Tout est dans le titre.
Ainsi, il est bien commode pour l’ensemble de la classe politique et médiatique de faire du procès Mélenchon le procès de ceux qui ont osé monter (un petit peu) le ton face à une justice qui n’a pourtant eu cesse de démontrer son caractère de classe, pendant qu’on voit Benalla balader en permanence son impunité tandis que des milliers de condamnations et des centaines de peines de prison ferme frappent les Gilets jaunes.
Le tweet de Benalla, c'est quand même du foutage de gueule de niveau galactique.
LE truc qui sent pas bon et que vous n'entendrez pas à la radio :
ce qui est indubitablement politique dans cette affaire, c’est la saisie des fichiers d’une organisation politique contenant l’ensemble des données sur ses adhérents.
Mais cela ne doit pas servir à disculper Méluche, qui craint de plus en plus :
Pour autant, une chose est de dénoncer la justice comme un acte de provocation contre un opposant de gauche, une autre est de se solidariser avec l’ensemble de la classe politique comme le dit Mélénchon : Parlant des juges, il dit : « Maintenant, je sais que ce sont des menteurs », et il ajoute : « … peut-être que Richard Ferrand est tombé dans un piège ». Ainsi, « les juges » complotent aussi contre Richard Ferrand, l’homme de Macron ! Cette position apparaît comme une solidarité avec la classe politique alors même qu’elle est justement mise en cause. Qui plus est, elle affaiblit toute la défense démocratique de Mélenchon et de la FI et pour l’ensemble des organisations de travailleurs, les Gilets jaunes et les secteurs populaires.
Je cite @davduf (David Dufresne):
«Inacceptables mais pas irréparables», vraiment?
Rappelons:
- deux morts,
- 24 éborgnés,
- 5 mains arrachées,
- des estropiés, des lycéens blessés déscolarisés, des mutilés désocialisés, etc.
Il s’agit d’une illustration parfaite de l’absence de séparation entre pouvoir exécutif et pouvoir judiciaire. La justice n’est pas indépendante, elle applique les lois – qui sont elles-mêmes décidées par les gouvernements.
via OpenNews
Groupes privés, partages industrialisés, « cibles » désignées à la « riposte » collective, comptes anonymes démultipliés, faux profils, violence des propos… Depuis l’été 2018 et l’affaire Benalla, certains « marcheurs » qui peuplent les réseaux sociaux ont changé d’attitude : loin de la « bienveillance » préconisée par le chef de l’Etat pendant la campagne présidentielle, une partie de la Macronie numérique s’est durcie et convertie à des méthodes jusqu’alors pratiquées par d’autres acteurs du champ politique, notamment aux extrêmes.
via http://shaarli.mydjey.eu/?968f3w
voir aussi http://shaarli.mydjey.eu/?7ZQRyQ
Le livre Crépuscule entend dénoncer la collusion entre les journalistes et les politiques. Sa thèse: en accédant au pouvoir, Emmanuel Macron n’a fait que respecter formellement la démocratie. En réalité, justement grâce à cette collusion entre presse traditionnelle et politique, l’actuel Président a été placé à l’Elysée par un petit groupe de personnes décidées à défendre leurs intérêts capitalistiques, au premier rang desquels Xavier Niel, le patron de Free par ailleurs actionnaire du Monde, et son beau-père Bernard Arnaud. Fils du producteur Paulo Branco, l’auteur du livre Juan Branco, aujourd’hui âgé de 29 ans, a grandi dans le milieu parisien qu’il dénonce, se présente comme un traître à sa classe, appelle dès les premières lignes à étriller la classe « élitiste » dit-il, dont il vient, et "donne raison à ces haines et ces violences» écrit-il, qui électrisent le pays depuis plusieurs mois. Clairement ancré à l’extrême gauche, il est par ailleurs l’avocat de Maxime Nicolle dit Fly Rider, l’un des leaders autoproclamés les plus complotistes du mouvement des Gilets jaunes. Aujourd’hui, toujours sans presse, le livre se vend plus que jamais et chaque apparition de Branco dans une librairie est un véritable événement. De quoi cet événement est-il le signe?
A chaque fois que je lis ce titre, je lis "Bronco met en pièces le système Macron" ^^
J'avais commencé à lire la version librement diffusée par son auteur sur le web ; je me suis arrêté au bout d'une cinquantaine de pages, non pas parce que je ne suis pas d'accord avec la thèse défendue par l'auteur, mais bien plutôt à la manière d'un juge qui n'a pas besoin qu'un plaideur développe ses arguments suivants pour se faire sa conviction ; d'ailleurs, ce livre n'a fait que mon convaincre de ce qui se disait déjà pendant la campagne présidentielle et aussi après : Macron nous a été "vendu" par le CAC 40 et quelques grands groupes de presse. Seulement, lire dans le détail les noms des responsables et l'étendue de la collusion, ça fait un peu perdre foi dans ce truc, comment ça s'appelle déjà ? Ah oui, la démocratie.
