais. Et pour des centaines d'années. Ne haussez pas les épaules, en métropole on a les polluants éternels (PFAS) et on commence à peine à entrevoir l'ampleur du désastre sanitaire et écologique.
Présentée dans le cadre de l’exposition "Exposé.e.s au chlordécone", au Centre des arts, au mois de janvier en Guadeloupe, l’œuvre d’art montrerait un homme brandissant la tête coupée d’Emmanuel Macron en l'air, rapporte le média en ligne bigidi.tv.
Intitulé "Non-Lieu", le tableau réalisé par l’artiste Blow du "Kolèktif Awtis Rézistans", serait une réaction au non-lieu requis dans l’affaire du scandale du chlordécone, un insecticide utilisé entre 1972 et 1993 et qui a touché des populations et les sols en Guadeloupe et Martinique.
Près de 95 % des Guadeloupéens et 92 % des Martiniquais ont été contaminés par le pesticide et environ 18 000 hectares de cultures ont été touchés, expliquait le National Geographic.
Source : https://www.midilibre.fr/2025/02/06/emmanuel-macron-decapite-le-president-de-la-republique-porte-plainte-apres-la-decouverte-dune-oeuvre-le-montrant-tete-coupee-12494908.php
Pourquoi s'en prendre de cette façon à Macron ?
Un indice chez vous : Qui a dit " Il ne faut pas dire que c’est cancérigène. Il est établi que ce produit n’est pas bon, il y a des prévalences qui ont été reconnues scientifiquement, mais il ne faut pas aller jusqu’à dire que c’est cancérigène parce qu’on dit quelque chose qui n’est pas vrai et qu’on alimente les peurs." ? (https://sammyfisherjr.net/Shaarli/?tld9Zg)
- et pour finir, c'est rigolo hein, de voir comment ça choque les puissants, que des autochtones de nos dernières colonies osent ainsi défier le pouvoir du papa blanc, hein, après tout ce qu'on a fait pour eux, tout ça, les routes, les écoles, quelle bande d'ingrats... oh désolé, j'avais zappé sur Cnews. (https://sammyfisherjr.net/Shaarli/?PodXaw)
- EDIT : j'y pense après coup, ce tableau pourrait être perçu, par notre roi républicain, comme un appel à la révolte. Le symbole de la décapitation est loin d'être anodin : il fait référence à la Révolution française, cet instant de l'Histoire où l'on a coupé la tête de tout plein de gens, et notamment du roi. C'est marrant ça aussi, ça m'a toujours fait rire faut dire; la façon dont en France, on célèbre la Révolution et les autres révolutions (1830, 1848, la Commune de Paris, la Résistance dans une certaine mesure), mais où l'on sort les matraques devant le moindre début d'insubordination, gilets jaunes, infirmières en colère, peintres récalcitrants.
Les seuls qui puissent manifester leur mécontentement sans prendre un pain dans la gueule, ce sont les flics, les chasseurs et les agriculteurs.
Tout ça me fatigue purée..
Les journaux vont probablement beaucoup parler du fait qu'on a -probablement- retrouvé le tombe de Du Bellay, à l'intérieur de la cathédrale Notre-Dame de Paris, je suis pour ma part beaucoup plus touché par les fragments du jubé qui ont déterré lors de ces fouilles.
C'est assez fantastique : les pierres, bien conservées sous terre à l'abri de l'humidité et des champignons, portent encore des traces de la peinture du XIIIè siècle. Certains fragments, comment cette tête de Christ mort, sont d'une finesse hallucinante.
Le FN n'est pas le parti des femmes (ni celui des ouvriers, des immigrés, des minorités...), rien de neuf sous le soleil. A vrai dire j'ai juste survolé l'article.
Ce qui m'a intrigué ce sont les images. Vous connaissez ma propension à m'accrocher à des détails.
