Du vent pour pas dire grand chose, comme d'hab.
Le vrai sujet derrière cette tragédie (on parle de la mort d'un gamin pendant son stage quand même) c'est celui des morts au travail. 2 par jour en France en moyenne. Et les plus touchés sont les jeunes et les intérimaires : absence de culture de la prévention, pas de consignes claires, peu ou pas de formation, priorité à la productivité. Et encadrement défaillant : un stagiaire n'est pas censé être mis en position de travail, mais d'observateur.
Aujourd’hui encore, les femmes restent les premières exposées à ces risques psychosociaux. Les moins qualifiées sont les plus exposées, mais à poste équivalent, les femmes en général sont aussi plus concernées. C’est le cas chez les cadres par exemple.
Les femmes sont souvent moins bien payées que les hommes, elles sont moins reconnues dans leur travail, elles ont moins d’autonomie ou encore de perspectives d’évolution. Toutes ces conditions sont des facteurs de risques psychosociaux. C’est donc un enjeu féministe de s’emparer de ces questions-là pour les syndicats.
[...]
Malgré toutes ces connaissances, le lien entre le travail et les souffrances est encore remis en cause par les directions d’entreprises. C’est intéressant parce qu’alors que dans d’autres domaines on arrive à cumuler les savoirs sans les remettre en cause, dans celui du travail, c’est comme s’il fallait sans cesse réprouver ce que l’on sait déjà. C’est le cas pour les souffrances au travail, mais aussi pour les cancers professionnels par exemple.
En matière de santé au travail, la stratégie patronale a toujours été de nier les souffrances, de les individualiser, de les ramener aux problématiques personnelles des salariés. C’est une manière de cacher la responsabilité de l’organisation du travail dans les souffrances. En plus de cette négation, les entreprises produisent de la controverse scientifique, alimentent et financent des recherches qui contredisent celles des militants et militantes.
[...]
Les promoteurs de la « gestion du stress » et du coaching en entreprise contribuent à dépolitiser les questions de souffrance au travail. Ils et elles défendent une approche centrée sur les individus, à travers des séances de formation, de relaxation, de sieste ou de méditation...
C'est marrant (non), c'est **exactement comme ce que j'écrivais vendredi dernier sur l'écologie : là aussi, on fait peser la responsabilité et l'effort sur les individus, alors qu'il s'agit d'une responsabilité systémique.
« Félicitez Charles-Euphorique pour ses deux ans en tant que Coordinateur logistique des flux documentaires et gestionnaire des ressources torréfiées ».
Je me suis tourné vers Jean-Rémy, un peu interloqué.
— C’est la notification. Là, elle parle du stagiaire « photocopies et machine à café ». On doit l’encourager. C’est important de maintenir l’engagement.
[...]
Jean-Rémy ne me parle plus. La dernière fois que j’ai eu de ses nouvelles, il était architecte en expérience utilisateur des lieux d’aisance chez 2theloo. Je crois qu’il m’en veut un peu.
Mais j'ai tellement ri.
Le monde [français] du jeu vidéo est en grève jeudi 13 février. Le Syndicat des travailleurs du jeu vidéo (STJV) appelle les salariés de tous les studios français à cesser le travail, avec des rassemblements dans plusieurs villes (Bordeaux, Paris, Lille, Nantes). Ces derniers mois, quelques studios ont déjà été touchés par des mouvements sociaux, mais cette fois la colère est unanime et gagne l'ensemble du secteur. Burn-out, sous-effectif, licenciements... Quelle que soit leur entreprise, les salariés dénoncent les mêmes difficultés.
[...]
Le STJV, qui comptait une cinquantaine de membres en février 2018, en revendique désormais plus d'un millier. "Le milieu du jeu vidéo était un désert syndical, il y a encore huit ou dix ans"
Oh ben c'est pas ben compliqué mon bon monsieur : La Poste, comme son nom ne l'indique pas, c'est une banque, et éventuellement une société de services, si possible en exploitant des "facteurs" sous-payés. Le courrier, c'est moins de 20% de l'activité du groupe. Et toutes ces belles choses, cette diversification menée de main de maître ça a généré... un endettement de plus de 10 milliards. Chapeau.
Et le pire, c'est que comme d'habitude, ce sont les employés qui trinquent.
En fouillant dans mon Shaarli, je me rends compte que j'avais à peu près écrit la même chose en 2019...
La Cour de cassation a clairement réaffirmé qu’un salarié qui n’a pu être joint en dehors de ses horaires de travail sur son téléphone personnel ne commet aucune faute et ne peut être sanctionné. Sans faire de distinction, d’ailleurs, entre un repos hebdomadaire et un repos quotidien.
En conclusion il s’agit de regarder l’incompétence différemment en pariant sur son potentiel créatif. Cette proposition s’inscrit dans de nouveaux regards portés sur la vulnérabilité au travail. Un traitement différent de l’incompétence peut ouvrir des voies nouvelles dans le recrutement des personnes, ainsi que l’accompagnement et l’engagement des collaborateurs.
"Bonjour, je connais rien au taf, engagez-moi, ça va être hyper disruptif"
Depuis le temps que c'est dans mes onglets ouverts, je me le recopie ici :
Faute de moyens, de nombreuses missions et pistes de recherche stagnent ou sont à l’arrêt depuis des années. « Il n’y a, par exemple, plus de formation sur les risques du bâtiment, alerte Jérôme Grosjean, secrétaire CFDT du CSE sur le deuxième site de Vendœuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle). C’est le problème de la production intellectuelle au long cours sur une filière professionnelle qui sert ensuite à faire de la prévention : on ne peut pas être dans une vision à court terme. Avec le dernier coup de rabot, on n’a pas pu embaucher les six postes fléchés sur l’étude des risques psycho-sociaux. Sans compter les potentiels dangers pour la santé qu’on n’arrivera pas à détecter. »
La survie même de l’INRS pourrait être en jeu. « Nous avons de quoi payer les salaires jusqu’en septembre et ensuite, ça va être compliqué », explique Sophie, une des employées. « Les experts sont moins nombreux pour répondre aux demandes, on a réduit la diffusion de notre mensuel aux entreprises… » égrène Alexandre Dubus, représentant de la CFE-CGC, pour illustrer le fonctionnement au ralenti.
La perspective d’une majorité Rassemblement national à l’Assemblée inquiète encore plus les grévistes. « Comme ils prônent une exonération des cotisations patronales alors que c’est ce qui nous finance, ça serait le dernier clou dans notre cercueil », souffle Jérôme Grosjean.
Je vais (encore) citer Seb Sauvage :
Ils n'aiment pas entendre que le travail est pénible ==> suppression de l'indice de pénibilité du travail.
Ils n'aiment pas entendre que le travail blesse et tue ==> hop on coupe les vivres de l'institut qui les mesure.
Et tout ça dans un contexte où l'on est champions d'Europe des morts au travail.
Hum. Faudrait que je l'imprime et que je l'apprenne. Il m'arrive parfois de manquer quelque peu de diplomatie.
vie Liandri
À ce moment-là, elle n'avait aucune raison de s’inquiéter, puisqu’elle ignorait que plus tard dans la soirée, alors que les bureaux californiens de la firme avaient passé une journée complètement différente, elle allait recevoir un mail. Un mail particulièrement long, qui ne provenait pas de sa direction habituelle mais de plus haut, bien plus haut. Riot a annoncé devoir licencier 530 personnes, soit 11 % de ses effectifs. Le lendemain, Vitória a appris en arrivant au bureau qu’elle faisait partie des gens qui avaient perdu leur travail. En l’espace d’une soirée, elle était devenue une statistique.
Un message pour notre président "réformateur" :
Parfois, il arrive même que les lois en vigueur dans un pays arrangent un studio qui licencie dans l’une de ses filiales. Vitória, employée au Brésil, nous explique par exemple que sur les six mois de salaire plein qui lui ont été promis, son ex-studio a soustrait la somme qu’elle allait toucher grâce au FGTS, l’équivalent local de nos cotisations chômage. Naturellement, ça fait tout de suite moins de chiffres à écrire sur le chèque. James décrit aussi sa situation dans un autre studio anglais : « En Angleterre, on peut te licencier sans raison valable dans les deux ans qui suivent ton embauche. Comme ça, sans te dire pourquoi. J’ai travaillé en France et parfois, les lois locales me manquent un peu ! », admet-il en ne plaisantant qu’à moitié.