Sinon, tout à fait d'accord avec les 3 points ci-dessous :
Ce livre est la preuve vivante que même en mettant à disposition gratuitement un ouvrage sur internet, s’il est d’intérêt, ceci n’empêche aucunement un succès commercial, et ce, même sans promotion dans les grands médias.
Jusqu’alors, lorsque Macron affirme être légitime, car élu par les Français (encore hier soir à la conférence de presse de fin du Grand débat) on ne pouvait lui opposer “que” trois faits: le vote par défaut, la forte abstention, la base électorale très faible. Maintenant nous avons un quatrième élément, le peu de voix obtenues ont été volées en grande partie par une manipulation médiatique savamment orchestrée.
Cet ouvrage fait très bien la démonstration que tant que l’on n’aura pas une presse libre et indépendante en France, la démocratie fera du surplace et nous, Français continuerons à en payer le prix. Cependant, j’aurais apprécié que Juan Branco souligne que ce problème de possession de la presse par l’oligarchie, n’est pas un soucis seulement Franco-français. Pour rappel, concernant la liberté de la presse, la France est classée 32° en 2018 après la Namibie, le Ghana, Chrypre …
via Ecyseo
"Stratégie du choc", c'est exactement ça.
Le Canard Enchaîné d’aujourd’hui donne de nouveaux chiffres qui témoignent de la grande misère des monuments historiques dans notre pays, et du peu de cas que les gouvernements successifs font du patrimoine. Dans un article intitulé « Cathédrales et monuments : seuls les crédits ne flambent pas », Hervé Liffran révèle quelques chiffres stupéfiants qui confirment ce que nous dénonçons depuis toujours. On y apprend ainsi que pour 2019, l’État n’a prévu que 18 millions d’euros de crédits de paiement pour l’entretien [1] des monuments historiques lui appartenant, dont 86 cathédrales. Soit moins de 100 000 euros par monument. Il rappelle aussi que pour Notre-Dame, il avait prévu de ne donner que 40 millions pour la restauration sur les dix prochaines années, soit 4 millions par an, sur les 240 millions qui étaient alors nécessaires [2]. Pas de doute, il aura vraiment fallu un incendie pour qu’Emmanuel Macron déclare enfin sa flamme à Notre-Dame !
Pour le reste (reproduction à l'identique ou "geste architectural contemporain", je ne sais quel parti adopter. Pourquoi toutes les contributions antérieures (jusqu'à 1900 environ) seraient-elles "patrimoniales" et "classées", et pourquoi serions-nous obligés d'être figés dans un immobilisme respectueux ? Il ne faut pas oublier que Viollet le Duc a en grande partie réinterprété les canons du gothique, pour offrir sa vision de la cathédrale et que, sans son intervention, celle de Hugo et quelques autres (voir les articles précédemment shaarliés), elle aurait été probablement rasée. Oui, le XIXème siècle savait être encore plus expéditif que la XXIème.
Ce que je veux dire, c'est qu'à son époque, on ne se souciait pas de restauration respectueuse visant à conserver les vieilles pierres dans leur jus (ce qui est particulièrement peu pertinent pour une cathédrale, qui est par définition un chantier permanent ; quand tu mets 200 ans à construire un bâtiment, il ne faut pas s'étonner de devoir reprendre le chœur quand tu as fini le portail) : on rasait ce qui était trop abîmé, ou alors on reconstruisait selon l'idée qu'on se faisait alors du Moyen-Âge (pensez par exemple aux fameuses gargouilles, qu'on l'on voit sur bon nombre de couvertures du livre de Hugo, alors qu'elle ne datent pas de 1482, mais des années 1860...)
Macron, à travers ses phrases célèbres.
En attendant les livres d'Histoire, je vous conseille ce florilège en musique.
Feel the magic Jupiter, allez allez allez
Les Gaulois réfractaires, allez allez allez
Feel the goodies in the air, allez allez allez
Levez les mugs en l'air, allez allez allezJe traverse la rue, je vous trouve du travail
Les bretons c'est la mafia française
Une gare c'est un lieu où l'on croise des gens
Qui réussissent et des gens qui n'sont rienJe ne céderai rien ni
Aux fainéants ni aux cyniques
Ni aux extrêmes
Qui foutent le bordelBien souvent la vie d'un en-
trepreneur est bien plus dure
Que celle d'un salarié
Il faut pas l'oublierFeel the magic Jupiter, allez allez allez
Les Gaulois réfractaires, allez allez allez
Feel the goodies in the air, allez allez allez
La porcelaine en l'air de Limoges de ToulouseOn met un pognon de dingue, oui oui oui
Dans les minimas sociaux, hein hein
Il faut dans ce pays des jeunes qui ont envie
De devenir milliardairesNon vous n'allez pas
Me faire peur avec
Votre t-shirt
Tu m'appelles monsieurLe meilleur moyen de
Se payer un costard
C'est de travailler
De se nourrir soi-mêmeFeel the magic Jupiter, allez allez allez
Les Gaulois réfractaires, allez allez allez
Feel the goodies in the air, allez allez allez
Les bracelets en l'air, 250 euros...Le kwassa-kwassa
Pêche peu, il amè-
ne du Comorien
Poudre de perlimpinpinDans la société Gad
Y a une majorité de
Femmes illettrées
Oh eh, oh eh, oh ehFeel the magic Jupiter, allez allez allez
Les Gaulois réfractaires, allez allez allez
Feel the goodies in the air, allez allez allez
Toul'monde comm' Castaner, allez allez allez
Terrifiant.