La vidéo de Bardella d'abord. Vous avez-vous la Marianne derrière lui ? C'est celle d'Obey, affichée par Macron pour ses premiers vœux. (Une série d'articles à lire sur XXI). J'ai toujours pensé que le choix des images, des drapeaux, des mises en scène par le FN n'était jamais le fruit du hasard. Mais que veut-il nous signifier en mettant en avant la même Marianne que celle du futur ex-Président ? AMHA, qu'ils (lui et son parti) se positionnent, eux aussi, comme "disruptif", anti-conformiste, voire "anti-système" ; d'une manière plus subtile, qu'ils "volent" les codes d'un homme qui s'est un peu trop complu à se faire appeler Jupiter et qui maintenant n'est plus rien.
EDIT : je ne suis pas le seul à l'avoir remarqué. Obey a réagi lui aussi => https://www.youtube.com/watch?v=jH0CY5O3cRw
L'autre image c'est celle qui ouvre l'article. Je n'ai rien à en dire mais elle m'intrigue. Plus précisément le tableau derrière MLP. On voit du noir, du rouge, et des chaînes. C'est sans doute idiot, mais ça ne me plait pas. Les couleurs. La disposition en croix des chaines qui évoquent le drapeau confédéré. Mais je suis peut-être dans la surinterprétation. J'ai tenté des recherches inversées (TinEye) mais ça ne ressort rien, il faudrait le tableau en entier. Sinon, ne dirait-on pas la maman fière de son grand garçon ? Allez, dernier détail : parmi le peu de titres de livres que l'on peut lire, on distingue des livres d'économie. A destination sans doute de ceux qui disent que le FN est nul en économie, que son programme sera ruineux... Bref, un gage pour les patrons.
Quand je vous dis que ces gens maitrisent parfaitement les images.
EDIT : il ne faut pas sous-estimer la complaisance dont la presse a fait preuve depuis 20 ans envers MLP. En 2 clics sur Google, la recherche "bureau Marine Le Pen" m'a appris tout ce que je voulais savoir :
- le tableau représente un paquebot vue de face, en contre-plongée
- ses bureaux s’appellent "la capitainerie", d'où le décor maritime
Sources :
https://www.rtl.fr/actu/politique/presidentielle-2022-decouvrez-la-capitainerie-le-nouveau-qg-de-marine-le-pen-7900087960
https://www.leparisien.fr/elections/presidentielle/presidentielle-dans-les-coulisses-de-la-capitainerie-nouveau-qg-de-marine-le-pen-et-du-rn-20-10-2021-OIVLUJHO45DRRPPZ67TJBQ2D74.php
Des lampes torches de différentes couleurs et une photo avec un long temps de pause et... tadaam.
Vu sur Brief.me :
Vous avez probablement déjà vu le tableau « La Vierge du chancelier Rolin » peint par Jan Van Eyck vers 1435, mais connaissez-vous tous ses détails ? Derrière la Vierge à l’enfant et Nicolas Rolin, le chancelier de Bourgogne, représentés au premier plan, se cache tout un monde. France Culture dévoile dans une courte vidéo les multiples personnages cachés dans le paysage, composé d’une élégante cité flamande.
100 artistes 3D ont créé des variations à partir du même template d'un corps montant un escalier en spirale.
De 1961 à 1972, le programme Apollo de la NASA mobilise 400 000 personnes et envoie 27 hommes vers la Lune. 6 missions réussissent à s’y poser et 12 hommes foulent sa surface. Ils effectuent nombre d’expériences scientifiques et ramènent 382 kg de roche, mais pas que. D’Apollo 4 à Apollo 17, les astronautes partent équipés d’appareils photographiques moyen format Hasselblad et ramènent sur Terre 145 pellicules contenant 19 788 prises de vue. Lors des 6 missions qui se posent sur la Lune, ils prennent 13 887 photographies.
