Derrière des raisonnements historiques cavaliers et souvent incohérents, Curtis Yarvin imagine une société où les chefs d’entreprise du numérique règnent en maîtres absolus des destinées du monde, où les citoyens ordinaires sont dépossédés de leurs droits et où les individus jugés non productifs sont enfermés dans des caves, distraits par une réalité virtuelle. Le « techno-monarchisme » de Curtis Yarvin conduit à une justification du pouvoir sans limite des oligarques du numérique et de l’eugénisme au nom du bien commun.
De tels raisonnements pourraient prêter à sourire si le vice-président des États-Unis J. D. Vance ne citait pas Curtis Yarvin comme une référence, et si ce dernier n’était pas au cœur d’une galaxie réactionnaire qui compte influer sur la future administration Trump, de Peter Thiel à Elon Musk, et faire encore plus basculer vers des politiques radicales un parti républicain que Yarvin a toujours considéré comme « progressiste ».
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L’imaginaire de Curtis Yarvin est un étonnant mélange de références classiques et de culture geek contemporaine. S’inspirant de Matrix, il invite — dans un article intitulé « Un argumentaire contre la démocratie : dix pilules rouges » — ses lecteurs à prendre une « pilule rouge » en référence à celle qui, dans le film, permet de prendre conscience des illusions imposées par la Matrice aux êtres humains, et, dans le monde de Curtis Yarvin, permettrait de dissiper un certain nombre d’idées reçues sur les bienfaits de la démocratie. Cette utilisation métaphorique du film Matrix a été également reprise par Elon Musk en mai 2020.
Yarvin se surnomme également le « seigneur sith » de la pensée néo-réactionnaire, suggérant ainsi qu’il œuvre à l’édification d’un Empire, de la même manière que le personnage de fiction Palpatine instaure un Empire galactique à la suite d’un coup d’État dans la série de films Star Wars, grâce à sa maîtrise du côté obscur de la Force.
L'article qui va vous foutre les chocottes.
Je déconne pas. Ce n'est pas juste du ohlala ma pauv' dame la monde va mal : c'est plutôt long, argumenté, sourcé. Donc flippant.
Les Européens seraient avisés de prendre au mot le ministre russe de la Défense lorsqu’il envisage, en présence de Vladimir Poutine, la possibilité d’un conflit avec l’OTAN en Europe d’ici à dix ans.
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La Russie, pays de 140 millions d’habitants, déploie désormais 570 000 hommes sur le terrain ukrainien, contre 150 000 au début de son invasion. De sources officielles, l’Ukraine, pays d’aujourd’hui 22 millions d’habitants, dispose pour sa part d’une armée de 880 000 hommes. Les pertes humaines et matérielles sont colossales des deux côtés. Mark Rutte, le nouveau secrétaire général de l’OTAN, estime que le nombre de tués et de blessés a dépassé le million. En 2024, année particulièrement meurtrière, la moyenne mensuelle des personnels militaires mis hors de combat se situait entre 30 000 et 35 000 hommes pour chaque camp.
Je vous renvoie à ce que je disais il y a quelques mois sur le fait que l'Ukraine, n'ayant pas les mêmes capacités à trouver de la chair à canon que la Russie, avait déjà perdu...
Quelle que soit l’issue de la négociation russo-américaine, il faut, pour l’avenir de l’Ukraine et la sécurité de l’Europe tout entière, prendre la mesure du danger, y sensibiliser les opinions publiques, se préparer à l’éventualité d’un conflit avec la Russie et l’empêcher autant que possible de se remettre en ordre de bataille.
Le verbatim intégral de l'altercation entre Zelensky, Trump et Vance.
Je ne connaissais pas ce site, découvert par l'intermédiaire d'un article Médiapart précédemment cité.
Ce sortilège est inspiré d’un mouvement déployé aux États-Unis en 2019, au moment où Donald Trump se mettait en marche pour sa réélection à la présidence américaine et s’est révélé être le plus grand sortilège collectif de l’histoire états-unienne. A chaque cycle lunaire, des sorcières-activistes du continent s’étaient retrouvé.x.s, mois après mois, pour renouveler la conjuration, jusqu’à l’échec de Trump à la présidentielle de 2020.
