C'est toujours intéressant de lire des critiques négatives mais argumentées, ça pousse à s'interroger sur les raisons pour lesquelles on aime soi-même l'objet en question. Il est question ici de XCOM 2, qu'un joueur n'a pas du tout aimé, mais qui explique -longuement- pourquoi.
Alors oui, il y a beaucoup de choses vraies, mais aussi un peu non de mauvaise foi, mais d'une certaine forme d'aveuglement de quelqu'un qui rêvait d'un jeu extrêmement difficile + hyper-réaliste + terre-air-mer + stratégie à grande échelle + long + fun + au top graphiquement + jamais vu + qui fait quand même comme celui de 1994... Sans me moquer, on sent quand même un peu le vieux de la vieille qui regrette "son" jeu de 1994 ; d'ailleurs il écrit encore "X-Com" ^^
Pour moi, XCOM (Enemy unknow, Enemy within, et 2), c'est un jeu d'échec en 3D avec des aliens. Une fois qu'on accepte ça, on est prêt à accepter beaucoup des choses qu'il déplore, y compris les graphismes et l'absence de combats aériens et/ou souterrains ou l'absence de civils à soudoyer. Et du coup, on accepte même ça :
> Les mises à couvert n'apportent qu'un modificateur à la visée.
C'est un jeu bordayl. Aux échecs, tu gueules parce que le roi ne peut se déplacer que d'une case à la fois ? Non.
Et qualifier le psy-lab de "totalement dispensable", ça montre juste qu'en 99 heures de jeu, il est complétement passé à côté du truc.
La seule chose sur laquelle je le rejoins vraiment, c'est :
> En revanche les armes et armures sont produites une fois (un seul exemplaire) et suffisent pour équiper tout le monde, ce qui simplifie encore davantage la gestion d'une escouade comme celle du budget.
Ce n'est pas complétement vrai, mais ça l'est au moins pour les armures avancées, que l'on recherche une seule fois, et dont l'amélioration affecte tout le monde ensuite. La [gestion du matériel][1] me faisait déjà sourire dans XCOM : Enemy within, où dans le cas extrême d'une escouade entièrement détruite au combat, on pouvait donner leur équipement à d'autres (parce que les armures et les flingues rentraient à pied à la maison sans doute). De même, les objets à usage unique (grenade, balises leurre...) qu'il n'est pas nécessaire de refabriquer après utilisation...
Mais, encore une fois, ce n'est pas un jeu *réaliste* (on m'aurait mentiii ?) mais un jeu de stratégie. Allez donc me parler du "réalisme" de Civilization, tiens...
Après, concernant la fin (qui serait "la même" que dans l'opus précédent), les ennemis ou la tactique, j'ai déjà dit ce que j'en pensais [dans ce shaare][2].
[1]:
http://www.sammyfisherjr.net/Shaarli/?kFENjA
[2]:
http://www.sammyfisherjr.net/Shaarli/?wPGgFw
> ALIENS : le minimum syndical avec quelques nouveautés bienvenues, mais une répartition façon zoo, sans grande cohérence. Des pions disséminés par grappes plutôt que des équipes (en dépit de la présence d'officiers) et de toute façon aucune considération stratégique.
> GESTION DE BASE : anecdotique ! Ce n'est plus que de l'empilement de salles et certaines (Atelier, Matrice de défense, Psy-lab, éventuellement le Laboratoire) sont totalement dispensables. Vu de l'intérieur, ça ne ressemble même pas à un vaisseau et de toute façon il ne s'y passe strictement plus rien.
> RECHERCHES : on prend les mêmes et on recommence.
> OVNI : terminé ! Plus aucune gestion du ciel et des OVNI en-dehors d'un événement scripté. Du coup ça facilite considérablement les choix de gestion (base, recherches, production...). Et ce n'est pas la storyline qui l'empêche, il y avait largement moyen de jouer au chat et à la souris avec l'occupant en renouvelant un peu le style.
> ECONOMIE : gestion limitée au cash et aux renseignements. En dépit d'une trame en mode guérilla/résistance, vous n'aurez jamais de collaborateur civil à soudoyer, jamais de cellule de résistance à dépanner en ressources, matos ou personnel, jamais de campagne de contre-propagande à financer... rien !
> ESCOUADE : changements superficiels si l'on excepte le Spécialiste, mais les promotions sont globalement sympa. En revanche les armes et armures sont produites une fois (un seul exemplaire) et suffisent pour équiper tout le monde, ce qui simplifie encore davantage la gestion d'une escouade comme celle du budget.
> GEOSTRATEGIE : réduite comme peau de chagrin ! Une installation extra-terrestre apparaît sur la carte ? Vous contactez les régions nécessaires pour accéder à la mission et ainsi de suite jusqu'à la mission finale. Les mécanismes tels les tour de radio ou les bonus de continents (ou même conserver des régions déjà contactées) favorisent un jeu long et stratégique, ce qu'X-Com 2 n'est pas.
> MISSIONS : deux types de missions, les collectes et les interventions.
Les collectes se jouent sur la carte géostratégique : une notification vous informe d'une collecte possible (ressources, renseignements, matériel, personnel ou recrues), vous y déplacez votre vaisseau, vous récoltez durant le nombre de jours nécessaires et c'est terminé. En cas d'interruption vous pourrez reprendre la collecte ultérieurement.
