Le texte, qui sera lu aux élèves ce lundi de rentrée, est en fait une version courte, expurgée des passages où Jaurès défend l’autonomie de l’enseignant et critique le recours excessif aux évaluations.
[...]
Elle découvre que dans la version qu’elle vient de recevoir, il manque trois paragraphes. Et même que la «fierté alliée à la tendresse», mentionnée par Jean Jaurès pour expliquer la «grandeur» de l’enseignant, s’est transformée en «fermeté alliée à la tendresse» – le mot «fermeté» n’apparaissant à aucun moment dans la lettre.
Avis à toutes celles et ceux qui aiment à citer Orwell à tout bout de champ : c'est ça le monde de 1984 : la transformation du passé par la modification ou la suppression des archives.
Le texte d'origine est consultable ici : https://f-origin.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/3640/files/2020/10/Aux-instituteurs-et-institutrices-Action-socialiste-Jean-Jaures-Gallica-BnF.pdf (mais je l'ai déjà lu sur des journaux intègres, si, si, ça existe encore).
«Nous devrions nous autoflageller, regretter la colonisation, je ne sais quoi encore !» Invité dimanche du 20 heures de TF1, Jean Castex a prononcé ces mots alors qu’il dénonçait «les justifications (face) à (l')islamisme radical», et appelait au «combat idéologique» pour gagner la «guerre». Si elle s’inscrit dans la pure tradition des croisades de la droite et de l’extrême droite contre toute forme de «repentance», cette affirmation apparaît pour le moins surprenante dans la bouche d’un Premier ministre dont le président, lorsqu’il était candidat à l’Elysée, avait qualifié la colonisation de «vraie barbarie» et même de «crime contre l’humanité».
Je vois que les vacances ont été profitables à l'extrême-droite.
Et puis la semaine dernière, j’ai demandé aux personnels de l’Education nationale de témoigner. Et je vais vous dire un truc. Je n’étais pas prêt.
UN exemple parmi d'autres :
«Un cas de Covid chez un élève, qui n’a impliqué le confinement que de la moitié de la classe (il ne s’agissait que des noms que l’élève positif a donnés), alors qu’ils font sport ensemble et mangent ensemble sans masque. La direction n’a parlé du cas de l’élève, uniquement contrainte et forcée, car la colère grondait : on étouffe les cas, il faut faire illusion auprès du rectorat que la direction gère la crise et n’a aucun cas. Les élèves n’ont pas été prévenus, ni les familles, ce qui pourtant aurait été incitatif à mettre les masques correctement.»
Mais aussi :
«Je pourrais aussi parler des collègues qui viennent bosser alors qu’ils sont manifestement malades (personne n’a envie de perdre son jour de carence…).»
Ah, le jour de carence, ce privilège des fonctionnaires parmi tant d'autres...
Lors d’un hommage à Samuel Paty devant l’Assemblée nationale, Jean Castex, Premier ministre et monsieur déconfinement, a eu ce mot : «L’Education nationale, notre majorité l’a particulièrement choyée, et nous allons continuer de le faire.» Et bien apparemment, c’est dur d’être choyé par des incompétents.
La France a un incroyable talent : celui d’empiler des protocoles d’une complexité démente afin de mettre en place une réponse «graduée». Et à persister dans cette voie alors que, depuis le début de cette pandémie, le coronavirus profite systématiquement de la moindre faille pour nous déborder. Edouard Philippe parle de «doctrine», Jean-Michel Blanquer garde en réserve précieusement un plan de continuité pédagogique qui prend la poussière tandis que ses personnels achètent leurs propres masques, Jean Castex explique que son plan de déconfinement était parfait. Et les chaînes d’info qui ont laissé plateau ouvert à des charlatans narcissiques s’interrogent gravement : comment se fait-il que les Français n’aient pas vu venir la seconde vague ?
[...]
