Un milliard de masques ! C’est le besoin estimé par l’Agence nationale de santé publique, en mai 2019, en cas de pandémie grippale affectant 30% de la population. Dans le document retrouvé par Santé & Travail, les experts recommandaient aussi de constituer des stocks minimaux, avec un système de distribution simple.
Je pense qu'il s'agit, c'est le cas de le dire, de la phrase de trop qui va le conduire à l'isolement définitif.
A lire, en entier.
Pénurie cachée, consignes sanitaires fantaisistes, propositions d’importations négligées, stocks toujours insuffisants, entreprises privilégiées : basée sur de nombreux témoignages et documents confidentiels, une enquête de Mediapart révèle la gestion chaotique au sommet de l’État, entre janvier et aujourd’hui, sur la question cruciale des masques. Et les mensonges qui l’ont accompagnée. Les soignants, eux, sont contaminés par centaines.
Grâce aux partisans de l’économie de l’offre et aux adorateurs de Milton Friedman, qui ont dicté la politique fiscale américaine depuis quarante ans, nous vivons désormais dans une version high-tech du capitalisme du XIXe siècle… alimentée par un puissant sous-texte de darwinisme social. Dans quelque temps, quand nous serons tous poussière, je ne serais pas surpris que les historiens du futur écrivent : « Lorsqu’une menace virale invisible déferla sur le pays au début de l’année 2020, elle montra avec une clarté impitoyable à quel point le rêve américain autrefois tant vanté était devenu moribond.
En changeant à peine quelques mots, ce texte est tout aussi valable pour la France.
L’entreprise Isinnova, spécialisée dans l’impression 3D, a proposé d’adapter le modèle Easybreath de Decathlon pour pallier la pénurie de respirateurs dans les hôpitaux lombards.
On ne peut que saluer la performance, mais c'est d'une tristesse...
Et pendant ce temps en France... non, c'est pas joli-joli de tirer sur une ambulance.
Et pendant ce temps, les conseillers de Macron essaient de le faire passer pour un roi thaumaturge, tandis qu’il fait son show sur la résilience en cosplay Clemenceau derrière son masque canard. On n’a pas le temps de compter les conneries tant elles s’accumulent. «Certains de ceux qui ont tenu les bureaux de vote au premier tour des municipales sont en train de mourir», m’écrit une consœur de la région parisienne. Et Edouard Philippe, royal, avec son «Je ne laisserai personne dire qu’il y a eu du retard sur la prise de décision s’agissant du confinement». On ne sait pas où commencer, mon pauvre. Comme on dit chez nous, «il n’y a rien qui va dans ce tweet». Cette posture de matamore ridicule serait presque touchante. Vous n’avez pas encore compris comment ça va finir vos bravades ? «Qu’ils viennent me chercher !» et ensuite t’es obligé d’envoyer la troupe sur la populace tous les samedis… Tu n’as pas à laisser dire ou pas. «Ne parlez pas de violences policières. Ces mots sont inacceptables dans un Etat de droit.» On n’est pas dans 1984 et tu n’es pas au Ministère de la Vérité. Tu es sur le radeau de la Méduse où ça refoule la transpète. Parce que pendant que vous envoyiez les Français voter, nous avons été nombreux, soignants de tous bords, à crier que c’était une folie et qu’il fallait rester chez soi.
« Lundi 30 mars 2020, quand j’ai lu dans Ouest-France que le CHRU de Brest lance un appel à volontaires pour aider les hôpitaux parisiens, mon sang n’a fait qu’un tour ! C’est ce que j’ai fait mais on me le reproche. Mon contrat avec l’hôpital de Brest n’est pas renouvelé à partir du 5 avril. Pour abandon de poste ! C’est odieux ! » Cette jeune femme de 25 ans est amère et en colère, dégoûtée par ce qu’elle considère comme une injustice en pleine épidémie de coronavirus. Et un manque de gratitude.
Voilà voilà... Mais sinon, pensez à applaudir ce soir à 20h, ça lui fera une belle jambe.
Le président délégué du Medef s’alarme déjà d’un « changement d’attitude brutal » des salariés
"Merde, les gueux se révoltent"
Plusieurs déjeuners se sont ainsi tenus dans le Salon Paulin : la table y est plus grande. Le service à la française, où chacun pioche dans les plats, a été remplacé par le service à l’assiette, plus hygiénique.
AH LA LA, LES PÔVRES GENS.
Le mot était faible. À l’évidence, « connards », ça n’était pas suffisant — pour tout dire, on le pressentait. Il faut bien l’avouer, le vocabulaire nous met au défi. C’est qu’il y a trop de choses à saisir pour un seul mot.
On lit de plus en plus : « criminel »
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« Je ne comprends pas : pourquoi n’ont-ils pas encore déclenché le plan pandémie ? On perd un temps précieux ». Ce sont les propos du directeur du SGDN (Secrétariat général de la défense nationale) qui sortent maintenant — on apprend surtout qu’ils ont été tenus le 29 janvier.
