Démonstration du fonctionnement de l'effet Streisand : l'interdiction par la justice de faire la promotion d'un livre critiquant Facebook se révèle plus bénéfique pour les ventes que ladite promotion.
via Seb
Chais pu trop comment je suis tombé chez lui mais, autant je soutiens la démarche (quitter les réseaux propriétaires basés aux USA), autant le vocabulaire employé m'a hérissé le poil : "regardez comment je suis trop un Résistant au Technofascisme, j'ai quitté Facebook pour aller sur Mastodon". Ça va les chevilles gars ?
Je ne suis pas un intellectuel comme Mister Crouzet. Mais avec ma petite tête et mes petites idées, j'ai quitté Facebook en 2017 et Twitter en 2023. Et je suis sur Mastodon depuis 2017.
Passons. Passons vite, même, car vous savez déjà à peu près tout. L’alignement complet de Mark Zuckerberg sur la ligne musko-trumpienne. D’abord lors d’une vidéo délirante de cinq minutes où il explique vouloir en finir avec les biais politiques des modérateurs et abandonner tous les programmes de fact checking. Puis les jours suivants, alors que Meta annonçait mettre un terme à tous ses programmes favorisant la diversité et l’inclusion et proposait de nouvelles règles de modération autorisant à qualifier les LGBT de malades mentaux et les femmes de biens meubles — provoquant l’ire d’une grande partie de ses propres employés — tandis que Zuck participait au podcast conservateur de Joe Rogan où il appelait le monde de l’entreprise à faire preuve de « davantage d’énergie masculine » et « d’agressivité ».
On pourrait gloser pendant des heures sur les raisons de ce brusque virage à droite, réalisé même pas une semaine après l’annonce de bots Instagram « inclusifs » certes complètement à côté de la plaque mais qui semblaient au moins indiquer que Meta se souciait encore des apparences. Se lancer dans la psychologie de comptoir, estimer que Zuckerberg n’a fait que révéler son vrai visage — Facebook étant né d’un outil pour juger le physique des étudiantes, sa seule motivation ne peut être que la misogynie. Ou bien approcher les choses par l’angle économique, remarquer que Meta est en difficulté face à TikTok et à l’Union européenne et que plier le genou devant Trump à s’en faire péter la rotule peut être un moyen de recruter un allié puissant pour sauver l’entreprise. De façon encore plus pessimiste, on peut aussi choisir d’y voir le signe qu’un point de bascule idéologique a été atteint (on en parlait en fin d’année dernière), que les délires libertariens de la Silicon Valley, parfaitement trumpo-compatibles, sont sur le point de virer à la prophétie eschatologique.
Et en fait, peu importe. Que les raisons de cet alignement général soient bassement commerciales ou profondément idéologiques, le résultat est le même : le piège qu’on sentait se refermer sur nous depuis des années, qui jusqu’à présent faisait de son mieux pour se dissimuler, vient d’apparaître dans toute sa cruauté. Car c’est de cruauté qu’il s’agit. Comment qualifier autrement la décision de Meta de faire retirer les distributeurs de tampons des toilettes des hommes dans ses locaux ? Quel rapport avec la question de la « liberté de parole » ou des « biais des modérateurs » ? Que ce soit par idéologie ou par volonté de donner des gages au strongman du moment afin de défendre leurs intérêts, la messe est dite : les géants de la tech sont prêts à tout sacrifier au nom du profit, en commençant par les plus faibles d’entre nous (les trans, comme toujours, n’étant que les canaris dans la mine). « Don’t be evil », l’ancien slogan de Google, était déjà de l’histoire ancienne, voici l’ère du « Be evil ».
Alors que faire, comme dirait l’autre ? Vaste question. Quitter les réseaux. X hier, Meta aujourd’hui. Convaincre vos proches de troquer WhatsApp pour Signal. Claquer 20 € chez un hébergeur indépendant pour avoir votre propre site web et ne plus dépendre des jardins fermés des GAFAM. Recréer des webrings, des communautés, des liens directs. Encourager les gouvernants, ici comme ailleurs, qui tentent de s’opposer au rouleau compresseur qui nous fonce dessus. Soutenir les infrastructures décentralisées d’aujourd’hui et de demain pour bâtir, un jour, un nouvel Internet qui appartiendra à celles et ceux qui le peuplent plutôt qu’à une poignée de centimilliardaires paranoïaques ne jurant que par la force. Et se serrer les coudes, car les temps qui viennent vont être rudes.