> Les interventions envoient votre escouade casser de l'alien. A l'exception de missions spécifiques qui vous demanderont de choisir entre 3 destinations (et conséquences) possibles, toutes les autres interventions sont isolées ; vous n'aurez pas de priorité à établir faute de pouvoir être sur tous les fronts. Les missions d'intervention sont de plusieurs types :
* Représailles : avant ils attaquaient les villes, maintenant ils se vengent sur une cellule de résistance quand vous sabotez une de leurs installations. Dans le fond c'est pareil : sauvez des civils, tuez tout le reste. TOUTES les cellules sont des bidonvilles dans la jungle en train de cramer. Pas une fois vous n'irez défendre une cellule infiltrée au plus proche de l'ennemi. En cas d'échec ? Vous perdez le contact avec la région, mais rien ne vous empêche de reprendre contact.
* Chronométrées : vous avez 8 ou 12 tours selon qu'il faille a) exploser/pirater cible, ou b) secourir/escorter/capturer/liquider VIP et rejoindre la zone d'évacuation après. Il faut donc vous grouiller et sacrifier vos ambitions tactiques pour un peu d'adrénaline. Et il y a beaucoup de missions de ce genre.
* Convois : que ce soit un train stoppé ou un OVNI posé, il faut exterminer tout le monde en évitant de bousiller les ressources que vous êtes venus piller.
* Installations : ce sont les marqueurs de progression de l'histoire et il y en a très peu. C'est l'équivalent d'une attaque de base à l'ancienne.
* LA défense de la rampe d'accès de votre vaisseau : remplace l'attaque de votre base. Hormis celle scriptée, vous pouvez empêcher les autres.
* LA mission finale : en deux parties et curieusement la seule pour laquelle on vous propose de dépenser des renseignements pour obtenir des bonus préliminaires. Ceci mis à part, elle brille par son manque d'originalité.
> Et c'est tout ! Ce ne serait déjà pas si mal si celles-ci présentaient des variations intrinsèques, mais non ! Ce sont toutes les mêmes sur les cartes aléatoires d'un échantillon de décors assez pauvre. C'était déjà un problème avant, ça l'est encore avec X-Com 2.
Les cartes sont fades : ce ne sont QUE des assemblages utilitaires pour le jeu tactique. Quel que soit le (pauvre) environnement dans lequel vous vous retrouvez, le décor est toujours le même. Même dans les centres urbains vous ne croiserez que quelques civils pratiquement inertes ici ou là et dont la seule vocation consiste à vous faire repérer. Autrement, les villes sont dénuées de vie. Vous n'aurez pas de mission qui se déroule dans un bâtiment Advent, vous ne passerez pas par les égoûts, vous ne vous retrouverez pas dans les souterrains du métro, vous ne vous infiltrerez nulle part et vous ne vous retrouverez pas non plus au milieu d'une foule. Le monde d'X-Com est vide, hormis quelques renforts aliens il ne s'y passe rien, et toutes les missions qui pourraient justifier un côté " guérilla " ou " résistance ", urbaine ou non, n'existent pas. C'est pareil qu'avant.
> Quant aux aliens, s'ils patrouillent parfois, la plupart du temps ils restent plantés dans leur zone de départ jusqu'à vous repérer, même si vous êtes en train de pulvériser la cible juste sous leur nez ou que ça se descend de partout sur la carte à grand renfort d'explosifs ils ne bougeront pas ! Invraisemblable !
> TACTIQUE : malheureusement les mêmes points faibles que l'épisode précédent. Aucune amélioration et aucune gestion de la nuit non plus (à part graphiquement). L'embuscade est un mécanisme sous-exploité en dépit de son intérêt évident. Dissimulation et couverture restent deux tares inadmissibles du combat tactique : peu importe les lignes de vue réelles ! celles de visée sont surnaturelles ! Les mises à couvert n'apportent qu'un modificateur à la visée. Oui, on peut vous descendre derrière une couverture complète, sans vous voir, avec n'importe quelle arme, et sans devoir détruire votre abri d'abord. Ridicule !
> HISTOIRE : correcte. C'est dans le ton du précédent, c'est sympa, les cinématiques sont plutôt chouettes, les voix de doublage et les musiques sont adéquates... pas grand-chose à redire sur la forme en-dehors du fait que la guérilla n'en a que le nom et que vous n'avez aucune espèce d'influence sur le déroulement des événements. Jamais ! On occulte simplement votre victoire précédente, mais ce n'est pas gênant. Et si la fin a un air de déjà-vu c'est normal, c'est grosso modo la même.
> TECHNIQUE : 10 ans de retard visuel. Optimisation à la ramasse même sur une machine de guerre, alors que les graphismes sont tout juste décents ! Incroyable !
> En conclusion, la recette d'X-Com 2 c'est : simplifier un jeu qui n'était déjà pas compliqué à la base, avec pour conséquence un appauvrissement général du concept que l'on aura tenté de masquer par une pincée de nouveautés bienvenues. Et vraisemblablement faire payer un peu plus de contenu via les DLC : une mission par-ci, un décor par-là, une classe de perso là-bas, beaucoup de cosmétique sans intérêt... ça et les mods, histoire que les joueurs qui, en plus de servir de beta-testeurs pour des DLC pardon, pour des jeux qu'ils payent au prix fort, puissent combler un peu du vide laissé par les éditeurs.
> Décevant !