L’objectif initial de ces photographies, mises en ligne et en accès libre par la NASA, était principalement scientifique et politique. UNSEEN APOLLO montre des images plus subjectives ou portant des traces d’accidents propres au médium argentique, (les couleurs sont celles d'origines) mais qui réassemblées, dévoilent une beauté au-delà du réel connu.
Google (oui, Google) vous propose de faire des puzzles avec des œuvres d'art. (vu sur Brief.me)
Vu sur Brief.me :
L’artiste de rue Lorem peint au marqueur sur des objets mis au rebut dans la rue, comme des planches ou des miroirs. Il prend ensuite une photo de ses œuvres et invite ses abonnés à venir les chercher. Ces objets abandonnés redeviennent ainsi désirables, pour le plus grand bonheur de cet artiste à la fibre écolo, comme il l’explique dans [cette] vidéo de France Culture.
Je n'avais jamais vraiment pris conscience de la taille du David de Michel-Ange : 5,17 m quand même !
Sympa : quand les personnages du tableau semblent interagir avec leur cadre.
Ses tableaux ne montrent pas la même chose selon la distance à laquelle vous les regardez. C'est impressionnant hein ? C'est filmé à Dijon, je les ai vus en vrai ^^
Fun fact : il y a même des neurologues qui s'intéressent à ce qu'elle fait, parce qu'ils pensent qu'elle ne doit pas avoir le cerveau comme tout le monde pour arriver à faire ça !
Je ne savais pas que François Fillon s'était lancé dans l'art contemporain.
«Cette toile n'est une œuvre d'art que si je ne rends pas l'argent.» L'artiste explique: «Mon travail consiste à avoir pris leur argent. Ce n'est pas du vol. C'est une rupture de contrat, et la rupture de contrat fait partie du travail», avant de poursuivre: «J'encourage les personnes qui ont des conditions de travail aussi misérables que les miennes à faire la même chose. Si vous êtes coincé dans un emploi pourri et mal payé, prenez ce que vous pouvez et fuyez.»
Cela n'a pas suffi pour convaincre le tribunal danois, qui se range du côté du musée Kunsten. Ce lundi 18 septembre 2023, il a ordonné à l'artiste de rendre les 71.000 euros destinés à la réalisation des deux tableaux. Pour se consoler, il pourra tout de même garder sa «misérable» rémunération de 5.400 euros.
La banane la plus célèbre du milieu de l’art a encore été mangée. Faisant partie d’une célèbre installation de l’artiste italien Maurizio Cattelan au Leeum Museum of Art de Séoul, en Corée du Sud, le fruit, simplement scotché à un mur blanc, a été détaché puis épluché et consommé par un étudiant en art.
Devant des spectateurs stupéfaits, celui-ci a ensuite rattaché la peau de la banane au mur à l’aide du même ruban adhésif, avant de s’en aller avec un sourire satisfait.
[...]
David Datuna avait par la suite déclaré au Guardian que même s’il considérait Maurizio Cattelan comme « un génie », il n’était pas d’accord avec l’énorme quantité d’argent qu’il gagnait à partir d’une banane coûtant seulement 20 centimes d’euros.
« J’ai voyagé dans 67 pays du monde au cours des trois dernières années et je vois comment les gens vivent. Des millions de personnes meurent de faim. Et il met trois bananes sur le mur pour un demi-million de dollars ? », s’était-il indigné à l’époque.
Le problème n'est pas tant de dire que le jeu vidéo ne pourrait pas être de l'art parce qu'il ne soutient pas la comparaison avec les grands romanciers, les poètes ou les réalisateurs. Le problème, c'est de croire que, pour être légitime, le jeu vidéo devrait soutenir cette comparaison et qu'il devrait, d'une certaine manière, ressembler à quelque chose qui existe déjà.
Je ne connaissais pas cette peintre. Chouette.
Encore une connerie autour des NFT. Avec une œuvre de Frida Kahlo brûlée pour de faux.