« Si nous avons besoin de magie, c’est parce que le fascisme n’est pas seulement une mauvaise idée, c’est aussi un ensorcellement : un tissu de mensonges, de coups de manche et d’images toxiques » affirme Jilderê, membre de Fiché·es S comme Sorcières. À coups de demi-vérités, les néofascismes contemporains produisent une image fausse de ce que signifie habiter cette planète et de ce qui est digne de notre attention. Or pour lutter contre un ensorcellement, nous avons besoin de plus que d’idées fortes et de programmes politiques solides — nous avons besoin de contre-sorts : d’autres imaginaires et d’autres intentions que les leurs. Car les idées ne sont pas une chose abstraite flottant dans l’air, elles ont une réalité matérielle bien concrète à laquelle il nous faut nous attaquer pour que nos mondes puissent advenir.
Qu'est ce que c'est que ce charabia azimuté ? Je suis d'accord sur le constat, mais c'est un camouflet pour l'intelligence collective de celles et ceux qui se sont mobilisées et se mobiliseront encore contre l'extrême-droite que d'imaginer ne serait-ce qu'un instant que le FN a perdu par magie...
Et s'il suffisait d'un bon sortilège collectif pour régler un problème, pourquoi ne s'attaquent-illes pas à tous les problèmes du monde ? Un sortilège pour faire disparaître Alphabet, un sortilège pour tuer Poutine, un sortilège pour chaque problème... Pfff...
Je suis à la fois loin de toi et proche de toi. Je demeure sur un autre continent, mais mes origines anglo-normandes me rapprochent de toi. D’ailleurs, un grand écrivain français et homme politique, Victor Hugo, qui s’était exilé entre autres à Guernesey, a écrit en ton honneur Le bossu de Notre-Dame.
Tutafé. Juste après Les 12 travaux de Jean Valjean, et avant son célèbre Batman contre l'homme qui rit.
Au lieu de la division binaire, les sondages suggèrent plutôt que les « europhobes » et les « europhiles » convaincus ne sont que les minorités extrêmes d’une opinion qui oscille entre au moins trois attitudes : ceux qui pensent que l’Union a plus d’avantages que d’inconvénients, ceux qui pensent le contraire (chaque groupe est au-dessous de 40%) et ceux qui jugent qu’il y a autant d’avantages que d’inconvénients. À l’arrivée, l’opinion positive et l’opinion négative globales sont à égalité, mais la volonté de sortie est très minoritaire. Telle est la réalité : elle n’est pas et elle ne sera pas univoque, en tout cas pour longtemps.
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Alors que la nation était promise à la disparition progressive, il y a quelques décennies à peine, nous assistons aujourd’hui à l’émergence d’un monde que le politologue Bertrand Badie désigne justement comme « néo-national ». En soi, cela pourrait n’avoir rien d’inquiétant : tout esprit national n’implique pas sa perversion chauvine. Mais, précisément, l’air du temps est aussi à la dominante d’un véritable « néo-nationalisme », et pas seulement en Europe. Tout discours « national » s’enchâsse aujourd’hui dans cette dynamique, au risque d’être dévoré par elle. Lordon déteste le « mondialisme abstrait » ; mais jusqu’où peut conduire le « nationalisme concret » que l’on opposerait à lui ?
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Lordon a l’habitude de dire que la sortie de l’Union est d’autant plus nécessaire que c’est l’Europe communautaire qui a imposé le cours néolibéral de nos sociétés. Il sous-entend que cette sortie permettra de contester cette imposition. Je ne pense pas comme lui, et d’abord pour une raison historique : c’est parce que le mouvement ouvrier et les forces les plus démocratiques ont été nationalement battus, y compris en France, que la vague libérale a déferlé sur notre continent, et pas l’inverse. L’offensive néoconservatrice avait de solides bases nationales, qu’aucune configuration nationale des classes, aucune tradition démocratique, aucun dispositif local des gauches politiques n’a été en mesure de contrecarrer. Penser qu’il suffit de sortir du cadre de l’Union pour relancer la grande contestation sociale et dégager la nation du cadre ultralibéral est une illusion. D’une certaine manière, ce que propose Lordon relève d’un « nationalisme abstrait ».
via Riff
Quoi de commun entre l’agriculture biodynamique, une école à la pédagogie atypique, une grande entreprise de cosmétiques, un investissement dans une ferme éolienne ? Tous sont liés à l’anthroposophie, un courant spirituel fondé au début du XXe siècle par Rudolf Steiner. Discret mais influent, ce mouvement international dispose de relais économiques et politiques… jusqu’au sein du gouvernement français.
