J'ai bien aimé ce post de Tommy, mettant d'ailleurs certaines de ses préconisations en œuvre, comme lire dans le lit avec ma liseuse, et/ou relire quelque chose de connu.
En l’occurrence, je relis La Recherche du temps perdu, par petits bouts, et sans m'en faire une obligation, ayant commencé fin 2019 (après avoir commencé d'écouter les cours d'Antoine Compagnon sur Proust en 1913).
L'autre soir, j'ai donc relu ce passage de Combray, qui n'avait pas particulièrement attiré mon attention lors de la première lecture, et qui cette fois-ci m'a poussé à vérifier le lendemain, Phèdre en main, la véracité de mon intuition :
ma mère me trouva en larmes dans le petit raidillon contigu à Tansonville, en train de dire adieu aux aubépines, entourant de mes bras les branches piquantes, et, comme une princesse de tragédie à qui pèseraient ces vains ornements, ingrat envers l’importune main qui en formant tous ces nœuds avait pris soin sur mon front d’assembler mes cheveux
Du côté de chez Swann, Partie I : CombrayQue ces vains ornements, que ces voiles me pèsent !
Quelle importune main, en formant tous ces nœuds,
A pris soin sur mon front d'assembler mes cheveux ?
Tout m'afflige et me nuit, et conspire à me nuire.
Phèdre, Acte Scène 2
Je me demande combien d'autres citations de ce type peut-on trouver dans La Recherche ?
Pourtant, la plupart des représentations qui ont été faites de lui en attestent peu. Il est principalement dépeint comme n’importe quel homme blanc. Un coup d’œil aux images proposées par Google peut en témoigner. Son interprétation par Gérard Depardieu dans le film “L’autre Dumas”, aussi.
[...]
Dans le sens inverse [...] quand ça arrive, les actrices et acteurs de couleur font souvent face à un déferlement de haine raciste à leur encontre.
Et l'édition jeunesse n'est pas épargnée :
trois cas de figure se présentent quand un livre narre le récit d’un protagoniste de couleur. Soit la couverture est illustrée avec un personnage caucasien. Soit, il est difficile de discerner son identité raciale. Si ce n’est pas une de ces deux possibilités, seule la silhouette du personnage est dessinée.
Aujourd’hui sobre depuis plus d’une décennie, l’auteur continue de produire des romans avec une régularité confondante, mais ces années de toxicomanie ont laissé des traces. Nombre de ses projets ont été rédigés sous l’influence de psychotropes, de cocaïne ou d’alcool, mais l’un de ses livres a été écrit à une période si agitée de sa vie que King n’a pratiquement aucun souvenir de l’avoir travaillé.
Ah ouais, quand même ^^
Le titre de l'article est un peu trompeur : King se souvient bien avoir écrit le livre, mais plus des conditions dans lesquelles il l'a fait, ce qui n'est pas tout à fait la même chose.
Avec Taba-Taba (429 pages, 20 euros, Seuil), Patrick Deville se place lui aussi au centre de l’action et les lecteurs de Pura Vida, Equatoria, Kampuchéa, Peste & Choléra, Viva ne s’en plaindront pas. Car c’est bien lui qu’ils viennent d’abord retrouver, ce nonchalant au long cours à la cigarette blasée, épris de voyages et de rencontres, de petits hôtels et de bars à la lumière faiblarde. Lui aussi dit Je, mais lui non plus sans se pousser du col, sans la ramener, ménageant des effets de réel pour mieux raconter la vie des gens. Sa quête, âpre, touffue, d’une richesse parfois étourdissante, est truffée d’histoires, de lettres, de souvenirs de lecture, de paysages, d’adresses, de maisons, de rues, de villes, surtout de villes, car il les aime et de toutes tailles. Ce qui donne une forte densité urbaine à son récit et l’inscrit dès l’entame dans l’épaisseur de l’Histoire, en bordure de Loire, dans les années 60.
Il part d’un Lazaret et de chez les fous, près de l’embarcadère de Mindin pour Saint-Nazaire, pour dérouler un ruban qui nous amènera à peu près partout, de Saint-Brévin-l’Océan à Managua, au cœur de l’Afrique sur les traces de l’infernal colonne Voulet-Chanoine et au bar de l’hôtel Lutetia à Paris, accoudé à la camionnette de la Friterie Jacqueline du côté de Sedan et dans la zone de Longuyon parmi une famille qui en est à sa troisième génération de chômeurs, parfois pour des retrouvailles avec ses héros des livres d’avant, comme quoi on ne se débarrasse jamais de ses fantômes (pareil pour Jeanada). Il recherche quelqu’un mais c’est lui qu’il finit pas trouver, et jamais loin de lui une présence amoureuse évoquée par une infinie délicatesse.