Accidents du travail : en 2023, 661 personnes sont mortes en France sur leur lieu de travail
C'est pas tout à fait 2 par jour. Encore un effort !
La France se met enfin en conformité avec le droit européen (une directive européenne de 2009, une paille), en permettant aux salariés en arrêt maladie de continuer à générer des jours de congés payés. Parce que jusqu'à maintenant, ce n'était pas le cas : le législateur considérait, dans sa grande sagesse (non) que tu avais déjà bien de la chance d'être malade, tu n'allais pas EN PLUS te foutre en congés dès que tu serais guéri. Bosse, feignasse.
(Bon, je simplifie : on ne parle ici que des arrêts maladie "ordinaires", les arrêts pour causes professionnelles produisent bien des CP)
Le diable, particulièrement en France, étant à chercher dans les 'tites lignes du bas, c'est que nos élus ont bien bossé, faisant en sorte que ces jours ainsi générés ne produisent que 2j/mois, soit 4 semaines/an. Alors que les gens pas malades et qui travaillent, eux, ont droit à 5 semaines de CP/an. Z'aviez qu'à pas être malade, c'est tout.
Volta devait donc rester un merveilleux ""jardin secret"". Et la photo de son écran de téléphone qui ""en a décidé autrement"", c'est cette photo (publiée par "Libération") que le Premier ministre a longuement montrée aux trois ministres extasiées qui l'entouraient au banc du gouvernement, alors que le socialiste Boris Vallaud, dans le débat sur une motion de censure, discourait sur le mal travail, les vies qui abîment les âmes et les corps. Scandaleuse indifférence, bad buzz, il fallait réagir par une offensive foudroyante de chienchien washing. C'est fait. Cherchez dans le texte les mots "coeur", "famille" et "bien-être animal" : ils y sont.
Au nom du ""qui aime les bêtes aime les gens"", le peuple profond des amis des bêtes est donc prié de comprendre que c'est cet engagement pour le bien-être animal, qui donnera au jeune Premier ministre l'énergie quotidienne de se battre pour envoyer sous les verrous les locataires pauvres, abolir le droit du sol à Mayotte, casser la loi SRU sur le logement social, supprimer l'allocation spécifique de solidarité, ou encore supprimer les subventions aux associations féministes non-alignées sur le soutien inconditionnel à Israël.
A l’Assemblée, Gabriel Attal regarde des photos de petit chien mignon sur son smartphone quand l’opposition parle de mal-être au travail.
A l’Assemblée, Gabriel Attal regarde des photos de petit chien mignon sur son smartphone quand l’opposition parle de mal-être au travail.
A l’Assemblée, Gabriel Attal regarde sur son smartphone des photos de petit chien mignon quand l’opposition parle de mal-être au travail.
A l’Assemblée, quand l’opposition parle de mal-être au travail, Gabriel Attal regarde des photos de petit chien mignon sur son smartphone.
A l'Assemblée, alors que les accidents du travail tuent en moyenne deux personnes par jour, le Premier Ministre Gabriel Attal, préfère regarder des photos de petit chien mignon sur son smartphone plutôt qu'écouter l'orateur de l'opposition, qui parlait justement ce jour là, ça tombe bien, de mal-être au travail. Alors on pourra objecter du fait que les gens qui sont morts, ils ne sont plus vraiment dans le mal-être, et peut-être bien qu'accablé par l'ampleur du problème, monsieur le Premier Ministre regarde des photos de petits chiens mignons sur son smartphone pour se détendre, pendant que l'opposition parle de mal-être au travail, de souffrance au travail, voire, peut-être, de tous ces gens qui meurent au travail, parce que je n'adore pas le terme de pénibilité, parce que ça donne le sentiment que le travail serait pénible, peut-être que les gens qui meurent au travail le font ils avec le sourire, parce qu'ils sont morts en faisant un travail vachement chouette, pas pénible, c'est juste dommage qu'ils soient morts, de toute façon c'est sûrement leur faute, alors tout ça n'est pas si grave, Gabriel Attal, quand l’opposition parle de mal-être au travail, il peut bien regarder des photos de petit chien mignon sur son smartphone, il peut bien ne pas écouter l'orateur et plaisanter avec ses collègues, peut-être rient-ils de l'histoire de l'ouvrier qui a marché sur une plaque métallique sous tension, elle est inénarrable celle là, et celle des cordistes qui sont morts dans le silo à grain, tu la connais, attend, non pas ça, c'est une photo de petit chien mignon, attend, je vais te chercher le truc, j'ai du voir ça sur un site pour les pauvres, je ne trouve plus c'est dommage, tu préfères le petit chien mignon, je comprend, j'avais le même quand j'étais à Stanislas, ah, attend, il a fini de parler l'autre con.
A l’Assemblée, Gabriel Attal regarde des photos de petit chien mignon sur son smartphone quand l’opposition parle de mal-être au travail.
A l’Assemblée, Gabriel Attal regarde des photos de petit chien mignon sur son smartphone quand l’opposition parle de mal-être au travail.
A l’Assemblée, Gabriel Attal regarde des photos de mal-être au travail sur son smartphone quand l’opposition parle de petit chien mignon, non mais quel scandale, Brigitte Bardot est invité ce soir par Hanouna pour en parler.
Quoi ? Diminuer le nombre de coups de fouets quotidiens pour que les esclaves soient plus productifs ? Mais c'est une aberration, ça ne marchera jamais, notre pays court à la catastrophe !
Purée... encore une histoire de burn-out.
Prenez soin de vous les gens, levez le pied avant de vous cramer.
via Seb
Les télétravailleurs émettent moins de CO2 que ceux qui se rendent au boulot... à condition d'avoir un logement et un équipement pas trop pourri... et de ne pas multiplier les déplacements en dehors du travail.
Une vidéo un peu datée (4 mois) des 2 personnes (Hugo et Maxime) qui sont derrière la chaîne Game Next Door.
TW : ça parle rupture, pré-burn out, épuisement.
Je trouve ça très sain cette franchise qui consiste à dire "voilà, j'ai pas pu assumer pour telle raison", d'autant plus dans un contexte de plus en plus malsain, où on explique aux gens qu'ils doivent monter leur boite, se défoncer, ne pas prendre de vacances... être des disruptifs de la start-up naïchieune.
Eh ben non, c'est pas ça la vraie vie. Dans la vraie vie, tu as des soucis, tu peux être fatigué, malade, stressé, et si gérer trois projets (ici : la chaîne Game Next Door, le podcast Fin du Game, et l'émission Jour de play d'Arte) t'amène au bord du gouffre alors que 2 ça passait bien, ben tu restes sur 2.
Il a ainsi pu observer que les personnes de bonne humeur étaient moins capables de penser avec scepticisme et étaient nettement plus crédules. Pour le psychologue, la bonne humeur encourage la « pensée automatique », alors que les humeurs négatives rendent plus critique, moins conciliant et limitent les erreurs de jugement.
La mauvaise humeur favorise l'esprit créatif, l'esprit critique et la mémoire. Soyez des employés modèles : faites la gueule ! :D
Sur le cul.
Mais le problème de la France, c'est la fraude au RSA, hein.
Élisabeth Borne a confirmé samedi, lors de son déplacement à La Réunion, que le projet de loi France Travail prévoira des "sanctions" pour les bénéficiaires du RSA qui ne se conformeraient pas au parcours "d'accompagnement" au retour vers l'emploi.
Quelle infamie. Déjà que toutes les personnes qui pourraient en bénéficier n'en font pas la demande, on va en plus sanctionner celles qui ne se plieront aux exigences du RSA "conditionnel".
Et citer la "problématique de la garde d'enfant" comme un "frein périphérique", c'est vraiment de la novlangue technocratique comme je la hais. Surtout quand on sait que le manque de places de crèches et de personnel encadrant sont chroniques.
"En France, trois personnes meurent au travail chaque jour ouvré. Loin d'être une fatalité, cette réalité résulte surtout de choix politiques et économiques. Et la réforme des retraites ne va rien arranger."