Car il faut arrêter, enfin, avec ces excuses en mode «Oui, mais à l’époque personne ne savait», «La doctrine a changé», «Les scientifiques n’étaient pas d’accord», «Tout le monde s’est trompé». En février, nous demandions où était le stock pandémique de masques. En mars, nous conseillions à la population d’en coudre et d’en porter. En avril, nous parlions d’aérosolisation. En juin, nous alertions sur le risque de «Covid balnéaire» et de diffusion territoriale du virus. En juillet, nous pétitionnions pour le port du masque en lieu clos. En août, nous proposions le port du masque à partir de 6 ans et le maintien du télétravail. En septembre, nous déplorions le renvoi des vulnérables au travail sans protection. Pas parce que nous sommes des génies, mais parce que certains d’entre nous sont épidémiologistes, d’autres urgentistes, d’autres généralistes, que nous sommes confrontés à cette pandémie au quotidien, et que nous n’avons rien à vendre.
:(
J'avais ce lien qui trainait dans mes mails...
Des amitiés douteuses, des services qui se retournent contre toi, un beau-père raciste et un film de Dupontel : voilà comment on se retrouve dans le box des accusés du procès de Charlie hebdo.
Avec 5 ans de taule en prime, pour rien, selon toutes vraisemblances.
La Conférence des présidents d’université (CPU) souhaite faire part de l’émotion suscitée par les propos tenus par le ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, Jean-Michel Blanquer, sur Europe 1 et au Sénat, le jeudi 22 octobre, qualifiant « les universités » de lieux où sévirait un « islamo-gauchisme » qui y « fait des ravages ».
Premier opérateur public de recherche en France, les universités sont des espaces d’élaboration et de transmission du savoir. Elles forment actuellement 1,6 million d’étudiantes ou d’étudiants, dont les futurs enseignants et enseignantes des écoles, collèges et lycées via les Inspé.
Cette communauté enseignante et scientifique, du primaire au supérieur, a été frappée en son cœur par l’attentat islamiste perpétré contre Samuel Paty, lui-même ancien étudiant de l’université. La peine et la colère sont immenses chez nos collègues et usagers.
Non, les universités ne sont pas des lieux où se construirait une « idéologie » qui mène au pire. Non, les universités ne sont pas des lieux d’expression ou d’encouragement du fanatisme. Non, les universités ne sauraient être tenues pour complices du terrorisme.
La mission de diffusion de la culture scientifique et technique fait, au contraire, de nos établissements des institutions de démocratisation de la connaissance scientifique, indispensable dans la cité, à l’heure des désordres de l’information et du succès du complotisme, terreaux des extrémismes.
La recherche n’est pas responsable des maux de la société, elle les analyse. L’université est, par essence, un lieu de débats et de construction de l’esprit critique. En ces temps dramatiques, il est essentiel que l’unité soit de mise et que la cohésion nationale, appelée de ses vœux par le Président de la République, soit pour tous une invitation à éviter amalgames et raccourcis inutiles.
Je me demandais, là, comme ça : des personnes morales peuvent-elles porter plainte pour diffamation contre un ministre -qui n'est même pas leur ministre de tutelle au passage.
Brusquement, les vrais coupables, c'était toute une partie des discours de gauche.
Brusquement, Manuel Valls était donné en exemple.
Manuel Valls qui accuse qui d'être responsable de la mort de Samuel Paty? Rien de moins que La France insoumise, la gauche journalistique, Edwy Plenel, la gauche radicale, l'Unef, la Ligue de l'enseignement, la Ligue des droits de l'Homme.
Par je ne sais quel tour rhétorique, le fait d'avoir répété qu'il ne fallait pas tenir pour responsables des attentats tous les musulmans fait désormais de vous un suppôt du terrorisme.
Jean-Michel Blanquer a même parlé de «complicité intellectuelle du terrorisme», visant les universitaires qu'il soupçonne du fameux islamo-gauchisme, dont on taxe désormais n'importe qui. On est arrivé à un stade où, quand Gérald Darmanin dit qu'il est choqué par les rayons halal et qu'on fait remarquer que c'est une phrase digne de l'extrême droite, on est direct catalogué islamo-gauchiste.
Mais ce n'est pas tout. Si j'ai bien compris, accepter la présence de femmes qui portent le voile dans l'espace public fait également de vous un·e islamo-gauchiste. Pareil si vous trouvez normal qu'elles aient le droit de parler.
Ça ne vous dérange pas que des mères d'élèves qui portent un voile accompagnent une sortie scolaire au Louvre? Vous êtes complice de terrorisme.
[...]
