Alors que le modèle agricole dit "conventionnel" a montré ses limites (extinction de la biodiversité, pollution des eaux, explosion des maladies notamment dues aux perturbateurs endocriniens, émissions insensées de gaz à effet de serre, précarité du secteur et tendance alarmante à la destruction des emplois, désertion des zones rurales,...), et que l'écrasante majorité des français souhaite que soient interdits les pesticides de synthèse, beaucoup d'agriculteurs aimeraient s'engager dans une transition mais affirment ne pas pouvoir changer de pratiques du jour au lendemain. Et pour cause : la politique agricole biberonnée au modèle industriel les a incités depuis des décennies à s'agrandir et s'équiper de machines toujours plus perfectionnées et chères. A s'endetter. Au point de ne plus pouvoir faire marche arrière.
Ce n'est pas vous que je vais devoir convaincre : l’État n'est pas à la hauteur, l'Europe pas plus. Cachant sous le tapis les montagnes de dépenses publiques directement dues aux pratiques agricoles (santé, dépollution de l'eau, algues vertes, etc.), ils continuent de subventionner un modèle qui accentue ces impacts. Double peine pour les français (dégâts écologiques et humains + leurs impôts pour financer cette mécanique percée), peine intégrale pour les agriculteurs qui ne vivent plus, et jackpot pour quelques poignées d'actionnaires.
Le 13 novembre 2015, très vite après les attentats parisiens, le conseil des ministres se réunit et décrète l’état d’urgence. Il prend fin deux ans après, le 1er novembre 2017. Une partie des dispositions dérogatoires, qui relèvent de ce régime d’exception qu’est l’urgence, entrent alors dans le droit commun. Pour les défenseurs des libertés publiques, c’est une capitulation : l’impératif de sécurité l’a –une nouvelle fois- emporté sur la préservation de la liberté.
[...]
La sécurité se définit comme la situation dans laquelle on ne court aucun danger. Le changement climatique est donc bien une atteinte potentielle à celle-ci. La Charte de l’environnement, adossée à la Constitution, y fait d’ailleurs indirectement référence, lorsqu’elle affirme, dans son article 1er, que ‘’chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé’’.
J’imagine que personne ne conteste ce droit. Mais comment le faire respecter ? C’est là que l’idée de la liberté, ou plutôt de sa limitation, entre en jeu. A quoi devons-nous renoncer pour vivre en sécurité face au danger climatique ?
L'éternel (et vicieux) débat de l'équilibre entre liberté et sécurité, transposé au changement climatique. Malin, et prend le contre-pied du panégyrique casse-pied de l'invité du matin (Bernard Cazeneuve), tout occupé à étaler son émotion post-Bataclan (sans doute réelle), mais que l'on s'est bien gardé de trop bousculer sur la question de la remise en cause des libertés fondamentales à laquelle il a puissamment contribué.
Et là aussi, le même danger nous guette :
Dans le Transperceneige, une bande dessinée adaptée au cinéma, un train gigantesque roule à vive allure, sans s’arrêter. Ses occupants ont échappé à une catastrophe écologique. A l’arrière, la plèbe, traitée moins bien que du bétail. A l’avant, des wagons capitonnés, réservés aux plus riches. L’étanchéité entre les deux mondes est assurée par l’armée, et dans la violence.
Moins de sécurité et moins de liberté. Faute de lutter suffisamment contre le réchauffement, nous risquons de perdre sur les deux tableaux.
EDIT : du coup j'ai oublié ce que je voulais dire ^^
Interrogé sur ce qu'il pensait de cette chronique; B. Cazeneuve a répondu les banalités d'usage, avec les mots-clés imposés : écologie-république-transition.
Là où ça m'a agacé, c'est lorsqu'il a dit cette phrase, avec laquelle on ne saurait apparemment que être d'accord : "il faut [être] plus des citoyens que des consommateurs" ou quelque chose d'approchant. Alors oui, l'intérêt collectif, tout ça, tout ça, on est d'accord. Mais là où cette saillie de fin de repas de tonton Cazeneuve est franchement dégueulasse, c'est qu'il s'agit, encore une fois, d'un appel à la responsabilité individuelle (aka : "soyez responsables, comportez-vous en citoyens soucieux de l’environnement"), là où il faudrait, je le répète, de l'action collective, voire étatique et/ou à l'échelle des entreprises (pour faire très court : de la décroissance.). Faire pipi sous la douche, d'accord, mais commencez par retirer les camions des routes.
