Je reprends le commentaire de Mitsu (http://root.suumitsu.eu/links/?Xw5APw) : "Entre deux oppresseurs, le peuple syrien dont l'occident n'a cure."
Je crois malheureusement que nous avons besoin de comparaisons de ce genre pour saisir l'énormité du massacre en cours.
"De mars 2011 à août 2013, il a accumulé 55 000 photos prises par lui et ses collègues de 11 000 détenus, torturés et tués dans un centre de détention dont le nom et la localisation sont là encore tenus secrets. La plupart des clichés -4 ou 5 par victimes- montrent des cadavres d’hommes jeunes, d’une maigreur effrayante, si blafards qu’ils semblent avoir été vidés de leur sang. La majorité porte des traces de tortures : marques de strangulation et d’électrocution, coups et différents indices de mauvais traitements. Certains corps sont même énucléés."
C'est juste une impression ou cette information n'a pas eu l'écho qu'elle mérite ? Le rapport sur le site du Guardian http://www.theguardian.com/world/interactive/2014/jan/20/torture-of-persons-under-current-syrian-regime-report C'est dans ce genre de situation que je regrette de ne pas avoir un meilleur niveau d'anglais.
Vous savez ce qui me choque dans cette image ?
Le poignard dans la main gauche. Pour finir le travail. Parce qu'une épée n'est pas assez lourde pour trancher une tête d'un seul coup.
Pour ce qui est de la question "fallait-il diffuser ces images ?", elle est stupide. Bien sûr que oui. Et les sensibles n'auront qu'à regarder ailleurs en tordant le nez, c'est pas dur.
Entendu tout à l'heure à la radio, mais je l'avais déjà entendu il y a quelques mois : la Suède leur accorde systématiquement le statut de réfugié, l'Allemagne a prévu d'en accueillir 10 000, et la France... 500.
On vit dans un chouette pays hein ? Généreux, exemplaire, tout ça...
"Ce n'est pas parce que ça n'arrive pas ici que ça n'arrive pas ailleurs ; Sauvez les enfants de Syrie"
via Seb http://sebsauvage.net/links/?8B7Z_g
Je vais être honnête : je n'ai pas lu cet article. Je l'ai survolé, juste assez pour comprendre sa structure : arrivée en Syrie, enlèvement, tentatives d'évasion, simulacres d'exécution, libération. Loin de moi l'idée de banaliser le traumatisme de cette personne, mais c'est le même récit chez tous les ex-otages...
Une chose m'a accrochée l’œil vers la fin du texte : la référence à sa foi chrétienne, qu'il oppose à celle de ses ravisseurs : "Notre histoire, c'est celle de deux chrétiens dans le monde de Mahomet et de la comparaison entre deux fois différentes : la mienne, simple, faite de don de soi et d'amour, et la leur, qui est faite de rituels." Je n'arrive pas à expliquer pourquoi ce passage m'agace. Sans doute parce que je n'arrive pas à comprendre qu'on puisse être soutenu par une foi quelconque. Si je devais être pris en otage, je ne pourrais pas compter là dessus. Peut-être aussi un peu parce que l'opposition "foi simple du chrétien" et "rituels du musulman" ne tombe pas très bien dans le climat délétère actuel, même si ce n'est pas sa faute.
Sinon, autre passage, juste avant, sur les livres qu'il a eu la chance de pouvoir garder : "Cette fois, j'en avais emporté quatre. Deux d'un auteur aujourd'hui malheureusement oublié, Erich Maria Remarque, deux titres peut-être un peu mineurs, Un temps pour vivre, un temps pour mourir, et Après, qui raconte le retour de quelques rescapés allemands à la fin de la première guerre mondiale. Un peu le symbole pour moi de ce chemin du retour que je ne parvenais pas à trouver. Et puis Les Nus et les morts de Norman Mailer et Crime et châtiment de Dostoïevski.
Je les ai lus et relus. Je peux vous parler de tous les personnages, les réciter en partant de la fin. Ils ne m'ont pas quitté, où que j'aille, et au prix d'une fatigue certaine, car ils pesaient lourd, j'ai marché avec eux deux nuits et deux jours durant la retraite de Qoussair. Le dernier jour, ils me les ont confisqués. Les livres nous parlent. Mais il y a eu un long moment où ils ne me parlaient plus, où les mots, les histoires, les personnages filaient devant mes yeux... Si je fais d'autres voyages de ce genre, j'emporterai toujours La Recherche de Proust, Don Quichotte de Cervantes, des livres longs, très longs... ça aide." Curieusement, ça, ça me parle.
Analyse qui me parait bonne (pour ce que j'y connais, c'est à dire rien) de l'escalade dans la violence de plus en plus effrenée de Bachar el-Assad et du pourquoi la communauté internationale devrait agir maintenant.
Ça se passe là, maintenant, en Syrie.