Qui pour s'émouvoir d'un viol sur une mineure ?
les pudibonds, les populistes et quelques féministes
Vous êtes gerbant, Eric Mettout.
> C’est la liberté absolue de l’Académie des César (sic). C’est un très grand réalisateur. C’est quelque chose qui s’est passé il y a 40 ans. On ne peut pas à chaque fois relancer cette affaire parce qu’il y a quand même à un moment donné un problème : à chaque fois qu’on va parler de Roman Polanski, on va parler de cette affaire, on va relancer la polémique. C’est uniquement une cérémonie des César. Il ne faut pas donner plus d’importance que ça en a à une cérémonie télévisée et professionnelle sur le cinéma. Personne n’a oublié, la preuve, simplement à un moment donné il y a aussi un principe qui est celui que cette personne vit en France. C’est un créateur, il va à une cérémonie concernant le métier qu’il exerce, c’est-à-dire celui de réalisateur. Qu’on le laisse présider cette cérémonie.
C'est vrai ça, ce serait dommage d'associer le nom de Polanski au viol. Et le viol, c'est juste une "polémique" hein, pas un crime.
Pour mémoire.
Voir certains noms est une grosse déception.
EDIT : la liste complète est ici : http://www.sacd.fr/Tous-les-signataires-de-la-petition-All-signing-parties.1341.0.html
Je viens de tomber là dessus via @SeleneMony (faudrait que je lâche un peu Twitter moi) ; c'est pas tout jeune, mais vu que le violeur impuni va être président des Césars, c'est le bon moment de le ressortir.
Sans verser dans la paraphrase, c'est effarant et révoltant, à tous les niveux :
Ah, j'ai compris : l'agression sexuelle est une des rubriques récurrentes de l'émission. Fallait l'dire plus tôt. Ou pas.
Le viol, qui est un crime, est ordinairement jugé comme un délit (comme le vol à l'étalage pour vous donner un ordre d'idée). Pourquoi ? Pour gagner du temps devant un crime de masse. Pour un peu, tout le monde y gagerait, la partie civile qui obtient un procès rapide, la défense qui risque moins, et le système judiciaire à bout de souffle. Tout le monde sauf les victimes, bien entendu.
Mais pour une fois, un tribunal correctionnel s'est déclaré incompétent. D'office. C'est à dire que ce n'est pas la victime qui l'a demandé.
En croyant les victimes, en ne mettant pas leur parole systématiquement en doute (parce que, je vous le rappelle, dans 98% des cas elles ne mentent pas, ces victimes) on permettrait aussi mécaniquement une diminution des fausses accusations.
Actuellement, pour obtenir d’un médecin qu’il fasse une déclaration ITT (Incapacité Totale de Travail) c’est la croix et la bannière. C’est à la victime de faire la démarche de consulter un médecin. Les expertises psychologiques ont souvent lieu durant la procédure judiciaire, soit looooongtemps après les faits.
Et si on généralisait les examens médicaux et psychologiques immédiatement après le dépôt de plainte, ne serait-ce que pour s’assurer que la victime a besoin d’un soutien particulier, au lieu de demander aux déclarantes (*) si elles étaient en jupe ou si elles avaient bu, par exemple ? Ma propre expérience remonte un peu, mais personne ne m’a jamais envoyé à l’hôpital, l’expertise psychologique a eu lieu un an après le dépôt de plainte, et une fois sortie du commissariat personne ne s’est soucié de savoir comment j’allais rentrer chez moi ou si j’étais suivie par un professionnel de santé suite au traumatisme que je venais de décrire.
Du coup, à lire :
Quelques chroniqueurs à l'instar d'Enora Malagré ou Isabelle Morini-Bosc ne semblaient cependant pas totalement comprendre l'ampleur des réactions après cette séquence. "Mais vous ne vous êtes pas sentie agressée, peut-être gênée, mais pas agressée", a insisté la première alors que la seconde a estimé que "c'était une boutade, faut pas exagérer, merde".
Quand je lis ça je me dis que la route est encore longue. Très longue.
Mesdames, messieurs, la télévision vous présente : la culture du viol.
Ça parait cool mais :
rendre cette histoire publique n’a pas été un choix facile. Si vous parlez des problèmes féministes comme la violence faite aux femme, il y a de grands risques que vous deviez affronter plus de harcèlement en ligne. C’est d’ailleurs très ironique (et effrayant) que je craigne le harcèlement pour avoir dénoncé du harcèlement
et :
Dans une rue sombre, sans personne autour, il n’est pas certain que sortir son téléphone pour filmer en direct son agresseur permette de renverser le rapport de force.