Je viens de tomber là dessus ; pas jeune (2018), mais toujours pertinent : Frida Kohla n'était, ne doit pas être une idole pop. Mais alors, pas du tout.
Je vous dit juste "Cédric Peyravernay, Character Designer et Concept artist" et vous devinez sur quels jeux il a travaillé. Chut, on ne souffle pas au fond.
Quelques dessins (aquarelles ?) du concept artist de Life is strange 2.
Le saviez-tu ? Au XIXème siècle, les vaches anglaises étaient... carrées ! Dans les tableaux en tout cas.
Moui. Ai-je déjà dit que j'avais du mal à être convaincu par le bla-bla d'Aurélien Bellanger ? Et encore, je trouve plus supportable de le lire que de l’entendre.
TL;DR : en Espagne, n'importe qui peut faire n'importe quoi sur des tableaux d'une valeur inestimable. Ça fait rire, mais c'est triste.
Le redditeur HahLolNo reprend les lieux emblématiques de Skyrim en dessin. Très joli.
Waow.
Banksy, qui vient d’ouvrir une fausse boutique éphémère à Londres baptisée Produit intérieur brut, tente encore de se débattre. Pour contrecarrer la commercialisation de ses images par un marchand de cartes de vœux, il a réalisé cette grande installation et en vendra par la suite des "souvenirs" sur Internet, en reversant les fonds à un bateau de sauvetage de migrants. En réalité le voilà auto-piégé, contraint de faire à son tour du produit dérivé le seul levier juridique qui permet d’empêcher une autre entreprise de le faire.
Celui qui se voulait "échappé de la boutique de souvenirs" - pour reprendre le titre de son documenteur Exit Through the Gift Shop sorti en 2010 - s’y est aujourd’hui enfermé. Et, symbole suprême de cet empêchement, son autoportrait en rat au cutter a été dérobé pour être revendu.
C'est triste.
Qui était Simonetta Vespucci, cette muse des peintres de la Renaissance ? Était-elle la première des "Joconde nues" ?
Oui, c’est un peu le parti que nous prenons. Elle était une espèce d'aïeule de la Joconde nue, et de la Joconde. Cette jeune femme était connue comme la plus belle des Florentine. Elle a été l’objet des amours platoniques de Julien de Médicis. Elle disparaît très précocement des suites d'une phtisie en 1476, et cette mort brutale va propulser son mythe : elle sera célébrée comme la plus belle des femmes, on va chanter ses louanges... Elle va être quasiment divinisée, assimilée à Vénus, la déesse de l’amour et de la séduction. Cette Simonetta sera représentée par Piero di Cosimo, Botticelli, et d’autres artistes. Elle va être le parangon, l’image de la beauté idéale, qu’on va représenter dénudée.
Depuis trois jours, les bonnes âmes spécialistes de l’indignation n’ont pas lésiné sur les grands mots. C’est une rengaine bien connue, frisant à la fois la raillerie et la culpabilisation. On fustige le fait de s’émouvoir d’un édifice qui prend feu au détriment de la misère humaine ou des espèces naturelles menacées. À les entendre, leur souci moral est supérieur aux pauvres mortels ayant eu la faiblesse d’éprouver de la tristesse concernant un tas de pierres, certes pas dégueulasse. Non contentes de jouer les Gustave Le Bon en instruisant le procès des foules, elles estiment que l’on peut mépriser l’esthétique, la ranger à la même enseigne que bourgeoisie et capitalisme.
[...]
La beauté n’est pas un sentiment superficiel dont on peut se passer aisément pour vivre. Elle dépasse le dualisme étriqué entre matière et esprit tant cela implique un rapport à la fois sensuel et intellectuel, l’idée de « penser avec son corps ». C’est cette unité qui a le pouvoir de réconcilier notre cerveau et notre corps, de nous réconcilier avec nous-mêmes mais aussi avec les autres. Contrairement au dogme religieux ou moral, un instant de plaisir esthétique devant un chef-d’œuvre ou un paysage éveille spontanément le désir d’unité et de bonheur partagé qui met tout le monde à égalité. Ces instants-là sont aussi précieux qu’ils vont aux antipodes des classifications habituelles entre les exploitants et les opprimés, princes et esclaves, bons et mauvais.