Je le cite in extenso: «Ma deuxième inquiétude, c'est l'action d'un déséquilibré, d'un extrémiste, qui va commencer, on a déjà vu l'exemple peut-être au Champ-de-Mars, qui va aller tirer sur une mosquée, qui va vouloir aller frapper des femmes voilées, et si un tel événement se produisait ou se répétait plusieurs fois, nous perdrions l'avantage moral que nous avons gagné en tant que nation victime du terrorisme islamiste.»
Peut-on dire quelque chose de plus ignoble?
Quel avantage moral gagne-t-on à voir des gens se faire massacrer à un concert ou à une terrasse de bar?
Quel est ce calcul dégueulasse?
Il n'y a aucun avantage moral en soi à être victime de terrorisme. Ce qui peut nous en faire gagner, en revanche, c'est la manière dont la société réagit à ces attaques.
Et au vu des derniers jours, je ne suis pas optimiste.
Quand tu te rends compte que Titiou Lecoq est aussi pessimiste que toi, il y a de quoi être inquiet.
Pour l'essayiste [Caroline Fourest], "beaucoup de jeunes musulmans pensent qu'ils sont visés, que tous nos débats ne les concernent qu'eux".
Hmm... Comment te dire Caro, comment te dire... ? Après des années à cracher ta haine des musulmans (au sujet de laquelle tu n'as jamais été condamnée, c'est bien connu) à longueur d'antenne, tout en expliquant que l'islamophobie n'existait pas ; après des années pendant lesquelles la presse magazine n'a pas pu passer un seul mois sans faire au moins une "Une" sur les musulmans qui se croient tout permis/menacent la laïcité/la République/sont pas des gens comme nous ; après des centaines d'heures de débats télévisés gerbants, à grands renforts de penseurs de l'acabit d'Eric Zemmour, Pascal Bruckner, Ivan Rioufol et les autres, venus nous expliquer qu'ils étaient contre le racisme, mais que la haine des musulmans, c'était juste pour lutter contre un prétendu "grand remplacement" ; après des années passées à expliquer à une partie de la population qu'elle devait s'excuser chaque fois qu'un malade mental tuait quelqu'un ou qu'un terroriste semait la désolation ; après 30 ans d'oppressions systématiques des femmes et des jeunes filles ayant choisi de porter le voile, à l'école, au travail ou même dans une crèche ; après des années et des années où, si t'as une tête d'arabe, tu ne risques pas de trouver du boulot ; après des années, des années et des années de discrimination, de mépris, et maintenant de haine pure à l'encontre de français qui ont juste le tort d'avoir eu des parents ou des grands-parents amenés en France par charters entiers à une époque où en était bien contents de les trouver, les musulmans, pour faire les boulots de merde que les français ne voulaient plus faire... bref, ça t'étonne vraiment qu'après tout ça, les "jeunes musulmans" se sentent un tout petit peu atteints par toute cette merde qui leur tombe sur la tête dès qu'ils allument la télé, la radio, ou qu'ils vont sur internet ?
Tu te fous de la gueule de qui, dis ?
Le "tabou" des règles) je mets des guillemets parce que justement, ce ne devrait pas être un tabou) : génère de l'inconfort, voire de la souffrance pour les jeunes filles, et la situation est encore pire à l'école à cause des toilettes dégueulasses.
Assassin’s Creed Valhalla and other upcoming Ubisoft titles will support cross-platform progression at launch, thanks to the new Ubisoft Connect platform, the company announced this week. This means players will be able to move their saves around instead of restarting from the beginning if they change to a different platform.
On Wednesday, Ubisoft announced the death and rebirth of its Uplay and Ubisoft Club platforms as Ubisoft Connect. The new platform will launch alongside Watch Dogs: Legion on Oct. 29, and will be available on both next-gen consoles at or shortly after launch.
Ubisoft va permettre la progression sur plusieurs plate-forme, avec des sauvegardes exportables.