3 personnes par jour.
Meurent.
Au travail.
Le Twitter du monsieur (il me semble que j'en avais déjà parlé ?) : https://twitter.com/DuAccident
Pour vivre le travail autrement. Sans capital, sans subordination, et si possible, pour faire quelque chose d'utile.
Ah merde, des révolutionnaires, c'est bien ma veine, on va être fichés par Darmanin.
En France, en 2019, 37 % des salariés ne se sentent pas capables de tenir dans leur travail jusqu’à la retraite.
D'après une étude récente de la direction statistique du ministère du Travail. Si, si.
Après une déclaration d’Emmanuel Macron en 2016, Matthieu Lépine, un prof d’histoire-géographie de Seine-Saint-Denis décide de recenser tous les accidentés du travail sur un fil Twitter dédié : "Accident du travail : silence, des ouvriers meurent". Peu à peu, il rencontre les proches des victimes.
"La magie". Je suis d'accord avec l'ouvrier qui s'exprime : qu'elle aille travailler dans sa "magie" ne serait-ce qu'une heure, et on en reparle. Je me demande même si elle a jamais vraiment "travaillé" cette personne. Je veux dire, discuter dans des chaises rembourrées, avec croissants et café, de comment la pensée zen peut améliorer l'empathie au travail (je n'invente pas, j'ai vraiment vu passer ça), ce n'est pas du travail ça, c'est du pignolage.
Toujours via le cri du lapin (décidément j'ai bien fait de me mettre à la lire) : les "bosswares" sont des logiciels espions que des entreprises installent sur les PC de leurs employés... ben pour les fliquer y'a pas d'autres mots. Au menu des plus perfectionnés : monitoring de l'activité (ton boss sait que tu vas sur Youporn), Screenshots, Keylogger intégré, activation à distance du micro et de la webcam, et fonctionnement totalement invisible ! Elle est pas belle la vie ?
"Si j'avais su que j'étais en chômage partiel, je n'aurais jamais travaillé sept heures par jour." A l'autre bout du fil, Chloé*, salariée d'une agence immobilière dans la métropole lyonnaise, ne décolère pas : après avoir télétravaillé pendant deux mois en raison de l'épidémie de Covid-19, elle a découvert, en récupérant ses fiches de paie à la fin du confinement, que ses collègues et elle avaient en réalité été placés au chômage partiel. Pourtant, "compte tenu de la baisse d'activité de l'agence", Chloé s'était enquise auprès de sa hiérarchie d'une telle éventualité, comme en témoigne un e-mail daté de fin mars, consulté par franceinfo. "Mais on ne m'a jamais répondu", regrette la jeune femme. "Quand on les a confrontés, les responsables de l'agence ont assuré qu'ils avaient juste oublié de nous prévenir." Ecœurés par cette "fraude", Chloé et ses collègues ont contacté l'inspection du travail.
La société n'est pas capable de te fournir les moyens de travailler comme tes collègues valides ? Travaille chez toi !
Un inspecteur du travail s'est préoccupé de la santé du personnel d'une entreprise, sans équipement de protection face au risque Covid-19. Il a donc été mis à pied.
Le président délégué du Medef s’alarme déjà d’un « changement d’attitude brutal » des salariés
"Merde, les gueux se révoltent"
Pourtant il suffit de réfléchir quelques minutes pour comprendre que cette logique ne tient pas une démonstration à grande échelle. En effet, si ceux qui gagnaient le plus sont ceux qui travaillent le plus, il y a fort à parier que les ouvriers chinois ou les Taxis coréens tiendraient la palme des hauts revenus… Et force est de constater que ce n’est pas le cas.
[...]
Encore une fois : travailler plus, n’est pas toujours la bonne solution, mais il m’aura fallu (très) longtemps pour complètement l’assimiler.
via Seb
Les faits s'étaient produits en novembre 2017 : le salarié entré à La Redoute, préparateur de commande et représentant CGT, se trouvait sur un poste de "picking" où les salariés sont alignés sur une chaîne de production, lorsqu'une "micro-panne" l'avait conduit à prendre une pause, mangeant une clémentine. Lorsque l'activité avait repris, il avait alors emmené les épluchures près de son poste de travail pour les jeter à la poubelle.
[...]
"On me reproche d'avoir, deux mois auparavant, pris une sucrerie que j'ai mangée à 10H (...) Mais, dans notre équipe, tout le monde se planque pour manger, même aux toilettes ! On prend des collations, sinon on ne tiendrait pas", a assuré Smaïl
Vous disiez quoi déjà, sur le grand méchant américain Amazon ?
Vous regardez The good doctor ? Oui ? Non ? Vous savez, cette série où un jeune interne en chirurgie autiste (alors je ne dis pas "soufrant de troubles envahissant du développement", car il se qualifie lui-même d'autiste ; d'autre part, il a environ 25 ans, on peut supposer qu'il a grandi à une époque où on disait "autiste" tout court, juste avant de rajouter "c'est la faute de ta maman", mais je m'égare), Shaun Murphy (incarné par le fantastique Freddie Highmore), s'efforce de faire sa place dans le monde médical et dans le monde tout court, et c'est très difficile quand on a pas accès à l'empathie et au langage para-verbal.
Mais ce n'est pas de lui que je voulais parler ; dans cette série, il y a aussi le personnage de Claire (non moins fantastique Antonia Thomas), a qui est dévolu le rôle un peu tarte à la crème de la bonne âme de service. Vous savez, ces wonder women de séries télé, qui sont belles, intelligentes, empathiques, malgré un milieu social défavorisé et une enfance de merde ? Ben voilà, c'est elle. Claire, c'est l'interne en chirurgie qui veut non seulement devenir un bon médecin, mais aussi une bonne personne -il y aurait matière à disserter sur le titre de la série, en s'appuyant sur les marottes de Matin Winckler- et qui est l'empathie incarnée. C'est toujours elle qu'on envoie annoncer les mauvaises nouvelles aux familles, les décisions difficiles à prendre... parce qu'elle sait y faire. Et elle veut toujours, malgré l'opposition de sa hiérarchie, ne pas s'arrêter au fait de traiter le patient, mais aussi s'intéresser à sa vie, ses soucis, bref, traiter son corps et son âme. Et bien sûr ça marche, sinon ça n'aurait aucun intérêt.
Peut-être le saviez-tu déjà, mais dans la vie, ce n'est pas comme dans les séries télé. Les gens ne sont pas toujours reconnaissant que l'on fasse preuve d'empathie à leur égard, que l'on s'intéresse à leur problèmes ou que l'on aille au-delà du cadre strict de sa mission pour tenter d'améliorer leur vie.
J'ai une collègue, appelons la Claire également, qui est en charge du traitement des réclamations dans le cadre de la gestion d'un dispositif touchant un public en situation de grande précarité ; ça, c'est pour le cadre.
Hier, elle a eu affaire, au téléphone, à une personne qui a fait un malaise. Elle a appelé les pompiers, qui sont venus secourir ladite personne. Pour la bonne compréhension de l'histoire, il faut encore préciser qu'il s'agit d'un "dossier" au long cours, compliqué, et que suite à cet incident, les points de blocage ont finalement été résolus avec les différentes parties prenantes, je ne sais pas s'il faut y voir un lien de causalité.
Notre Claire a très mal dormi suite a cet incident, inquiète des suites de la prise en charge de la personne qui avait fait un malaise.
Elle appelle ce matin ladite personne, dans le but de s'enquérir de sa santé, et de lui annoncer que le problème à l'origine des réclamations avait été réglé.
Elle s'est fait engueuler comme du poisson pourri. Insulter sans même pouvoir répondre. Elle n'a même pas pu dire que le problème était résolu.
Le directeur et son chef de service sont avec elle, dans la cafétéria, en train de ramasser ce qui reste d'elle, à la petite cuiller et la serpillière.
C'est moche, c'est violent, mais la vie, c'est pas comme les séries télé.