N’est-il pas méprisant et réducteur d’envisager l’homme, et plus encore le miséreux, comme un mammifère devant satisfaire des besoins vitaux et s’engager de surcroît à respecter une conscience morale collective ? Ces objectifs sont-ils d’ailleurs si incompatibles avec le souci de la beauté ? Pas selon Albert Camus, qui postulait l’idée que l’homme pauvre doit combattre autant la misère que la laideur, aidé en cela par la médiation de l’art. Ainsi peut-on lire dans son essai L’Homme révolté : [...] "La beauté, sans doute, ne fait pas les révolutions. Mais un jour vient où les révolutions ont besoin d’elle. Sa règle qui conteste le réel en même temps qu’elle lui donne son unité est aussi celle de la révolte. Peut-on, éternellement, refuser l’injustice sans cesser de saluer la nature de l’homme et la beauté du monde ? Notre réponse est oui."
À une époque où le souci de beauté est incessamment remis en cause avec l’uniformisation du paysage urbain et le relativisme esthétique prôné par certains artistes contemporains, la réaction suscitée par l’incendie de Notre-Dame de Paris résonne comme un attachement presque désespéré à ce qu’il reste de sublime et d’intemporel. Il se dégage des cathédrales un sentiment de permanence et de stabilité qui rassure et apaise quand tout le reste autour est en proie à la volatilité et à la déliquescence, selon les modes du moment et les profits que l’on peut en tirer.
Heureusement, des fois, il y a Reddit.
Parfois, Internet, c’est chouette. Ce qu’il se passe depuis deux semaines sur Reddit le prouve : des internautes sont en train de peindre des gens qui ont peint, pour la simple et bonne raison que c’est amusant.
[...]
D’autres personnes ont ensuite suivi, donnant une belle mise en abyme. Un internaute s’est amusé à créer une arborescence qui regroupe toutes les œuvres. On en compte déjà une cinquantaine.
Mathilde Serrell, envoyée spéciale dans le passé, nous fait revivre en direct les grands chocs esthétiques de l’histoire des arts et de la culture comme si nous y étions. Un podcast natif hebdomadaire, à retrouver chaque vendredi, réalisé par Rafik Zénine.
Juste pour vous donner envie d'écouter ce podcast que j'ai découvert il y a peu. Court (8 minutes), toujours intéressant, et pas seulement du point de vue artistique : les grandes œuvres ont aussi (voire surtout ?) une portée politique.
Très impressionnant, et très beau.
Originaire de Lyon, Matthieu Robert-Ortis est un artiste-sculpteur qui réalise d’étonnantes œuvres qui changent de forme selon votre angle de vue. De manière tout à fait concrète, une sculpture de l’artiste peut ressembler à un éléphant, puis à un couple de girafes lorsque vous le regardez d’un autre angle.
via https://seenthis.net/messages/752215
Je ne résiste pas au plaisir d'intégrer une image :

Thomas Lévy-Lasne, peintre français en résidence à la Villa Médicis, s’agace : «Si j’étais Banksy, j’en profiterais énormément. Pour s’en prendre vraiment au marché de l’art, il suffirait de le détruire en l’inondant d’offres. 50 000 prints d’une de ses œuvres par exemple, authentifiées, ça ne vaudrait plus rien, et ça serait réglé. Mais ce n’est pas ce qu’il fait.» Très suspicieux sur l’innocence de la maison d’enchères («Cette histoire de cadre, c’est vraiment bizarre, j’en ai porté des cadres, et une broyeuse c’est lourd…»), il n’est guère admiratif du travail de Banksy, qu’il envisage plus comme un directeur artistique très talentueux qu’un artiste à part entière : «Banksy, j’ai rien contre, mais il faut avouer que ça ne va pas très loin. Je ne dis pas qu’il ne peut pas naître du street-art des choses formidables, mais là… Ce que je lui reproche, c’est de ne pas inventer de signes. Je ne vois pas ce qu’il ajoute. Au final, ça augmente le réchauffement climatique avec tous ces clics sur un truc qui sert à rien.»