A rapprocher de https://www.sammyfisherjr.net/Shaarli/index.php?dY52fQ
Pour Steiner, Mars serait une planète liquide, la Terre un crâne géant, la Lune un amas de corne vitrifiée, et tricoter donnerait de bonnes dents ; les îles et les continents flotteraient sur la mer, maintenus en place par la force des étoiles ; les planètes auraient une âme ; les minéraux proviendraient des plantes ; les êtres clairvoyants pourraient détecter les athées, car ils seraient forcément malades ; initialement immobile, la Terre aurait été mise en rotation par le « je » humain.
Encore un qui n'a jamais voulu révéler la provenance de son herbe.
Eh le web ! Réveillez-vous ! Y'a pas que les scientotologues dans la vie. Y'a les anthroposophes aussi.
Et en plus y sont choupinous :
L’œuvre de Steiner comporte une dimension plus sombre. Dès 1910, il affirme que les peuples germains et nordiques appartiennent au même groupe ethnique, la race aryenne (12), et dénonce « l’effroyable brutalité culturelle que fut la transplantation des Noirs vers l’Europe, [qui] fait reculer le peuple français en tant que race (13). » Quelques années plus tard, de nombreux anthroposophes sont membres du parti nazi, de la SS ou des SA. « L’ampleur des imbrications, au niveau des organisations et des personnes, entre la Société anthroposophique et le NSDAP [Parti national-socialiste ouvrier allemand], était suffisamment importante pour préoccuper la faction antiésotérique des nazis »
Et il y a même de chouettes dérives sectaires :
Il a connu des anthroposophes malades du cancer. « Ils ont refusé d’être soignés en France et ont opté pour une clinique anthroposophique à l’étranger, se souvient-il. En guise de soins, ils y ont reçu des injections d’Iscador, de l’homéopathie et participé à des séances d’art-thérapie. Aucun n’est jamais revenu. Certains ont légué tous leurs biens à l’anthroposophie. »
Comment on vous a vendu Macron comme on vend une encyclopédie pourrave en coinçant le pied dans la porte.
Pourquoi aucun grand titre de la presse n’a-t-il trouvé utile d’enquêter sur ce genre de connivences menaçantes ? Pourquoi a-t-on eu au contraire l’impression étrange d’assister pendant toute cette campagne à un putsch démocratique au ralenti, avec un terrible sentiment d’impuissance ? Davantage qu’une intuition, c’est une certitude : si Emmanuel Macron devait être élu à la Présidence de la République, on se réveillerait en mai avec une nouvelle nuit du Fouquet’s, des révélations feuilletonnées sur toutes sortes de grands donateurs, de premiers cercles rappelant les pires heures du sarkozysme, de collusions d’une ampleur inédite entre très gros intérêts industriels, médiatiques et financiers. Partout l’argent rode autour de cette candidature, tout le monde le sait. Lorsque les conditions concrètes qui ont présidé à cette mise sur orbite sortiront enfin dans la presse, post festum, car elles finiront par sortir, ces choses là finissent toujours par sortir, les Français n’auront alors plus que leurs yeux pour pleurer. Entre temps, l’ISF sur les grands patrimoines financiers aura été supprimé, le code du travail ravagé à coups d’ordonnances, les services publics sévèrement amputés, les dividendes toujours mieux reversés. Un véritable continent oligarchique est là encore à demi-englouti, prêt à surgir sous nos yeux le 8 mai prochain, et personne n’a jugé bon jusqu’ici de le dévoiler aux citoyens. Surtout pas ceux dont c’est en théorie le métier, à savoir les journalistes. Au moment où ces lignes s’écrivent j’aperçois la pétition d’absurdité que celles-ci recèlent : comment la presse entre les mains de ces messieurs pourrait-elle enquêter sur sa propre nocivité et a fortiori sur la leur ?
