*Attention, je change quasiment d'avis entre le début et la fin de ce shaare. Schyzo inside*
> C’est la photographie d’un meurtre, le criminel et la victime sont tous deux vus dans la même image, et c’est moralement aussi problématique que la publication d’une décapitation terroriste.»
C'est un point de vue intéressant, mais légèrement faux-cul. Toutes les photos d'exécution ou de sévices divers primées au cours de l'histoire du photo-journalisme, ne sont-elles pas, à bien y regarder, des photos de meurtres ? En quoi celle-ci est plus choquante ? Peut-être parce qu'à la différence des photos citées par l'article (liens ci-dessous), on voit la victime morte ; les 2 autres images la montrent 1/4 de seconde avant sa mort. J'en reviens à ce que je disais : c'est de la drosophilophilie.
Après, le parallèle fait avec les décapitations terroristes pose question :
- n'est ce pas une façon courtoise de planter un couteau dans le dos du photographe / du jury qui l'a primé, en les associant à une image infamante ?
- un photo-reporter qui publie des photos des exécutions de Daech se rend t-il coupable de complicité ? Doit-on cacher ces photos pour ne pas faire la propagande des terroristes, ou bien doit-on les montrer -avec les précautions d'usage- au nom du droit à l’information ? (et je n'emploie pas cette expression de "droit à l'information" à la légère, contrairement à nos éditocrates chéris).
- A noter que les photos du massacre du Bataclan ont été censurées en France, et que je me suis moi-même offusqué des frontistes qui les diffusaient sur Twitter.
Bref, je ne suis pas à l'aise avec cette question.
Je vous laisse vous démerdez, moi, je ne sais pas comment trancher. (mais je lirai vos éventuels commentaires avec intérêt)
**Les photos citées par l'article : **
Attention, ces photos, bien que mondialement connues / historiques / primées sont tout de même choquantes.
http://rarehistoricalphotos.com/saigon-execution-1968/
http://imagesociale.fr/nagao1960