Et on comprend l'étendue du foutage de gueule de ce genre de réponse lorsque l'on réalise que tout, je dis bien tout, dans la vie politique, économique... est conditionné par la sacro-sainte "croissance" (croissance de quoi, on se le demande bien, la novlangue interdisant expressément de parler de "croissance du PIB", ce qui obligerait à parler également à parler de la balance des paiements, du taux d'emploi, et soyons fous, de l'indicateur de développement humain et de l'espérance de vie à la naissance. Les cons (les sans-dents, pardon) risqueraient de se poser des questions. Et qui dit "croissance" dit utilisation des réserves naturelles, destruction de l’environnement... et réchauffement climatique in fine.
Mais continuez à être de bons citoyens consommateurs qui font pipi sous la douche.
J'aime bien la revue de presse de France Culture, on y lit des trucs que les autres médias passent volontiers sous silence, ou rangent complaisamment dans les brèves "insolites", entre la dernière défaite du Stade français et choupette tombée dans une bouche d'égout.
Deux informations essentielles ce jour, donc :
1/ La contestation à Hong-Kong vire à l'insurrection : (n'en déplaise à ceux qui pensaient que c'était terminé)
"Nous sommes en guerre", disent les mêmes manifestants au Washington Post dont la reporter Shibani Mathani a suivi tout particulièrement six jeunes hong-kongais, un groupe d'amis passés experts en confection de cocktails molotov. Ce qui intéresse la journaliste, c'est que ces six-là ne sont pas des étudiants mais des "cols blancs, avec des emplois stables et plutôt enviables" dans des tours de bureaux. Ils expliquent avoir rejoint la contestation à force d'attachement aux idées démocratiques (à commencer par cette idée simple de pouvoir élire eux-mêmes ceux qui les dirigent) et à force d'indignation face à l'ampleur des violences policières.
2/ Patriarcat et féminicides en Russie :
La presse russe, depuis samedi, n'utilise pas le mot "féminicide", comme nous le ferions ici, pour décrire le meurtre de sa victime Anastasya Echtchenko. Elle y préfère des gros titres plus complaisants, faciles, comme celui d'Argumenty y Fakty qui explique que "Napoléon a avoué le meurtre de sa Joséphine". Mais il y a tout de même, avec les jours qui passent et les langues qui se délient, quelque chose d'une prise de consience qui s'ébauche sur les violences conjugales (qui sont un problème massif en Russie) et sur l'emprise qu'un vieux mâle tout-puissant peut exercer en toute impunité dans une institution, l'université russe, qui selon le site d'info Meduza avait connaissance depuis des années des "relations" que Sokolov entretenait avec plusieurs de ses étudiantes... pour ne pas parler de comportements de prédateur sexuels et de "tyran cruel", tel que les décrit l'agence nationale d'information RIA.
Un chouette mod à la limite du standalone fait par la communauté.
Bref, je suis bon pour réinstaller Portal 2.
Çà me donnera l'occasion de le terminer :o)
via Seb
Lien direct : https://store.steampowered.com/app/317400/Portal_Stories_Mel/
Je viens de tomber là dessus.
Pardon :o)
Mes préférées :
https://www.reddit.com/r/TinyTrumps/comments/6drrtj/g7_leaders/
https://www.reddit.com/r/TinyTrumps/comments/5v1klm/putin_meets_his_biggest_tiny_fan/
https://www.reddit.com/r/TinyTrumps/comments/5ukneh/tiny_trumps_meeting_with_obama_after_being_elected/
https://www.reddit.com/r/TinyTrumps/comments/5vlbyf/the_first_family/
https://www.reddit.com/r/TinyTrumps/comments/5uoz5g/trump_needs_help_with_his_tie/
...évidemment que c'est une charge politique.
Ce jour-là, j'ai enfin compris ce fameux sentiment de déclassement éprouvé par une partie de la population française. La France à deux vitesses. La France des grands centres urbains et celle des petites villes. La France du TGV et celle des trains d'autrefois.
Malgré le côté un peu outré de l'article, il a au moins le mérite de rappeler que la France ne se limite pas à quelques métropoles et aux voies TGV qui les relient à Paris : il y a tout le reste autour, tous les restes devrait-on dire, au vu du sentiment, non pas de déclassement, les gens qui vivent à Cherbourg ou à Clermont-Ferrand ne sont pas déclassés, c'est bien un terme de bobo parisien ça, mais d'abandon.
Abandonné car sans gares, sans train, et quand il y en a ce sont des poubelles -mais pas pires que le RER B si on va par là- sans maternités, sans écoles primaires, parfois sans collèges, sans tribunal, sans commerces (non, une agence immobilière et 3 coiffeurs ne constituent pas une rue commerçante)... Et tout ça pourquoi ? Tout ça à cause de la logique de PROFIT, de RENTABILITÉ.
