Parents d'enfants autistes Asperger, ils racontent comment ils ont été pris dans la machine infernale des services sociaux qui les considèrent comme des parents maltraitants ou incapables.
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C’est une énorme faillite collective de tout un système. C’est une zone de non droit. On a la sensation d’avoir été condamné non pour ce qu’on avait fait, car on n’avait rien fait, mais pour ce qu’on était. Rémi a été nié dans son identité. La juge lui interdit d’être autiste. Isabelle
Quand il voit un enfant en flammes devant lui, il l'éteint à coups de pelle, ça c'est de l'efficacité !
Le 6 avril dernier, une jeune femme de 19 ans portant le nom de Nusrat Jahan Rafi a été brûlée vive “sur ordre de l’un de ses professeurs”, Siraj Ud Doula, qu’elle avait dénoncé quelques jours plus tôt à la police pour harcèlement sexuel, rapporte le Daily Star.
Désolé de gâcher votre soirée et de troubler votre bonne conscience, mais dans le monde, il se passe ça.
L'autisme de Greta Thunberg, quand Pascal Bruckner le considère, est son voile, son gilet jaune, son étrangeté. Nous vivons un temps où, pour les vigies de l'ordre mental, l'étrangeté est une circonstance aggravante. Nous ne ferons plus, avec Foucault, l'éloge de la folie. Frileusement, avec Bruckner, on demandera à Greta de libérer l'espace, de retourner dans l'anormalité à laquelle elle appartient, discrète, cachée, et de ne pas se prendre pour une citoyenne du monde. Autiste, elle ne saurait être que tolérée; jeune, silencieuse, certainement pas écoutée. La réaction est cohérente: c'est sa force, n'est-ce-pas, quand le progressisme s'abîme en confusions.
Beau texte, via le Standblog de ce jour.
Je relève au passage les noms de quelques toxiques infréquentables : Pascal Bruckner donc, mais aussi Laurent Alexandre, Marc Reisinger et Isabelle Attard.
EDIT : oh, j'ai failli oublier ; à propos de "la juste mesure d'un Jean d'Ormesson", (re)lisez ceci s'il vous plait.
A toutes fins utiles...
Je suis à la fois loin de toi et proche de toi. Je demeure sur un autre continent, mais mes origines anglo-normandes me rapprochent de toi. D’ailleurs, un grand écrivain français et homme politique, Victor Hugo, qui s’était exilé entre autres à Guernesey, a écrit en ton honneur Le bossu de Notre-Dame.
Tutafé. Juste après Les 12 travaux de Jean Valjean, et avant son célèbre Batman contre l'homme qui rit.
"Stratégie du choc", c'est exactement ça.
Je n'avais pas en tête le palmarès de M. Philippe Karsenty lorsque je parlais de lui hier. Sacré champion.
Caustique à souhait, Tu seras un homme – féministe – mon fils ! est très agréable à lire et les 200 et quelques pages passent très vite. Oscillant entre discussion théorique et conseils pratiques, il nous donne des clefs pour s’en sortir au quotidien, mais va plus loin en interrogeant la masculinité, en parlant de la responsabilité des médias et en dressant un bilan des évolutions de la société. Il est question de la place des hommes, de la masculinité et de la virilité parce qu’au final, nos fils deviendront adultes, et leur éducation aura une incidence directe sur les hommes adultes de ces prochaines années. L’enjeu n’est pas simplement de permettre à nos fils de jouer à la poupée et de porter des chaussures roses, loin de là.
"Incidentally, that's how Mad Cow Disease happened."
Lundi soir lors de l'émission spéciale sur Notre-Dame-de-Paris en train de brûler, TF1 a dit, à plusieurs reprises que les travaux d'avant l'incendie étaient parti pour durer 20 ans.
Et là sur un chantier bien plus important (tout a brûlé), le guignol en mousse Macron, nous explique qu'on va tout restaurer en 5 ans, pour que tout soit prêt pour les Jeux Olympiques.
J'espère que personne n'essaiera de suivre les dires du chef toxique https://twitter.com/edasfr/status/1118247110632267777
Si tout est fait dans 5 ans, ça aura forcément été fait de mauvaise façon, et ne sera pas durable.
Comment croyez-vous qu'on a réussi à faire durer des charpentes en bois parfois plus de 1000 ans (dans certains cas sans même devoir les restaurer) ?
Avant tout grâce à une mise en œuvre particulière des bois. De l'étape d'abatage "à la bonne lune" (la science en a aujourd'hui prouvé l'utilité), séchage, etc., jusqu’à la façon de scier le bois. Sur certaines charpentes on sait qu'il s'est passé pas loin de 10 ans entre l’abattage et l'utilisation du bois pour la charpente.
J'ai lu le tweet d'un type qui affirmait le plus sérieusement du monde "le chêne, ça se travaille frais". J'ai lollé.
La fonte de ces immenses terres gelées pourrait non seulement rejeter d’énormes quantités de carbone mais aussi du protoxyde d’azote, un gaz 300 fois plus réchauffant que le CO2, selon de nouvelles observations.
... et vraisemblablement quelques virus congelés depuis des temps immémoriaux, et contre lesquels l'humanité n'est pas immunisée.
Ainsi, comme pour ses autres romans, Les Furtifs est un roman “polyphonique”: la narration, à la première personne, est partagée entre les personnages principaux. Pour se repérer, chaque protagoniste dispose d’un “code”. Un point, une parenthèse, un “slash”, un tilde étrange.
Mais Alain Damasio a poussé la question de la ponctuation beaucoup plus loin, fruit d’un long travail. Elle s’adapte au personnage, accentue encore la personnalité des protagonistes, qui se ressent jusque dans leurs champs lexicaux, dans la sonorité des mots employés. Surtout, la ponctuation évolue au fur et à mesure du roman, en fonction des situations. Bref, quand il manque un point sur un i dans ce livre, ça n’est pas une erreur.
