A propos de la fameuse photo d'Ethiopie où l'on voit Rimbaud, mais en fait c'est pas lui - mais si c'est lui - mais non - mais si - mais je vous dis que si - vous êtes un cuistre monsieur - si c'est comme ça je vous attends dans la cour avec mes témoins.
Bref, on ne saura jamais le fin mot de l'histoire avec certitude, mais la poésie étant avant tout une affaire de religion, il y a les tenants de la vérité révélée (c'est l'image de notre Dieu Rimbaud, louée soit la sainte photographie) et les prophètes de mauvais augure (ceci n'est pas Rimbaud, regardez cette tête de nigaud, ce ne peut pas être lui, à mort les imposteurs !)
J’adore ce genre de querelles érudites... ça n'a aucune espère d'importance au final, ça ne changera pas l'avenir du monde, et pourtant les gens qui y participent s'accrochent à leurs conviction comme si leur vie en dépendait...
Allez, je vous aide à retrouver un peu de foi en l'humanité : en octobre, Modiano a vendu plus de livres que Zemmour.
Bon, pas beaucoup plus non plus. Et c'est l'effet Nobel. Et rien ne dit qu'au total, ce ne soit pas Zemmour qui en vende le plus.
Ah crotte, j'ai tout gâché. Pardon.
Eh les copains, The Witcher "enhanced edition" est actuellement à 1,59€ sur Steam. Je crois que je ne vais pas résister...
Article intéressant au passage sur la "spécificité" polonaise en matière de jeux vidéo. Des jeux sombres : The Witcher, Painkiller, Call of Juarez...
Du coup je me note "La Saga du sorceleur" d'Andrzej Sapkowski (le "Tolkien polonais") dans ma liste de livres à lire.
A rapprocher de celui-ci concernant l'Ukraine, dont les jeux sont encore plus sombres et pessimistes : http://www.lemonde.fr/pixels/article/2014/08/28/le-jeu-video-ukrainien-hante-par-l-histoire-et-la-litterature_4478521_4408996.html (STLAKER, Metro 2033...)
EDIT : les promos Steam, c'est du vendredi au lundi... à l'heure américaine :( Le jeu était repassé à 8€ hier soir, et je ne souhaite pas mettre 8€, 1,50 ça me convenait bien... Un peu frustré du coup ^^ Tant pis, j'attendrais les prochaines soldes.
J'ai essayé de lire Bouvard et Pécuchet, j'ai calé aux 2/3 du livre environ. C'est incroyablement chiant et répétitif : les deux benêts veulent se lancer dans une activité quelconque (par exemple l'agriculture). Ils commencent par lire tous les livres qui leur paraissent faire autorité sur le sujet, bien sûr contradictoire entre eux. Ils passent ensuite aux travaux pratiques et, à quelques coups de bols près, leurs initiatives sont systématiquement vouées à l'échec.
Et ils s'attaquent ainsi à quasiment toutes les industries, toutes les sciences, y compris l'éducation des enfants, adoptant au passage deux petits paysans, qui deviennent plus ou moins des délinquants malgré leurs bons soins... Sérieux, c'est vraiment chiant. Je n'ai toujours pas compris ce que Flaubert a voulu essayer de faire avec cet Objet Littéraire Non Identifié. On en ressort avec l'impression tenace qu'il tente de démontrer que les livres ne valent rien, car se contredisant tous, ce qui est, toutes choses égales par ailleurs, le credo des pompiers brûleurs de livres de Fahrenheit 451... Outre cette impression gênante, l'architecture du livre est aussi glamour que celle d'une encyclopédie. A chaque chapitre, obéissant rigoureusement au plan pré-cité (découverte-expérimentation-échec) correspond un domaine de la connaissance, un peu comme si Georges Perec avait voulu écrire un roman en s'inspirant de la classification Dewey... Mais gageons que ça aurait été moins chiant.
Est-il besoin de préciser que pour écrire ce machin, Flaubert s'est comporté à peu près comme ses deux protagonistes, dévorant pendant des mois des tonnes de livres sur tous les sujets dont il parle ? La partie la plus aboutie et la plus connue du livre est sans conteste la deuxième, le fameux "dictionnaire des idées reçues", dont on ne saura sans doute jamais à quel usage Flaubert le destinait. Devait-il être intégré tel quel à la suite du roman ?
La voir sous forme de pièce de théâtre m'aiderait peut-être à "entrer" dans cette œuvre, la mise en scène pouvant contribuer à gommer les lourdeurs.
Traduire Villon ? Pas bête, mais je me demande si on ne perd pas en charme ce qu'on gagne en compréhension, tant il est brai qu'une bonne part de ce qui nous semble poétique chez Villon tient à l'archaïsme d'une langue que l'on ne comprend plus. Je note au passage qu'indirectement et grâce à Villon, Pierre Michon met un pied dans la Pléiade...
