La qualité et l'adaptation au support numérique, ça paye.
La bataille d’Alep est systématiquement présentée sous l’angle des victimes civiles que provoquent les bombardements russes et syriens. La bataille de Mossoul, lorsqu’elle est mentionnée, est systématiquement présentée comme une libération des habitants de la ville par les armées américaine et irakienne. « Massacre » dans un cas, « libération » dans un autre.
Afin d'éviter toutes ambiguïtés :
Critiquer l’impérialisme des pays de l’OTAN n’implique pas de donner un blanc-seing à l’action de la Russie en Syrie. Les bombes russes n’épargnent pas davantage les civils que les bombes américaines, et la manipulation médiatique qui a cours au sujet d’Alep n’est pas une excuse pour minimiser la souffrance des civils bombardés par l’aviation russe. La propagande de Moscou est souvent reprise comme alternative à la propagande de l’OTAN sans esprit critique, notamment sur internet. C’est un jeu mortifère pour le peuple syrien.
De la même manière, le discours propagandiste de la presse occidentale n’implique pas que les médias pro-russes aient une vision moins biaisée du conflit.
Mais sinon "écrire des tera-chiées de merde pour gagner en visibilité sur Google" est une bonne stratégie. Si, si.
Un ouvrage où, d'après les éléments rapportés par la presse, elle commente notamment les menaces dont elle a fait l'objet durant la campagne de la part du président élu et de ses militants.
Les partisans du président Donald Trump (putain, je n'arrive toujours pas à m'y faire) harcèlent une journaliste qui a eu le mauvais goût de relever les conneries de leur champion. Et floodent de commentaires négatif son livre sur Amazon.
TIL : c'est Jeff Bezos qui possède le Washington post.
Parfois, les lecteurs sont un peu comme des bébés : si vous leur présentez votre bouillie dans un bol, ils vont faire “pfff… » et peut-être même vous le balancer à la figure.
Mais si vous convoyez leur pitance par petites doses à l’aide d’une petite cuillère , vous verrez qu’ils finiront par la manger en entier sans regimber.
Allez, je me lance dans un petit séance de nettoyage des onglets ouverts depuis des semaines...
J’ai ensuite mené des recherches sur 30 médias parmi les plus fréquentés. A chaque fois qu’une de ces « infos bidon » était détectée dans ses archives, j’ai regardé comment le site étudié avait réagi, avant de le classer dans une des cinq catégories détaillées ci-dessous — pour les curieux, les 150 résultats sont aussi dispos dans une Google Sheet.
- RAB. L'article initial n'a pas été mis à jour, aucun autre article n’a été publié.
- La méthode Lazareff, pour qui “une information et un démenti, ça fait deux informations”. L'article initial reste inchangé, mais un autre est publié pour corriger le tir.
- La tactique du planqué. L'article initial n'a pas été mis à jour mais utilise le conditionnel, émet des doutes ou encore est titré avec un point d'interrogation.
- La poussière sous le tapis. Une précision a été ajoutée à l'article initial, mais le site n'a pas publié d'autre article sur le sujet.
- Good game ! L'article originel a été mis à jour et un deuxième article a été publié pour revenir sur le bidonnage.
- Bonus désintox. Le site n'a pas repris l'info bidon, mais au contraire a publié un article pour la démonter.
- Pas vu pas pris. Le site n'a rien publié sur le sujet ou les contenus concernés ont été supprimés.
via Kevin je crois.
On voit donc, à travers ce fact-checking, que l’article du Canard Enchaîné a peu à voir avec le journalisme et révèle, plutôt que des faits, les obsessions idéologiques de son auteur. De telles calomnies, ainsi révélées au grand jour, viennent émailler sérieusement la réputation d’un journal qui avait habitué ses lecteurs à un peu plus de rigueur.
J'aimerais bien que :
1/ l'identité de l'auteur "(courageusement) caché derrière le nom générique de J.C. (utilisé par la rédaction du Canard Enchaîné), [et] coutumier de ce type de procédés" soit révélée, ou qu'il ait au moins le courage de ses opinions (merdiques) ;
2/ que Le Canard publie un droit de réponse du CCIF, voire des excuses, mais là, je rêve sûrement.
Comme quoi hein, le racisme/la xénophobie/l'islamophobie de gauche, bah c'est pas un fantasme. Ça a même ses articles dans le Canard !
Super déçu par le Canard pour le coup :(
Adepte des jeux vidéo, il poignarde un couple.
Ouest France. Bienvenue en 1992.