Dans n'importe quel sens que l'on prenne cet article, ça sent pas bon :
Et ce n'est qu'un article de 5 paragraphes !
via Mastodon
CW : travail, harcèlement, burn-out, suicide, mort
Bon. Alors déjà, vous allez vous dire que votre boulot ne vous définit pas. Il vous sert à avoir un salaire, c'est tout. Ces gens, c'est des étrons qui tournent autour de vous. Je vais vous arrêter trois semaines, et vous allez tirer la chasse.
[...]
En 2017, en France, 632 918 salarié·es se sont blessé·es au travail, et 530 sont mort·es.
En comparaison, la même année, on compte 7 décès dans la police (dont 4 en mission, les autres en service) et 8 dans le gendarmerie.
Pour être tout à fait correct, il faudrait préciser que les flics se suicident aussi, d'autant plus que l’État leur fournit le matériel pour le faire, c'est bien commode. Mais ce qui est vraiment problématique, c'est que les policiers/gendarmes morts en mission ou suicidés, on en fait des caisses, avec cérémonie aux Invalides, décoration posthumes et bisou hypocrite à la veuve. LE VRAI PROBLÈME, C'EST QUE LES OUVRIERS QUI MEURENT SUR LEUR LIEU DE TRAVAIL OU A CAUSE DE LUI, L’ÉTAT S'EN FOUT.
À 58 ans, la directrice de l’école maternelle Méhul, à Pantin (Seine-Saint-Denis), a mis fin à ses jours samedi 21 septembre. Son corps a été retrouvé le lundi matin avant l’arrivée des enfants, dans la grande nef de cette école. Avant sa mort, Christine Renon avait envoyé à son inspecteur d’académie et à tous les directeurs et toutes les directrices d’établissements scolaires de sa ville une lettre. "Aujourd’hui, samedi, je me suis réveillée épouvantablement fatiguée, épuisée après seulement trois semaines de rentrée", écrit-elle. C'est une professionnelle à bout qui se livre, interroge le système dans sa globalité et l'absence de réponse de sa hiérarchie.
Juste pour enfoncer le clou :
https://www.humanite.fr/social-eco/suicide-la-poste-precarite-accusee-516405
https://shaarli.aldarone.fr/?HWuY7Q
https://www.sammyfisherjr.net/Shaarli/index.php?STdLsw
https://www.sammyfisherjr.net/Shaarli/index.php?8_BJag
Ils sont bien gentils Envoyés Spatial, mais ils étaient où depuis 2014 ?
Géniale, comme toujours.
Je rentre de 3 semaines de congés.
Ces 3 semaines de congés font suite à une période de 11 jours de congés paternité + 2 semaines de travail.
Je suis quasiment tout seul au boulot, tout le monde est en vacances.
=> j'ai plein de choses à faire, dont des tâches rétro-planifiées pour le 06/09 ; le 30/08 ; le 21/08...
Pourquoi je dis ça ? Parce qu'hier soir je me suis couché en me disant qu'il faudrait que je sois au boulot tôt ce matin pour faire tout ce que j'avais à faire.
Et ce matin, contrairement aux matins précédents, je ne me suis pas réveillé avant le réveil, c'est le réveil qui m'a réveillé.
Paresse, fatigue ou fatalisme, je ne me suis pas dépêché plus que ça.
En arrivant, j'ai passé quasiment une heure à discuter avec des collègues. Des enfants, de la fin du monde imminente, de l'absurdité qu'il y a à concevoir les premiers vu l'état du second, et des progrès de l'industrie vidéo-ludique depuis 30 ans. Puis j'ai été me faire un café.
Dans la matinée, j'ai fait une pause Shaarli pour parler de Prey.
Il est 13h15, je vais aller manger.
Constat : j'ai très exactement fait la moitié des tâches que j'avais prévu de faire aujourd'hui, il est assez raisonnable de penser que l'autre moitié se fera dans l'après-midi.
Quelle moralité tirer de cette expérience ? Je ne sais pas, c'est à vous de voir. Pour ma part, j'aurais tendance à dire que si la pression est nécessaire pour me motiver, elle ne doit pas être confondue avec le stress, et que je travaille mieux (et plus vite) si je suis détendu.
Lundi 27 mai, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) annonçait l’entrée du burn-out, un concept qu’on traduit souvent en français par « épuisement professionnel » ou « surmenage », dans la Classification internationale des maladie avant, finalement, de se rétracter le lendemain. C’est une douche froide pour les partisans de sa reconnaissance qui militent depuis plusieurs années pour l’obtenir.
Pas eu le courage de lire cette nouvelle catastrophe qui s'annonce.
Présentée en septembre dernier, la première version de l’ISO 45003 a renforcé la farouche opposition de la France : elle n’apporte aucune plus-value en termes de contenu et d’approches techniques spécifiques liées aux RPS, mais, curieusement, elle « oublie » la participation et la consultation des travailleurs ; elle « dépouille » la norme 45001, soulignent les délégués français dans leurs commentaires. Des observations et une opposition partagées par de nombreux pays, comme l’Allemagne, la Suède, l’Argentine, l’Italie ou encore la Chine, et des organisations telles que la Confédération européenne des syndicats (Etuc).
L'équipe a commencé à faire de plus grosses pauses le midi. A aller jouer à Fifa entre midi et deux. A retourner jour à la console à 18h00 pile.
On a même commencé à jouer au ping pong dans la salle de réunion le midi (vive le filet Artengo). On a même parfois fait du Minecraft, du Don't Starve Together ou du Smash Bros sur la TV de la salle de réunion ! Du coup, l'équipe ne travaillait plus 8h par jour, mais 6h30 (9h30/12h, 14h/18h).Là vous vous dites : mais merde, tu permettais ça ? Et personne n'est venu gueuler ?
Bien évidemment que si...
[...]
Jusqu'au jour où ma manager a demandé à me voir. Elle m'a expliqué qu'on renvoyait une mauvaise image, que l'équipe clairement bossait moins qu'avant et qu'ils pouvaient faire bien plus, s'investir plus... etc. Et là, j'ai sorti les chiffres. En travaillant 1h30 de moins par jour, la vélocité de l'équipe n'avait pas bougé. Elle oscillait toujours entre 37 et 42 points par sprint. L'équipe était tout aussi productive en travaillant 6h30 par jour, qu'en travaillant 8h par jour !
[...]
Alors oui, on se dit toujours : si l'équipe arrive à faire tout ça en 6h30, ils peuvent faire plus en 8h.
Ben la preuve que non. L'équipe travaillait en 8h avant, et elle ne produisait pas plus.
[...]
Et bien vous savez quoi ? La vélocité n'a, à nouveau, pas bougé.. Toujours 37/42 points.
En repassant à 8h par jour, l'équipe produisait autant qu'avant, en travaillant 6h30 par jour !
Magnifique démonstration. Merci Tommy.
Dans le métro, ses quais, ses couloirs, l’air est chargé en particules fines. En cause : la pollution du trafic routier qui s’engouffre dans les tunnels, les systèmes de freinage des trains, ou encore les outils utilisés pour les travaux de maintenance, qui fonctionnent au diesel. Conséquence : cinq millions d’usagers respirent quotidiennement des niveaux élevés de particules fines, et une surmortalité chez certains travailleurs, plus exposés que les passagers. Les poseurs de voie, souvent des sous-traitants, sont les plus touchés. La RATP, parfaitement au courant de la situation, ne semble pas pressée d’agir, malgré les mises en garde de différentes autorités sanitaires et des syndicats.
via OpenNews
La loi sur « la liberté du choix de son avenir professionnel » (sic), votée en septembre dernier, avait prévenu : les contrôles sur les chômeurs allaient se durcir. Mais personne ne s’attendait à ce que les sanctions prévues contre les demandeurs d’emplois soient si rudes, y compris les agents de Pôle emploi. Annoncées fin décembre par un décret publié au journal officiel, ces sanctions prévoient de rogner, voire de supprimer les indemnités chômage pour des rendez-vous manqués, des offres d’emploi refusées, ou des connexions sur son espace personnel pas suffisamment fréquentes. Du côté des conseillers, c’est la consternation, teintée de colère et de stress.
via Seenthis
À 10 h 24, quelques instants avant sa tentative de suicide, Sophie (1) a envoyé à la direction nationale de Pages Jaunes un courriel dont l’Humanité a eu connaissance : « Je suis fatiguée et ce sera mon dernier mail, mon dernier mail car je ne vois plus d’espoir, vous m’avez brisée et j’espère que vous l’aurez sur votre conscience. » La télévendeuse, selon les habitudes en vigueur à Pages Jaunes, appelle les dirigeants de l’entreprise par leur prénom : « Bravo Charlotte, Éric, Richard (…), j’espère que vous arriverez à l’expliquer à ma fille. » Elle désigne ainsi la directrice de la télévente, Éric Boustouller, le directeur général, et Richard Cuif, le directeur des ressources humaines.