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On ne pourra pas dire que tous les helpers milliardaires de la place ne se seront pas mis en marche, et même en déambulateurs, pour le gandin aux envolées oratoires poussives. On ne pourra pas dire que tous les moguls des télécoms qui entravent désormais la libre circulation des opinions n’auront pas tout tenté pour gonfler la baudruche à grand renfort de panégyriques dans leur presse, et d’enquêtes jamais faites.
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En faut-il d’ailleurs du mépris pour le peuple français, pour tenter un coup de force pareil. Macron, ce n’est pas seulement la continuation de politiques usées, celles qui ont lepénisé les classes populaires depuis trois décennies et rétabli un quasi esclavage pour certains peuples européens. Macron, c’est le retour du tâcheronnage sous couvert de modernité. Macron, c’est le 19ème siècle à travers les âges et son indifférence complète à la souffrance populaire, à peine barbouillé de couleurs acidulées et de Silicon Valley. Macron, c’est en réalité ni plus ni moins que le retour du Comité des Forges, et de sa fameuse presse, entièrement asservie par l’argent de la haute finance et celui de la grande industrie, dont les anciens résistants formèrent le rêve de débarrasser le pays à jamais, une fois les « Jours heureux » venus.
C'est toujours intéressant de lire des critiques négatives mais argumentées, ça pousse à s'interroger sur les raisons pour lesquelles on aime soi-même l'objet en question. Il est question ici de XCOM 2, qu'un joueur n'a pas du tout aimé, mais qui explique -longuement- pourquoi.
Alors oui, il y a beaucoup de choses vraies, mais aussi un peu non de mauvaise foi, mais d'une certaine forme d'aveuglement de quelqu'un qui rêvait d'un jeu extrêmement difficile + hyper-réaliste + terre-air-mer + stratégie à grande échelle + long + fun + au top graphiquement + jamais vu + qui fait quand même comme celui de 1994... Sans me moquer, on sent quand même un peu le vieux de la vieille qui regrette "son" jeu de 1994 ; d'ailleurs il écrit encore "X-Com" ^^
Pour moi, XCOM (Enemy unknow, Enemy within, et 2), c'est un jeu d'échec en 3D avec des aliens. Une fois qu'on accepte ça, on est prêt à accepter beaucoup des choses qu'il déplore, y compris les graphismes et l'absence de combats aériens et/ou souterrains ou l'absence de civils à soudoyer. Et du coup, on accepte même ça :
Les mises à couvert n'apportent qu'un modificateur à la visée.
C'est un jeu bordayl. Aux échecs, tu gueules parce que le roi ne peut se déplacer que d'une case à la fois ? Non.
Et qualifier le psy-lab de "totalement dispensable", ça montre juste qu'en 99 heures de jeu, il est complétement passé à côté du truc.
La seule chose sur laquelle je le rejoins vraiment, c'est :
En revanche les armes et armures sont produites une fois (un seul exemplaire) et suffisent pour équiper tout le monde, ce qui simplifie encore davantage la gestion d'une escouade comme celle du budget.
Ce n'est pas complétement vrai, mais ça l'est au moins pour les armures avancées, que l'on recherche une seule fois, et dont l'amélioration affecte tout le monde ensuite. La gestion du matériel me faisait déjà sourire dans XCOM : Enemy within, où dans le cas extrême d'une escouade entièrement détruite au combat, on pouvait donner leur équipement à d'autres (parce que les armures et les flingues rentraient à pied à la maison sans doute). De même, les objets à usage unique (grenade, balises leurre...) qu'il n'est pas nécessaire de refabriquer après utilisation...
Mais, encore une fois, ce n'est pas un jeu réaliste (on m'aurait mentiii ?) mais un jeu de stratégie. Allez donc me parler du "réalisme" de Civilization, tiens...
Après, concernant la fin (qui serait "la même" que dans l'opus précédent), les ennemis ou la tactique, j'ai déjà dit ce que j'en pensais dans ce shaare.
ALIENS : le minimum syndical avec quelques nouveautés bienvenues, mais une répartition façon zoo, sans grande cohérence. Des pions disséminés par grappes plutôt que des équipes (en dépit de la présence d'officiers) et de toute façon aucune considération stratégique.
