« L’une des inversions malignes les plus classiques et les plus meurtrières a donné naissance à l’idée de pureté. La pureté est l’inversion maligne de l’innocence. L’innocence est amour de l’être, acceptation souriante des nourritures célestes et terrestres, ignorance de l’alternative infernale pureté-impureté. De cette sainteté spontanée et comme native, Satan a fait une singerie qui lui ressemble et qui est tout l’inverse : la pureté. La pureté est horreur de la vie, haine de l’homme, passion morbide du néant. Un corps chimiquement pur a subi un traitement barbare pour parvenir à cet état absolument contre nature. L’homme chevauché par le démon de la pureté sème la ruine et la mort autour de lui. Purification religieuse, épuration politique, sauvegarde de la pureté de la race, nombreuses sont les variations sur ce thème atroce, mais toutes débouchent avec monotonie sur des crimes sans nombre dont l’instrument privilégié est le feu, symbole de pureté et symbole de l’enfer… » (Le Roi des Aulnes)
"son œuvre aura constamment célébré les noces souvent enchantées, parfois barbares, du réalisme et de la magie"
Bon, maintenant qu'il est mouru, il serait temps que je le lise ^^
Ouhla. Ça tape dur. N'ayant lu ni son précédent livre, ni celui-ci, j'ai du mal à me faire une idée.
Génial : une machine qui échange vos cadeaux de Noël pourris contre des livres. C'est en Allemagne, c'est un beau coup marketing, mais c'est une super idée quand même.
Je me suis déjà posé la question : pourquoi est-ce que les couvertures de livres -éditions courantes- sont-elles plus chouettes aux États-Unis qu'en France ?
J'ai l'impression qu'on jugerait moins favorablement (moins "littéraire") un livre avec une couverture illustrée, qu'un livre tout gris/blanc. Seuls les formats poche ont droit à de belles couvertures.
Kafka ne ressemblait pas à ses livres : sportif, bon vivant, employé modèle et fan de cinéma, une nouvelle biographie parue en Allemagne vient bousculer les clichés.
Une citation qui m'a fait sourire dans Blade runner (Philipe K. Dick) :
"Si les androïdes étaient restés médiocres, comme les anciens Q-40 fabriqués par Asimov et Cie, il n'y aurait pas de problèmes et on se passerait de mes talents."
Edition "J'ai lu", page 106
Je l'avais vu dans une bibliothèque il y a fort, fort longtemps.
A lire un jour...
EDIT de janvier 2019 : ça y est ! Les 2 premiers tomes ont été lus en décembre, je viens de commencer le 3ème \o/
Amoureux des livres mon cul. On achète, on revend 10 fois plus cher 30 ans plus tard : c'est du placement avec plus-value.
Incroyable collection en tout cas.
Je vous en avait parlé (là => http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?Hqf8AA) de l'affaire des manuscrits de Chateaubriand.
J'apprends via @robert_diard que le jugement vient d'être rendu :
Le notaire qui a voulu vendre une copie manuscrite des Mémoires déposée à son étude en 1836 condamné pour abus de confiance
« Il ne peut y avoir acquisition par prescription pour le gardien d’un objet » indique le jugement
le notaire condamné à 25.000 euros d'amende "compte tenu de la durée du dépôt et du nombre de dépositaires successifs"
Le tribunal ordonne confiscation des précieux scellés,18 portefeuilles des Mémoires recopiés par le secrétaire de l'écrivain
Et que vont devenir les scellés ?
Indiana style : Leur place est dans un musée !
EDIT : le ministère de la culture "se réjouit" de cette décision. Tu m'étonnes : ils vont pouvoir avoir gratos des manuscrits qu'ils étaient prêts à acquérir pour 550 000 €. Non je n'ai pas mis un zéro de trop.
http://www.culturecommunication.gouv.fr/Presse/Communiques-de-presse/Manuscrit-des-Memoires-d-Outre-Tombe
Je suis en train d'achever la lecture des Hauts de Hurle vent.
C'est sombre, un peu cruel, parfois aussi absurde qu'une intrigue des feux de l'amour, mais la chose tient quand même -magistralement- debout.