Cet article est sympa, l'angle est bien trouvé... mais il ne va pas au bout du raisonnement, c'est dommage. Il se borne à constater qu'il y a une France "périphérique", mais il ne se demande pas pourquoi.
Waaa, c'est cool, même si je trouve que quand on arrive aux images du secteur local et du supercluster, les images manquent de visibilité et nuisent à l'efficacité de la démonstration. Mais on peut résumer ainsi : la Voie lactée, qui est tellement grande qu'on ne peut qu'obtenir qu'une approximation du nombre d'étoiles qu'elle contient depuis l'endroit où nous nous trouvons, n'est qu'une fraction de grain de poussière à l'échelle de l'univers (ou à l'échelle de cet univers...)
Ça me rappelle également ceci : http://imgur.com/a/3Y6dB
via Seb et Tommy
Cette invisibilité de toute une partie de la culture du pays ne vient pas des mentalités mais du récit d’opposition qui continue de peser sur ces différents mondes culturels. Comme s'il y avait LA culture française celle qui aspire à l’universel et se positionne par rapport à l’histoire, et puis les cultures françaises. Celles de divertissement disons, forcément contingentes et négligeables. Et lorsqu’elles sont mentionnées, c’est en tant que phénomènes mais sans considération critique. En 2012 quand Françoise Bourdin a été l’invitée de Laurent Ruquier sur France 2 dans « On n’est pas couché », Christophe Barbier directeur de L’Express, expliquait qu’il n’en parlait pas dans son journal car elle n’allait pas changer l’histoire de la littérature ni entrer à l’Académie française. Mais alors, en dehors de cette culture, point de salut ? Bien sûr tout ne se joue pas sur le même registre, mais cette surdité entretient la petite musique d’une opposition entre centre et périphérie.
"Douze ans d'Afghanistan équivalent à 22 minutes de la guerre de 14-18 [en nombre de morts]
Je viens de tomber là dessus.
Vous ne pouviez pas continuer à vivre sans.
Maire de La Garenne-Colombes, Philippe Juvin (LR) a attaqué en justice à titre personnel un permis de construire délivré par « délégation du maire », c’est-à-dire lui-même. Puis s'est désisté à la suite d’une transaction financière privée avec le promoteur immobilier. Une opération digne d’Ubu roi qui lui a permis de percevoir 100 000 euros.
En clair : le type a inventé une manip' pour faire valider par la justice le pot de vin versé par le promoteur.
Ahurissant
En plein surenchère raciste, après 12 mois de campagne néo-libérale et diffamatoire contre les Gilets Jaunes, Le Point ouvre un nouveau chantier : la promotion d'un nervis néo-fasciste, barbouze présidentiel et tabasseur de manifestants.
Ca va plaire à Riff ça :
Dans l’univers sans fin des cartes, les cartes d’îles possèdent un charme tout particulier. Les deux mondes, des cartes et des îles, s’y croisent, laissant émerger des formes riches et colorées.
Cinq artistes, collectionneurs, chercheurs ont formé le collectif Stevenson pour en explorer et en célébrer les beautés, les incongruités, les fantaisies autant que la précision et la finesse.
De la mise en commun de leurs trésors cartographiques chinés, dénichés, inhumés et patiemment amassés, est né Mappa insulae. Les îles s’y montrent parfois dans leur isolement absolu, cerclées d’une épaisseur bleue qui les sépare du reste du monde ; parfois en archipel, éparpillées « comme autant de pépins crachés dans l’eau » ; parfois encore simplement suggérées, récifs tapis sous des noms calligraphiés sur les flots.
De carte en carte, d’île en île, de pensées en poèmes, nous voilà embarqués pour une traversée érudite et insolite.
Ca s'achète ici : https://www.editionsparentheses.com/Mappa-Insulae?nouveauA=nouveau&idart=735
Lorsqu’on fait référence à des personnes dans un écrit et qu’on souhaite donner à celui-ci un caractère plus générique et inclusif, il convient de privilégier des formes non marquées en genre, c’est-à-dire qui ne présentent pas d’alternance masculin/féminin. Les mots ainsi choisis désignent aussi bien les femmes que les hommes, ou encore les personnes non binaires.
On peut pour ce faire recourir à des noms, à des adjectifs et à des pronoms épicènes, à certains noms collectifs ou même au nom personne. On doit cependant faire preuve de prudence dans leur emploi : certains équivalents, bien que proches, ne sont pas de parfaits synonymes. On doit ainsi s’assurer que les mots choisis reflètent adéquatement le sens désiré, qu’ils s’appliquent bien au contexte. Par ailleurs, soulignons que les noms collectifs peuvent donner l’impression de dépersonnaliser le texte. Par exemple, l’emploi de la présidence plutôt que de le président ou la présidente peut sembler plus impersonnel, mais tout de même convenir dans certaines situations.
