Michel, un producteur de musique, a été tabassé par trois policiers samedi dernier à Paris. Ils l’ont ensuite accusé à tort d'avoir voulu prendre leurs armes et de rébellion.
Mais les policiers ignoraient une chose : tout a été filmé.
Michel est noir. Mais bien sûr, cela n'a aucun rapport... Ah ben si : la vidéo nous apprend que les policiers ont tenu "de nombreux propos racistes". Quel étonnement.
Pendant que des professeurs enseignent à leurs élèves que des caricatures islamophobes sont le comble de la liberté d’expression, l’adoption de la loi «Sécurité globale» et son article 24, qui restreint le droit de filmer la police, porte un coup sévère aux libertés publiques. La France rejoint ainsi l’Espagne, premier pays démocratique à avoir interdit en 2015 de filmer ou de photographier les opérations de police.
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La répression féroce qui a accueilli le mouvement des Gilets jaunes a encouragé le recours à l’enregistrement vidéo, utilisé comme instrument de sousveillance. La diffusion de ces images comme preuve de la criminalisation des manifestations a suscité d’intenses conversations sur les réseaux sociaux et fait émerger le thème des violences policières dans le débat public, malgré les réticences des grands médias.
Dans leur ouvrage récent, Politiques du désordre, les chercheurs Olivier Fillieule et Fabien Jobart expliquent cette montée des violences par le choix des dirigeants, sous l’influence du précédent thatchérien, d’ignorer ou de réprimer les mouvements sociaux. En refusant, dès le début des années 2000, de répondre à «la rue», pour ne prendre en compte que la seule expression électorale, les gouvernements d’inspiration néolibérale affaiblissent l’outil de l’expression politique spontanée: la manifestation, dont les effectifs diminuent en même temps que ses acteurs se radicalisent. La riposte répressive qui répond à la casse incarne le refus de tenir compte de l’expression des aspirations sociales.
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L’autoritarisme est à l’autorité ce que la brutalité est à la force: une mise en scène de son excès dicté par la faiblesse. L’Etat néolibéral est une administration paradoxale, qui met toutes ses forces à se priver de moyens. L’affaiblissement des instruments de l’action publique impose d’abandonner les processus de concertation et de dialogue au profit d’une démocratie de théâtre, qui exhibe ses pectoraux à défaut de pouvoir remédier aux difficultés sociales.
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Imposée au ministère de l’Intérieur par les syndicats majoritaires de la police (Unité SGP et Alliance), qui réclament depuis des années l’interdiction de filmer les agents, cette dernière mesure a avant tout valeur de signal politique pour des troupes épuisées. Comme l’a montré le rapport du haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, il n’est en effet pas possible de réprimer l’enregistrement dans l’espace public sans contredire les lois sur la liberté de la presse et plusieurs accords internationaux signés par la France.
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on peut déjà observer les effets sur les libertés d’une loi qui a d’abord pour fonction de réaffirmer le soutien sans faille aux forces de l’ordre. Les interpellations sans motif de journalistes, les violences ou les intimidations qui ont accompagné les manifestations contre le dispositif «Sécurité globale» confirment malheureusement que dans un Etat soumis à la volonté de sa police, la loi n’est déjà plus un préalable nécessaire à la restriction des libertés.
Pas mieux.
Police : « David Dufresne avez-vous confiance en la police nationale ? »
"Ça dépend"
«Il y avait des violences policières depuis très longtemps en banlieue, mais, avec le mouvement social contre la loi travail et Nuit debout, ça a commencé à s’étendre sur les manifestants et les militants. La bascule a eu lieu à ce moment. Cette nouvelle loi de “sécurité globale” est là pour empêcher une conscience générale des violences policières. »
D’après le ministre de l’Intérieur, ces enregistrements seraient particulièrement agressifs, avec des smartphones ou des caméras parfois à quelques centimètres à peine du visage des forces de l’ordre. Selon lui, ces témoins seraient mieux avisés de « donner un coup de main » aux policiers, comme « c’était encore le cas il y a 15 ou 20 ou 30 ans », assure-t-il.
