Je pense pour ma part qu'il faut effectivement rééditer ces textes, pour trois raisons au moins :
- la censure est toujours inutile et contre-productive. Je suis navré de contredire Serge Klarsfeld, que je respecte infiniment, mais si Soral et Dieudonné pouvaient effectivement s'appuyer sur la réédition de ces textes pour justifier leurs délires, ils pourraient profiter de manière tout aussi efficace, si ce n'est plus, de la pseudo-censure, ou du moins de la frilosité dont ils seraient victimes, pour étayer leurs thèses antisémito-conspirationnistes ;
- comme le souligne l'article, ils sont à l'heure actuelle trouvables en l'état, sans appareil critique ni avertissement, ça n'augmentera donc pas le "risque" potentiel de les rééditer en les expliquant ;
- dernière raison, sans doute la plus faible d'un point de vue argumentatif : ça me ferait plaisir de rabattre leur caquet aux célinodolâtres béats. C'est une excellente chose de rappeler que Céline était une sombre merde, une saloperie, un homophobe, un collabo, un délateur. Un antisémite fanatique. Et son antismétisme n'était pas purement "intellectuel" : il a aussi dénoncé des juifs, ou des personnes qu'il imaginait l'être, ce qui revient strictement au même.
https://www.lexpress.fr/culture/livre/celine-etait-un-agent-d-influence-nazi_1875236.html
> La légende d'un Céline qui n'aurait collaboré que par des "mots", et non par des "actes", a perdu toute crédibilité: le pro-hitlérien déclaré a donné dans la délation. Et il faudra bien qu'un jour les biographes de Céline se soumettent aux faits. J'avais relevé, en 1999, les dénonciations par voie de presse de Robert Desnos et du Dr Mackiewicz, secrétaire des médecins de Seine-et-Oise, la dénonciation publique du Dr Howyan - sa collègue médecin au dispensaire de Clichy - devant une assemblée doriotiste, ou celle de Serge Lifar.
Voir aussi :
https://www.cairn.info/revue-revue-d-histoire-de-la-shoah-2013-1-page-285.htm#pa23
> Céline aura pratiqué, à lui tout seul, quatre modes différents de dénonciation : orale et écrite, publique et privée. Le tragi-comique de ces dénonciations de Juifs est que, dans celles que nous connaissons tout au moins, il n’y ait en fait pas un seul Juif. Ce qui ne veut pas dire qu’elles n’aient pas eu de suite.