Au bout de quelques minutes, un slogan vint me cingler les tympans et entamer mon enthousiasme : C’est Julie qu’il faut baiser, pas les salariés ! [1] Non contents d’avoir, dans un élan viriliste nauséabond, traité en chœur la ministre du travail de « salope », ou encore d’avoir appelé au viol punitif à son encontre lors de précédentes manifestations [2], ils appellent désormais à s’en prendre également aux femmes « qui couchent avec l’ennemi ». Fantastique. Eh dites, on leur rasera le crâne à la « Libération » aussi ?
J’essaie de ne pas trop me braquer et de poursuivre mon chemin pour aller retrouver mes camarades. En route, je fais les frais d’œillades appuyées et de commentaires sur mon apparence physique et/ou ma tenue, dont le classique mais non moins flamboyant « C’est pas très malin de venir habillée comme ça ». Vous l’aurez sûrement deviné : je suis en jupe. Je ne scande pas les slogans avec moins de conviction ou de coffre, en jupe. Je ne marche ou ne cours pas moins vite, en jupe. Je peux même pisser plus facilement dans un buisson, en jupe. Je ne suis pas plus vulnérable aux lacrymos, ou aux coups de tonfa, en jupe. La seule chose de laquelle je ne suis pas à l’abri contrairement à vous, et ce, quelle que soit ma tenue, c’est de commentaires sexistes.
via Alda
Au lendemain du verdict, Buzzfeed publiait une lettre de douze pages, lue lors du procès par la victime, aujourd’hui âgée de 23 ans et restée anonyme. Elle revient sur l’agression subie, la difficulté d’établir l’absence de consentement, les techniques de la défense pour la déstabiliser – on lui a demandé « ce qu’elle portait ce soir-là » – et les présupposés en faveur de son agresseur.
Et une amie a tenté de convaincre le juge qu’il y a une différence entre un « violeur », celui « qui kidnappe une femme et la viole dans un parking », et ce dont on parle ici, « ce ne sont pas des violeurs », ce sont « des garçons et des filles un peu idiots qui ont trop bu, ne savent plus trop ce qu’ils font, ni où ils sont ».
Eh ben, il y a encore du boulot...
EDIT : voir un intéressant complément dans l'article que consacre Rue89 à cette affaire :
Aux Etats-Unis, une étudiante sur cinq a été victime de viol. Et comme le fait remarquer le Guardian, cette même semaine une étude montrait que la moitié des athlètes universitaires sondés (oui la moitié) reconnaissaient avoir forcé une partenaire à une relation sexuelle.
« Le cas de Stanford n’est pas une anomalie : c’est une partie d’une épidémie de viols. »
Libé, ce journal "de gôôôche" va encore nous expliquer que c'est de la "restitution littéraire et ironique de préjugés et d'angoisses", comme la dernière fois ?
Sans qu'il soit nécessaire d'en lire plus, un type qui qualifie de "marivaudages" le délit de harcèlement sexuel (et allez savoir, peut-être que le crime de viol n'est que cette "exception française" qu'il vante dans son vomi ? J'insiste sur les qualifications juridiques pour bien éclairer son propos) mérite t-il qu'on lui explique à quel point il est à côté de la plaque ?
Lisez plutôt l'article de Renée Greusard dans Rue89, elle a eu l'abnégation de lui répondre point par point. Enfin... lui répondre... ce n'est pas à lui qu'elle répond, on se comprend. Elle écrit pour ceux dont on peut encore sauver quelque chose.
Et comme ça, c'est assez clair ?
Le consentement est simple : "Seulement si mes autres lèvres disent oui"
C'est frais, c'est de bon goût : utiliser la métaphore de l'exhibition sexuelle (uniquement à l'encontre de personnages féminisés, regardez bien la vidéo) pour vendre une carte SSD. J'attends le communiqué où la marque expliquera que c'est de l'humour et qu'on a rien compris.
Et pendant ce temps sur Twitter, le soi-disant comique de service...
Il aurait du être banni à vie pour son spoil de Star Wars, tiens.
J'ai l'impression d'avoir lu ce genre d'histoire une centaine de fois :(
Éduquez vos fils.
Merde.