Il n’y a pas de masques ni de tests dans les hôpitaux pour faire face à la pandémie, mais les autorités déploient des moyens gigantesques pour surveiller et réprimer. Des drones sont utilisés dans de nombreuses villes pour traquer les personnes qui sortent de chez elles, et les menacer avec des hauts parleurs. Des scènes qu’on croirait sorties d’un mauvais film de science fiction.
Source : http://www.davduf.net/carnet-d-un-confine-coronavirus-2020-jour14
Alors que les associations et les personnes concernées alertent depuis plusieurs semaines sur les conditions sanitaires en rétention, ainsi que sur l’illégitimité de l’enfermement en raison de la suspension des vols internationaux, le Conseil d’État a refusé la fermeture temporaire des CRA à l’issue d’une audience tenue le 26 mars.
Voilà.
Face au choix à faire entre ceux qu’on pourra sauver et ceux qu’on devra laisser mourir seulement parce qu’il n’y pas assez de place ou d’équipements.
[...]
Personne n’est dupe de l’héroïsation de la profession : ils peuvent se les garder leurs médailles ! Nous voulons des moyens pour travailler et des salaires décents pour tous et toutes ! Même sentiment mélangé par rapport aux applaudissements tous les soirs à 20 heures. C’est un soutien apprécié, mais on ne s’en contentera pas. On demandera des comptes au gouvernement, massivement, pas seulement les syndicats car pour beaucoup le temps de la résignation est révolu. Cela nous fait chaud au cœur, mais c’est tellement dérisoire !
Quant à la débauche de moyens technologiques – TGV, avions, hélicoptères médicalisés parcourant la France pour évacuer les malades - mise en scène par le gouvernement avec la complicité des chaînes de télévision, elle n’est qu’un écran de fumée supplémentaire pour minimiser la gravité de la situation et contre-attaquer face aux critiques de plus en plus fortes sur la gestion calamiteuse de la crise. Ce barnum va concerner une partie infime de malades, vingt personnes par-ci, trente par-là, alors qu’à Mulhouse il y a déjà bien longtemps que les équipes médicales sont obligés de faire le tri parmi ceux qu’ils pourront sauver. De plus, les établissements dans les régions moins touchées par l’épidémie doivent aussi se préparer au pic. C’est la même chose avec le pathétique appel au secours lancé dans les médias par Martin Hirsch. Le même patron de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris qui appliquait hier consciencieusement les directives gouvernementales de démantèlement de l’hôpital public.
Je me note ça là tant que j'y pense, parce que ça m'a traversé l'esprit hier soir : au-delà de la polémique sur le thème de "on applaudit les soignants aujourd'hui, mais ça fait des années que les hôpitaux sont dans la merde" - et je trouve ça d'autant plus dérangeant parce que ça me donne l'impression qu'"on" les soutient d'autant plus parce qu'on a peur... mais bref. Je trouve qu'il y a quelque chose du rituel païen dans le fait de faire du bruit pour conjurer la peur, chasser le mauvais esprit... Je suis sûr qu'il se trouve au moins un anthropologue, un sociologue, qui a un avis éclairé sur la question, et j'aimerais bien le connaître.
Des morts et des effets toxiques cardiaques ont été recensés dans plusieurs hôpitaux français chez des personnes positives ayant pris de l'hydroxychloroquine.
Ah, les cons.
Il propose donc, après l'épidémie, de mettre en place "une prime de reconnaissance nationale, et qu'on se pose la question de ces métiers dont on a besoin physiquement."
Bref; les bullshits jobs.
On l'avait déjà constaté avec la Chine, le phénomène semble se confirmer en Europe : le confinement, c'est bon pour l'environnement (la pollution atmosphérique liée aux bagnoles en tout cas... les fermes de serveurs qui font tourner Google, Facebook, le cloud Amazon, Netflix... continuent de produire du CO2, elles).
Vous l'avez sûrement déjà tous entendu à la radio ce matin, vu à la télé ou lu sur le web, voilà pourquoi je ne prends pas de précautions particulières : une jeune fille de 16 ans est décédée du Covid-19 (après avoir subi un test négatif a priori, à voir si ça aurait changé quelque chose).
Si nos enfants se mettent à être en danger, alors que ça fait des semaines qu'on nous explique que ça ne tue que "les vieux et les personnes fragiles" (ce qui n'est pas complétement vrai d'ailleurs), alors j'ai vraiment raison d'avoir peur.
Ça m'a électrisé pour la journée ^^
Pas Gorafi...
Il est 5 heures du matin, dans le secteur de Palaiseau (Essonne), au niveau d'un rond-point stratégique au bord de la nationale 20.
Alors, c'est idiot, mais aa me fait irrésistiblement penser à :
- '' Faut arrêter en priorité les trafiquants, drogués et dealer. "
- " Faut arrêter en priorité les trafiquants, drogués. "
- " Et dealer ! "
- " Mais ça y'est chef je leur ai dit ! "
Reporters sans frontières (RSF) démontre que, sans le contrôle et la censure imposés par les autorités, les médias chinois auraient informé bien plus tôt le public de la gravité de l’épidémie de coronavirus, épargnant des milliers de vies et évitant peut-être la pandémie.
Si le bilan des contaminations et des décès dus au coronavirus en France s'alourdit chaque jour, il serait au final assez éloigné de la réalité, compte tenu du mode de recensement des victimes. Basé uniquement sur les chiffres hospitaliers, il exclut en effet notamment les décès en Ehpad et à domicile...
Une première chronologie "à chaud" de la crise du coronavirus.
TL;DR : les gouvernements, dont le gouvernement français, avaient les informations nécessaires au pire le 30 janvier.
