Le dernier strip de Boulet ; excellent encore une fois : "On nous envoyait au catéchisme, et après on nous disait que Dragon Ball Z était trop violent"
J'avais vu passer un tweet où il l'annonçait plus ou moins. Voyons voir maintenant ses raisons.
EDIT : comme toujours bon billet, bien écrit, bien argumenté. Raisons évoquées pour ne pas rouvrir les commentaires sur son blog :
J'adore quand Maître Eolas dit la même chose que moi http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?onGslA
Le problème, c'est qu'il le dit 100 fois mieux que moi ^^
"Je suis convaincu qu’il faut le laisser s’exprimer pour qu’enfin son public comprenne que ses propos ne dérangent pas ni ne font pas peur. Ils font en réalité le même effet que les blagues racistes que raconte le vieil oncle un peu bourré à chaque réveillon. On est juste un peu gêné pour lui, et un poil agacé quand il attaque sa 12e blague de la soirée. Sur le fond, il faut le laisser exprimer ses convictions pour pouvoir lui répliquer. Comment apporter la contradiction à ceux qu’on interdit de s’exprimer ? C’est pour cette même raison que je regrette l’incrimination du délit de négationnisme et que je suis soulagé que la récente tentative d’en créer un similaire à l’égard du génocide arménien ait échoué. On peut trouver les plus beaux arguments, les plus vibrants panégyriques pour justifier un texte qui se résume en un mot : la censure. Et qui ne sert à rien, objectivement : Faurisson a atteint la notoriété grâce à la loi Gayssot, et ses condamnations n’ont pas eu le moindre effet sur ses convictions hormis de les renforcer dans le même délire de persécution : si on veut le faire taire, dit-il, c’est parce qu’il dit une vérité qui dérange, et qui dérange qui, suivez mon regard. Je comprends que pour les survivants de la déportation, et surtout leurs descendants maintenant, qui ont reçu en héritage cette obligation de garder vivante la flamme du souvenir et qui vouent à cette mission une dévotion à la hauteur des souffrances endurées par les leurs, entendre ces faits moqués soit une douleur insupportable. Mais nul ne les oblige à aller aux spectacles de Dieudonné. Je ne sais pas si ce comédien est une cause perdue ou s’il pourra un jour revenir à la raison. J’en doute, ayant un jour eu l’occasion d’entendre une tentative de discussion entre les avocats de la LICRA et lui au sortir d’une des audiences. Un dialogue impossible comme on n’en voit d’habitude que dans les couloirs des juges aux affaires familiales. Mais ses thuriféraires, eux, ne sont pas tous perdus pour la Raison. Il faut prendre le temps de discuter avec eux, en leur faisant d’emblée comprendre que la théorie du vaste malentendu selon laquelle Dieudonné ne dit pas du tout ce qu’on lui fait dire ne prend pas, et pourquoi son discours tient plus du délire psychiatrique que de l’analyse géopolitique.
Oh, et sa supposition sur l'origine de la quenelle dans Dr Folamour est tout simplement excellente... et ne laisse plus aucun doute sur l'accointance de ce geste avec un salut nazi.
"Ce geste, et c’est fait pour, fait immanquablement penser à un salut fasciste que la main gauche maintient vers le bas, geste volé au Docteur Folamour, personnage du film éponyme de Stanley Kubrick, interprété par Peter Sellers. Le Docteur Folamour (Strangelove, transposition de son nom allemand Merkwürdigliebe) est un ancien savant nazi récupéré par les américains pour travailler comme conseiller scientifique du président. Il n’a rien perdu de ses anciennes idées et parvient difficilement à se contrôler quand il évoque une possible catastrophe nucléaire contraignant l’humanité à repartir sur la base d’un échantillon soigneusement sélectionné. Sa jubilation à cette idée est telle que sa main droit échappe à son contrôle et fait un salut nazi, alors que sa main gauche, qui seule semble lui obéir, se saisit de son bras droit et le force à redescendre. Par la suite, le docteur Folamour coince son bras droit dans la roue de son fauteuil roulant et continue à le contrôler de la main gauche, effectuant une quenelle parfaite. Voici la scène en question, à 01:05. La “quenelle” est visible à 01:42."
Lien vers la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=JaTR46iU1Do
J'aime. Je pense à ce genre de texte quand je vais moi aussi, chez le docteur.
Je me reconnais tout à fait dans cette description, d'autant plus que je me rends compte que j'ai à peu près le même âge que lui : "J’ai toujours été déchiré entre les deux générations qui m’encadrent, les digital native, que je ne suis pas, et les digital migrants, que je ne suis pas non plus. J’aime bien imaginer les gens de ma génération comme les digital colons, comme ces hollandais qui partageaient la dinde dans une Amérique encore hostile mais qu’ils n’avaient pas vraiment contribué à découvrir."
Merci Bronco d'avoir fait remonter ce fameux, excellent et de plus en vrai, hélas, article de 2013. [note mise à jour le 07/11/2018]
Pas tout neuf, mais ça encombre ma barre de favoris Firefox depuis plusieurs semaines. Théorie intéressante. Article sauvegardé dans mon respawn.
Bon texte.
"Je ne vais pas vous dire de vous tenir à l'écart de la technologie, moi même j'en suis un grand admirateur. Non, mais réfléchissez à deux fois quand de nouvelles choses arrivent sur le marché. Comment est-ce que je faisais avant ? Est-ce que l'ancienne solution est vraiment dépassée ? Et surtout : niveau sécurité, ça dit quoi ?