GESTION DE BASE : anecdotique ! Ce n'est plus que de l'empilement de salles et certaines (Atelier, Matrice de défense, Psy-lab, éventuellement le Laboratoire) sont totalement dispensables. Vu de l'intérieur, ça ne ressemble même pas à un vaisseau et de toute façon il ne s'y passe strictement plus rien.
RECHERCHES : on prend les mêmes et on recommence.
OVNI : terminé ! Plus aucune gestion du ciel et des OVNI en-dehors d'un événement scripté. Du coup ça facilite considérablement les choix de gestion (base, recherches, production...). Et ce n'est pas la storyline qui l'empêche, il y avait largement moyen de jouer au chat et à la souris avec l'occupant en renouvelant un peu le style.
ECONOMIE : gestion limitée au cash et aux renseignements. En dépit d'une trame en mode guérilla/résistance, vous n'aurez jamais de collaborateur civil à soudoyer, jamais de cellule de résistance à dépanner en ressources, matos ou personnel, jamais de campagne de contre-propagande à financer... rien !
ESCOUADE : changements superficiels si l'on excepte le Spécialiste, mais les promotions sont globalement sympa. En revanche les armes et armures sont produites une fois (un seul exemplaire) et suffisent pour équiper tout le monde, ce qui simplifie encore davantage la gestion d'une escouade comme celle du budget.
GEOSTRATEGIE : réduite comme peau de chagrin ! Une installation extra-terrestre apparaît sur la carte ? Vous contactez les régions nécessaires pour accéder à la mission et ainsi de suite jusqu'à la mission finale. Les mécanismes tels les tour de radio ou les bonus de continents (ou même conserver des régions déjà contactées) favorisent un jeu long et stratégique, ce qu'X-Com 2 n'est pas.
MISSIONS : deux types de missions, les collectes et les interventions.
Les collectes se jouent sur la carte géostratégique : une notification vous informe d'une collecte possible (ressources, renseignements, matériel, personnel ou recrues), vous y déplacez votre vaisseau, vous récoltez durant le nombre de jours nécessaires et c'est terminé. En cas d'interruption vous pourrez reprendre la collecte ultérieurement.Les interventions envoient votre escouade casser de l'alien. A l'exception de missions spécifiques qui vous demanderont de choisir entre 3 destinations (et conséquences) possibles, toutes les autres interventions sont isolées ; vous n'aurez pas de priorité à établir faute de pouvoir être sur tous les fronts. Les missions d'intervention sont de plusieurs types :
- Représailles : avant ils attaquaient les villes, maintenant ils se vengent sur une cellule de résistance quand vous sabotez une de leurs installations. Dans le fond c'est pareil : sauvez des civils, tuez tout le reste. TOUTES les cellules sont des bidonvilles dans la jungle en train de cramer. Pas une fois vous n'irez défendre une cellule infiltrée au plus proche de l'ennemi. En cas d'échec ? Vous perdez le contact avec la région, mais rien ne vous empêche de reprendre contact.
- Chronométrées : vous avez 8 ou 12 tours selon qu'il faille a) exploser/pirater cible, ou b) secourir/escorter/capturer/liquider VIP et rejoindre la zone d'évacuation après. Il faut donc vous grouiller et sacrifier vos ambitions tactiques pour un peu d'adrénaline. Et il y a beaucoup de missions de ce genre.
- Convois : que ce soit un train stoppé ou un OVNI posé, il faut exterminer tout le monde en évitant de bousiller les ressources que vous êtes venus piller.
- Installations : ce sont les marqueurs de progression de l'histoire et il y en a très peu. C'est l'équivalent d'une attaque de base à l'ancienne.
- LA défense de la rampe d'accès de votre vaisseau : remplace l'attaque de votre base. Hormis celle scriptée, vous pouvez empêcher les autres.
- LA mission finale : en deux parties et curieusement la seule pour laquelle on vous propose de dépenser des renseignements pour obtenir des bonus préliminaires. Ceci mis à part, elle brille par son manque d'originalité.
Et c'est tout ! Ce ne serait déjà pas si mal si celles-ci présentaient des variations intrinsèques, mais non ! Ce sont toutes les mêmes sur les cartes aléatoires d'un échantillon de décors assez pauvre. C'était déjà un problème avant, ça l'est encore avec X-Com 2.