Deux jours de suite, il m’avait reçue dans son bureau encombré de livres et d’objets divers, au sixième étage de la prestigieuse London School of Economics. Il racontait son enfance new-yorkaise dans un immeuble coopératif, auprès de parents ouvriers qui fréquentaient des artistes de la beat generation et l’emmenaient à des manifs contre la guerre du Vietnam. Ex-membre des Jeunesses communistes devenu mécanicien sur des imprimantes offset, son père avait été ambulancier à Barcelone en 1936. Là, dans cette ville brièvement autogérée, Kenneth Graeber avait vu les cols bleus faire tourner eux-mêmes leurs usines et en avait conclu que somme toute, « ça ne marchait pas plus mal qu’avec des chefs ». Le jeune David a retenu la leçon. Devenu anthropologue, il n’a cessé de renverser les idées reçues qui nous traversent et mènent le monde. Déboulonner les idoles, prendre délibérément le contrepied des dogmes les mieux établis, il « adore ça », avouait-il en riant. Exemple? « Il faut en finir avec notre obsession du travail », estimait l’auteur de Bullshit Jobs et de Bureaucratie (Édition Les Liens qui Libèrent) : « Le capitalisme n’est pas synonyme d’efficacité ». Autre cliché pulvérisé dans Dette : 5000 ans d’histoire (Édition Les Liens qui Libèrent) : « il ne faut pas toujours payer ses dettes ». David Graeber savait prendre du recul, qu’il s’agisse de se documenter sur le temps long ou d’aller enquêter deux ans dans un village malgache. Son ambition ? « Changer le sens commun politique ». De fait, on ne pense plus de la même façon après avoir lu les livres de David Graeber — toujours vifs et accessibles en dépit de leur érudition. « J’écris de façon à ce que les gens puissent lire sans avoir forcément fait cinq ans d’études supérieures, c’est une forme d’engagement », disait-il.
L'interview de David Greaber est parue dans XXI n°51 (été 2020)
Voir aussi : https://www.liberation.fr/debats/2020/09/04/graeber-est-mort-c-est-trop-con_1798621
Le tribunal constitutionnel polonais s’est prononcé jeudi en faveur d’une limitation quasi-totale de l’IVG. Il ne sera permis désormais qu’en cas de viol ou d’inceste et sur autorisation d’un juge.
Eh bé, ça ne s'améliore pas en Pologne.
Combien de femmes au fait, dans le tribunal constitutionnel ? Juste pour savoir.
Très présent dans les médias pour critiquer les décisions gouvernementales face au coronavirus, dont l’instauration du couvre-feu et la fermeture des bars dans sa ville, le maire (LR) de Saint-Etienne se fait ces jours-ci plus discret. Alors qu’il affirmait, lundi 12 octobre sur RTL, qu’il n’y avait « aucun malade dans les Ehpad stéphanois », Gaël Perdriau, qui n’a pas souhaité répondre à nos questions, a dû faire face une semaine plus tard à l’identification par l’agence régionale de santé (ARS) d’une dizaine de clusters dans des Ehpad.
Y'a des fois, on ferait mieux de fermer sa gueule, hein ?
Cela fait plusieurs jours que j'ai ce lien ouvert (je ne sais plus chez qui je l'ai trouvé), et je prends enfin le temps pour cette petite comparaison.
Je vous laisse en tirer les conclusions que vous voulez.
...oh, un musulman, si, si, là, regardez !
Source : Le Monde : Covid-19, le point sur la situation dans le monde en graphiques
N.B. : l'article datant du 19 octobre, et le re-confinement irlandais ayant débuté ce jeudi matin, je ne pense pas que la situation ait pu évoluer au point de déjà rendre caducs ces graphiques du monde.fr, mis à jour toutes les 24h.
Voici ce que dit la newsletter de CanardPC à propos de ce jeu, je ne sais pas si j'ai déjà eu l'occasion de la citer ?
Sorti en loucedé début septembre, Necromunda est un X-Com-like dont la forte odeur de sapin a immédiatement attiré la curiosité de Kahn Lusth, notre spécialiste tronçonnage et élagage.
Faut dire, des meufs en armures ultra-badass dans un jeu façon XCOM, ça peut être sympa.
Cri du lapin, suite et fon pour aujourd'hui : Sid Meier et Civilization
À 66 ans, et contre toutes mes prédictions, Sid Meier n'a pas encore tout plaqué pour devenir sosie officiel de Sam Neill [je viens de chercher, c'est effectivement troublant]. À la place, le cofondateur de MicroProse a décidé de publier ses mémoires, dans lesquelles il évoque l'évolution de l'industrie du jeu vidéo depuis sa jeunesse, estimant notamment qu'il serait difficile de créer Civilization aujourd'hui.