"je trouve que la trame est envahie par les détails inintéressants, par une multitude de personnages secondaires qui n'apportent rien"
J'ai l'impression que Cyrille Borne n'a pas tout compris à Pratchett ^^
Procrastination est le premier que j'aie lu, et il ne doit pas être si mauvais que ça, puisqu'il m'a donné envie de lire les autres !
"une critique du Seigneur de Anneaux de 1958, par Louis Bouyer, un prêtre amateurs de littératures de l'imaginaire"
via Riff http://www.seven-ash-street.fr/links/?sninzw
"On sait cependant que de nombreux romans — parfois de grande qualité — ne trouvent pas plus de 100 lecteurs, et ce, chez des grands éditeurs. Alors, à quoi bon être publié dans ces conditions ? L'édition traditionnelle ne garantit plus un lectorat à la plupart de ses auteurs, ce système est devenu absurde."
=> l'auteur propose un nouveau concept, et une nouvelle économie du livre : 1/ le "blogbook", 2/l'ebook, 3/ (éventuellement) le livre papier
Pas trop compris le concept de "blogbook". C'est un blog quoi, mais où chaque entrée est un chapitre du livre.
Aaaah. voilà une nouvelle qu'elle est bien.
Pour mémoire : http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?PGpF-A
J'aime bien les petites histoires de Baptiste Beaulieu, et la façon dont certaines se répondent. Il en joue d'ailleurs, un peu comme s'il voulait voir si ses lecteurs étaient attentifs.
Celle-ci par exemple, est l'antithèse de cette autre : http://www.alorsvoila.com/vieille-du-seigneur impression renforcée par la formule en miroir "J'aime bien... j'aime VRAIMENT" / "Je n'aime pas... Je n'aime VRAIMENT PAS"
Au passage, puisqu'il en parle : lisez Belle du Seigneur. Je l'ai sans doute déjà dit, mais tant pis. C'est un des plus beaux romans que j'aie jamais lu, une des plus belles histoires d'amour, et en même temps un livre drôle, féroce avec les hommes, moqueur avec les femmes -les femmes amoureuses- tendre et moqueur avec les juifs (l'auteur, Albert Cohen, était juif ; je précise parce que ce n'est pas évident pour tout le monde : http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?W2ctLw)
François Bon est en train de re-traduire Lovecraft.
A écouter sur http://www.franceculture.fr/emission-l-invite-culture-francois-bon-sur-les-pas-de-lovecraft-2015-08-18
Perec <3
« Comme les bibliothécaires borgésiens de Babel qui cherchent le livre qui leur donnera la clé de tous les autres, nous oscillons entre l’illusion de l’achevé et le vertige de l’insaisissable. Au nom de l’achevé, nous voulons croire qu’un ordre unique existe qui nous permettrait d’accéder d’emblée au savoir ; au nom de l’insaisissable, nous voulons penser que l’ordre et le désordre sont les deux mêmes mots désignant le hasard. Il se peut aussi que les deux soient des leurres, des trompe-l’œil destinés à dissimuler l’usure des livres et des systèmes. Entre les deux en tout cas il n’est pas mauvais que nos bibliothèques servent aussi de temps à autre de pense-bête, de repose-chat et de fourre-tout »
Une nouvelle de Kafka. Interprétation libre : normal, c'est du Kafka.
Si vous voulez écouter un livre-audio de Fondation, en VO, c'est sur Internet Archive.
La Brigade du rire, ou comment une bande de joyeux contestataires décide de kidnapper l'éditorialiste star de "Valeurs françaises" afin de lui appliquer les méthodes de productivité qu'il ne cesse de préconiser dans ses écrits sur le travail.
Je veux le lire ^^
Encore une citation de Vétérini : "Aucune force de police ne pourrait tenir contre une population furieuse et résolue. L'astuce consiste à s'arranger pour qu'elle ne le comprenne pas."
Un bon site consacré à Terry Pratchett et au disque-monde.
Détail sympathique : la fiche de chaque livre (enfin, celles que j'ai consultées) s'accompagne d'illustrations relatives à l'histoire.
"Marcher d'un même pas, c'est l'objectif du despotime et de la tyrannie. Les hommes libres, eux, vont dans tous les sens."
J'ai d'abord cru à un gag... :(
C'est un encouragement à écrire de gros pavé avec pleins de rebondissements et de "à suivre".
via https://suumitsu.eu/links/?oogVnw
"le tigre bleu de l'Euphrate", très joli, beau jeu de résonances entre l'animal et les deux fleuves.
J'en ai une autre pour vous, bande de niaiseux (c'est mon prof de français en 1ère qui nous appelait comme ça... il n'avait pas tort), toute aussi alambiquée mais bien plus connue : "la terre est bleue comme une orange".
Z'avez 2 heures.
A lire donc : Le Tigre Bleu de l’Euphrate de Laurent Gaudé.
J'ai voulu emprunter ce livre à la bibliothèque de Dijon, mais il n'était consultable que sur place car faisant partie du dépôt légal imprimeur. Et merdeuuuh.