Les cartes sont fades : ce ne sont QUE des assemblages utilitaires pour le jeu tactique. Quel que soit le (pauvre) environnement dans lequel vous vous retrouvez, le décor est toujours le même. Même dans les centres urbains vous ne croiserez que quelques civils pratiquement inertes ici ou là et dont la seule vocation consiste à vous faire repérer. Autrement, les villes sont dénuées de vie. Vous n'aurez pas de mission qui se déroule dans un bâtiment Advent, vous ne passerez pas par les égoûts, vous ne vous retrouverez pas dans les souterrains du métro, vous ne vous infiltrerez nulle part et vous ne vous retrouverez pas non plus au milieu d'une foule. Le monde d'X-Com est vide, hormis quelques renforts aliens il ne s'y passe rien, et toutes les missions qui pourraient justifier un côté " guérilla " ou " résistance ", urbaine ou non, n'existent pas. C'est pareil qu'avant.Quant aux aliens, s'ils patrouillent parfois, la plupart du temps ils restent plantés dans leur zone de départ jusqu'à vous repérer, même si vous êtes en train de pulvériser la cible juste sous leur nez ou que ça se descend de partout sur la carte à grand renfort d'explosifs ils ne bougeront pas ! Invraisemblable !
TACTIQUE : malheureusement les mêmes points faibles que l'épisode précédent. Aucune amélioration et aucune gestion de la nuit non plus (à part graphiquement). L'embuscade est un mécanisme sous-exploité en dépit de son intérêt évident. Dissimulation et couverture restent deux tares inadmissibles du combat tactique : peu importe les lignes de vue réelles ! celles de visée sont surnaturelles ! Les mises à couvert n'apportent qu'un modificateur à la visée. Oui, on peut vous descendre derrière une couverture complète, sans vous voir, avec n'importe quelle arme, et sans devoir détruire votre abri d'abord. Ridicule !
HISTOIRE : correcte. C'est dans le ton du précédent, c'est sympa, les cinématiques sont plutôt chouettes, les voix de doublage et les musiques sont adéquates... pas grand-chose à redire sur la forme en-dehors du fait que la guérilla n'en a que le nom et que vous n'avez aucune espèce d'influence sur le déroulement des événements. Jamais ! On occulte simplement votre victoire précédente, mais ce n'est pas gênant. Et si la fin a un air de déjà-vu c'est normal, c'est grosso modo la même.
TECHNIQUE : 10 ans de retard visuel. Optimisation à la ramasse même sur une machine de guerre, alors que les graphismes sont tout juste décents ! Incroyable !
En conclusion, la recette d'X-Com 2 c'est : simplifier un jeu qui n'était déjà pas compliqué à la base, avec pour conséquence un appauvrissement général du concept que l'on aura tenté de masquer par une pincée de nouveautés bienvenues. Et vraisemblablement faire payer un peu plus de contenu via les DLC : une mission par-ci, un décor par-là, une classe de perso là-bas, beaucoup de cosmétique sans intérêt... ça et les mods, histoire que les joueurs qui, en plus de servir de beta-testeurs pour des DLC pardon, pour des jeux qu'ils payent au prix fort, puissent combler un peu du vide laissé par les éditeurs.
Décevant !
Dans la série "le saviez-tu", l'information du jour : Simenon avait un frère. Un salaud, un collabo, un assassin, qui a participé l'arme à la main à des représailles aux côtés des nazis.
L'écrivain belge Patrick Roegiers lui consacre un livre qui sort ces jours-ci, fort judicieusement intitulé "l'autre Simenon", tant il est vrai que peu de personnes avaient entendu parler du cadet maléfique (ce n'est pas forcément une référence, mais la fiche Wikipédia de Simenon ne l'évoque même pas) ; et que le Simenon connu a aussi sa part d'ombre.
Le salaud d'abord : "Engagé, dès le début de l’Occupation allemande en Belgique, dans la collaboration avec le parti catholique d’extrême droite Rex, que Léon Degrelle avait fondé afin de «rendre toute sa pureté à la race wallonne», il participa, un revolver à la main, au massacre de Courcelles, en août 1944." Condamné à mort par contumace, il s'engage dans la Légion, et meurt en Indochine à 41 ans.