Ce dramatique événement intervient dans un contexte social précis : Pages Jaunes a annoncé en début d’année un plan de suppression d’un millier d’emplois (sur 4 500) et la fermeture de 14 agences sur 18, dont celle de Toulouse-Balma. Cependant, la direction entretient le flou le plus complet : à quelle date auront lieu les départs massifs et les fermetures d’agences ? Au fil des mois, les salariés vivent très mal cette incertitude. Et, en attendant d’être licenciés, ils sont sommés de travailler toujours plus.
La tragédie de France Télécom n'a même pas servi de leçon à ces vautours.
Tout semble à la fois tendu et un peu suspendu dans l’entreprise. Donc angoissant. Julien expose ses craintes sans fard : la hausse des suicides dans l’entreprise. «En ce moment, ça n’arrête pas, assure-t-il. A Lyon-Part-Dieu, il y en a eu un récemment. Un cadre, expert réseau, âgé de 55 ans a sauté du sixième étage. Et on sait qu’un suicide sur le lieu de travail, en général c’est lié… Il y a eu une tentative de suicide à Nîmes du troisième étage. J’ai peur qu’on soit en train de revivre ce qui s’est passé à France Telecom.»
via Riff
Ce nombre évolue aussi avec le salaire : les cadres qui gagnent plus de 75 000 euros brut par an participent ainsi à presque deux fois plus de réunions (6,7) et à des réunions plus longues (86 minutes). Mais ces réunions sont-elles efficaces. Pas vraiment, si l'on en croit les principaux intéressés. Seuls 12% des cadres estiment que toutes les réunions auxquelles ils assistent sont "réellement productives et efficaces".
=> plus t'es bien payé, moins ton travail est utile.
Selon les témoignages de certains employés sur Twitter, ceux-ci auraient eu trente minutes pour quitter leurs bureaux après la nouvelle.
Et sans indemnités. Pour quoi faire ?
Fondamentalement, les organisations ont appliqué le label "Agile" pour justifier de faire claquer le fouet plus souvent contre les développeurs afin de générer plus de code plus rapidement qu'il n'est soutenable.
Bah, c'est pareil pour toutes les méthodes à la mode, qu'elles soient bonnes ou pas : à un moment donné, tout le monde veut les adopter pour être dans le coup (taylorisme, toyotisme, LEAN, développement agile, management participatif...), jusqu'au jour où l'effet de mode s'empare d'une nouvelle méthode miracle...
"Ah. Mais votre prédécesseur me demandait plutôt de travailler seul pour être en avance sur nos concurrents. Donc, mes contacts avec mes homologues sont très limités".
Sa réponse a changé ma vie : "Zythom, vous allez discuter avec vos homologues, échanger, vous déplacer. Je veux que vous intégriez tous les réseaux relationnels de votre domaine, avec l'idée que l'on progresse plus vite ensemble que seul dans son coin."
L'utilisation de l'intelligence artificielle (IA) au sein d'une entreprise ne constitue pas toujours « un projet important modifiant les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail des salariés », permettant au CHSCT de recourir à une expertise. C'est ce que vient de juger la Cour de cassation le 12 avril 2018
Grèves depuis hier en Allemagne, dans le secteur industriel. IG Metall, le premier syndicat d'Europe, réclame des augmentations de salaires mais aussi un passage aux 28h hebdomadaires pour ceux qui le souhaitent, au lieu des 35h actuelles. La bataille s’annonce difficile.
C'est marrant, on entend plus trop nos politiques qui vantent le "modèle allemand" sur ce coup.
A rapprocher de : https://grisebouille.net/reglons-le-probleme-du-chomage/
A terme, la reconnaissance du syndrome d'épuisement professionnel pourrait donc entraîner une hausse du coût du travail, le taux de cotisation d'une entreprise dépendant du nombre d'accidents du travail et de maladies professionnelles. Mais à l'inverse, elle pourrait inciter à de meilleures politiques de préventions, qui auraient sur le long terme un effet bénéfique sur la santé, et in fine sur le coût du travail.
Vous voulez dormir cette nuit ? Ne lisez pas cet article.
Un accident majeur en France est une certitude, on en est à se demander quand il arrivera. Et il arrivera par pur intérêt économique et mépris des compétences des techniciens et des ouvriers.
via Vader
Il y a quelques années, Louis a été sanctionné, avec l’un de ses collègues, après avoir refusé de lancer le redémarrage d’un réacteur. Les conditions optimales de sécurité n’étaient, selon lui, pas réunies : il n’y avait pas assez de stock de bore, substance chimique qui sert à modérer la réaction nucléaire. Par ailleurs, les réservoirs d’eau n’étaient pas disponibles, et l’une des pompes du circuit de secours ne tournait pas correctement. « C’est incroyable qu’on ait pas encore fondu un cœur, lâche Jean. Heureusement, la machine a été bien conçue, avec du très bon matériel. »
[...]
D’après les agents, l’encadrement répète à l’envie qu’une organisation n’est pas faite pour durer, sans que personne ne comprenne exactement pourquoi. Comme si le changement organisationnel répondait à une loi inexorable de la nature. « Mais quand l’organisation change tout le temps, les gens passent leur temps à chercher leur place. Ils ne s’occupent plus du reste, alerte Luc. Comment se rendre disponible pour faire remonter une problématique qui vous inquiète, quand vous ne savez pas à qui vous adresser ? L’analyse critique devient un problème en soi, parce que vous ne pouvez pas la faire remonter. »
[...]
« Un jour, un poste de chef s’est libéré, rapporte Louis. A notre grand étonnement, ils ont choisi le plus médiocre des quatre candidats. Celui que nous pressentions connaissait pourtant l’installation comme sa poche. Il aurait même pu être le directeur de la centrale. Il nous a semblé complètement absurde qu’il soit écarté. On a compris des années plus tard. Il incarnait ce que la direction voulait démolir : notre métier. Ils ne pouvaient pas privatiser EDF comme ça, d’un seul coup. On aurait mis la France dans le noir. Ils ont donc fait autrement ; ils nous ont attaqué là où on était forts, là où on était soudés, là où on avait le pouvoir : notre travail. »
[...]
« Si Kafka venait chez nous, il écrirait deux bouquins par trimestre », enfonce Louis. En cas de fuite sur un circuit, au lieu de la réparer, on envoie un agent de terrain qui doit cocher une case sur une feuille A4 qu’il garde avec lui (et qu’il remet en fin de journée à son responsable) toutes les deux heures pour dire qu’il y a une fuite. Même chose pour une alarme incendie défectueuse, se désole Frank : on envoie quelqu’un toutes les deux heures pour s’assurer qu’il n’y a pas d’incendie. Et il coche.
[...]
Pour lui, si un accident grave devait arriver, « ce serait à cause de l’organisation du travail : il y aura un enchaînement de conneries, d’absence de prise de décision, de non-mobilisation des compétence de gens qui n’ont pas l’habitude de travailler ensemble. » « Ce que nous espérons, termine Frank, c’est qu’un jour ils n’arriveront tout simplement plus à redémarrer les centrales, faute de compétences. Et que le nucléaire s’arrête comme ça. Enfin ça, c’est le scénario optimiste. »
Canard PC s’est associé à Mediapart pour une série d’articles et d’enquêtes sur les conditions de travail dans l’industrie du jeu vidéo. Depuis le mois de septembre 2017, deux journalistes de chacune des rédactions travaillent directement ensemble, partageant démarches et informations. Ce croisement des regards et des compétences entre un magazine de jeu vidéo et un média spécialiste de l’investigation, au service d’une enquête commune, est à notre connaissance inédit.