Ses contes ne sont certes pas à mettre entre toutes les mains, mais on est quand même très loin de Sade...
On ne peut pas dire qu'il ait d'abord écrit les contes, puis les fables, étant donné qu'il a mené les deux genres de front. Mais il est vrai qu'il a du renier ses contes à la fin de sa vie, à une époque où il régnait une sale mentalité niveau religion et pudibonderie.
La citation "« Le corbeau honteux et confus
Souleva sa jaquette
Et lui montra son cul »"
pour charmante qu'elle soit est parfaitement apocryphe ! :D
Si vous voulez voir à quoi ressemblent les contes de La Fontaine, jetez un œil ici : https://fr.wikisource.org/wiki/Auteur:Jean_de_La_Fontaine
Je vous conseille "Comment l'esprit vient aux filles" http://www.lafontaine.net/lesContes/afficheConte.php?id=47 ou Le faiseur d'oreilles et le racommodeur de moules http://www.micheloud.com/FXM/Lafontaine/faiseur.htm ou bien encore Le cocu battu et content http://www.lafontaine.net/lesContes/afficheConte.php?id=5
Même en devenant rédac' chef à Rue89, Xavier de la Porte n'a pas perdu ses centres d'intérêt : la culture et internet.
Jamais lu Modiano... des amateurs parmi les shaarlistes ?
EDIT : http://rue89.nouvelobs.com/2014/10/10/modiano-20-heures-pujadas-lexercice-dexhibition-nobel-255391
Tout un programme hein... Mais ce lien, associé à celui-ci http://www.em-consulte.com/rmr/article/187408 permet de mieux saisir à quel point Proust a dû déguster avec son asthme, qui était sévère, et à une époque où ne l'on ne le soignait quasiment pas.
Sans aller jusqu'à dire qu'il n'aurait pas écrit La recherche s'il n'avait pas été malade, sa maladie a eu une influence prépondérante sur son mode de vie, et donc peut-être en partie sur son œuvre.
Du fétichisme proustien et de la valeur mercantile de Proust...
Oh que je suis d'accord :)
"Le combat contre Voldemort dans le 5ème livre envoyait du rêve" >> J'ai lu le passage 2 fois de suite tellement il m'a plu ^^
Selon me fait penser que j'ai lu un livre de Murakami cet été, et que je voulais en parler.
Il s'agit de "Kafka sur le rivage" ; c'est assez sympa, c'est le genre de livre où l'on avance très vite parce que l'on a envie de savoir "comment ça finit". Et du coup j'ai été assez déçu par la fin, qui n'explique rien.
Les détails suivants m'ont laissé sur ma faim :
1/ il est raconté, dans le début du livre, un événement qui s'est déroulé dans la dernière année de la seconde guerre mondiale : une classe complète tombe en catalepsie lors d'une sortie scolaire ; la plupart des enfants se réveillent sans séquelles ni le moindre souvenir de ce qu'il s'est passé quelques heures pus tard. Sauf un, qui ne se réveillera au bout de plusieurs semaines, mais il est alors devenu l'idiot du village : son cerveau a été complétement "effacé". Seul bonus : il peut parler avec les chats. Vieil homme, il devient l'un des personnages principaux de l'histoire, à partir du tiers de celle-ci environ. (il faudrait aussi parler de la longue lettre que l'institutrice envoie à un des scientifiques chargé de l'enquête 30 ans plus tard, où elle avoue certains détails qu'elle avait jusqu'alors caché)
>> aucun rapport avec la fin du livre. L'auteur ne reviendra plus jamais sur cet épisode, faites-en ce que vous voulez.
2/ Le personnage principal, Kafka, est un adolescent qui fait une fugue. Je ne spoilerai pas ; mais on ne sait pas si ce qui arrive à son père est de son fait ou non. On ne sait pas si la bibliothécaire est sa mère ou pas. Mais peut-être que si.
3/ A la fin, on ne sait pas ce qu'est la "chose" tuée, si c'est le père de Kafka, si c'était un... démon, esprit, extra-terrestre qui avait pris possession de son corps... On ne sait pas si l'homme qui avait l'apparence de son père (le tueur de chats) est mort ou pas, si c'est le même être que la "chose"... Bref, à la fin, on ne sait RIEN. Kafka rentre chez lui, returne à l'école et puis c'est marre.
Ce qui est agaçant, c'est qu'il existe sûrement des fans hystériques qui ont pondus des théories abracadabrantes qui expliquent tout, et qui crient au génie... Bah non, c'est juste un type qui a écrit un roman sans être foutu de tout ficeler...