Mais le si respectable grand frère vaut-il mieux ?
"Georges Simenon a fait preuve durant la guerre d’un opportunisme accablant, et d’une habileté redoutable. Il mène la vie de château en Vendée, avec sa femme et sa maîtresse. Il reçoit des officiers de la Wehrmacht au château de Terre-Neuve, il apprend l’allemand en 1942, il gagne plus d’argent pendant la guerre qu’avant, il est l’auteur le plus adapté au cinéma durant cette période avec cinq films, il cède les droits d’exclusivité de Maigret à la Continental pour 500 000 francs et une durée de trois ans, il accorde des interviews à La Légia, journal collaborationniste, publie les bonnes feuilles de Pedigree, et pose souriant à côté de ses melons. Il fréquente des bordels de luxe où paonnent collaborateurs et gestapistes de la rue Lauriston. A la fin de la guerre, il est sévèrement menacé et craint pour sa vie. Il s’en sort miraculeusement grâce à ses appuis. Il quitte l’Europe en 1950 et aboutit en Suisse où il restera trente-deux ans."
Comprenons-nous bien : ce ne sont ni les putes, ni le fric, ni les belles bagnoles qui sont choquantes, Simenon n'ayant jamais caché ni écrire pour devenir célèbre et riche, ni être un baiseur compulsif (faut quand même dire les choses comme elles sont). Ce que cet extrait de l'interview de l'auteur fait plus que suggérer, c'est que Simenon, pas engagé dans un parti pro-hitlérien comme son cadet, était a minima extrêmement tolérant vis à vis du nazisme, pour ne pas dire autre chose.
Cependant, les Siméoniens fervents, junior en tête, s'emportent sur ce qu'ils considèrent être des "contre-vérités" et des affabulations. Alors ? L'auteur a t-il des comptes à régler avec Simenon, ou toutes les vérités ne sont-elles pas bonnes à entendre ? Affaire à suivre.
Sources :
http://www.tdg.ch/culture/livres/Il-y-avait-deux-Simenon-le-cadet-fasciste-et-l-ecrivain-ambigu/story/20915904
http://bibliobs.nouvelobs.com/critique/20150828.OBS4879/simenon-le-collabo.html
http://culturebox.francetvinfo.fr/livres/polemique-autour-du-roman-de-patrick-roegiers-sur-le-frere-damne-de-simenon-228203
J'adore ces "histoires de science", avec des rebondissements, du suspens et de l'émotion... Bref, des vrais morceaux d'humain dedans. Merci Neko de nous l'avoir retranscrit.
La version sur Twitter : https://twitter.com/CNES/timelines/544635049069772800
Je recopie ici Neko :
« Ça vous dirait, une petite tweetstory ?
Allez. On va dire que oui.
Ce soir, nous sommes il y a 35 ans. Oui, 35 ans exactement, le 15 décembre 1979. À Kourou, la première fusée Ariane doit décoller. C’est déjà la fin d’une longue histoire, cette fusée Ariane. Il y a eu avant elle la française Diamant, l’anglaise Black Arrow. Il y a eu les fusées Europa, qui n’ont jamais tout à fait fonctionné. Il y a eu des déménagements, des changements de continent au gré des tumultes de l’histoire. Il y a eu des routes, des ponts, des bâtiments construits, des milliers d’hommes et femmes mobilisés.Une maquette puis une répétition générale ont permis de s’exercer. Mais maintenant, il faut la lancer, Ariane.
À l’église Sainte-Catherine, à Kourou, les cierges se multiplient soudainement. Ce jour-là, la météo est moyenne. C’est la petite saison des pluies en Guyane. Il faut retarder un peu le lancement. Les satellites météo ne sont pas d’une grande aide. Mais la femme du météorologiste guette les nuages à quelques km. Ariane attend sur une aire de lancement débarrassée de toute présence humaine. Plus de 100 ingénieurs sont cachés dans un bunker, à moins de 200 mètres du pas de tir. Retenez-le, ce bunker. Seuls restent les oiseaux, qui tentent vainement de se poser sur les bras glacés qui alimentent la fusée.