A lire.
C'est donc presque 50 % de personnels supplémentaires arrêtés dans la fonction publique territoriale par rapport au privé. Un absentéisme qui, de surcroît, a grimpé de 28 % en dix ans, notamment à cause des accidents du travail, en hausse de... 53 % ! Mais les absences pour maladie ordinaire ne sont pas en reste, elles ont crû de... 44 % et celles pour congé de longue maladie de 15 %. La situation sanitaire ne s'est pourtant pas dégradée à ce point en dix ans en France.
L'analyse n'étant pas poussée plus avant, nous ne connaîtrons pas les raisons structurelles pouvant expliquer cette progression de l''absentéisme. Ah si : c'est parce que les fonctionniares sont tous des grosses feignasses. Suis-je bête.
Mis de côté pour les liens.
Je signale tout de même que le sujet des bullshit jobs est évoqué depuis 2013, au moins, par David Graeber : http://www.lagrottedubarbu.com/2013/08/20/emplois-foirreux-bullshit-jobs-par-david-graeber/
J'avais ça qui traîne dans mes onglets ouverts depuis avant les vacances [via Riff], je partage avant de nettoyer...
Une fois de plus, méfiez-vous des histoires un peu trop belles...
http://www.ithaquecoaching.com/articles/formuler-une-critique-avec-elegance-et-delicatesse-823.html
http://www.ithaquecoaching.com/articles/mieux-communiquer-les-demandes-assertives-949.html
http://www.ithaquecoaching.com/articles/rater-demande-3065.html
http://www.ithaquecoaching.com/articles/elegance-relationnelle-mots-gentils-reconnaissance-11947.html
http://www.ithaquecoaching.com/articles/tous-manipules-tous-manipulateurs-864.html
http://www.ithaquecoaching.com/articles/communication-non-violente-5444.html
http://www.ithaquecoaching.com/articles/les-rates-de-la-communications-les-interpretations-abusives-955.html
http://www.ithaquecoaching.com/articles/lecture-emotionnelle-competences-relationelles-2524.html
http://www.ithaquecoaching.com/articles/ebook-gratuit-le-triangle-de-karpman-1799.html
Beaucoup de stress actuellement, d'agitation, de gens au bord de la rupture...
On vient de quasiment me reprocher d'être trop calme, au motif que je serais "dans ma bulle".
Je crois bien que c'est la première fois que l'on me dit une chose pareille. Donc ici, on n'est pas résistant au stress, on est pas super organisé, non, on est "trop calme", "dans sa bulle".
Je crois que la personne qui m'a dit ça - une personne que je respecte au demeurant- doit vraiment aller très mal :/
Eh oui. Non seulement faire le ménage ou s'occuper de malades c'est épuisant, mais en plus, les travaux "manuels" demandent de grande capacités cognitives, et parfois une grande adaptabilité. Mais ces tâches présentées à tort comme "simples" et souvent confiées aux femmes, sont invisibilisées.
Je rapproche cette interview de celle-ci, sur le même sujet, lue dans XXI : http://www.revue21.fr/tous_les_numeros#n-33_le-cynisme-de-la-resignation-entretien-avec-christophe-dejours
Quand ils se délogguent de l’application à une heure où Uber préférerait qu’ils continuent à travailler, les chauffeurs voient apparaître des messages comme : “Encore une course et vous atteignez 300 dollars !” C’est un système qu’on appelle la “boucle ludique” (qui incite à lancer une partie de plus pour essayer d’aller un peu plus loin que la précédente). Uber remplit donc son interface de petits signes dollars, des schémas, de badges à gagner (un petit Groucho Marx pour les conducteurs les plus rigolos…). C’est, en acte, ce qu’on appelle la gamification. Un phénomène pas nouveau dans les entreprises, mais qu’Uber pousse à l’extrême. Et ça marche. Les conducteurs le disent : ces formes de rétribution qui ne coûtent rien à l’entreprise lui permettent de faire faire aux conducteurs ce qui est bon pour elle, et pas forcément pour eux.
[...]
Et puis, Uber est de moins en moins seul à user des ces méthodes pour contrôler ces travailleurs (son concurrent Lyft fait à peu près la même choses). Et puis le nombre de plateformes qui ont recours à des travailleurs indépendants augmente aussi, sans que les droits de ces travailleurs - et les possibilités qui leurs sont données pour se défendre - ne s’accroissent. Ce qui fait dire une chose terrible au quotidien américain : “On n’est pas loin d’être revenu à l’époque qui précédait le New Deal (...les années 30 donc...) où les entreprises avaient presque tout pouvoir sur les employés, et eux presque aucun moyen pour se défendre.”
Le classement des emails représente une activité chronophage. Le principal avantage pour les défendeurs de cette pratique : le gain de temps pour les retrouver par la suite. Le classement leader en la matière se fait par personne et/ou par projet. On aboutit à une arborescence plus ou moins profonde ou longue. Au bout d’un certain temps avec le volume, il devient assez difficile de retrouver le bon mail. Quelle personne, quel projet ? Autant ne rien classer.
J’utilise la fonction « Archiver ». Elle permet d’envoyer un email dans un dossier Archives et un sous-dossier par année ou mois / année. La touche raccourcie est « A ». Ainsi dés que j’ai traité ou lut un email dans ma boîte et qu’il n’appelle pas de réponse ou d’action de ma part j’archive. Pas de classement non plus pour les emails envoyés. Ils s’empilent dans mon dossier « Envoyé ». Une fois par an, je crée un sous-dossier pour l’année et je déplace tous les emails de l’année dedans.
Lorsque je veux suivre une personne ou un groupe de personnes en particulier dans le cadre d’un projet, je crée là aussi des dossiers virtuels en utilisant la règle « De, Pour, copie, copie cachée » avec un opérateur « contient » sur le nom de domaine par exemple ou sur une adresse email précise. Le dossier ainsi obtenu me permet de retrouver ainsi tous les emails envoyés et reçus avec ces personnes.
Rhââââ. Quand je lis ça, et que je pense que là où je bossais avant on avait Thunderbird, et que là où je bosse maintenant on a une bouse immonde qui ferait passer Outlook pour le top du top, j'enrage.
Conférence sur la souffrance au travail.
via https://www.e-jim.be/liens/?OAbIGA
Images cocasses sur le thème de la sécurité, ou plus précisément de l'imprudence. Réutilisables lors d'une présentation sur la sécurité au travail.
Autre article du même site : http://www.megacurioso.com.br/humor/46922-16-imagens-que-provam-porque-as-mulheres-vivem-mais-do-que-os-homens.htm
Ainsi, elles ont découvert que l'homme débordé de travail serait mieux perçu socialement. Silvia Bellezza, avec qui j'ai pu discuter par mail, a déclaré : « En d'autres termes, plus nous croyons que la réussite est basée sur le travail acharné, plus nous avons tendance à penser que les gens qui ignorent les loisirs et travaillent tout le temps ont un statut social élevé. »
[...]
Bien sûr, il y a des gens passionnés qui ont objectivement « beaucoup de boulot » mais ne ressentent pas nécessairement le besoin de le répéter toutes les huit minutes. La France est rongée par le présentéisme de salariés qui veulent toujours en faire plus, et de patrons qui n'en ont objectivement rien à foutre. Cette culture du présentéisme favorise déjà la propagation de maladies en France et va jusqu'à tuer au Japon.
En dehors du contexte immédiat de la relation employeur-employé, le « droit à la déconnexion » est une arme aussi efficace contre l’anxiété que le droit à l’abstinence dans la lutte contre l’alcoolisme. Tout le monde en jouit, mais ça ne règle pas le problème. Quand on y regarde de plus près, on peut même douter de son efficacité contre les abus des employeurs, car son applicabilité dans le cadre plus général de l’économie à la tâche (en anglais, la gig economy) semble incertaine.
[...]
Ainsi, dans le règne de l’hyperflexibilité — et donc de la précarité — associée à l’économie à la tâche, le droit à la déconnexion ne veut pas dire grand chose. Derrière une apparence de flexibilité se cache le fait que pour réussir, il faut toujours être prêt à effectuer une nouvelle tâche. On parvient donc à une situation absurde, où les emplois déjà bien protégés acquièrent des bénéfices supplémentaires comme le « droit à la déconnexion » tandis que les emplois uberisés se développent en s’appuyant précisément sur des infractions répétées à ce droit.