Voici donc une liste de termes épicènes ou neutres. Cette liste, non exhaustive, peut être une source d’inspiration vers d’autres idées de formulations plus inclusives. Notons que l’italique est employé pour signaler des termes avec lesquels il faut particulièrement user de prudence, puisque la synonymie peut se limiter à certains contextes d’utilisation bien précis.
via Clochix sur Mastodon :
Pourrait-on une fois pour toute faire annexer la France par le Québec ? L’Office québécois de la langue française publie un nouvel aide mémoire indispensable, avec une liste de termes épicènes ou neutres qui permettent de rendre des textes plus inclusifs
La carte des côtes de France. Parce qu'il n'y a pas que la Côté d'Azur.
Et il y a aussi la Côte d'Or, parce qu'on peut être géographe et avoir le sens de l'humour.
via (°m
Immédiatement, l'histoire a été reprise, par le député européen écologiste Pascal Durand ou plusieurs journalistes dont Aymeric Caron qui s'est emporté à son tour : « Dites-moi que c’est une blague, ou un cauchemar dont je vais me réveiller : un citoyen, condamné pour avoir chanté du Brassens à proximité de policiers ??? France, 2019 ? Mais c’est impossible, ce n’est pas le pays où je suis né ».
Un tweet qu'Aymeric Caron a ensuite supprimé, après avoir réalisé que son indignation avait presque 10 ans de retard. Car si un jeune homme a bien été condamné pour les raisons évoquées, c'était en 2011. Rien à voir avec Emmanuel Macron, donc, ou la répression des gilets jaunes, comme certains ont voulu le faire croire.
Si je suis le raisonnement de France Info, comme c'était en 2009, c'est bon, tout va bien, c'est pas grave ?
Je pense que l'IGPN, le pouvoir politique et le parquet ne veulent pas d'enquêtes en matière de violences policières. Ils travaillent de concert. Emmanuel Macron, Christophe Castaner et la directrice de l'IGPN ont toujours dit qu'il n'y avait pas de violences policières. Le résultat, c'est l'absence de volonté d'enquêter.
Et combien de policiers condamnés ?
Cf. cet article cité par David Dufresne : https://www.franceinter.fr/justice/deux-policiers-bientot-juges-pour-des-violences-contre-des-gilets-jaunes-une-justice-a-deux-vitesses
Quand on regarde les faits qui leur sont reprochés (un pavé renvoyé en direction des manifestants et une gifle), au regard des mutilations causées par d'autres de leurs collègues, on peut faire le pari du non-lieu. Même si leur attitude est bien évidemment indigne de leurs fonctions.
Alexander consulte la littérature scientifique. Le composant lacrymogène utilisé en France est le 2-Chlorobenzylidène malonitrile. Comme il est considéré comme arme chimique, son emploi est interdit dans le cadre de conflits armés. Pas pour le maintien de l’ordre. Pour le biologiste, le verdict est clair, cette molécule, une fois présente dans le sang, libère du cyanure. Plusieurs études, depuis 1950, l’affirment. Aucune ne dit le contraire. Mais ce poison est également présent dans les cigarettes et dans une multitude d’aliments. Sa dangerosité est donc une question de dosage. Comment le mesurer ?
[...]
Les résultats des premiers prélèvements confirment bien la présence importante de cyanure, mais n’en donnent pas le dosage précis. Le 8 juin, à Montpellier, l’équipe perfectionne son protocole. Alexander, les trois médecins et quelques complices se font eux-mêmes cobayes de leur expérience. Ils testent leur sang avant la manifestation puis après. Les résultats sont édifiants. La communauté scientifique considère l’empoisonnement au cyanure à partir de 0,5 mg par litre de sang et sa dose mortelle à 1 mg. Parmi les personnes testées, deux affichent des taux voisins de 0,7 mg par litre.
Tu filmes les manifestants et/ou les streets médics en train de se faire charger ou tabasser ? GàV
Tu fais des analyses pour quantifier le niveau de dangerosité des gaz lacrymogène ? GàV
Tu possèdes des études des années 50 démontrant ladite dangerosité ? Perquisition, destruction
Tu souhaites informer la population (manifestants ET policier) du risque auquel les uns et les autres sont exposés ? GàV, enquête préliminaire pour "mise en danger de la vie d'autrui" (sic).
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