Un couloir maritime a été dégagé, sous la trajectoire prévue, pour éviter tout incident. Deux navires américains, maquillés en russes, ont été fermement invités à quitter la zone. Le compte à rebours se déroule sans problème. Plus qu’une heure. Plus que dix minutes. Plus qu’une. Trois, deux, un, feu, les moteurs d’Ariane crachent leurs flammes. Ariane doit décoller quatre secondes après. Elle ne décollera pas. On le saura un peu plus tard, deux capteurs ont trompé l’ordinateur qui a coupé automatiquement les moteurs. Commence alors une course contre la montre. Dans dix jours, les réservoirs d’Ariane, rongés par le carburant, seront inutilisables. Ah, aussi, les ingénieurs dans le bunker sont à quelques mètres d’une bombe géante. Bunker hermétiquement clos, évidemment. De rares équipes pourront sortir, quelques minutes, récupérer des vivres. Car il faudra plus de 20 heures pour vidanger les réservoirs. Les ingénieurs peuvent alors sortir… pour entamer un phénoménal travail de remise en état. À deux par poste, ils se relaient jour et nuit. Il n’y a de toute façon qu’une douzaine de lits sur place. Il faut dormir deux heures quand c’est possible. Des renforts sont envoyés de métropole. Sur la route de Roissy, un bus vide suit le bus plein, pour ne pas perdre de temps en cas de panne. Car il faut inspecter la fusée et le pas de tir, réparer ce qui doit l’être. Et donner un petit coup de peinture. Il faut qu’Ariane soit belle sur la photo.
Tout cela dans une ambiance indescriptible, qui marque les souvenirs à jamais. Le lancement est fixé au 23 décembre. Mais une fuite d’hélium et la pluie obligent, encore une fois, à reporter le lancement. Va pour le 24 Décembre. Ce lancement est la dernière tentative : hommes et matériel sont épuisés, les dernières gouttes de carburant ont été utilisées. Si Ariane ne part pas, ce sera dans plusieurs semaines. Au mieux. Et là, à 14h14, Ariane décolle enfin. Elle déposera quelques minutes après une capsule sur orbite.
Ce sera un beau réveillon. Avec embrassades, bataille de boule de neige, sauts habillés dans la piscine. Un peu de ti-punch aussi. Depuis, 220 fusées Ariane se sont envolées de Kourou. Seules 9 n’ont pas intégralement remplis leur mission. C’est un immense succès. Sans ces hommes, leur dévouement, leur travail acharné, peut-être en aurait-il été autrement. Alors, ce soir, deux images : le lancement, évidemment, mais aussi l’équipe au grand complet, quelques jours avant. (Les photos : https://twitter.com/CNES/status/544557053189324800).
En entamant la bûche, ces hommes et quelques femmes auront probablement une pensée pour ce Noël pas comme les autres. Peut-être que vous aussi ? En attendant, merci à eux. Merci en particulier à Yves Beguin et Michel Mignot pour leurs témoignages.
Pour en savoir plus, vous pouvez lire le récit de Jean-Pierre Morin. C’est passionnant http://nospremieresannees.fr/lanceurs/laj-Ariane/laj4-morin/page-01.html
Aussi, ne manquez pas ces courts témoignages, rassemblés il y a cinq ans http://www.cnes.fr/automne_modules_files/standard/public/p8185_e1dfd528a2caba6d29ff2a4f774e9711livret_30_ans_Ariane.pdf
Bonne soirée :) Promis, nous répondrons à vos questions ! »
On commence à mieux cerner pourquoi la France ne crie pas trop fort contre le programme de surveillance américain : ce n'est pas de l'espionnage, c'est de la coopération, avec partage des ressources : tu espionnes l'Europe, j'espionne l'Afrique, on partage le résultat.
"Le constat fait par la NSA est simple : une énorme partie du trafic Internet mondial passe par les USA, et place ces derniers dans une position privilégiée pour écouter tout le monde. Tout le monde ? Pas vraiment. Comme le montre très clairement cette slide, le continent Africain échappe en grande partie aux grandes oreilles Américaines (seulement 11Gb de trafic)… Mais pas aux grandes oreilles Françaises (343Gb, ou presque), mettant ainsi le pays de Droits de l’Homme et du fromage dans une position unique pour intégrer le club fermé – aux cotés d’Israël – des grands maitres de la société de surveillance qui s’installe."