On savait déjà qu'on trouvait des micro-particules à la pelle dans l'eau. Il y en a aussi, évidemment, dans le sols. Et on vient de se rendre compte que celles-ci altéraient la pousse des plantes.
Bizarrement, la question de la pollution des sols a mis beaucoup plus de temps à se poser. Pourtant, les masses de plastiques y seraient 4 à 23 fois plus élevées que dans les océans, explique Marie-France Dignac, chercheuse à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). « Je ne m’explique pas vraiment ce délai, si ce n’est qu’il est plus difficile d’échantillonner un sol : impossible de le filtrer comme on le fait en mer. D’ailleurs, il n’y a toujours aucune méthodologie normalisée pour les sols. »
[...]
Il n’y a pas si longtemps encore, on pensait que les plantes ne pouvaient pas absorber ces microplastiques « en raison de leurs parois cellulaires complexes et de leurs mécanismes d’absorption sélectifs », peut-on lire dans un article de synthèse publié en 2024.
Raté. Probablement aucune paroi biologique n’est réellement étanche. D’autant moins lorsqu’on considère des particules de tailles microscopiques, voire nanoscopiques. Elles savent trouver leur chemin à l’intérieur des plantes, soit par les racines, en se faufilant dans les minuscules fissures ou par des phénomènes de transport actif des cellules végétales, soit par les feuilles, via les ouvertures stomatiques qui permettent les échanges gazeux.
L’étude, baptisée «Pla’stock», a révélé une moyenne de 7 600 particules de microplastiques (de 0.3 mm à 5 mm de longueur) par mètre carré. Un chiffre «préoccupant en comparaison avec d’autres études menées», estiment la Cipel et l’ASL. Plus précisément, les analyses montrent qu’environ 60 % des particules sont des fibres textiles synthétiques, relâchées lors du lavage des vêtements ou par l’usure. Les 40 % restants sont issus de la fragmentation de macroplastiques, qui menace l’écosystème lémanique. «Ces derniers, visibles à l’œil nu, ont été recensés par 100 bénévoles formés», poursuivent les organisations. Mais bien que la moitié des plages étudiées accumulent des macroplastiques, l’étude montre «une légère baisse des quantités en regard des précédents recensements».
Eh oui, le plastique, ce ne sont pas que les bouteilles et les couverts jetables, comme feignent de le croire les responsables politiques.
Ohlalalaaaa, quelle surprise, le plastique ça ne recycle pas aussi bien que ce qu'on nous avait annoncé, et les industriels en feraient des tonnes là dessus pour nous éviter de trop réfléchir à la question ?
Plastic producers have known for more than 30 years that recycling is not an economically or technically feasible plastic waste management solution. That has not stopped them from promoting it, according to a new report.
Abendidonc. Qu'est ce que je suis surpris.
Non.
Je remets le lien vers mon shaare à propos d'un docu de France Inter de 2019 : https://sammyfisherjr.net/Shaarli/?FL0BYw
Une très bonne infographie (via Mastodon), qui montre bien qu'au final, le plastique il finit soit dans la nature (= pollution), soit incinéré (= pollution). Désolé, ça déborde un peu...

L'eau des bouteilles en plastique contient jusqu'à 100 fois plus de minuscules particules de plastique qu'estimé jusqu'ici, selon une nouvelle étude publiée lundi 8 janvier. En utilisant une technique novatrice, les scientifiques ont comptabilisé en moyenne 240 000 fragments de plastique détectables par litre d'eau, après avoir testé le produit de plusieurs marques populaires.
Vous croyiez que le plastique se recyclait, vous avez sans doute appris à l'école qu'on pouvait même faire de jolis pulls "polaires" avec ?
Bullshit.
Le plastique ne se recycle pas, il devient juste de plus en plus petit :
Les plastiques se désagrègent sous forme de particules de plus en plus petites. D’abord macro, ensuite micro puis nanoscopiques, d’où leur éparpillement dans la terre et dans les océans. On connait mal la vitesse de ce délitement que l’on estime entre 100 et 200 ans pour la plupart des plastiques… Cela dépend du type de plastique et des facteurs comme la chaleur, l’abrasion, les U.V, l’oxygène, les micro-organismes etc.
Mais alors, insistez-vous benoîtement, yaka juste inciter les gens et les entreprises à recycler mieux, plus et plus vite ? Mais non, on vous dit que non : recycler le plastique, c'est dégrader le plastique = retour à la phrase précédente. Et encore, certains se "recyclent" encore plus mal que d'autres.
Pire encore, au niveau microscopique, le plastique absorbe ce qu'il a servi à contenir :
Il faut savoir que le plastique est «une éponge » : votre bouteille de jus d’orange aura absorbé des gouttes de jus d’orange, qu’il va falloir enlever. Et donc à la fin du recyclage, le plastique est dégradé : il a perdu de ses propriétés, on doit donc lui ajouter des polymères vierges pour recréer du plastique.
DONC, le plastique se dégrade en morceaux de plus en plus petits (jusqu'au niveau nanoscopique), le recycler n'est qu'une accélération du processus qui oblige en outre à "remettre" de la matière, il faut le traiter avant de le réemployer (l'article parle de jus d'orange, mais je vous laisse imaginer tout ce que l'on peut transporter dans un contenant en plastique) et le cycle n'est pas infini : la bouteille (la meilleure qualité, le PET) ne peut être recyclée que deux ou trois fois.
Spagrave, direz-vous dans un effort désespéré pour tenter de sauver la planète, une filière économique ma foi florissante et ce qui reste de votre optimisme, on va transformer les polymères en aut'chose, c'est ça qui est cool dans la chimie. On va en faire des pulls, ou des matériaux isolants.
Alors, si on veut bien passer le fait qu'AMHA, on produit beaucoup plus de plastique que les industries du pull en polaire et de l'isolation réunies ne pourront jamais en absorber, là encore, c'est une Fausse Bonne Idée (comme toutes ces idées qui ont l'air évidentes) : cela ne fait que retarder l'inéluctable. Un jour, le pull sera jeté, il aura de toute façon perdu des fibres avant ça ; la maison sera démolie, etc. Et le plastique se retrouvera, à moyenne ou longue échéance, dans la nature.
On pourrait éventuellement parler de «recyclage» pour la transformation des bouteilles de plastique en pull, par exemple. Or, ce pull sera un jour lavé, il va libérer des fibres, donc des nanoparticules vont être libérées dans l’environnement et ensuite il ne sera plus utilisable, recyclable.
Autre piste, on va pouvoir le décycler, le transformer en matériau de construction… Mais comme précédemment, le plastique va continuer à se dégrader.
GAME OVER.
La meilleure solution reste donc de ne pas en acheter !
Alors les gens, on commence quand ?