SebSauvage a en parlé l'autre jour (https://sebsauvage.net/links/?fe_oig) : non seulement Duolingo remplace ses traducteurs par de l'IA (qu'est qui pourrait bien foirer ?), mais elle avait déjà commencer à le faire avant de l'annoncer. Le plus dégueulasse, c'est que les traducteurs virés ont parfaitement conscience qu'on leur a demandé "de creuser leur propre tombe" : c'est leur travail qui a servi a alimenter l'IA qui désormais les remplace.
Et maintenant ? Maintenant la boite met la pression sur les employés non traducteurs, sommés d'utiliser l'IA dans leur travail...
Le fascisme commence quand on arrête de penser par soi-même.
Le fascisme pense pour vous.
Don’t Think, Ask Grok.L’IA générative n’a été inventée que dans un seul but : s’attaquer aux artistes, aux gens qui pensent, qui créent, qui se lèvent et qui projettent dans leurs écrits, leurs toiles, leurs films, leurs rêves les plus fous, leur colère contre le monde, leurs désespoirs et leurs espoirs. Combien de livres ont façonné des vies, combien de films ont provoqué des vocations, combien de toiles ont choqué, énervé. L’art a de cela qu’il est unique, humain. En lui enlevant cela, on lui enlève ce qui fait son unicité : son âme. En niant son existence, en le réduisant à des prompts, le fascisme mène là une autre bataille, idéologique : l’uniformisation de la culture, de la pensée, et la fin de toute pensée critique.
En parlant de pensée critique, il suffit de voir le nombre d’émissions ou de journaux de satire politique qu’on a stoppés ces dix dernières années, Siné Mensuel le mois dernier. Pour reprendre les mots du Festival du dessin de presse et de la satire, « La première censure est aujourd’hui une censure économique ». Derrière la censure, il y a un pouvoir. La satire déshabille ce pouvoir, qu’il soit économique, politique ou militaire. Elle le moque, elle le ridiculise. Au siècle dernier, Daumier moquait Louis-Philippe sous forme de Gargantua et écopa de six mois de prison ferme. Les choses ont-elles vraiment changé depuis 1832 ? Les Guignols, « C’est Encore Nous » et « Le Grand Dimanche Soir » n’ont pas disparu par magie. Il y a quelques semaines, un dessinateur de presse postait un dessin sur X et écopait d’un avertissement pour avoir croqué Musk défavorablement. Une dessinatrice de presse du Washington Post démissionnait après un dessin jugé inapproprié par son propriétaire, Bezos. Et absolument tout le monde s’en fout parce que c’est pas son problème, il y a quand même des choses plus importantes.
Oh la vache. Quand le Gorafi est sérieux, ça pique.
via Seb
L'IA est en train de détruire le web, épisode 4586 :
L’IA a son spam, et il s’appelle slop. Le slop est le produit bas de gamme généré en quantité industrielle par une IA générative, particulièrement des images ou des vidéos. Et comme le spam, le slop menace d’envahir le monde numérique.
Créer une vidéo de 30 secondes pour TikTok, YouTube, Facebook ou Instagram avec une IA générative prend quelques minutes. Exactement comme le spam, il devient alors rationnel de générer des centaines de ces images ou vidéos à destination des réseaux sociaux pour qu’une petite partie d’entre elles « percent », et les spécialistes de la manipulation des algorithmes des réseaux ne s’y sont pas trompés : le slop est partout.
[...]
Le plus étonnant, c’est que loin de lutter contre le slop, les plateformes l’encouragent. [...] Meta fournit ainsi des outils de génération par IA permettant de produire immédiatement des dizaines de versions d’une même pub et de les tester en parallèle et en temps réel auprès du public
Ainsi, les réseaux sociaux se ruent vers une troisième forme de leur existence : après la première forme « réseau de socialisation en ligne », nous sommes à l’étape post-vérité où les faits n’ont plus de pertinence, et il y aura désormais cette forme sans doute finale d’une circulation automatisée de contenus artificiels, où c’est la réalité de l’interaction elle-même qui est dissoute.