Lu cet été, de Patrick Deville : Peste et Choléra, Taba-Taba et Amazonia. Tout à fait comme le dit Assouline. De gros livres pleins d'histoires, où tout est vrai; où l'auteur parle de lui sans se mettre en avant.
Je vous conseille particulièrement Peste et Choléra, qui raconte la Vie d'Alexandre Yersin (prononcez ièrssin, pas yerssine, il est suisse naturalisé français), pasteurien, découvreur du bacille de la peste, mais le bonhomme à la bougeotte, il se fait marin, explorateur, ouvre de nouvelles routes en Indochine et se construit son petit paradis dans son coin de Viet-Nam. Son nom est d'ailleurs encore parmi les rares noms d'européens à ne pas avoir été enlevé des plaques de rues lors de l'indépendance du pays. Touche-à-tout génial, il est curieux de tout, veut tout voir, tout savoir, tout apprendre, c'est une sorte de Rimbaud scientifique, l'auteur revient souvent sur ces deux vies qui auraient pu être parallèles.
« Pour la deuxième année consécutive, la littérature Young Adult est mise à l’honneur au salon Livre Paris », lit-on sur le site internet de cette manifestation qu’on appela longtemps le Salon du Livre. À côté de la « littérature jeunesse », qui dispose de sa propre « scène » au Salon, il y en aurait donc une autre, cette fois « jeune adulte ». Passons sur le bien-fondé de cette catégorie qui remonte au succès commercial de Harry Potter— et se distinguerait peut-être d’une littérature « adulte mûr » et d’une troisième« vieil adulte ». Mais pourquoi doit-elle être dite en anglais ? Poursuivons notre lecture du site internet : la « scène YA » accueillera « Le Live » (performances et lectures musicales), une « Bookroom » (un espace de rencontres), un « Brainsto » (discussion entre créateurs), un « Photobooth » (pour laisser une trace sur ses réseaux sociaux). Il était aussi prévu un « Bookquizz », très malheureusement annulé.
Faudrait p'têt que je me décide à lire ces livres, un jour.
Je ne sais pas vous, mais j'aime bien Jean-Christophe Rufin.
J'ai déjà lu Le collier rouge, Le tour du monde du roi Zibeline et L'abyssin, et c'était vraiment de bonnes lectures.
Ça a l'air sympa. A lire lors d'une prochaine réincarnation.
Je pose ça là : des romans de l'imaginaire (SF, fantasy...) publiés récemment et écrits par des femmes. Bravo à @azaliz (°m pour sa recherche (en réaction à la sélection des Utopiales 2020 qui ne comporte que "5 mecs dont 4 blancs".
J'ai !! trouvé !! 6 livres écrits par des autrices de l'imaginaire françaises en 2019 !! C'était tellement plus ardu à trouver que je ne le pensais… Merci pour vos contributions !
- Les Brigades du Steam (Etienne Barillier et Cécile Duquenne),
- Dans l'ombre de Paris (Morgan of Glencoe),
- Les Îles noires (Sylvie Lainé et Philippe Aurelle),
- Mers Mortes (Aurélie Wellenstein),
- Résolution (Li-Cam),
- Les Secrets d'Éole (Claire Krust)
La longue et tourmentée histoire des adaptations de Dune au cinéma.
Faudrait p'têt que je m'attaque au tome 2 un de ces jours...
Jamais jusqu’à la crise que nous vivons Antoine Compagnon n’aurait imaginé qu’un jour il en viendrait à rendre public son prochain livre chapitre par chapitre, en ligne et gratuitement. [...] « Personne n’avait fait ce travail avant et si je m’y suis mis, c’est aussi en contrecoup à un air du temps appuyé sur certaines publications qui tendent à faire de Proust un antisémite ! » explique Antoine Compagnon, reconnaissant que son titre « Proust sioniste » lui est venu en réaction à l’essai d’Alessandro Piperno Proust antijuif et à d’autres de la même encre.