Plus ça va et plus on conditionne la société. On nous prend pour des enfants de 5 ans pas capables de retenir un code de carte bleue de 4 chiffres (voir 6 pour certaines) ou encore même plus en mesure de se déplacer par nos propres moyens (et ce même en dessous de 70 ans)."
Une très belle chronique -bien qu'un peu personnelle et moins drôle que d'habitude- de l'ornithorynque. Avec en prime, la recette pour élever les enfants ?
"Ils ne se sont pas sacrifiés pour nous, je ne crois pas. Ils ne se sont pas saignés aux quatre veines. C’est bien mieux que ça. Une transfusion sur la durée.
Ils n’ont pas fait de nous des adultes qui ne se trompent jamais. Ils n’ont pas fait de nous des anges, Dieu merci. Ils ont fait de nous des gens capables de distinguer le bien du mal et d’agir en conséquence. Ils nous ont transmis beaucoup de choses que je n’ai pas tellement envie d’appeler des valeurs. Disons des repères, avec ce qu’il faut de flou autour pour ne pas en faire des barrières. Quelques bornes difficiles à décrire et qui ont eu leur influence sur ce que nous sommes, ma sœur et moi. Et qui n’est pas à leur image.
Encore heureux d’ailleurs : les copies conformes n’ont guère d’intérêt. Nous sommes différents d’eux, nous sommes différents l’un de l’autre. Mais il me semble qu’on trouve quelques points communs, dans ce cercle de famille-là. Un certain mélange de distance, de pudeur et d’humour. Une certaine forme de curiosité, une certaine forme d’intelligence humaine qui en vaut d’autres, ni plus ni moins. Mais c’est un bagage utile."
Punaise, j'adore ce blog. Ou comment mêler avec brio présentation d'un jeu vidéo et précisions historiques -en l'espèce, la guerre et les batailles au Moyen-Age- en s'appuyant notamment sur le célèbre "Le dimanche de Bouvines" de Georges Duby. Voilà qui m'a donné envie et de jouer au jeu, et de lire le livre. Beau doublé.
via http://strak.ch/liens//?cdE3Dw
EDIT : produit d'une rcherche expresse sur Google
http://www.canardpc.com/article-110-crusader_kings_2___petit_guide_du_debutant.html
Très intéressant article de Jean-no sur comment le catholicisme a transformé le meurtre d'Hypathie (philosophe d'Alexandrie du IVème siècle) par des chrétiens fanatiques en la légende dorée de Sainte Catherine, qui n'aurait donc même pas existé...
"Si des histoires qui veulent rendre justice à Hypatie sont courantes, la première institution à utiliser son histoire fut l’Église. Il faut dire que la fureur abominable de ces chrétiens qui se mettent en bande pour humilier, torturer, assassiner et démembrer une femme dont le seul crime est d’avoir été belle et intelligente ne fait pas spécialement honneur aux appels à la tolérance et à l’amour universel dispensés par le fondateur de leur religion."
Analyse pertinente d'André Gunthert sur ce que ce fait divers tristement banal peut avoir de révélateur sur les mutations en cours dans notre société. Bon pendant à l'article d'Eolas.
"Peut-on imaginer expression plus limpide de la désagrégation du lien social que la revendication de se faire justice soi-même – qui est précisément le contraire de la justice? Maître Eolas nous rappelle gravement que la légitime defense ne couvre pas les atteintes aux biens, et que la justice se doit d’être équilibrée et dépassionnée. Mais ce que disent les soutiens du bijoutier de Nice est plus brutalement qu’ils ont perdu toute confiance dans le fonctionnement normal des institutions supposées donner sens à la vie démocratique. Il n’est pas certain qu’un appel à la raison suffise à les faire changer d’avis.
Alors que le gouvernement remet pour la quatrième fois sur le métier une réforme des retraites qui trahit la parole donnée et confirme la destruction du salariat, alors que tout indique que l’impôt épargne les plus riches et que la rente a repris le dessus, alors que le formalisme républicain n’arrive plus à dissimuler l’abandon des populations par les élites, le principal secours que trouvent aujourd’hui les membres de nos sociétés est celui des solidarités individuelles, familiales ou locales."
Je n'ai pas trop suivi cette histoire de veilleurs, il m'a semblé comprendre que c'était un autre avatar de la manif pour tous, pantalonnade qui m'agace au plus haut point. Ce billet d'Authueil me le confirme et montre en quoi les participants de ce mouvements refusent de s'inscrire dans le jeu démocratique, ce qui ne plaide pas en leur faveur.
Alternatives libres aux logiciels propriétaires/privateurs. Cela fait un moment que j'ai cette page en favoris, et elle s'enrichit sans cesse. Quelques pistes à explorer pour mon objectif à (très) long terme "me libérer de Google" (et des autres)
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Il faudra que je prenne le temps de lire ses articles sur Bitcoin...
Je crois que c'est le billet qui a été le plus partagé sur les différents Shaarli aujourd'hui. Il le mérite,il n'y a pas un mot à en retirer. La parallèle entre Manning, Swartz, Assange et Snowden n'avait, à ma connaissance, pas encore été fait, et il est remarquable de lucidité. La dernière phrase de l'un des derniers paragraphes "déchire" (je ne vois pas d'autres mots) et explique rétroactivement le titre : "Les citoyens de l’humanité, rebelles apatrides, s’opposent à leurs propres dirigeants démocratiquement élus."