Les résultats sont inquiétants : plus de 60 % des réponses des IA contiennent de fausses informations. Dans certains cas, les IA génèrent des spéculations ou des réponses incorrectes lorsqu’elles n’ont pas l’information demandée. D’autres fois, les modèles inventent des liens ou des sources, voire des plagiats de l’article original au lieu de la vraie source.
L'IA raconte n'importe quoi.
Oh-ben-dis-donc-quelle-surprise.
Via Seb
Super article (via Seb, je crois, ou peut-être Tristant Nitot, voire les deux...), qui allie l'explication à la démonstration en image de pourquoi et comment les entreprises se tirent la bourre pour foutre de l'IA partout (c'est un effet boule de neige, plus y'en a... plus y'en a) et font tout (mise an avant sur les pages et les interfaces) pour nous forcer à l'utiliser... parce que ça leur a coûté bien trop cher.
L’intelligence artificielle générative n’augmentera jamais nos capacités, pas plus qu’elle ne nous remplacera au travail. Son but premier est ailleurs : il s’agit avant tout de mieux nous exploiter. Analyse d’un rapport de l’organisation Data and Society.
Précaires, isolés et invisibilisés par les plateformes, les travailleurs de données sont aussi discrets qu’essentiels. Sans eux, pas de ChatGPT, Midjourney ou Gemini.
A l'occasion du Sommet pour l'action sur l'intelligence artificielle qui se déroule à Paris lundi et mardi, France 2 dédie une soirée spéciale à l'IA, avec la diffusion d'un documentaire sur la face cachée de ce processus technologique.
Depuis Nairobi, l'artiste Quentin Sombsthay dévoile les coulisses d'un univers cru, loin des paillettes des entreprises de la Silicon Valley.
Non mais le niveau de LOL quand même :
via Seb
Voilà, ils ont sorti l'arme fatale pour attirer le grand public vers l'IA : le cul.
Je ne plaisante même pas. Combien de temps avant d'utiliser le porno dans les IA génératrices d'images ? (j'avais déjà vu passer des articles sur des p'tits malins qui arrivent à faire générer des images porno, mais c'est encore confidentiel).
Précision importante : il n’est pas ici question de voix préenregistrées avec lesquelles il est impossible d’interagir. Dans cet article, nous faisons référence à des IA capables de tenir une conversation et donc de réagir à vos paroles. Heureusement, quelques indices nous permettent de les détecter. Voici lesquels.
[...]
Si vous avez de sérieux doutes quant à la nature de votre interlocuteur, posez-lui une question qui n’a aucun sens. Si vous avez affaire à une IA, celle-ci ne réagira pas et reviendra à son sujet comme si de rien n’était.
M'en fous, je raccroche comme un malpropre, IA ou pas.
Extrait : "Une nouvelle étude bouleverse tout ce que nous pensions savoir sur la consommation énergétique de ChatGPT. Les chiffres sont formels : l’IA est bien plus économe que prévu."
De ce que j'en ai compris, ce ne sont pas tant les requêtes qui consomment de l'énergie, mais le fait de faire tourner des tas de serveurs 24/24h (appréciez la justesse du vocabulaire technique), et l'énergie dépensée pour le "fonctionnement" de l'IA : "apprentissage", etc. Pas sa simple "consultation".
Il va p'têt falloir que ça rentre : LES-IA-RACONTENT-DES-CONNERIES.
Pas tout le temps, des fois elles dysfonctionnent et disent la vérité.
Depuis quelques jours, mon esprit malade, faisant le parallèle entre "l'ère de la post-vérité" ouverte à peu près lors de la première élection de Trump et l'avénement des robots culinaires spécialistes des pizzas à la colle, a pondu une synthèse lapidaire que je vous livre : pour l'IA comme pour Trump, le vrai est un moment du faux.
Plus d’une vingtaine d’organisations réunies au sein de la coalition Hiatus, parmi lesquelles Attac, La Quadrature du Net et la Ligue des droits de l’homme, estiment, dans une tribune au « Monde », qu’il faut résister au déploiement massif de l’IA, au nom des droits humains, sociaux et environnementaux.