Intéressant.
Ce qui m’amène à un seul grand conseil pour toute personne cherchant un emploi dans ma branche : Oubliez que VOUS cherchez un travail et expliquez-moi pourquoi JE vous cherche. Parlez-moi de ce que vous pouvez faire chez moi et montrez-moi que ce n’est pas un e-mail groupé. Vous devez vous mettre dans les chaussures du recruteur, qui ne cherche pas à vous donner un emploi, mais qui cherche des talents à ajouter à son équipe.
C'est à se taper la tête contre les murs, vraiment.
via Twitter
L’histoire édifiante de cette jeune singapourienne ne doit pas nous distraire de la vraie nouvelle : Trump a externalisé la préparation de plusieurs supports de campagne à des tacherons numériques recrutés via des plateformes de « Digital labor », et cela de façon récurrente. L’arme secrète de la victoire de ce candidat raciste, misogyne et connu pour mal payer ses salariés s’avère être l’exploitation de travailleuses mineures asiatiques. Surprenant, non ?
Un collègue m'a envoyé ce lien, je le partage avec vous.
Qu'ont constaté ces pionniers ? Qu'en doublant la quantité de travail agricole on ne double pas la quantité de blé produite. Et que, plus on approche d'une certaine limite, plus il faut ajouter de travail pour obtenir toujours moins de blé supplémentaire. Au-delà, on entre dans la zone dite des rendements décroissants. Illich considère qu'il en va de même pour l'être humain : au-delà d'un certain seuil, son efficacité finit par devenir négative.
Il y un impact direct en termes de RPS :
Stakhanov et ses adeptes ont certes noté que, plus on subit de pression, plus on est performant. Certaines personnes ne travaillent jamais aussi bien que sous stress. Mais cela n'est vrai que jusqu'à un certain point. Au-delà, toute dose de stress supplémentaire sera contre-productive.
Mais finalement, c'est grâce à l'intervention de ses collègues qu'Emeline a été secourue trois heures après son arrivée au travail. Et notamment grâce au concours "autoritaire" d'un syndicaliste, qui fait depuis l'objet d'une mise à pied et d'une procédure disciplinaire, après avoir demandé la réunion de deux CHSCT extraordinaires et lancé une enquête sur ce qu'il s'est passé ce matin là, sur la plateforme de distribution du courrier à Villeneuve d'Ascq. Il a également déposé une plainte pour mise en danger de la vie d'autrui.
Rien que le passage que je mets en gras suffit pour démontrer que la direction de La Poste ment ; sinon, pourquoi vouloir faire taire le gêneur ?
Cette affaire est ignoble, et ce qu'il se passe à La Poste -et ça fait plusieurs années que ça dure dans l'indifférence générale- n'est pas très loin de ce qu'il s'est produit à France Telecom.
Ce que dit Kevin sur la loi travail (affaiblissement du rôle du CHST -et de la médecine du travail- etc.) est rigoureusement exact mais cependant, elle n'est pas ici en cause car par encore entrée en application (aucun décret n'est encore paru, à ma connaissance)... Non, ce que nous voyons à l’œuvre ici, c'est le monde du travail normal, dans son fonctionnement antérieur à la loi travail (qui, faut-il le rappeler, va -encore- faire perdre des droits aux salariés) : accumulation de CDD au-delà de tout cadre légal, salarié·e·s (et surtout les CDD) pressé·e·s comme des citrons, mépris, non-assistance à personne en danger... ça c'est le monde du travail d'avant la loi travail.
Profitez-en bien.
Après, ce sera encore pire.
Ce moment d'intense satisfaction où tu peux envoyer à ton chef un mail démontrant que tu avais raison depuis le début, malgré son obstination.
Son employeur, l’Office public de l’habitat de l’Ain, dénommé « Dynacité », est allé jusque devant la Cour de cassation pour faire valider ce licenciement. Mal lui en a pris : la haute juridiction a confirmé, dans un arrêt du 13 juillet, que son licenciement était sans cause réelle et sérieuse, comme l’a annoncé une dépêche de l’Agence emploi formation(AEF) du 17 août.
Il pleuvait, ce soir du 12 avril 2012, quand Brigitte (le prénom a été modifié) a quitté son bureau, au siège de Dynacité, à Bourg-en-Bresse. Dans le sas d’entrée de l’immeuble, elle trouve, posé au sol, un parapluie et l’emporte avec elle, le croyant abandonné. Celui-ci se révèle être en mauvais état et inutilisable. Arrivée chez elle, elle le jette. Ce qu’elle ne sait pas encore, c’est qu’il appartient à une collègue d’un autre site, qui s’est plainte du vol de son parapluie.
Non mais quel truc de fou. J'ai l'impression, au vu de la multiplication des exemples de ce type, que nous sommes dans une société où "le patron" serait sans cesse à l'affut du meilleur moyen de virer ses salariés. Ou plutôt, une sorte de monde à la Brazil, où tu peux te retrouver puni/viré/emprisonné pour des motifs futiles, voire carrément inexistants...
Déjà évoqué, mais c'est une bonne synthèse sur l'affaire.
J'espère qu'ils vont prendre cher.
Les conséquences de la mise en œuvre de ces deux programmes furent dramatiques. Soixante personnes se sont suicidées en trois ans, dont trente-cinq pour les seules années 2008 et 2009.
[...]
Si le juge d’instruction, qui rendra son ordonnance d’ici quelques semaines, suit l’avis du parquet, Didier Lombard, ancien numéro un de France Télécom (devenu Orange en 2013), son ex-bras droit, Louis-Pierre Wenes, et celui qui fut DRH, Olivier Barberot, comparaîtraient pour « harcèlement moral ».
De même pour la société France Télécom, personne morale. Deux directeurs territoriaux – Nathalie Boulanger et Jacques Moulin –, ainsi que le DRH France de l’entreprise, Guy-Patrick Cherouvrier, et l’ex-directrice du programme Act, Brigitte Bravin-Dumont, devraient répondre, eux, de « complicité de harcèlement moral »
Bien. La justice est lente, mais elle avance. Parfois.
L’idée est de développer une économie contributive sur un tout autre modèle que celui d’Uber. Le temps qui va être gagné par l’automatisation, il faut le rendre aux gens, faute de quoi l’économie s’effondrera. L’économiste indien Amartya Sen a démontré, à partir de l’exemple du peuple bangladais comparé aux habitants de Harlem, que l’espérance de vie est meilleure et que l’on vit mieux dans une société où le partage des savoir-faire renforce les liens sociaux. Il parle d’indice de développement humain. Plaine Commune est un peu comme le Bangladesh : les gens y déploient une énergie remarquable. Les acteurs, entreprises et habitants ont conscience de l’urgence à inventer quelque chose de radicalement nouveau. Il s’agit d’utiliser les instruments contributifs pour développer des communs dans un projet qui favorise l’élaboration, l’échange, la transmission de savoir-vivre, de savoir-faire et de savoirs théoriques entre les jeunes générations, des associations, des entreprises, des services publics du territoire et des doctorants venus du monde entier. Les chercheurs auront pour mission de faciliter et d’accompagner ces transformations.
Je découvre le concept de néguentropie, "l'entropie négative".
Au-delà du story-telling obamanien (je suis tombé là depuis cet autre article) -et il est vrai très doué dans son domaine- je me note cette phrase qui n'a, vous allez le voir, qu'un rapport ténu avec la choucroute :
le simple fait de prendre des décisions diminue la capacité à en prendre d'autres
Il faut absolument que je trouve le moyen de la caser dans une conversation avec mon chef, qui veut tout voir, tout savoir, tout contrôler, et qui bien sûr s'énerve parce qu'il ne le peut pas.
A vrai dire il m'épuise nerveusement :/
Voili voilou. Il est comme ça le Gattaz, tranquilou.
Pour mémoire.
