Nan, c'est un accident !!! On voit nettement sur les images que l'interpellé tente d'agresser les agents de l'ordre en usant de son pouvoir télékinétique pour leur envoyer son portable dans la figure !
"J'étais en train de le tabasser d'une manière tout à fait habituelle, quand ma matraque s'est accidentellement enfoncée dans son anus". En gros.
Théo, 22 ans, agressé le 2 février par quatre policiers de la Brigade spécialisée de terrain (BST), dont l'un qu'il accuse de l'avoir violé avec une matraque alors qu’il était en chemin pour rendre une paire de baskets à une amie de sa sœur, n’est semble-t-il pas un cas exceptionnel.
Non, sans blagues ?
"On le connaît dans le quartier, c’est le même que celui qui a pénétré Théo avec sa matraque, tout le monde l’appelle 'Barbe Rousse'."
Mohamed K. explique que les trois fonctionnaires lui "font des croche-pattes" tentant de le "mettre à terre". Une fois dans l’immeuble, il reconnaît le "petit jeune arrêté juste avant moi, qu’ils sont en train de déshabiller". Là, le contrôle dégénère :
"Ils me frappent, coups de pied, coups de poing au visage, dans le ventre, dans le dos, je saigne parce qu’ils m’ouvrent le crâne, je leur dis que je suis essoufflé, ils me traitent de 'sale noir', de 'salope', ils me crachent dessus."
"'Barbe Rousse' me cogne avec sa matraque. Un des policiers me braque à bout portant avec son Taser, et me dit 'laisse-toi faire ou je te tase'."
Je vous rappelle la ligne de défense du policier accusé de viol :
C'est un tout jeune fonctionnaire de police de 27 ans. C'est un garçon paisible, calme, qui n'a jamais eu affaire à la justice. Et il est totalement dépassé par ce qui lui arrive. Il constate chaque jour qu'il est décrit comme un monstre, c'est compliqué pour lui.
Un garçon paisible et sans histoire. Je n'ose pas imaginer ce que ces gens qualifieraient de, par exemple, "grosse brute raciste sans cervelle".
Si une personne blessée porte plainte alors qu'il n'y a pas de preuves, les policiers se retournent contre elle en parlant d'outrages et de rébellions. La victime des violences devient accusée. Dans un tribunal, c'est la parole des policiers contre la parole d'un jeune, qui ne fait pas beaucoup le poids. C'est un système de double peine puisqu'il est à la fois puni dans la rue, et sanctionné au tribunal.
Maître Frédéric Gabet vient d'inventer un nouveau crime : le "viol involontaire". Du moment qu'il est aussi sévèrement puni que l'autre, pourquoi pas...
Le syndicat alliance. : "S'pa un viol, puisque c'est moi qui vous le dit. Et puis c'est quoi ces manières de donner la parole aux victimes ?"
Aujourd’hui, les policiers sont libres…
Ils n’ont en effet pas été placés en détention. On peut dire que le principe selon lequel la détention doit rester l’exception a été respecté à la lettre. Mais je m’interroge : en aurait-il été de même si quatre jeunes gens en avaient frappé un cinquième et lui avait introduit une batte de base-ball dans l’anus ?
Ah ces avocats qui voient le mal partout.
Au petit matin, après une énième discussion avec les gendarmes, nous nous sommes engagés à cesser les festivités à 12 heures tapantes.
Mais vingt minutes avant l’heure convenue avec les officiers, une dizaine de véhicules de gendarmerie ont débarqué. Les gendarmes en sont descendus armés, avec boucliers et gazeuses lacrymogènes en mains au milieu des danseurs hébétés.
Les gendarmes se sont alors rués sur les groupes électrogènes et les ont embarqué, sans délivrer de papiers de saisie.
Tout est dans le titre : violence policière, racisme, facepalm.
"Mieux vaut les approcher à pied. Mais ce jour-là, les policiers avaient peut-être froid"
Je... Non, rien.
Pour rester dans le thème...
Je dénie juste le thème de "bavures". Une "bavure", même si c'est rentré dans le langage courant, c'est une erreur, voire un accident ayant conduit à un préjudice irréparable. Ici, on parle de meurtres délibérés et perpétrés en toute connaissance de cause.