Ayant adoré La horde du contrevent grande partie pour ce travail sur la langue, ça me donne envie de le lire.
OUI, mais tu as un jeu gratuit tous les 15 jours \o/
Le Canard Enchaîné d’aujourd’hui donne de nouveaux chiffres qui témoignent de la grande misère des monuments historiques dans notre pays, et du peu de cas que les gouvernements successifs font du patrimoine. Dans un article intitulé « Cathédrales et monuments : seuls les crédits ne flambent pas », Hervé Liffran révèle quelques chiffres stupéfiants qui confirment ce que nous dénonçons depuis toujours. On y apprend ainsi que pour 2019, l’État n’a prévu que 18 millions d’euros de crédits de paiement pour l’entretien [1] des monuments historiques lui appartenant, dont 86 cathédrales. Soit moins de 100 000 euros par monument. Il rappelle aussi que pour Notre-Dame, il avait prévu de ne donner que 40 millions pour la restauration sur les dix prochaines années, soit 4 millions par an, sur les 240 millions qui étaient alors nécessaires [2]. Pas de doute, il aura vraiment fallu un incendie pour qu’Emmanuel Macron déclare enfin sa flamme à Notre-Dame !
Pour le reste (reproduction à l'identique ou "geste architectural contemporain", je ne sais quel parti adopter. Pourquoi toutes les contributions antérieures (jusqu'à 1900 environ) seraient-elles "patrimoniales" et "classées", et pourquoi serions-nous obligés d'être figés dans un immobilisme respectueux ? Il ne faut pas oublier que Viollet le Duc a en grande partie réinterprété les canons du gothique, pour offrir sa vision de la cathédrale et que, sans son intervention, celle de Hugo et quelques autres (voir les articles précédemment shaarliés), elle aurait été probablement rasée. Oui, le XIXème siècle savait être encore plus expéditif que la XXIème.
Ce que je veux dire, c'est qu'à son époque, on ne se souciait pas de restauration respectueuse visant à conserver les vieilles pierres dans leur jus (ce qui est particulièrement peu pertinent pour une cathédrale, qui est par définition un chantier permanent ; quand tu mets 200 ans à construire un bâtiment, il ne faut pas s'étonner de devoir reprendre le chœur quand tu as fini le portail) : on rasait ce qui était trop abîmé, ou alors on reconstruisait selon l'idée qu'on se faisait alors du Moyen-Âge (pensez par exemple aux fameuses gargouilles, qu'on l'on voit sur bon nombre de couvertures du livre de Hugo, alors qu'elle ne datent pas de 1482, mais des années 1860...)
Depuis trois jours, les bonnes âmes spécialistes de l’indignation n’ont pas lésiné sur les grands mots. C’est une rengaine bien connue, frisant à la fois la raillerie et la culpabilisation. On fustige le fait de s’émouvoir d’un édifice qui prend feu au détriment de la misère humaine ou des espèces naturelles menacées. À les entendre, leur souci moral est supérieur aux pauvres mortels ayant eu la faiblesse d’éprouver de la tristesse concernant un tas de pierres, certes pas dégueulasse. Non contentes de jouer les Gustave Le Bon en instruisant le procès des foules, elles estiment que l’on peut mépriser l’esthétique, la ranger à la même enseigne que bourgeoisie et capitalisme.
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La beauté n’est pas un sentiment superficiel dont on peut se passer aisément pour vivre. Elle dépasse le dualisme étriqué entre matière et esprit tant cela implique un rapport à la fois sensuel et intellectuel, l’idée de « penser avec son corps ». C’est cette unité qui a le pouvoir de réconcilier notre cerveau et notre corps, de nous réconcilier avec nous-mêmes mais aussi avec les autres. Contrairement au dogme religieux ou moral, un instant de plaisir esthétique devant un chef-d’œuvre ou un paysage éveille spontanément le désir d’unité et de bonheur partagé qui met tout le monde à égalité. Ces instants-là sont aussi précieux qu’ils vont aux antipodes des classifications habituelles entre les exploitants et les opprimés, princes et esclaves, bons et mauvais.
N’est-il pas méprisant et réducteur d’envisager l’homme, et plus encore le miséreux, comme un mammifère devant satisfaire des besoins vitaux et s’engager de surcroît à respecter une conscience morale collective ? Ces objectifs sont-ils d’ailleurs si incompatibles avec le souci de la beauté ? Pas selon Albert Camus, qui postulait l’idée que l’homme pauvre doit combattre autant la misère que la laideur, aidé en cela par la médiation de l’art. Ainsi peut-on lire dans son essai L’Homme révolté : [...] "La beauté, sans doute, ne fait pas les révolutions. Mais un jour vient où les révolutions ont besoin d’elle. Sa règle qui conteste le réel en même temps qu’elle lui donne son unité est aussi celle de la révolte. Peut-on, éternellement, refuser l’injustice sans cesser de saluer la nature de l’homme et la beauté du monde ? Notre réponse est oui."
À une époque où le souci de beauté est incessamment remis en cause avec l’uniformisation du paysage urbain et le relativisme esthétique prôné par certains artistes contemporains, la réaction suscitée par l’incendie de Notre-Dame de Paris résonne comme un attachement presque désespéré à ce qu’il reste de sublime et d’intemporel. Il se dégage des cathédrales un sentiment de permanence et de stabilité qui rassure et apaise quand tout le reste autour est en proie à la volatilité et à la déliquescence, selon les modes du moment et les profits que l’on peut en tirer.