Si X est un cloaque de politiques et de journalistes qui se parlent en circuit quasi fermé, encerclés par des comptes passifs, des bots, des trolls et des militants (je caricature à peine), les plateformes de Meta (Facebook, Instagram, Whatsapp) sont quant à elles autrement mainstream. Touchez à la modération avec de telles audiences, et les dégâts seront terribles. Que ce soit pour l’accès à une information de qualité. Mais aussi pour garantir à chacun·e un espace sécurisé pour pouvoir s’exprimer sans crainte. Pour imaginer l’ampleur que pourraient prendre les dégâts, il suffit de repenser à quelques scandales ayant touché Facebook et le reste du groupe Meta
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Il est temps de se réveiller, individuellement et collectivement. Il est temps de boycotter massivement ces plateformes, dans tous les espaces possibles, et leur préférer des alternatives (numérique ou analogiques) qui nous respectent.
via Mastodon
Dans son rapport de résultats financiers du troisième trimestre 2023, dévoilé le 25 octobre, Meta indique une perte énorme de 3,74 milliards de dollars (environ 3,52 milliards d'euros). Et ce, uniquement pour sa division Reality Labs, chargée de développer le métavers et de produire du matériel de réalité augmentée et réalité virtuelle.
Pire, l'unité de recherche et de développement aurait été responsable d'une perte cumulée de 21,3 milliards de dollars (près de 20,07 milliards d'euros) en un an, selon le rapport de résultats du deuxième trimestre. Et on ne voit pas vraiment comment Meta pourrait inverser la tendance.
C'est quand même beau (non) d'avoir autant d'argent à perdre.
Surtout, le groupe dépense beaucoup pour mettre au point sa plateforme. La société a révélé qu'elle avait perdu plus de 9 milliards de dollars avec sa division Reality Labs -en charge du metaverse- depuis le début de l'année, dont 4 milliards sur le seul troisième trimestre. Et ce après avoir déjà brûlé 10 milliards de dollars en 2021. Ce n'est pourtant que le début, a averti la société lors de la présentation mercredi de ses résultats trimestriels.
Au-delà de la joie indicible que me procure le fait de voir Facebook brûler, je voulais juste placer mes 2 cents sur cette information : quand on s'entête à dépenser des sommes folles dans un projet que l'on sait voué à l'échec, uniquement parce que l'on pense que l'on a déjà trop dépenser pour s'arrêter, cela s'appelle le biais des coûts irrécupérables.
C'est absolument irrationnel ; posez la question à n'importe quel quidam à peu près sensé, il vous répondra qu'il ne fera jamais une chose pareille et pourtant, nous sommes tous amenés à nous comporter de cette manière, ou au moins à être tenté de le faire. Un exemple que j'aime beaucoup est celui des vacances au ski : vous réservez -assez cher- pour une location d'une semaine dans une station de ski. 3 jours avant le départ, vous vous cassez la jambe, ou bien la météo annonce, de façon absolument certaine, qu'il va faire le pire temps pourri dans ce coin de montagne depuis des décennies. Eh bien, même si au final vous n'y allez pas, vous serez au moins tenté d'y aller, juste parce que vous avez déjà payé et que vous ne voulez pas avoir "payé pour rien".
Et c'est justement ça qui est débile : que vous y alliez ou pas, la dépense est déjà faite, l'argent est déjà perdu !
C'est exactement ce qui est en train de se passer pour Facebook, qui ferait mieux d'arrêter les frais tout de suite, ou ce qu'il s'est passé pour le Concorde(exemple canonique cité dans quasiment tous les articles sur le sujet).
Ce biais s'appelle aussi l'aversion aux pertes : on attache plus d'importance à une perte qu'à un gain du même montant.