Autre point fondamental : les chinois ont très bien travaillé, modulo les atteintes aux droits humains (ce n'est pas le sujet, et on est en train de montrer qu'on est capable d'être aussi bons qu'eux en la matière... mais sans les résultats sur l'épidémie) : on dépiste le plus de monde possible, et on remonte la chaîne.
Et il faut arrêter avec l'image du pays sous-développé :
Dans son interview par le New York Times, Bruce Aylward raconte que les hôpitaux vus par l’équipe de l’OMS sont équipés massivement en respirateurs artificiels et en machines ECMO, qui permettent une oxygénation du sang lorsque les poumons n’y parviennent plus. Les experts invités sont stupéfaits, les hôpitaux semblent mieux équipés que des centres spécialisés en Suisse ou à Berlin.
La conclusion du rapport de l’OMS est sans appel : « Ces mesures [prises en Chine] sont les seules à l’heure actuelle qui ont prouvé qu’elles pouvaient interrompre ou minimiser les chaînes de transmission chez les humains.
Un extrait de la conclusion :
Le 2 mars, l’analyse du rapport de la visite de l’OMS montre deux choses : il est possible d’arrêter la course folle du virus ; la manière de le faire est de procéder à des dépistages massifs et ultra-rapides, avec traçage et isolement immédiat des contacts des personnes positives.
Je vous rappelle ce qu'on faisait, en Europe et en France, aux alentours du 2 mars ?
Les deux derniers paragraphes sont terribles (et rétrospectivement terrifiants) :
Le 28 février est publié le rapport crucial de l’OMS sur ce qui a été fait en Chine. Il montre que seule une mobilisation de « tout le gouvernement » (all-of-government) et « toute la société » (all-of-society) permet de vaincre l’épidémie. On se souviendra sans doute longtemps du fait que le lendemain, le samedi 29 février d’une année bissextile, le premier ministre Édouard Philippe a décidé de détourner un conseil des ministres « exceptionnel dédié au Covid-19 » pour annoncer l’utilisation de l’article 49.3 de la Constitution afin d’adopter sans vote la réforme des retraites. Alors que l’OMS démontrait l’urgence de l’action collective et solidaire face à une pandémie bientôt incontrôlable, le gouvernement s’est dit que le plus urgent était de profiter de la dernière fenêtre de tir pour faire passer son projet de loi tant décrié.
Lorsque le temps de la justice et des comptes sera venu, il nous faudra comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle : une pénurie absolue de masques, ne permettant pas de protéger convenablement les soignant.es qui sont au front – qui sont infecté.es, et infectent à leur tour –, bien trop peu de tests de dépistage (ce qui semble avoir été une décision assumée, y compris aux temps où l’épidémie était encore balbutiante en France, et n’est pas une fatalité en Europe, comme le montre l’exemple de l’Allemagne), et finalement la décision de dernier ressort de confiner toute la population pour une période indéterminée, une arme non discriminante qui est terriblement coûteuse en termes humains, sanitaires (santé mentale) et économiques.
Si les masques ne protègent pas, pourquoi les soignants en ont-ils besoin ? Ce n’est pas pour éviter d’infecter les malades comme lors d’une opération chirurgicale, c’est bien pour se protéger des malades déjà infectés. Si la priorité des masques est évidemment pour les soignants qui en manquent cruellement, et personne ne le contestera, qu’on ne nous dise pas que le masque ne protège pas. Mais de qui se moque-t-on ?
Ah, ça commence à se voir qu'on s'est foutu de la gueule du monde ?
C'est quel niveau de gerbe là, même si ça ne m'étonne même pas ?
Vous voyez ce qui est en train de se passer là ?
Vous avez enfin la trouille ?
Vous comprenez enfin que ce ne sont pas juste les gauchistes-écolo-pas blancs qui sont menacés par les abus de pouvoir de policiers sur lesquels on exerce plus aucun contrôle ?
via OpenNews
Je suis en colère et j’ai la rage envers ces hommes et ces femmes politiques qui n’ont eu de cesse de détruire notre système social et de santé, qui n’ont eu de cesse de nous expliquer qu’il fallait faire un effort collectif pour atteindre le sacro-saint équilibre budgétaire (à quel prix ?) ; que «les métiers du soin, c’est du sacrifice, de la vocation»… Ces politiques qui aujourd’hui osent nous dire que ce n’est pas le temps des récriminations et des accusations, mais celui de l’union sacrée et de l’apaisement… Sérieux ? Vous croyez vraiment que nous allons oublier qui nous a mis dans cette situation ? Que nous allons oublier qui a vidé les stocks de masques, de tests, de lunettes de sécurité, de solutions hydroalcooliques, de surchaussures, de blouses, de gants, de charlottes, de respirateurs (de putain de respirateurs tellement primordiaux aujourd’hui) ? Que nous allons oublier qui nous a dit de ne pas nous inquiéter, que ce n’était qu’une grippe, que ça ne passerait jamais en France, qu’il ne servait à rien de se protéger, que même pour les professionnels, les masques, c’était too much ?
A lire. A lire en entier et sans respirer pour ne pas hurler.
via OpenNews
Je pense que je suis aigri, en mode lendemain de garde (24h d'affilée en ayant peu dormi). Mais globalement je ne supporte pas les gens qui applaudissent : les hôpitaux n'ont pas attendu le Covid-19 pour être dans la galère, en surbooking permanent.
Voilà. Tout est dit. Il est belge, mais c'est la même chanson en France.
Oh, et ne comptez pas sur moi pour faire le guignol à al fenêtre le soir à 20h.