Ah ah. Bien vu.
Assez génial, en-effet. Même si je ne peux m'empêcher de m'interroger : génie ou opportuniste ?
J'adore ce passage :
Il y a trois ans, il avait mené une grande résidence à New York pendant un mois. Il avait produit une vingtaine d'œuvres originales estimées à des centaines de milliers d'euros chacune. A la fin de cette résidence, il a confié les œuvres à un vieux monsieur qui tenait une petite échoppe à Central Park. Personne n'avait été mis au courant, c'était une opération totalement secrète. En une journée, le monsieur a péniblement vendu quatre œuvres.
La vidéo de cette performance est devenue virale. Son message, c'était de dire : "Regardez bande d'imbéciles. Quand ça vaut 200 000 euros, vous vous battez pour acheter et quand c'est à la portée de tous, ça n'intéresse plus personne." Qu'est-ce qu'on achète dans l'art finalement ?
via Seb
J'ai découvert hier, via un tweet de Boulet, le travail de Simon Stålenhag.
J'ai scrollé cette (très) longue page, littéralement happé par ses images. Elles ont un pouvoir d'évocation incroyable. C'est vraiment le genre de travail où, par-delà le talent (énorme) de l'auteur, chacun vient avec ce qu'il a dans sa tête.
La comparaison de son travail et de son compte Instagram est assez intéressante.
Je vous laisse découvrir.
Ci-dessous une liste d'images parmi celles qui m'ont le plus marqué.
http://www.simonstalenhag.se/bilderbig/by_warmachines1_2560.jpg
http://www.simonstalenhag.se/bilderbig/by_memorial_1920.jpg
http://www.simonstalenhag.se/bilderbig/by_nestingcliffs_2560.jpg
http://www.simonstalenhag.se/bilderbig/by_gathering3_2880.jpg
http://www.simonstalenhag.se/bilderbig/by_procession_1920.jpg
http://www.simonstalenhag.se/bilderbig/by_gathering2_2560.jpg
http://www.simonstalenhag.se/bilderbig/by_sculptures_1920.jpg
http://www.simonstalenhag.se/bilderbig/by_conception_1920.jpg
http://www.simonstalenhag.se/bilderbig/by_home3_2560.jpg
http://www.simonstalenhag.se/bilderbig/by_warmachines7_1920.jpg
C'est très joli et toujours très bien pensé.
Un exemple :

Le Conseil d’État estime que, compte tenu de la durée pendant laquelle la statuette litigieuse a été détenue par les requérantes sans initiative de l’État pour la récupérer, ces dernières peuvent effectivement se prévaloir du droit au respect de leurs biens. Il juge cependant que l’intérêt patrimonial de la statuette justifie qu’elle soit rendue à son propriétaire, c'est-à-dire à l’État, sans que soit méconnue l’exigence de respect d’un juste équilibre entre les intérêts privés de ses détenteurs et l’intérêt public majeur qui s’attache à la protection de cette œuvre d’art.
C'est particulier quand même :/
Je traduis pour les non juristes : la statue appartient à l'Etat, on reconnait quand même qu'il faut respecter la propriété privée, mais bon, rend cette fucking statue maintenant.
J'invite les malheureuses futures ex-ex-propriétaire (parce que la statuette, elles voulaient quand même la fourguer au plus offrant), et tous mes lecteur-ices, à venir fêter cette excellente décision du Conseil d'Etat au (très beau et gratuit) Musée des Beaux Arts de Dijon, où vous pourrez admirez ce que le Conseil a fait pour vous et pour la collectivité en empêchant que ce chef d'oeuvre inestimable quitte la France.