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Les Champs-Élysées ? mais bien sûr Gaspard, tu sais qu’on s’y est beaucoup assemblé ces derniers temps. Alors pourquoi pas : le personnel soignant, après s’être relevé de son épuisement, descendra, une nouvelle fois, dans la rue. Il y sera rejoint par les caissières, les livreurs, les manutentionnaires, les routiers, les éboueurs, les sacrifiés de la production, par tous ceux dont les gouvernants n’ont pas compté la santé, et finalement la vie. Tous y recevront l’hommage de la population. Et peut-être celle-ci les rejoindra-t-elle pour un cortège sans précédent — La Résiliation En Marche. Le préfet Lallement fera bien de ne pas envoyer ses brutes. Ce qui se passera alors ? Sacré mystère. De la politique en tout cas, à coup sûr.
Que pense-t-il du discours très martial de l'exécutif depuis deux semaines ? "J’ai personnellement toujours eu beaucoup de mal avec les rhétoriques du rassemblement : la qualité de la démocratie consiste à civiliser les divisions, à les faire rentrer dans un cadre acceptable qui sert une aventure commune. Le rassemblement, dans l’Histoire, on en a eu des preuves particulièrement sinistres. Je voudrais qu’on en sorte plus civilisés, pas nécessairement tous d’accord ou rassemblés."
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Les Français ne sont pas un troupeau de moutons ou une garderie d’enfants. Ils n’ont pas nécessairement besoin d’être d’abord protégés ou rassurés, ils ont besoin d’une autorité politique qui leur disent la vérité, et qui les traite comme des citoyens adultes.
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Ce genre de choses est acceptable en période de pandémie, mais pour en sortir ça suppose une conscience civique et une force morale chez les dirigeants, dont je ne les crois pas nécessairement capables.
François Sureau, déjà multi-évoqué dans ce Shaarli.
Autrement dit, le décret pris par le gouvernement décide des magasins qui peuvent rester ouverts et de ceux qui doivent fermer. Dès lors, la police n'a pas son mot à dire sur ce que vous y achetez.
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Les autorités, elles, reconnaissent parfois des maladresses, mais appellent à tenir compte du contexte. "Une personne qui passe dix fois acheter un article, même de première nécessité, ça fait beaucoup", explique-t-on du côté de la police.
Alors déjà, "maladresses", au vu des infos que l'on a vu passer ces derniers jours, c'est une litote, pour ne pas dire autre chose. Ensuite, ces gens ont-ils pensé que tout le monde n'a pas les moyens (financiers et logistiques) de stocker des "produits de première nécessité" pour 15, voire seulement 8 jours ?
Il y a eu du retard sur les mesures de confinent. Maintenir le 1er tour des élections municipales était criminel. Les stocks de LBD et de grenades sont pleins, ceux de masques, de tests, et de tenues de protection sont vides.
Oui, la démarche scientifique c'est long et rarement spectaculaire. Oui, l'éthique peut sembler accessoire en temps de crise. Mais c'est la seule voie qui marche et qui nous garantie contre notre pire ennemi : nous même.
J’ai l’impression que ma journée consiste à manger et puis attendre que ce soit acceptable de remanger.
"Vis ma vie d'oisif"
Les incapables séculaires et les menteurs de profession, les méprisants encravatés et les goguenards médiatisés, les architectes des misères sociales et planétaires, les défenseurs des inégalités et des injustices, les petits courtisans serviles de la finance, fabulistes et moralisateurs, les penseurs de printemps et les arracheurs de mains, les avides de pouvoir et les protecteurs de carrières, tous psychologiquement infectés par le virus de la domination de classe, confinés dans leur milieu, dans leurs familles idéologiques, dans leurs cloaques décisionnels, dans leur discours et leurs conflits d’intérêt, obsédés par leurs convictions et leurs contrats, malades de jalousie, d’envies, de stratégies et de projets, accrochés au radeau de leur mission, bégayant des françaises-français à longueur d’antenne mais barbotant innocemment dans la crasse ignorance de la réalité de ces françaises-français, petits provocateurs et curés de bas-étage, emmerdeurs publics et pourfendeurs de libertés, profiteurs d’indemnités et calculateurs de bénéfices, planqueurs de pognon et donneurs de leçon, minuscules penseurs au verbe lourd d’insignifiance, tous maintenant, vont et viennent sur le pont de leur Titanic, affolés comme des mouches dans un nuage d’insecticide, criant leur bonne foi, jurant devant le peuple qu’ils ont embarqué par abnégation pour lui, tous maintenant, ne s’étant préparés au pire, cherchent à qui mieux mieux la chaloupe ou la bouée de sauvetage, hurlent SOS et promesses pour amadouer encore, faire croire à l’histoire, chercher l’ultime soutien, mais de chaloupe point et de bouée encore moins.
[...]
C’est un spectacle revigorant que les peuples devraient applaudir chaque jour jusqu’à disparition complète du décor.
Je ne partage malheureusement pas cet optimisme, mais belle plume.
Pas de confinement pour nos droits.
Trois constats alarmants :
1/ le “Business As Usual” est omniprésent alors qu'il est inacceptable dans un contexte de crise sanitaire,
2/ de nombreux employeurs n'assument pas leurs responsabilités en matière de santé et de sécurité,
3/ le gouvernement veut décider seul, par ordonnances, de restrictions des droits des salarié·es (congés, RTT, temps de travail…) et des modifications non justifiées au Code du Travail et à des droits fondamentaux.Mais, sans la possibilité d’alerter, sans droit de refus et d'alternative, il est parfois compliqué de faire face aux pressions économiques et politiques.
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