BFMTV a connu mardi dernier sa première, sa toute première assemblée générale en un peu plus de treize ans d’existence. Non seulement elle a connu sa première AG, mais voilà que, dans la foulée, un texte de revendications a été adressé à la direction et adopté à une large majorité : 99 %, avec 173 votants sur 220 inscrits. Wow. Si la fièvre jaune se met à gagner les médias…
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À l’instar du mouvement des gilets jaunes, c’est une cocotte-minute qui bouillait depuis longtemps au sein de la chaîne du groupe Altice et qui, à la faveur de l’explosion sociale dont elle se repaît à longueur d’antenne, lâche d’un seul coup la vapeur. Comme chez les gilets jaunes, le mouvement s’est engrainé en quelques heures sur un groupe privé WhatsApp et du jour au lendemain, pouf : l’AG.
via http://shaarli.mydjey.eu/?O3I-Og
Intéressant hein ? C'est ce genre de choses qui rendent encore plus intolérables les agressions physiques dont ont été victimes des journalistes de terrain de la part de Gilets jaunes (non, je ne parle pas de Jean-Michel Apathie) ; ces gens, non seulement sont aussi ciblés par les tirs des flics, mais en plus sont eux aussi coincés dans un système qu'ils désapprouvent.
"Il était porteur de la haine que des gens éprouvent pour les journalistes, m'accusant de défendre les milliardaires qui verrouillent l’information. Ces discours d'abrutis menacent la démocratie."
Comment te dire Jean-Michel, comment te dire...
Vous souvenez-vous de la carte des lieux de pouvoir parisiens dont je me faisais l'écho le 6 décembre dernier ?
Eh ben elle n'a pas plu aux éditocrates de la glorieuse presse française.
Mais pas du tout.
C'est peut-être parce qu'ils habitent au même endroit ? Allez savoir.
Jamais les grands pontes du journalisme dominant ne se seront autant intéressés à une publication du Monde diplomatique. Et c’est dans un concert fracassant d’indignations (et d’insultes) que certains ont accueilli la republication de la carte parisienne des lieux de pouvoirs.
Florilège : "irresponsable", "blogs de caniveau", "torchon dogmatique", "bande d'abrutis", "imbéciles", "immonde monde diplomatique"... "un véritable guide pour les incendiaires"
Au prétexte que des manifestations émaillées de violence se tiendraient dans Paris, republier une simple carte des lieux de pouvoir parisien (montrant essentiellement leur proximité géographique) serait ainsi devenu « irresponsable ». Mais la publication n’est devenue « irresponsable » que lorsque son contenu a été perçu comme un outil entrant en résonance avec les volontés de certains manifestants (cibler les lieux de pouvoir et se rendre à l’Élysée). En d’autres termes : dans certains contextes de tension sociale, il conviendrait de ne pas publier les informations jugées « dangereuses » (par certains éditorialistes) pour les institutions. Corollaire : la « responsabilité journalistique » reviendrait à adopter systématiquement le point de vue du maintien de l’ordre : dénoncer les violences (des manifestants) ou s’alarmer devant les « attaques » des « symboles de la République » (comme l’Arc de Triomphe). Jusqu’à parfois se reconvertir en porte-parole du gouvernement ou de la préfecture. Bien sûr très orientés, ces raisonnements instrumentaux et autres refrains sur la « responsabilité » en disent long sur la connivence existant entre les agendas médiatique et politique.
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Loin d’être anecdotiques, ces réactions, au choix indignées ou haineuses, en disent long sur la panique qui anime les hautes sphères médiatiques depuis la mobilisation des gilets jaunes. Et sur leur mépris de classe. Comment une carte des lieux de pouvoir parisiens (dont on peut toujours discuter la méthodologie) devient-elle un « appel à la haine » ou au « lynchage », voire une série d’indications à destination des « casseurs » ? Comme s’il fallait veiller à ne surtout pas renseigner ces « gueux », incapables de trouver par eux mêmes des informations par ailleurs publiques.
Où l'on découvre que Rémy Buisine, qui s'était fait connaître lors de Nuit debout, travaille désormais chez Brut.
