Intéressant. Mais si krach il doit y a voir, ce ne sera pas pour la même raison qu'en 1983-1984. Cette première crise est évoquée dans le livre *Philosophie des jeux vidéo* (j'en parlais ici :
http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?0mNbUg ; je vous encourage vivement à le lire), dont je suis en train d'achever la lecture : elle fut essentiellement due à la surproduction de jeux identiques jusque dans leur médiocrité. Si les cartouches d'ET l'extraterrestre enterrées dans le désert ont gagnées le titre de pire jeu de l'histoire du jeu vidéo, ce n'est pas pour rien...
En 1983, le jeu vidéo apparaissait quasiment comme une curiosité, voire comme une erreur de l'industrie des loisirs, un peu comme le hola-hoop... Dans un chapitre de son livre, Mathieu Triclot retrace la double généalogie des jeux, des premiers jeux universitaires créés par les premiers (et sans doute seuls à mériter ce titre) geeks en guise de proof of concept / goût du défi sur des ordinateurs (MIT, armée) à plusieurs millions de dollar, jusqu'aux bornes d'arcade, qui sont une "adaptation par le bas" de ces jeux de simulation hyper-pointus et "réalistes".
En 1983-84, le marché est saturé : le succès des bornes d'arcade touche à sa fin, les premières consoles de salon ne proposent rien de neuf : elles sont sans intérêt, étant seulement une tentative d'adapter la borne d'arcade à la salon, ce qui était voué à l'échec, M. Triclot montre très bien pourquoi (pas les mêmes enjeux, pas la même ambiance...). Bref, une crise par défaillance de l'offre... jusqu'à l'arrivée de Nintendo et de la NES, mais c'est un autre chapitre.
La crise qui s'annonce a plutôt l'air d'une crise capitaliste "classique" : par surabondance de l'offre. Le marché est saturé, et malgré les efforts méritoires de certains joueurs **wink** il est impossible d'absorber une telle quantité de nouveauté. D'autant plus que, c'est une analyse au pifomètre artistique, la part des jeux vendus à leur prix de base ne doit pas être majoritaire, les joueurs attendant les fameuses promo Steam pour ouvrir leur porte-feuille. (J'avais déjà shaarlié un lien où un intervenant expliquait en substance que les joueurs deviennent réticent à débourser 19,99€)
Bref, toutes les condition d'un *effondrement* en bonne et due forme sont réunies.
Et ça faire mal à tous ceux qui n'auront pas la trésorerie nécessaire pour passer le cap.