"Naaaan, mais il a raison. Manuuu! Sers nous la p'tite soeur, tu vas pas rentrer sur une seule jambe !
C'es 'achement 'gressif un starphone à quèque centimètres du visage ! T'rend pas compte mon pote ! Moi j'vais t'dire, Manu, tu m'le donne, le flachebaule, ben je lui file un coup de main au flic ! Ouais, comme tumvois là, je -buuuurp- pardon, lui tire dans les couilles moi au mec, ouais, parfaitement, dans les couilles à sa mère ! Manuuuu ! Mon verre et vide !"
Extrait ayant fuité du dernier conseil des Ministres consacré à la sécurité.
Au cours de son interpellation, Thierry L., 22 ans, a subi un passage à tabac des plus violents dans une camionnette, à l’abri des regards : coups de pied à la tête, tirs de taser au ventre et entre les cuisses, blouson souillé de matière fécale. Les auteurs de ces violences commises en août 2019 appartiennent à la désormais « fameuse » compagnie de sécurisation et d’intervention de la Seine-Saint-Denis (CSI 93), visée par plusieurs enquêtes judiciaires et dont le préfet Didier Lallement a été contraint d’annoncer la dissolution cet été – sans que celle-ci soit effective, comme Mediapart l’a révélé.
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L’un des agents, mais un seul, comparaît jeudi à Bobigny.
En juillet dernier, Kéziah Nussier, 21 ans, était violemment passé à tabac par les forces de l’ordre lors d’une manifestation antichlordécone en Martinique. C’est pourtant lui qui est poursuivi pour de supposées violences envers les agents. Reporterre dévoile qu’il s’agit de faux témoignages.
Sinon, juste pour rappel, quelqu'un a dit que :
« Il ne faut pas dire que c’est cancérigène. Il est établi que ce produit n’est pas bon, il y a des prévalences qui ont été reconnues scientifiquement, mais il ne faut pas aller jusqu’à dire que c’est cancérigène parce qu’on dit quelque chose qui n’est pas vrai et qu’on alimente les peurs. »
allez savoir si il ne faut pas cherche un rapport ?
Une autre disposition complète la loi du 28 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Elle prévoit un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende « le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, dans le but qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l’image du visage ou tout autre élément d’identification d’un fonctionnaire de la police nationale ou d’un militaire de la gendarmerie nationale lorsqu’il agit dans le cadre d’une opération de police ».
Le texte est suffisamment large pour frapper ceux qui diffusent des images de policiers, accusés de violence injustifiée sur des manifestants, tout en appelant sur les réseaux sociaux à des mesures de représailles.
Et pendant ce temps, en Chine, l'autre pays des droits de l'homme :
En Chine, une nouvelle réglementation donne aux citoyens lambda le droit de prendre en photo et de filmer des policiers en exercice. Une annonce des autorités qui fait suite à la mort mystérieuse d'un jeune père de famille en détention.
via Seb
" La violence est le mode de d’organisation du dialogue social en France. En France, on casse d’abord, on discute ensuite. Le maintien de l’ordre est le maintien de l’ordre de l’Etat, c’est une prérogative particulière de l’Etat. (…) La doctrine du maintien de l’ordre a été condamnée par le Conseil Constitutionnel qui interdit les interpellations préventives. Mais c’est une culture de l’Etat qui doit être changé et qui malheureusement a le plus grand mal à progresser." Alain Bauer
On parle de démocratie. On parle d'où va la démocratie. À l'étranger, la police ne réagit pas de la même manière. La police française depuis une quinzaine d’années, se croyant supérieure aux autres, s’est repliée sur elle-même, ses techniques et ses doctrines. N’oublions pas que dans une démocratie, le niveau de violence est établi par l’État et les forces de police. David Dufresne
En France, au cours des quarante-trois dernières années, 676 personnes sont décédées à la suite d’une intervention des forces de l’ordre, dont 77 du fait d’agents en dehors de leur service.