En nous libérant de l'effort à faire pour obtenir un résultat, la technologie nous prive de l'entraînement à la compétence qui en dépendait. Si la compétence en question était ultra spécifique et inutile ailleurs, ok (allumeur de réverbères, bourreau, sonneur de cloche, lavandière ...) mais quand ce sont des capacités cognitives de base et desquelles dérivent tout un arbre de compétences diverses, on devrait pour le moins être prudent.
Du coup, si les états poussent autant vers l'IA et le cortège de régressions cognitives qu'elles supposent... ça pue un peu, non ? Grâce la réduction de nos capacités mémorielles et déductives, de notre langage et de notre raisonnement, L'IA pourra nous régurgiter la propagande qu'on lui aura donné à bouffer et on la prendra pour parole d'évangile.
MAIS C'EST EXACTEMENT CA.
Le problème c'est qu'actuellement, quand tu expliques ça, tu passes pour l'emmerdeur / complotiste / celui-qui-refuse-le-progrès de service.
J'ai shaarlié un truc l'autre soir, un peu à la va-vite, une interview piochée dans Mediapart je crois, sur l'idéologie derrière l'IA, et sur le fait que l'IA ne recouvre pas les mêmes idées selon que le sujet-utilisateur est un prophète millénariste de la Silicon Valley (en gros : toujours plus de profit, humain augmenté, fantasmes d'immortalité) ou un plébéien, où les objectifs sont plutôt toujours plus d'exploitation, de moins en moins de liberté, mais avec le sourire, parce que l'IA c'est vraiment trop cool.
Seb l'a excellemment dit l'autre jour : l'IA et un instrument de domination. Tu donnes un sucre à un clébard, il est content d'avoir un sucre. Et du coup il ne voit pas la laisse de plus en plus courte, la niche pourrie et la bouffe dégueulasse.
C'est nous les clébards dans l'histoire.
C’est le « père » de l’IA moderne qui en dit le plus de mal. À propos de l’intelligence artificielle générative, Yann Le Cun avait dès 2023 une formule expéditive et cruelle, mais éclairante : « Personne ne peut garantir que ce qui sort de la machine est factuel, non toxique, compréhensible. »
Le chercheur et vice-président de Meta estime que le modèle technologique des LLM est une impasse et enjoint à ses pairs de chercher d’autres voies. Lui-même travaille depuis deux ans sur un autre modèle, dont il entrevoit l’aboutissement dans seulement de très longues années.
Car tout le monde le sait, bien que presque personne ne le formule clairement : l’IA générative, qui aligne les mots statistiquement les plus probables, commet des erreurs, parfois beaucoup d’erreurs. Demander début février 2025 aux robots disponibles qui est le premier ministre français expose par exemple à se faire répondre qu’il s’agit d’Élisabeth Borne (ChatGPT et DeepSeek) ou Gabriel Attal (Claude). Et parfois, quand elle ne sait pas, elle invente. Ce sont les fameuses « hallucinations », un terme promu par les géants de la tech pour humaniser leurs créations et rendre acceptables leurs déraillements.
Selon l’entreprise de sécurité NewsGuard, qui soumet ces outils à des tests rigoureux, le taux d’échec moyen des dix principaux chatbots était de 62 % (d’erreurs ou de non-réponses) en décembre. Celui de DeepSeek un mois plus tard était de 83 %, et dans trois cas sur dix, le nouveau robot « a relayé la position du gouvernement chinois sans qu’il lui ait été demandé quoi que ce soit concernant la Chine ».
Aujourd'hui, avec l'émergence de l'intelligence artificielle, Spotify glisse des musiques générées par IA dans ces playlists très populaires. Cette méthode répond aux besoins des utilisateurs, tout en permettant à Spotify de ne pas payer de redevance puisqu'il s'agit d'une IA, et non de vrais artistes.
A l'inverse, chez Deezer, y z'ont rien compris :
700 000 musiques arrivent par semaine sur la plateforme et 10% (soit 70 000) sont des chansons générées par intelligence artificielle. Leur politique est donc de les supprimer des recommandations et des playlists pour faire place aux vrais artistes.
Ah, les cons.
...
Ou pas ?
En tout cas, si je devais prendre un abonnement, je saurais où mettre mes sous.