Pas tout frais, mais intéressant, surtout dans l'analyse finale : pour conserver l'appui des classes moyennes, le pouvoir et ses soutiens (coucou Raphaël Enthoven) est obligé de dénoncer la violence réelle ou complétement plaquée, comme ici, de ses contestataires.
Bon ok, je vais trop sur Twitter ces jours-ci. Mais ce montage d'extraits réalisé par Arrêt sur image vaut le détour : quel unanimisme ! Et mention spéciale à J.M. Apathie, grand prix 2018 de la déclaration imbécile, pour son "Macron brisé". C'est magnifique.
Rhâââ ! Purée de brocolis putrides !
Après Canard PC, c'est au tour de JV le mag de jouer sa survie sur un coup de kickstarter, et là encore, à cause de Presstalis.
C'est très moche.
Donnez des sous.
Ce qu’il faut, c’est éduquer à l’information. Ce n’est pas chercher à imposer une vérité ou à « Noter/labeliser » les sites d’informations.
Le Fact-Checking, quant à lui, a son utilité, mais n’est pas lu par les gens qui se font piéger comme expliqué dans le rapport ci-dessus.Ce que les médias et le monde politique devraient faire, c’est éduquer à l’information et aux médias.
Nous ne pouvons pas continuer comme ça. Comment pouvons-nous, dans une démocratie civilisée, dans un pays les plus évolués du monde, avoir autant de gens crédules, qui croient absolument n’importe quoi sans vérifier ? Comment pouvons-nous accepter cela ? Cela ne peut pas être qu’un manque de moyens, c’est une véritable volonté de laisser les gens dans l’ignorance.
Et ce qu’il faut faire, ce n’est pas dire « C’est Nordpresse c’est faux », c’est faire rentrer dans le crâne de tous qu’une information CA SE VERIFIE. Mais dans un monde qui mène une course effrénée au buzz, à l’exclu, et qui mène une guerre jusqu’à la mort contre ses concurrents médiatiques, personne n’encourage aujourd’hui le public à adopter une démarche pluraliste face à l’information.
Vous vous souvenez sûrement de cette infographie réalisée par Le Monde Diplo et Acrimed, figurant les propriétés et participation dans la "presse écrite papier à diffusion nationale de type généraliste, économique et politique“

Et bien maintenant, la base de données est désormais publique.
Oui, d'accord, GitHub c'est sale, je sais. Mais on dit merci quand même, d'accord ?
Lors de leur arrivée sur les lieux, nos confrères (les vrais) ont été parqués en bord de route puis évacués de la zone, sous escorte, avec interdiction de filmer. Certains sont parvenus à regagner la ZAD par des chemins de traverse, ils ont été contrôlés, menacés, interdits d’accès.
L'image dse flics-robocop, casqués et équipés de caméras, est assez édifiante.
Purée, mais c'est pas possible ! La messagerie Presstalis est en difficulté, et c'est les petits titres de la presse papier -au nombre desquels Canard PC- qui risquent de disparaitre.
Presstalis a beau être une coopérative, ce sont les grands éditeurs qui sont les vrais décisionnaires au conseil d’administration, et les éditeurs de grands quotidiens y sont fortement représentés. Ennuyeux, car une bonne partie des difficultés actuelles réside justement dans les énormes coûts de distribution que ces mêmes quotidiens font peser sur l’ensemble de la filière. Autant vous dire que le sort de la presse magazine indépendante ne les obsède pas la nuit.
Il est vraiment urgent que ce système à bout de souffle achève sa transition numérique.
EDIT : du coup, c'est là que ça passe pour aider CanardPC : https://fr.ulule.com/sauvez-canardpc/
(objectif principal : passer à mensuel)
Je pose ça là ; c'est long mais ça mérite d'être lu - ça doit être lu : cet article monte les prises de positions nauséabondes de "Le Média" sur la Syrie, ou comment, en renvoyant dos à dos les forces du régime d'Assad et les combattants insurgés (souvent assimilés aux djihadistes), la chronique dénoncée fait montre d'un relativisme puant, premier pas vers un futur négationnisme des massacres commis par Assad, dans l'indiférence polie de la communauté internationale.