Le débat autour de la fin de Gawker est complexe, parce que c’était un média pirate, au sens archaïque du terme : suicidaire, violent et sans aucune loi. Mais l’histoire de sa mort par assassinat judiciaire et financier est aussi révélatrice du nouveau monde dans lequel nous vivons.
...
Dans sa folie iconoclaste, Gawker a fait l’erreur d’agresser aussi les nouveaux maîtres du monde. Eux-aussi se désignent comme barbares, eux-aussi trouvent que la liberté totale c’est bien, tant qu’elle n’attaque pas leurs intérêts.
Ce qui précède m'a rappelé l'édito du dernier XXI, que je viens de recevoir et que je me garde au frais pour les vacances :
Ils sont dix. Leurs noms sont devenus des mantras tant ils sont répétés, attaqués ou flattés, à tel point qu’on ose à peine les citer tant le risque est grand de voir les lecteurs abandonner la lecture de cet éditorial et tourner aussitôt la page par lassitude. Leurs photos s’étalent dans les journaux. Des centaines de portraits laudateurs leur ont été consacrés.
Ils s’appellent Vincent Bolloré, François Pinault, Patrick Drahi, Pierre Bergé, Matthieu Pigasse, Xavier Niel, Serge Dassault, Bernard Arnault, Martin Bouygues et Arnaud Lagardère. À eux dix, ils contrôlent l’essentiel de la production journalistique française du secteur privé. La liste de leurs acquisitions donne le tournis : Canal +, i-Télé, D8, Direct Matin, Dailymotion, Libération, L’Express, BFM TV, BFM Business, RMC, Le Monde, Télérama, Courrier international, Le Point, L’Obs, Les Inrockuptibles, le Huffington Post, Le Figaro, Les Échos, Le Parisien, TF1, LCI, Europe 1, Paris Match, le JDD, Elle… Sans compter une multitude de participations dans les sites ou les journaux naissants (on n’est jamais trop prudent).
Seule une poignée de journaux ou de sites internet d’information leur échappe. Cette concentration a pris ces dernières années des proportions inédites, à la suite de l’effondrement de la publicité (-25 % depuis cinq ans pour la presse magazine) et de la baisse de la diffusion.
Officiellement, ils agissent pour « sauver les journaux » et « assurer la transition numérique ». Dans la réalité, ils appliquent des techniques de cost killers et visent l’équilibre financier, au mieux. L’important est ailleurs : c’est l’influence qu’ils ont trouvée. Cette fameuse influence, ce Graal dans une France où l’État est omniprésent… Influer c’est compter dans l’espace public, c’est exister face aux politiques, c’est accroître son pouvoir.
L’influence agit par cercles concentriques. Il y a des sujets interdits, les thèmes privilégiés, l’autocensure, la promotion des amis, la célébration de soi, le silence. La mécanique n’est pas neuve. « Les propriétaires de ce journal m’ont proposé non de le diriger, mais d’exercer une sorte d’influence habituelle et de patronage sur l’esprit de sa rédaction. J’y ai consenti parce que j’y ai vu une occasion de représenter dans la presse les idées particulières que j’apporte… », écrivait déjà Tocqueville à un ami.
Le risque d’une telle concentration dans les mêmes mains est évident. Le chercheur Daniel Bougnoux a résumé l’enjeu en trois mots : l’argent, l’urgent, les gens. Il faut de l’argent pour proposer une information de qualité. Arbitrer entre l’urgent et l’important devient vital lorsque tout se bouscule et s’accélère. Quant aux gens, c’est eux, par leurs choix, qui détiennent le pouvoir de faire exister une autre presse.
Aussi assistons-nous à une floraison d’initiatives journalistiques indépendantes, en ligne ou en papier. Elles sont souvent fragiles et incertaines, mais elles annoncent un printemps de l’information. Une autre presse naît sous nos yeux, informelle, balbutiante, éclatée, sous le radar. Mais vivante et libre.
De nouvelles générations de lecteurs arrivent à l’âge adulte et sont à conquérir. D’anciennes cohortes de papivores, lassés par l’appauvrissement de l’offre, ne demandent qu’à renouer avec leur passion d’antan. Des trentenaires ont l’habitude de la consultation numérique mais sont frustrés de l’offre en ligne. Des centaines de milliers d’hommes et de femmes sont prêts à aimer de nouveaux médias s’ils sont aimables. Si nous savons constituer des rédactions en qui ils puissent avoir confiance, qui abordent des sujets qui les concernent, et avec lesquelles ils tissent des liens profonds.