Première réflexion (qui vaut ce qu'elle vaut) : autant on peut dire que La Recherche est un roman de l'asthme (http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?AW8J5w), autant Les hauts est un roman de la tuberculose. Elle n'est jamais nommée, mais c'est pourtant elle qui tue quasiment tous les personnages... comme elle emportera quasiment toute la famille Brontë (à l'exception du père). Les trois sœurs se savaient-elles déjà atteintes lorsqu'elles publièrent leurs premiers (et pour Emily, l'unique) romans ?
Deuxième réflexion : c'est, à l'instar de Fromont jeune et Risler aîné, de Daudet, un roman qui montre bien comment certaines valeurs d'une époque, bien intégrées par les romanciers (j'ai pu faire ce genre de réflexion pour le sexisme de La Religion (http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?eSG9Lg) ressortent dans leurs œuvres.
Fromont, c'est l'histoire d'une petite ouvrière qui, se mariant à un jeune cadre prometteur (Risler) de la manufacture Fromont, va le conduire au suicide en le trompant avec son patron (Fromont), qu'elle mènera lui, à la ruine. Plus largement, j'ai refermé ce livre avec un sentiment de malaise, tant m'a semblé transparaître l'idée que si l'ouvrière était restée "à sa place" (parmi les autres ouvrières) le drame n'aurait pas eu lieu.
Les Hauts de Hurle vent présentent une idée du même acabit : un lord campagnard recueille un enfant des rues (Heathcliff). Celui-ci va -je vous renvoie à la page Wikipédia pour un résumé de l'histoire- foutre le boxon dans la famille (en fait, dans deux familles, il y a des mariages), déposséder de son titre et de ses terres l'héritier du fils de son père adoptif (si, si, c'est simple, relisez lentement ^^), ourdir une vengeance sur deux générations, etc. Là encore, l'élément doublement étranger (extérieur à la famille ET au milieu social) et pauvre est celui par lequel les problèmes arrive.
Voilà, c'est tout pour mon analyse historico-littéraire du jour.
Encore un retour sur l'affaire Anne Frank qui pourrait bien, au final, être une non-affaire.
Pour faire court :
1/ Comme déjà exposé, notamment par Olivier Ertzscheid, les arguments du fonds Anne Frank sont irrecevables
2/ Cependant, tout dépend de quoi l'on parle : si l'on parle bien du journal d'Anne Frank, et seulement de celui-ci, et pas des versions successives réalisées par son père et les éditeurs (Voir ici : https://nonblocking.info/anne-frank/), il devrait s'élever dans le domaine public en 2016 tout à fait normalement ; la version qui continuera à être protégée, c'est celle ayant été "éditée", c à d ayant fait l'objet de modifications substantielles.
Cependant, un doute subsiste dans mon esprit : si c'était aussi simple, Lionel Maurel (Calimaq) et Olivier Ertzscheid auraient-ils pu ne pas le voir ? De toute façon, le combat de fond (les abus du système actuel) est légitime et doit être mené. Tant mieux si cette affaire ne sert que de révélateur pour le plus grand nombre.
Vous noterez au passage que Tristant Nitot parle "d'élévation dans le domaine public" ;)
Bonne analyse.
=> Même s'il s'en défendait, Tolkien a tout de même été influencé par la culture dans laquelle il baignait.
"La mécanique du texte n'est pas une ode à la magie des outils, tant s'en faut, mais une introspection sur le rôle des outils techniques de l'écrivain par quelqu'un qui les manie bien, les détourne, toujours curieux de leurs fonctionnalités. Sans illusion, Thierry Crouzet souligne combien les écrivains ont du mal avec leurs propres outils de travail : "la plupart des auteurs utilisent leur traitement de texte comme une machine à écrire", livre-t-il, cinglant, pointant par là même les limites de ces programmes pour aider à écrire."
"les auteurs "ne dépasseront la métaphore du livre, et de la littérature inhérente, qu'en adoptant des logiciels qui, eux-mêmes, s'en libèrent"
La vache. C'est beau. Mais un tout petit peu cher...
Suite de ce que j'évoquais ici : http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?YLjUdQ
Pour Assouline, il n'y a pas matière à ergoter : "Le récit est bourré non d’erreurs mais de contre-vérités. Toutes volontaires, mises en scène à dessein dans l’intention de nuire."
N.B. : Assouline est l'auteur d'une biographie de Simenon.