Des lecteurs parmi les shaarlites ? Des fans hystériques peut-être ? ^^
Intéressant. Faudra que je le déniche.
Oui, la fin du livre est plus... poétique (je ne sais pas si je peux spoiler ? bah non finalement, lisez-le donc ^^). Pourquoi (de plus en souvent) les éditeurs mettent-ils sur la couverture une illustration évoquant le film tiré du livre, quand bien même elle illustre un passage qui n'est pas dans le livre ? Tout simplement pour bénéficier de la notoriété du film.
Un type écrit un livre. Il se vend. Un peu. Beaucoup. Ou pas.
Un autre type achète les droits du livre, et s'entend avec toute une ribambelle de types pas très clairs, pour transformer l'histoire contenue dans le livre en film "grand public".
Le livre ressort, généralement au format poche, avec une illustration qui attirera immanquablement l’œil des gens, qu'ils aient vu le film ou non, car ils ont été pris dans le battage médiatique.
Je m'étais déjà agacé contre ce genre de procédé à propos d'un livre d'Asimov : http://sammyfisherjr.net/blog/spip.php?article24
Un livre qui va plaire aux agités de la théorie du genre (mais si, ceux qui avaient commis ces affichettes : http://www.madmoizelle.com/lmpt-stereotypes-genre-224065)
via http://www.mypersonnaldata.eu/shaarli/?KsMVIA
Et pour ceux qui en voudraient encore plus, l'auteur a publié une liste de "livres caca-pipi-prout dans ma bibliothèque" : http://elisegravel.com/fr/content/caca-pipi-prout-dans-ma-biblioth%C3%A8que, à compléter avec : https://www.facebook.com/elisegarnotte/posts/10152526970531421
"Pour en revenir à la réclame des pilules pour le foie, j’avais, dans ce cas précis, et sans aucun doute possible, tous les symptômes décrits, en particulier « une répugnance générale au travail sous toutes ses formes ». Les mots me manquent pour dire mes souffrances sur ce plan. Dès ma première enfance, j’endurai le martyre. À l’école, cette maladie ne me quitta pas un seul jour. On ignorait alors que mon foie en était la cause. La médecine était loin d’être aussi avancée qu’aujourd’hui, et on avait coutume d’accuser la paresse."
J'ai bien envie de le lire :)
Milles mercis à Riff pour cette introduction très complète ! :) >> http://www.seven-ash-street.fr/links/?iTHzrQ
J'ai très envie de le lire du coup !
Je recopie ici pour mon usage personnel les principaux point de sa présentation :
Par où commencer ?
La méthode douce : commence par un des bouquins les plus sympas et les plus abordables selon tes goûts, histoire de voir si le style te plaît et si tu as envie d'aller plus loin, et ensuite, si ça t'accroche, lance toi dans la lecture d'un des cycles.
Parmi les bonnes "portes d'entrées" aux Annales, je te conseillerais :
J'ai été assez surpris, en lisant Sodome et Gomorrhe, de trouver à au moins deux reprises l'expression "téléphonage" (pour "coup de fil", qui n'est pas beaucoup mieux, mais mieux compris d'un lecteur du XXIème siècle... alors que la plupart de nos téléphones n'en ont plus, de fil... intéressant ça). L'expression ne semble même pas être une création de Proust, mais un néologisme de l'époque, pour désigner le fait de recevoir un appel téléphonique, événement plutôt rare et invention hyper moderne en ce temps là...
J'ai même retrouvé l'un des passages en question, c'est quand même cool le web : (https://fr.wiktionary.org/wiki/t%C3%A9l%C3%A9phonage)
"Le surlendemain, le fameux mercredi, dans ce même petit chemin de fer que je venais de prendre à Balbec, pour aller dîner à la Raspelière, je tenais beaucoup à ne pas manquer Cottard à Graincourt-Saint-Vast où un nouveau téléphonage de Mme Verdurin m’avait dit que je le retrouverais." — (Marcel Proust, Sodome et Gomorrhe, in À la recherche du temps perdu, t. III, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1988, p. 259)
Je suis toujours preneur pour les conseils ! Surtout après avoir lu que les annales du disque monde comptaient une quarantaine de titres...
J'avoue : je n'ai RIEN lu de Terry Pratchett. Je sens bien que ma culture est incomplète. Je vais même faire hurler ses fans : le seul livre que j'ai lu pouvant se rapporter à lui, est celui qu'il a écrit en collaboration avec Neil Gaiman (De bons présages https://fr.wikipedia.org/wiki/De_bons_pr%C3%A9sages), ce qui fait que j'ai longtemps confondu ces deux auteurs... /honte/