À la logique de l’influence, nous pouvons substituer un artisanat créatif et aventureux. Plus d’un million de spectateurs ont fait un triomphe au documentaire Demain. Où sont les médias qui partagent cet élan ? C’est à nous et à vous de jouer !
Bel été à tous, plein de « ces moments de bonheur » et de « ces midis d’incendie » dont parlait Aragon.
Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry
Intéressant. Ça ne m'apprend pas grand chose, sauf certains détails.
Mettre "République française" au même niveau que les autres acteurs est une bonne mise en perspective.
Ce que je trouve intéressant, c'est le pourcentage de participation (ce n'est pas toujours un bon indicateur ceci dit, on peut contrôler un média en possédant moins de 40% des parts) ; mais voir que Le Figaro appartient à 100% au groupe Dassault, que Le Point appartient à 100% à Pinault... ça laisse songeur.
via https://www.ecirtam.net/opennews/?EG5B2A
Lien vers l'article : http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/ppa
Comment il disait, l'autre ?
Ah oui, la presse meurt. LOL
Bravo et longue vie à Canard PC :)
France : 45ème.
Non, ce n'est pas l'Eurovision.
J'en ai rien à péter de l'Eurovision.
C'est le classement 2016 de la liberté de la presse de RSF.
C'est bien 45ème ? Non, c'est très mauvais. La France a encore perdu 7 places. Pas de quoi être fier.
Et la description qui suit n'est pas glorieuse.
Si la presse est globalement libre et plutôt protégée par la loi, le paysage médiatique français est largement constitué de groupes dont les propriétaires ont d’autres intérêts, qui souvent pèsent beaucoup plus que leur attachement au journalisme.
Cette situation entraîne des conflits qui font peser une menace sur l'indépendance éditoriale, et même sur la situation économique des médias.
On note également une hostilité grandissante à l’égard des journalistes de la part de la population.
Pour le reste, elle animait ces dernières années avec Alain Badiou, philosophe marxiste-léniniste, une émission sur Mediapart. A son poste de L’Obs, elle s’est opposée (sans succès) à la publication d’une tribune de Manuel Valls sur la déchéance de nationalité.
Que l’on ajoute qu’elle est, à la ville, la compagne de Frédéric Lordon, un des inspirateurs de Nuit debout depuis près de deux mois, et on aura compris que son (possible) licenciement ne peut pas être seulement une révolution de palais. D’une manière ou d’une autre, elle paie ses convictions.
La presse. Libre. Indépendante.
C'est bien d'en parler ; je voulais le faire et je n'ai pas eu le temps. Perso, j'ai lu l'article de Slate après celui de Rue89.
Pour le LOL : et pendant ce temps (16/05) sur RTL...
EDIT : Test de la "méthode Alda" => check
Accablant.
Dans le cadre d'une enquête pour parvenir à connaître le/les auteur.s du site "Vengeance contre la police" (Voir ici https://www.vice.com/fr/read/vengeance-le-site-qui-fiche-la-police-francaise-892), un journaliste indépendant, travaillant notamment sur les violences policières a été placé en garde à vue ; son matériel a été confisqué.
Qu'il soit l'auteur du site n'est même pas une question pertinente (et il est plus que probable qu'il ne soit pas l'auteur) : quid de la protection accordée par la loi aux journalistes ? Quid de la protection des sources (ben oui, tous les militant.e.s de ses photos sont une vraie mine d'or pour les "services") ?
N.B. : Que les choses soient bien claires : le site en question, "Vengeance" est une saloperie. C'est une chose de lutter contre les abus de pouvoir et les violences policières. Leurs femmes, leurs enfants, leur vie de famille ne doivent pas être atteinte pour autant.
«Oui, les médias sont biaisés, mais nous, leurs consommateurs, sommes aussi complices, en ce qu'ils ne fonctionnent plus seulement de la base au sommet en transmettant des informations à des lecteurs ou spectateurs inertes, renchérissait la journaliste Nesrine Malik. Nous déterminons beaucoup plus qu'avant l'agenda médiatique.» «"Pourquoi les médias n'ont pas couvert [insérez ici le nom du pays]?" semble en fait être un raccourci pour "Pourquoi cet article n'a pas été largement partagé dans mon flux Facebook?"», notait cyniquement sa consœur Emma Kelly.
La "loi du mort au kilomètre" n'est pas seule en cause : les attentes des lecteurs-consommateurs sont aussi moins fortes quand l'événement grave (attentat, catastrophe ou autre) n'a pas lieu "chez eux".
Il parait que c'est humain :/