EDIT : un an après, ils auraient presque pu écrire le même article : http://www.bastamag.net/Homicides-accidents-malaises-legitime-defense-50-ans-de-morts-par-la-police
Le policier n'était pas en service, et était ivre. Et c'était en violation des règles alors en vigueur qu'il avait son arme de service sur lui. Pour (maladroitement) se défendre, il a plaidé l'accident (précision utile : il lui a tiré dans le dos...) et une soi-disant "haine des flics" (en gros spa ma faute, c'est ma victime qui a été méchante avec moi, bouh).
C'est un drame horrible, et j'aimerais qu'il marque les esprits de tout ceux qui, dans quelques jours ou semaines, ne manqueront pas de relancer le débat sur le thème de "il faut autoriser le port d'armes par les policiers en dehors du service" => NON. Si ce flic n'avait pas été armé ce soir là, le meurtre n'aurait pas eu lieu. (Et si il n'était pas alcoolique, et si il n'était pas sans doute raciste aussi... oui, ça fait beaucoup de si. Raison de plus pour ne pas ajouter des risques supplémentaires).
L’État est bien condamné pour le tir de LBD 40, et l’arme est officiellement reconnue comme « dangereuse » par la justice. En revanche, fait incroyable, les juges décident d’opérer un « partage des responsabilités » à 50% entre les deux parties. Autrement dit, le blessé et ceux qui lui ont tiré dessus sont considérés comme également responsables du préjudice. Comment ont été calculés ces pourcentages de responsabilité ? A partir de quel barème ? Le mystère reste entier.
[...]
Concrètement, dans leur jugement, les magistrats inventent un délit de « non désolidarisation d’une manifestation » en ces termes :
« en admettant même que M. D. n’ait pas lui- même lancé des projectiles, il résulte de l’instruction qu’il ne s’est pas désolidarisé de l’attroupement [...] alors qu’il aurait dû s’éloigner ; que, dans ces conditions, M. D. doit être regardé comme ayant commis une faute à l’origine de son préjudice susceptible d’exonérer partiellement l’Etat de sa responsabilité. »
Une victime co-responsable de son préjudice, alors même qu'il est commis par un agent dépositaire de la force publique, et avec les moyens de celle-ci. Je suis révolté, scandalisé, abasourdi.
Fait regrettable, un tel drame n’a été que très peu relayé. Fait encore plus regrettable, quand un organe de presse s’en charge [1], c’est pour alimenter les peurs et nourrir les fantasmes en stigmatisant le malade comme « agresseur » alors qu’il s’agit avant tout d’une personne vulnérable, avant même d’être victime des balles de la police. Cette formulation réactualise outrageusement le mythe du « fou dangereux ».
Nan, mais faut comprendre le ras-le-bol des policiers : ils ne peuvent même plus harceler en paix.
Maintenant, allez lire ceci : https://twitter.com/caCtusKipiK/status/785830494730539008
Que doivent faire les personnes noires pour ne pas être abattues ? Cet homme lève les bras en l'air, bien visibles, il se déplace lentement, il ne fait aucun geste brusque, et il est abattu comme un chien. QUE DOIVENT-ILS FAIRE POUR NE PAS MOURIR ?
N.B. : les victimes causées par la police et le gouvernement (blessés, expulsés...) ne sont pas comptées dans les victimes du terrorisme. Même pas comme dommage collatéraux.
En fait ils n'existent pas.
A propos de la mort d'Adama Traoré, si vous aviez loupé des bouts, ce petit strip (trouvé via la page Facebook EmmaFnc, elle même découverte je ne sais plus trop comment) vous rafraîchira la mémoire.
Comme les médias, le gouvernement va prendre toutes les précautions oratoires possibles pour ne pas parler de bavure. On est bien loin de leurs fermes condamnations pour un simple arrachage de chemise.
Moi aussi, je ne peux que citer Alda :
Une grave infection généralisée qui a disparu entre les deux autopsies. Des « abrasions cutanées au cuir chevelu, au front et sur l'épaule » sans traces de violence (moi aussi quand je me réveille le matin je frotte mes membres contre le crépis pour abraser ma peau). Un « syndrome asphyxique » qui aurait causé le décès mais sans violence.
On aurait eu trois flics en état de légitime défense non violente qui se sont assis sans violence ni racisme sur un mec noir souffrant d'une grave infection jusqu'à ce qu'il étouffe de manière non violente.