Assassin's Creed Valhalla, la valkyrie à bout de souffle | La Croix directionnelle
C'est exactement ça. L'auteur a su mettre le doigt sur ce qui finit par me lasser dans les AC, aussi beaux et rigolo à jouer fussent-ils.
> Quelle déception, dès lors, que ces aventures. Le problème ne vient pourtant pas d’Eivor. Dans sa version féminine, la guerrière norvégienne est tout ce qu’on attend d’une héroïne moderne : une force à toute épreuve, évidemment, mais aussi un goût prononcé pour la poésie et un caractère subtil. Jamais traitée comme un objet (une gageure dans un jeu vidéo), on prend plaisir à suivre son ascension entre des personnages certes inégaux, mais qui tentent de proposer un peu mieux que la collection de clichés que peut réserver le médium.
> Non, le cœur du souci tient en quelques mots : 13 ans après le premier titre, la série des Assassin’s Creed se vide peu à peu de tout ce qui faisait son intérêt. La prouesse technique et les chatoiements des décors masquent mal des boucles de gameplay insipides, dont la répétition donne presque la nausée : grimper au sommet d’une tour, trouver un point bleu ou jaune indiquant une activité, résoudre une énigme rapide (parfois) ou combattre une armada de soldats ennemis (souvent).
> Ubisoft tente tant bien que mal de maquiller cette pauvreté mécanique en nous bombardant de micro-tâches à accomplir pour débloquer ici des éléments cosmétiques (des tatouages, une décoration pour son village), là des nouvelles armes et armures. On peut pêcher, on peut chasser, on peut lever des malédictions, on peut trouver des trésors, on peut combattre des bandits ou fouiller des ruines romaines, mais au bout de quelques dizaines d’heures, la réalité est devant nous : on s’ennuie beaucoup. Chaque nouvelle région dévoile des dizaines et des dizaines d’activités, parfois amusantes, la plupart du temps totalement creuses. Et la narration, qui semble ouvrir les uns après les autres des chapitres structurellement identiques, renforce encore cette impression.
> Difficile quand on est joueur de déterminer ce qui fait que le cœur n’y est plus. L’infiltration, desservie par des contrôles indigents ? La disparition de la thématique des assassins, qui n’est guère plus qu’un mot dans le titre ? La facilité de l’escalade et des phases de parkour, qui ne demandent plus une seconde de réflexion ? Ou ces combats patauds, qu’Ubisoft parsème de finishers enrichis en hémoglobine qui deviennent aussi répétitifs et indigestes que le reste ?
> Il est très facile d’engloutir des heures dans AC : Valhalla, mais on en sort avec un goût amer à la bouche. Car si l’on y est encore, ce n’est pas parce que le jeu nous tient en haleine, mais tout simplement parce que ses boucles de gameplay sont conçues pour nous arracher continuellement l’envie de faire une dernière quête, de pousser juste un tout petit plus loin. En somme, faute de pouvoir nous captiver, Valhalla a choisi de nous piéger.
2021-03-26 - permalink -
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