Au-delà, cela pose la question de la neutralité de "Le média", qui montre par là son attachement aux positions idéologiques de la France Insoumise, et du coup révèle, pour ma part en tout cas, le relativisme en oeuvre chez Mélenchon et consorts. Pour moi, c'est désormais clair : j'ai tout jeté avec l'eau du bain : Le Média, la FI, Mélenchon.
Une vingtaine de procédures en diffamation ont été lancées par le groupe Bolloré et son partenaire commercial, la holding luxembourgeoise Socfin, contre des médias, des journalistes et des organisations indépendantes, depuis une dizaine d’années. « Objectif : les dissuader d’enquêter et les réduire au silence, pour que le "secret des affaires", quand celles-ci ont des conséquences potentiellement néfastes, demeure bien gardé », dénoncent, dans une tribune commune inédite, les journalistes, dont l’équipe de Bastamag, et organisations attaquées ainsi que leurs soutiens.
Les procès en cours et à venir :
Plainte en diffamation de la Socfin au Sierra Leone contre les organisations indépendantes Green Scenery (Sierra Leone) et Oakland Institute (Etats-Unis) en 2013 : procédure en cours
Les poursuites passées :
Ca à l'air bien le JT façon "Le média" :
A l'inverse, chez Aude Rossigneux et ses collègues, les inondations et l'accident d'un car de collégiens dans le Sud-Ouest, sont ramenés au rang de brèves, dans les entrailles du journal -la guirlande de brèves qui plombait le journal les premiers soirs, a d'ailleurs subi un ratiboisage bienvenu. Ah comme ça fait du bien, de voir se déployer une contre-hiérarchie de l'information, qui s'affranchit radicalement des paresseux empilements habituels !
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Ah, si Le Media disposait du dixième du budget de France 2 !
Ben plus c'est gros plus ça passe hein.
On devrait faire une carte de presse à points, retirée après un certain nombre d'infractions.
«Dans un communiqué publié le 25 avril, M. Ben Gomes, vice-président de l’ingénierie de Google, a déclaré que la nouvelle version du moteur de recherche rétrograderait les sites “offensants”, et ferait remonter plus de “contenus faisant autorité”», écrivent Andre Damon et David North, du World Socialist Web Site (wsws.org, 2 août 2017). Aidé d’une société d’analyse de référencement, ce site trotskiste a mesuré les effets du nouvel algorithme qui, par défaut, présuppose les médias dominants fiables et la presse alternative louche. «On observe une perte importante de lectorat des sites socialistes, antiguerre et progressistes au cours des trois derniers mois, avec une diminution cumulée de 45% du trafic en provenance de Google.»
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«Dans la bataille contre les “fake news”, alerte l’association américaine Fairness and Accuracy in Reporting (FAIR) (1), une grande partie des reportages les plus indépendants et les plus précis sont en train de disparaître des résultats des recherches effectuées dans Google .» Tuer le pluralisme au nom de l’information ?
Google, ministère de la vérité officielle.
C’est même si vrai que, jusque dans les directions de médias les plus fanatiques, on pressent confusément la mauvaise affaire symbolique de se retrouver trop visiblement absorbées dans le processus en cours de fusion organique des puissances : capital, État, médias. Les distinctions institutionnelles purement nominales – « les entreprises », « les médias », « le gouvernement » –, devenues entièrement factices, feuilles de vigne recouvrant une indifférenciation déjà perceptible de tous, n’en étaient que plus dramatiquement précieuses, précisément parce que c’est tout ce qu’il reste : des noms usités, pour travestir le réel, au travers desquels on commence quand même à voir a giorno, mais vitaux pour tenter de préserver les derniers semblants. Libération passe la loque pour Facebook, c’est déjà un peu lourd – si c’est rémunérateur. Mais couler cet attelage dans un ministère de l’intérieur étendu, ça va devenir trop – et finir par se voir.
C'est la presse qui fait le sale boulot pour Facebook, tout en se prétendant neutre. Pas bon.
Dites moi que c'est une blague au 3ème degré du Gorafi...