Ça se passe donc ici :
https://www.college-de-france.fr/site/antoine-compagnon/Proust-sioniste.htm
https://www.college-de-france.fr/site/antoine-compagnon/Episode-1-Ultima-verba.htm
https://www.college-de-france.fr/site/antoine-compagnon/Episode-2-Menorah.htm
https://www.college-de-france.fr/site/antoine-compagnon/pisode-3-Une-question-oiseuse-.htm
https://www.college-de-france.fr/site/antoine-compagnon/Episode-4-Le-meme-degre-d-heredite-que-Montaigne.htm
https://www.college-de-france.fr/site/antoine-compagnon/Episode-5-La-Revue-juive.htm
https://www.college-de-france.fr/site/antoine-compagnon/Episode-6-Le-style-du-rabbin.htm
https://www.college-de-france.fr/site/antoine-compagnon/Episode-7-Se-faire-un-trou-dans-la-bourgeoisie-francaise.htm
https://www.college-de-france.fr/site/antoine-compagnon/Episode-8-Le-Zohar-ou-LAstree.htm
J'avais déjà parlé des cours d'Antoine Compagnon sur Proust ici : Et quand je ne joue pas... Proust en 1913
Il y a au bas mot 10 ans de cela, un collègue avec lequel j'aimais discuter de livres -j'aime toujours discuter de livres, mais j'ai changé de travail entre temps- m'avait conseillé de lire les "Racontars arctiques je me souviens plus de l'auteur". Ce que je comprend aisément maintenant que j'ai enfin réussi à m'en procurer un : l'auteur s'appelle Jorn Riel avec un O barré, il est danois, et il n'y a pas que le O qui soit barré.
Il s'agit d'une dizaine de recueils de nouvelles humoristiques, ayant pour cadre le nord-est du Groenland (territoire danois, faut-il le rappeler) et pour personnages une petite population de chasseurs hauts en couleurs, râleurs, hâbleurs, buveurs et vantards. Mais p'têt surtout buveurs. D'où le titre générique de la série "racontars arctiques", chaque histoire étant une anecdote ab-so-lu-ment véridique et qui sait, sans doute authentique, arrivée à l'un ou l'autre de ces zinzins, ou englobant l'ensemble de la communauté. L'humour n'empêchant d'ailleurs ni le tragique, ni le sublime.
Ça se lit drôlement bien, drôlement vite et c'est pas du tord-boyaux pour l'esprit !
Je viens de découvrir qu'il avait été tirée de l’œuvre une adaptation en BD, et je pense qu'elle s'y prête effectivement bien.
Chouette site de la BNF sur la fantasy. Il y a quelques manques, mais l'ensemble est satisfaisant. Il y a une belle page sur Ursula K. Le Guin par exemple.
Je suis tombé (aïe) sur la description de ce livre via (°m :
Recueillie par sa grand-mère après la mort de ses parents, la jeune Kaori vit dans les Monts d’Automne où elle se destine à être conteuse. Sur Tasai, comme partout dans les mondes du Flux, l’écriture est interdite. Seule la tradition du « Dit » fait vivre la mémoire de l’Humanité. Mais le Dit se refuse à Kaori et la jeune fille se voit dirigée vers une carrière de danseuse.
À la mort de sa grand-mère, Kaori hérite d’un rouleau de calligraphie, objet tabou par excellence, dont la seule détention pourrait lui valoir une condamnation à mort. Pour percer les secrets de ce rouleau, mais aussi le mystère qui entoure la mort de ses parents, elle devra quitter les Monts d’Automne et rejoindre la capitale, Pavané.
Sa quête de vérité la mènera encore plus loin… très loin de chez elle.
A ce stade là, normalement, ça devrait faire tilt.
Et anéfé, quelques lignes plus bas :
Ce roman de science-fiction évoque l’œuvre d’Ursula K. Le Guin...
:)
Ah merde.
il faudrait un mot pour décrire l'état dans lequel on se trouve après la lecture d'un livre formidable et qui empêche d'enchaîner sur une autre lecture avant un petit moment tellement tout paraît fade à côté
J'aime beaucoup cette question, qui décrit une sensation que je connais.
Parmi les termes proposés : mélancolivre, dépression post-lecturum, sidération livresque (j'aime beaucoup celui-ci)
C'est rigolo ça.
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Mes réponses :
Pleins d'autres pour lesquelles "je l'ai sur le bout de la langue" !