J'ai lu cette année C'est (vraiment?) moi qui décide, un livre de Dan Ariely, un professeur de psychologie ET d'économie (si, si, c'est possible) qui va de fait à contre-courant de la théorie économique libérale dominante (qui professe essentiellement, pour faire court, que les acteurs économiques sont rationnels). L'aversion aux pertes est abordée dans un des premiers chapitres du livre, avec l'exemple d'étudiants (américains) qui estiment le prix d'une place dans le stade universitaire pour la finale à un prix plutôt "rationnel" lorsqu'ils n'ont pas pu en obtenir une, et à prix complètement hors de toutes proportions lorsqu'ils ont pu en obtenir une et qu'on leur demande s'ils sont disposés à la vendre.
Bref, j'ai été beaucoup trop long, mais ça m'a donné l'occasion de vous parler d'un bouquin intéressant (vite lu, et vraiment facile à lire).
< C'est que démontre Frances Haugen c'est le fait que tout cela, toutes ces incidences délétères et parfois mortifères ou criminogènes sur les discours publics et les expressions privées, ne sont pas le fait d'un algorithme devenu fou ou d'une intelligence artificielle hors de contrôle, mais le résultat des choix consciemment effectués par la plateforme et ses ingénieurs pour maximiser sa rentabilité économique au détriment de tout le reste.
Traquer les traqueurs. Voilà, en résumé, quel est le plan de Mozilla pour 2022 avec sa nouvelle initiative, appelée « Facebook Pixel Hunt ». L’objectif est évident : il s’agit de chasser le « pixel Facebook » que le réseau social met à disposition des sites web pour qu’ils puissent obtenir des informations sur leurs visiteurs, mais qui sert aussi au site communautaire pour glaner des données.
Ainsi, j’ai voulu imprimer l’article Wikipedia “Criticism of Facebook” qui recense les innombrables scandales, mais j’ai reculé devant le volume : 45 pages format A4 !
C’est un véritable dossier qui nous rappelle à quel point il est fou de confier nos données personnelles, nos interactions sociales et notre accès aux informations à des gens avec aussi peu de scrupules et autant de casseroles aux fesses. L’article va de la fraude fiscale au génocide des Rohingyas en Birmanie (Source PDF), en passant par les expériences psychologiques à grande échelle sur les utilisateurs et à leur insu (Source), la discriminations envers les minorités raciales et les handicapés (Source), le financement d’organisations néo-nazi (Source).
Ah oui. Quand même.
via Seb
Cri du lapin :
46 États américains, ainsi que le district de Columbia qui est trop snob pour être un État, viennent de s'unir pour accuser Facebook d'abus de position dominante et souhaitent que lui soit désormais interdite toute acquisition d'un montant supérieur à dix millions de dollars.
Lu sur Le Cri du lapin #22 :
D'après ce long article du New York Times, la boîte à Zucky aurait, entre autres recherches sur les moyens de limiter la diffusion des fausses nouvelles et des messages haineux, enseigné à un algorithme de machine learning l'art d'identifier les messages « mauvais pour notre monde », ce qui en soi est déjà assez amusant. L'algo fonctionnait plutôt bien mais Facebook a finalement décidé de ne pas l'utiliser pour hiérarchiser la visibilité des posts. Pourquoi ? Tout simplement parce que les utilisateurs chez qui la visibilité des messages « mauvais » avait été diminuée se connectaient beaucoup moins à la plateforme, les contenus toxiques et partisans créant, comme on le sait désormais très bien, davantage d'engagement.
Vu sur le cri du lapin #19, la plus fabuleuse newsletter de tout le ouèbe :
Le 12 octobre dernier, Facebook a annoncé la modification de ses règles de modération, qui n'autoriseront plus les contenus niant l'existence de la Shoah. Attendez non, on va le dire autrement. Jusqu'au 12 octobre dernier, on pouvait impunément nier l'existence de la Shoah sur Facebook. Voilà, c'est mieux comme ça.
The threat this time resides in a combustible combination of two factors. The first is what’s known as Facebook’s “group recommendation engine,” which drives people to private Facebook groups. Experts have long warned that these private groups are festering grounds for disinformation and extremist activity, from QAnon to anti-vaxxers, and that the recommendation engine drives people unwittingly into them.
via Le cri du lapin #18
Le sale job des personnes qui font de la modération sur Facebook -donc il y a de la modération sur Facebook, mais Facebook ne veut surtout pas que ça se sache- et qui se tapent des stress post-traumatiques.