Les deux portent plainte: le policier pour outrage et menaces, l’adolescent pour violences. Un PV “mensonger” est alors rédigé pour “charger le gamin et absoudre” le policier, affirme Valentin Gendrot qui incriminera lui aussi l’adolescent lors d’une enquête interne.
Autrement dit : Allô Place Beauvau signale les violences policières, Allô IGPN scrute comment elles sont traitées par la police elle-même, et Radio Police, comment chacun en parle.
Un petit geste pour calmer la colère du bas peuple ?
Pour Steve Maia Caniço, aucune preuve d’une « charge policière ». Pour Théo Luhaka, « les images ne permettent pas de trancher ». Pour les lycéens de Mantes-la-Jolie, les maintenir à genoux, mains sur la tête était « justifié par le contexte exceptionnel de violences urbaines graves ». Pour Zineb Redouane, morte après avoir essuyé un tir de gaz lacrymogène, aucun « lien de cause à effet entre la blessure et le décès » n’a été établi.
Dans ces quatre affaires emblématiques, comme pour de nombreuses autres, les enquêtes de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) ont permis d’aboutir à un non-lieu ou un classement sans suite, au mépris des preuves et des témoignages.
La vidéo commence par un échange tendu entre une jeune femme et des agents de la sûreté de la SNCF en gare d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Sommée de quitter la gare, elle est soudainement attrapée et tirée au sol avec une clé de bras. Alors que les agents tentent de la menotter, son compagnon intervient, affirmant que la jeune femme est enceinte, avant d’être interpellé à son tour. C’est alors un témoin de la scène qui prend le relais. Les agents ne semblent pas tenir compte de cette alerte et vont la maintenir ventre à terre en lui assénant même un coup de pied au visage.
Oui mais en même temps, elle les a provoqué : elle était noire.
Affaire Farida : un peu de contextualisation, par Mathide Larrère.
Et quand on contextualise, c'est important de bien dézoomer, pour bien remonter aux causes.
Dans une «discussion» avec l’universitaire Maboula Soumahoro sur BFM TV, le chroniqueur Eric Brunet affirmait récemment que l’idée même de racisme institutionnel serait un emprunt indu à la culture américaine. La police française ne peut être raciste parce que la République française n’a pas d’histoire raciste.
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Il existe bien une ligne directe entre les pratiques de la police impériale et celles de la police contemporaine. Mathieu Rigouste a étudié notamment dans l’Ennemi intérieur… (1) cet état d’esprit faisant de tout Français racisé un «ennemi intérieur» potentiel dont il trace l’origine dans les forces de police coloniales nord-africaines.
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Accuser les Noirs de communautarisme ou d’indigénisme parce que nous connaissons une histoire de France que la plupart ignorent est non seulement risible, c’est aussi dangereux.
Attention, cette vidéo est très dure.
Je ne vais pas citer toutes les personnes qui l'ont relayées, juste 2 tweets :
Cette femme, c'est ma mère. 50 ans, infirmière, elle a bossé pendant 3 mois entre 12 et 14 heures par jour. A eu le covid. Aujourd'hui, elle manifestait pour qu'on revalorise son salaire, qu'on reconnaisse son travail. Elle est asthmatique. Elle avait sa blouse. Elle fait 1m55.
https://twitter.com/Mellazimen/status/1272929930611953666Macron le 25 mars: « La Nation tout entière est derrière les soignants, reconnaissante. Elle rend hommage chaque jour. Avec un courage exceptionnel, ils font face. Nous serons au rendez-vous de ce que nous leur devons, au-delà de cette reconnaissance et du respect. »
Le 16 juin:
[photo]
https://twitter.com/Francois_Ruffin/status/1273172494657171461