J'ai donc rempli un formulaire demandant de l'acheter ^^ On verra bien, ça peut marcher. En cherchant le nom de l'éditeur sur Amazon (il me semblait bien que c'était Bragelonne mais je n’étais pas sûr), j'ai vu qu'on pouvait lire un extrait. La scène offerte à la lecture m'a fait penser, par contraste, au roman Les douze enfants de Paris, dont je parlais hier : http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?paGK5w Un des grands talents de Willocks, et que ne possède visiblement pas Sapkowski, c'est la description précise des passes d'arme, de la position du corps du combattant, des dégâts infligés à l'adversaire...
Il faut dire que Tim Willocks est aussi médecin (ça aide pour l'anatomie) et a priori plutôt calé en arts martiaux. Ceci explique sans doute cela.
Oui, il y a des types qui arrivent à combiner dans une seule vie trois activités pour lesquelles il faut normalement trois vies au commun des mortels.
C'est pô juste.
J'ai déjà parlé de La Religion, ce roman narrant les aventures guerrières et sexuelles de Mattias Tannhauser durant le grand siège de Malte. (là http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?X5FNGQet et là http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?eSG9Lg#eSG9Lg)
J'ai donc lu la suite, qui m'a un peu déçue.
Le pitch : le 24 août 1572, Mattias arrive à Paris, pour rejoindre sa femme, invitée au mariage d'Henri de Navarre et enceinte jusqu'aux yeux. Passons déjà sur le côté moyennement crédible qu'une femme enceinte de 8 mois ait traversé toute la France (ils vivent dans le sud-ouest, ils font du gavage de canard ou chais pas trop quoi) en pleine guerre de religions. Très vite, il se rend compte que :
1/ sa femme a disparue
2/ son fils a disparu
3/ on tente de lui mettre des bâtons dans les roues, omondieucomcbizar !!!
Résumé : Mattias tue tout le monde et retrouve sa femme.
Subtilités : vagues réminescences hugoliennes, mais c'est sans doute parce que je suis bon public. Sinon, on apprend les multiples manières d'occire son voisin à l'arc et à l'arme blanche, ainsi que la constitution interne d'icelui.
Nan, mais c'est bien quand même, on est content qu'il s'en sorte bien, mais ça laisse un goût étrange. Dans le précédent roman, Mattias Tannhauser, embringué par amour dans une histoire qui le dépassait, se retrouvait dans une île assiégée, ça avait un petit peu de sens. Le récit collait aux péripéties du siège et durait sur plusieurs mois. Là, l'histoire dure 36 heures (sans manger, sans dormir, sans baiser, rien. Ah, dur, dur) et on a vraiment l'impression que non, non, à part massacrer tout le monde il n'y avait vraiment pas d'autres solutions.
Bref, l'auteur nous montre la face la plus sombre de Tannhauser, présenté comme "une silhouette barbare", je dirais même un dieu du carnage. On sent d'ailleurs une véritable jubilation de l'auteur à démembrer et étriper des fanatiques, se retrouvant du coup en train de subir ce qu'il étaient en train de faire aux protestants (oui, je précise pour ceux qui ne suivent pas : le 24 août 1572, c'est la Saint Barthélémy). "Il était contrarié par ces pauvres imbéciles. Leur manque total d’adresse l’offensait. Leurs vies ne valaient pas les secondes qu’il passait à les massacrer. [...] Ces chiens n’étaient pas des adversaires, ils n’étaient que des victimes."
Il devient la plus terrible part de lui-même, ce jeune père de 44 ans (si, si, j'ai fait le calcul, et c'est confirmé dans le texte), exerçant jusqu'au vertige l'art qu'il maîtrise le mieux : tuer. "Pas de peur, pas de doutes, pas de pitié. Juste des mouvements - des décisions - courant vers là où ils devaient, comme une hirondelle utilisait ses ailes. Avec la même beauté."
La couverture originale semble d'ailleurs faire de cette hyper-violence un argument de vente : https://d7mx03fbraf30.cloudfront.net/blog/wp-content/uploads/2013/02/One-Hard-Bastard.jpg
La couverture française est plus sobre, une femme en blanc tâchée de sang, rappelant assez fortement l'affiche du film "La Reine Margot" : http://www.sonatine-editions.fr/base/livres/-Willocks-Enfants-Ok.jpg / http://fr.web.img3.acsta.net/pictures/210/034/21003409_20130506103228559.jpg
Au final; on ne sait même pas pourquoi sa femme a été enlevée. On explique bien qu'il y a un complot, que quelqu'un voulait se venger de lui, mais il trucide (abominablement) le commanditaire. Le pourquoi ne l'intéresse pas. Ok, c'est cool, ça fait gros badass, mais ça donne surtout l'impression que l'auteur n'avait pas trop d'idées sur ce coup...
Une citation qui m'a fait marrer :
"- Toutes ces administrations - civiles, criminelles, militaires - ainsi que d’autres, dont les noms et les fonctions m’échappent, empiètent les unes sur les autres à tout moment en autorité, responsabilité et juridiction.
Une bonne nécro de Terry Pratchett.
Ah, au fait : je viens de mettre le doigt dans l'engrenage, je suis en train de lire Procrastination, volume 27 des annales du disque-monde :)
Et c'est génial.
Bon article, qui ma donné envie de relire Le Hobbit, que j'avais un peu trop perçu comme un livre pour enfants (ce qu'il est, au demeurant).
J'apprends au passage que Gandalf a été en partie inspiré par Odin.
via Timo