(version longue de l'extrait : https://invidio.us/watch?v=kv8RFAphI4Q&dark_mode=true&local=1&nojs=0&player_style=youtube&quality=dash)
Titre du reportage : "Au secours, mon patron est un algorithme". J'ai bien envie de le voir. Vidéo ici : https://www.france.tv/france-2/cash-investigation/1066737-au-secours-mon-patron-est-un-algorithme.html
« Leur contrôle insidieux de nos vies numériques sape le fondement même de la vie privée et c’est l’un des défis majeurs de notre époque en termes de droits humains », a déclaré Kumi Naidoo, secrétaire général d’Amnesty, cité dans un communiqué. « Google et Facebook ont progressivement rogné le respect de notre vie privée. Aujourd’hui nous sommes piégés. Soit nous nous soumettons à cette vaste machine de surveillance – où nos données sont facilement utilisées pour nous manipuler et nous influencer – soit nous renonçons aux avantages du monde numérique. »
Soit on se démerde sans eux ? Chiche ?
Je ne sais pas si c'est une tendance de fond, mais les collègues parents d'ado avec qui j'en discute me disent tous plus ou moins la même chose : Facebook, pour les jeunes, c'est ringard (je note que Ecrans.fr l'avait prédit il y a +/- 10 ans), ils n'y vont plus, c’est le réseau de leurs parents... (après, mes collègues n'ont pas valeur de sondage d'opinion !)
Si vous n’êtes pas aussi extrémiste que moi, il est probable que votre boîte mail soit bourrée jusqu’à la gorge, que votre inbox atteigne les 4 ou 5 chiffres. Mais de ces milliers de mails, combien sont importants ?
Plus concrètement, combien de mails importants avez-vous perdus de vue parce que votre inbox a été saturé par ces mailings ? L’excuse est toujours valide, le mail de votre collègue est bien dans les spams. Tout votre inbox est devenu une gigantesque boîte à spams.
Ceux qui me suivent depuis longtemps savent que je suis un adepte de la méthode Inbox 0. Ma boîte mail est comme ma boîte aux lettres physiques : elle est vide la plupart du temps. Chaque mail est archivé le plus vite possible.
Screugneugneu, je sais que je suis de mauvaise foi, mais il m'agace. Son côté prophète de l'inbox 0, ça me saoule. Grave. Moi aussi je sais gérer ma boîte mail. Et si Facebook le gêne autant, c'est pas compliqué : qu'il quitte Facebook ! (mais je suppose que ça nuirait à son personnal branling).
D'accord sur deux points :
1/ le message RGPD, que je me note :
En vertu de la loi RGPD, pourriez-vous m’informer de la manière par laquelle vous avez obtenu mes coordonnées et effacer toutes données me concernant de vos différentes bases de données. Si vous les avez acquises, merci de me donner les coordonnées de votre fournisseur.
2/ cette phrase, même si je m'efforce de l'étendre à ma vie en général (et c'est pas toujours facile) :
Ne soyez pas agressifs. Ne jugez pas. N’essayez pas d’entrer dans un débat (je l’ai fait au début, c’était une erreur). Contentez-vous du factuel
via Seb
« Vous vous demandez pourquoi je pense que Facebook a trop de pouvoir ? Commençons par leur capacité de mettre fin à un débat sur la question de savoir si Facebook a trop de pouvoir », a-t-elle écrit dans un tweet.
Ah ah, bien joué. Je ne serais pas autrement surpris d'apprendre qu'elle savait que sa publicité serait retirée, et qu'elle l'a fait sciemment, laissant Facebook, cette grosse bête algorithmique aveugle, tomber dans le piège.
La photographe Romy Alizée a vu son compte Instagram fermé après la publication d'une photo. Elle s'insurge contre la politique de contrôle des plateformes qui vise avant tout le corps des femmes.
Encore une. Alors oui, on ne peut que être d'accord avec son combat, mais ne se trompe t-elle pas de moyens ? Plutôt que de vouloir à tout prix publier tout ce qu'on veut sur Facebook, Instagram et tutti quanti, pourquoi ne pas comprendre une bonne fois pour toute que ces mastodontes ne plieront jamais, ou alors seulement lorsque leur nombre d'abonnés passera en-dessous d'un seuil critique ?
Vous voulez être libres ? Quittez Facebook !