Bon. Je ne peux m'empêcher de penser qu'il y a encore eu des gabegies administrativo-politiques derrière. Le Monde nous apprend en-effet que :
En décembre 2017, Marie-Claude Le Floc’h, membre de la famille propriétaire expliquait à l’Agence France-Presse : « Nous avons envisagé de la céder à un musée à la mort de ma mère, mais personne ne voulait l’acheter, ni le Louvre ni l’Etat. On a finalement décidé de la mettre en vente fin 2014 en demandant une autorisation de sortie du territoire [ce que le ministère de la culture a refusé]. »
Bizarre non ?
« Cette fameuse affaire de la tapisserie de Bayeux et je dois dire que c’est une sacré opportunité, c’est comme ça que les échanges s’entendent, c’est-à-dire que c’est pas simplement l’idée de prendre la pâti… La pâtisserie ! [elle rit] la tapisserie de Bayeux et de l’amener là bas, ce qui est d’ailleurs intéressant parce que ça dit quelque chose de notre histoire commune qui montre aussi l’éveil qu’ils ont par rapport à montrer quel est… c’est la première bande dessinée historique je dirais d’une certaine façon et donc qui montre leur intérêt à connaître l’histoire telle qu’elle est hein, c’est quand même intéressant en plus de ça en ne sachant pas si elle n’a pas été tissée là bas. Donc tout ça montre comment tout est étroitement tissé si je peux me permettre et c’est à la faveur de cet échange évidemment qu’est-ce que ça veut dire ; ça veut dire on va, une fois que les conditions seront, bien de préservation seront bien établies parce que la dernière fois où elle a été bougé c’était pendant la guerre pour la préserver justement et elle a été roulée donc il ne faut pas trop faire ce genre d’opération mais enfin elles sont possibles aussi puisque elle avait été faite. Mais à la faveur de cette réflexion sur l’échange et bien, la tapisserie va être consolidée, restaurée je ne sais pas si on peut dire c’est le bon terme, documentée aussi, on va utiliser tous les moyens du numérique pour raconter, voir quelle est vraiment son histoire, garder une trace numérique et à la faveur des travaux, heu, du… , c’est un musée, c’est un ? [elle cherche dans ses notes] oui c’est un musée hein. A la faveur du musée de Bayeux qui devrait réouvrir en 2023 si je ne me trompe et bien elle pourrait, une fois toutes les conditions réunies et avec la participation active à tous les niveaux et notamment financières des Anglais qui nous aideront à faire les travaux de restauration et de documentation nécessaires, elles seront un parfait symbole de cet échange. Je trouve que c’est, je vous remercie d’avoir commencer par ça car c’est très donnant-donnant, c’est un parfait exemple de coopération. »
Pour expliciter la hargne de mon shaare précédent. Il faut lire tout l'article bien sûr, j'ai choisis ce passage car c'est le plus "drôle". On va dire ça comme ça.
Selon une « simulation d’étude » réalisée par la direction du Louvre et adressée au ministère de la Culture, un prêt de la Joconde pour trois mois coûterait « entre 30 et 35 millions d’euros ». Une somme qui fait s’envoler la volonté de la ministre de permettre aux Lensois – qui ont, rappelons-le, leur propre Louvre – d’admirer le sourire mystérieux de l’œuvre de Léonard de Vinci. Car, même avec l’aide de mécènes, la somme est énorme pour aussi peu de temps.
Voilà qui me rassure. car c'était avant tout complétement con : l'oeuvre est bien trop fragile (une mince planche de peuplier, est-il nécessaire de le rappeler ?) pour être déplacée aux gré des caprices d'une incompétente, fut-elle ministre.
Art moderne : joli nom que le capitalisme donne à sa passion pour spéculer sur tout et n'importe quoi.