De l’eau dans le gaz. Mardi 26 avril, un petit opuscule #OnVautmieuxqueça signé par neuf auteurs est sorti aux éditions Flammarion, entraînant un début de médiatisation à la radio et à la télé. Petit hic : le collectif du même nom assure n’avoir publié aucun livre. Que s’est-il passé ? Les membres à l’initiative de ce collectif né en février n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur leur rapport aux médias. D’où le schisme.
Voir aussi https://twitter.com/DanyCaligula/status/725318912246734848
"Dans la tuerie, glisse-t-il, l'ouvrier est la seule machine qui ne fait pas de bruit".
Je ne sais pas ce que l'audition de ce monsieur devant l'AN a donné, mais je rapproche son témoignage de ce que j'écrivais ici ; et lui est beaucoup plus qualifié que moi pour en parler.
C’est que cette main-d’œuvre qualifiée et low-cost présente tous les avantages. Le stagiaire est corvéable à merci : la loi ne dit pas explicitement qu’il est soumis aux 35 heures. Il n’a pas droit aux RTT ni aux congés payés. Enfin, cette jeune pâte ne coûte pas plus de 417 euros par mois à ceux qui s’en tiennent au minimum légal. En outre, son "contrat" est ultra-flexible : on peut le prendre six mois et renouveler sa convention de stage d’autant, sans avoir à justifier quoi que ce soit ! Certes, il n’est pas censé occuper un vrai poste, mais les entreprises ne recrutent pas les stagiaires pour jouer aux morpions. Bref, et très cyniquement, on peut dire que l’abus de stagiaire n’est pas dangereux. A condition toutefois de ne pas dépasser certaines bornes.
Oh, et quelles sont ces bornes à ne pas dépasser ami patron, vite, enseigne moi ta sagesse !
C'est bien simple, petit scarabée : le stagiaire ne doit pas faire plus d'heures que tes employés (tu sais, les cons que tu es obligé de payer), sinon ça va trop se voir que tu l'exploites.
J'ai toujours un a priori négatif vis à vis du télétravail, notamment en ce qu'il transforme le lieu d'habitation en lieu de travail : il n'y a plus de frontières et, partant, plus de "sas de décompression", de coupure entre le monde du travail et la vie privée et/ou familiale. J'ai bien noté l'argument sur le temps perdu passé dans les bouchons, mais tout le monde ne travaille pas dans Paris et sa banlieue, et une majorité de français n'habitant pas à Paris, rentre tout de même chez elle le soir. De fait, "partir au travail" et "rentrer chez soi" marque une coupure entre les deux univers.
Ça n'a l'air de rien, mais travailler chez soi ça veut aussi dire... habiter sur son lieu de travail. J'entrevois bien les côtés positifs, genre travailler en slip sans partager la cafetière, mais, c'est plus fort que moi, je vois aussi les côtés négatifs : plus de transition donc, mais aussi une pression accrue, ironiquement appelée "confiance" dans l'article :
Aujourd'hui les mentalités évoluent doucement, mais la confiance met du temps à s'installer. Certaines entreprises autorisent 1 ou 2 jours de télétravail seulement, peu le font à temps plein et de manière généralisée. Chez Anybox la confiance est une valeur par défaut, donc le télétravail s'impose de lui-même : c'est un fonctionnement juste logique. Ce n'est pas un privilège attribué à certains employés qui ont montré patte blanche. Bien évidemment, une grande confiance va de pair avec une grande responsabilité.
J'aime aussi beaucoup cette phrase, d'un cynisme assez effrayant :
Si vous passez 100% de votre temps au bureau, alors pourquoi ne pas rester chez vous ?
Bien sûr, nous passons tous 100% de notre vie au bureau. Le travail est notre seule raison de vivre.
Bref, t'es chez toi peinard, donc t'as intérêt à être deux fois plus productif que si tu étais euh... comment dire, au boulot ? Faut pas perdre de vue que c'est doublement gagnant pour la boite qui met ça en place :
Nous avons résilié la location de notre bureau dans la pépinière d'entreprises Soleillet à Paris 20eme [...] prestataires plus productifs que la moyenne [...] l'entreprise qui [...] réduit ses frais généraux".
Bref, pas d’infrastructure, que des gens qui bossent. Et qui bossent plus. Le rêve de tout patron. Un peu à l'image (je vais sans doute être excessif) de ces paysans-ouvriers, à cheval entre deux monde, qui fabriquaient des objets chez eux plutôt qu'à l'usine ou à la filature et étaient payés à la pièce. Tandis que de plus en plus d'entreprises mettent en place des chartes, des règlement, des guides de bonnes pratiques sur la "déconnexion" (auxquelles je ne crois pas plus d'ailleurs), d'autres mettent en place, permettent et quelque part suggèrent à leurs emplyés de travailler 24/24. Chez eux. On appelle ça le progrès social.
Faudrait quand même pas perdre de vue que ce n'est pas parce que c'est en apparence cool que c'est pour votre bien ; et que les start-up ne sont pas des entreprises passées en mode bisounours
via Seb
Lorsque Martin Thibault, sociologue du travail à l’université de Limoges, a entamé son enquête, Ouvriers malgré tout (Raison d’agir éditions, 2013), auprès des agents de maintenance de la RATP, l’entreprise lui a répondu qu’il n’y avait pas d’ouvrier chez elle. Souvent, les agents eux-mêmes ne se disaient pas ouvriers, jusqu’à ce qu’ils soient rattrapés par la réalité de leur métier – physique, répétitif, très encadré et exercé dans des hangars où il fait trop chaud ou trop froid. Dans les entrepôts de la grande distribution, même constat : ni les préparateurs de commandes ni les caristes ne se disent ouvriers. Et chez Amazon, les salariés sont des « associates ».
Intéressant cette volonté (délibérée) de faire disparaitre le terme d'ouvrier. Est-ce pour casser l'esprit de classe ? Un tel est "préparateur", tel autre est "associate", le troisième est "agent d'entretien" et personne ne se reconnait dans la catégorie unique d'ouvrier, dont ils reprennent pourtant toutes les caractéristiques.
Il faut sans doute aussi rapprocher ceci de... ce que l'on nous a appris à l'école. J'ai le souvenir très net de cours d’Histoire, d'économie... où l'on nous a expliqué que les ouvriers, y'en avait plus, c'était fini, maintenant on ne faisait que du "tertiaire" et du "service à la personne".
Ce sont avant tout des postes non qualifiés du secteur industriel qui ont disparu : en moins de quinze ans, l’industrie a perdu près de 1,4 million d’emplois. Mais si la figure mythique de l’ouvrier en bleu de travail sur une chaîne de production n’est plus centrale, les ouvriers ont investi d’autres secteurs : la moitié d’entre eux travaillent désormais dans le tertiaire, ils sont 15 % dans le bâtiment et, dans certains domaines, comme la logistique, leur nombre augmente.
La réponse est à chercher dans le corps de l'article : les ouvriers ne sont plus représentés (partis politiques, syndicats) en tant que catégorie sociale. Pire : on est désormais "précaires" avant d'être "ouvrier"...
Toutes ses entreprises sont hyper innovantes quand il s’agit de disrupter la terre entière ou d’uberiser le boulot des autres, mais quand il s’agit de faire de l’argent on revient aux bonnes vieilles recettes : On fait travailler la main d’œuvre la moins coûteuse et la plus qualifiée disponible sur le marché (ici des stagiaires)
Germinal c'est carrément ringard. Pour bien exploiter tes escla... salariés, monte une start-up.
via Tommy
Fichage de salariés, licenciements montés de toutes pièces, répression syndicale
Diverses pratiques de harcèlement ont été utilisées : « Détérioration des conditions de travail, isolement physique et moral, demandes floues et répétées suivies de reproches, jeu sur la mobilité... »
"Il a Free, il a tout compris"
Je doute que les autres opérateurs aient de meilleures pratiques. Mais ça fait tâche, quand on prétend tout faire mieux que les autres.
"Je me suis dit : Il faut que je me sauve d'ici, sinon je vais perdre autre chose que l'envie d'aller bosser"
Ne soyez pas trop durs avec les démarcheurs qui vous appellent à 12h45 le samedi, ou à 18h30 les jours de semaine : ils ont un boulot de merde.