A llire.
Près de huit mois plus tard, force est de constater que nous avions raison. Ces derniers mois ont ainsi été marqués par les attaques contre l’école publique, qui s’inscrivent à la fois dans la logique libérale de démantèlement du service public d’éducation, et dans une visée réactionnaire de retour à l’école d’antan. Voici les quatre aspects principaux :
1/Tri social. Toutes les réformes du système éducatif convergent vers un seul objectif : faire de l’école un rouage majeur du tri social.
2/ Offensive réactionnaire. La période est marquée par une série de contre-feux réactionnaires allumés pour satisfaire une partie de l’opinion.
3/ Attaque sur les statuts. Le troisième axe d’attaques du gouvernement est une offensive d’ampleur contre les statuts et les droits des fonctionnaires.
4/ L’école-entreprise. Le vieux slogan de SUD éducation, “l’école n’est pas une entreprise” est malheureusement toujours plus d’actualité : management, contractualisation, privatisation (pensons aux officines de coaching scolaire).
Ça m'a particulièrement mis en rage dimanche matin, en écoutant la radio le matin au réveil. En substance, le bilan de la journée de mobilisation des gilets jaunes de la veille c'était : "Journée calme, une blessée grave suite à une charge policière".
Sérieux les mecs, y'a rien qui vous choque là ?
Et vous savez le plus drôle ? Mais si, vous le savez : si elle a été blessée, c'est de sa faute :
"Je souhaite d'abord qu'elle se rétablisse au plus vite et sorte rapidement de l'hôpital, et je souhaite la quiétude à sa famille. Mais pour avoir la quiétude, il faut avoir un comportement responsable", a déclaré le président de la République. "Je lui souhaite un prompt rétablissement, et peut-être une forme de sagesse", a-t-il ajouté.
(Source : https://www.huffingtonpost.fr/2019/03/24/macron-sur-la-septuagenaire-blessee-a-nice-il-faut-avoir-un-comportement-responsable_a_23699487/)
Et comme le dit Fakir :
« Il y a aussi tous ceux que l'@Elysee a oublié d'inviter : Bernard Friot, Alain Badiou, Didier Eribon, Annie Lacroix-Riz, les Pinçon-Charlot, François Bégaudeau, Vincent Cespedes, Geoffroy de Lagasnerie, Pablo Servigne, Mathilde Larrère... »
Bien vu.
Lien vers l'article : https://www.liberation.fr/amphtml/checknews/2019/03/19/qui-sont-les-intellectuels-qui-ont-refuse-l-invitation-a-debattre-avec-macron_1716146
"Nous étions son faire-valoir". Dans une tribune publiée par Libération mardi 19 mars, la sociologue Dominique Méda revient sur la soirée de la veille, à savoir l'échange entre Emmanuel Macron et 64 intellectuels organisé dans le cadre du grand débat.
Voilà ce qu'il se passe quand on réfléchit pas avant d'agir.
Dans les couloirs du pouvoir, on veut croire que le pire est passé. « Ça ne merdera pas de nouveau samedi, tout le monde s’est défoulé. C’était le chant du cygne des Gilets jaunes », pronostique une source dans l’exécutif. Au sein du gouvernement, on relève que l’enjeu pour Castaner va désormais être d’assumer que les forces de l’ordre fassent des blessés, voire pire, lors de nouvelles mobilisations non déclarées : « Il va falloir assumer, même si un black bloc qui met le feu au Fouquet’s s’en prend une et finit tétraplégique. »
C'est absolument cynique, honteux, et carrément terrifiant.
Qui sont les locuteurs de cette langue mystérieuse ? Vraisemblablement des êtres augmentés, qui comprennent et utilisent aussi des idiomes comme «team building», «start-up nation», «bottom-up», «business model», «feed back», «to do list», «up to date», «open bar», «disruption», ou encore «fluidifier le process».
Du pain bénit pour Meurice.
L’éternel coupable, néanmoins, c’est Ruffin. Relatant l’incident, le site de l’Express titre sur «les invectives de Ruffin en commission». Quand il enfile un pull ou un maillot de foot dans l’hémicycle, quand il lance «venez avec vos boules Quies», quand il évoque Rothschild, ou s’en prend dans son livre au physique de Macron, Ruffin «rompt le pacte républicain». Mais personne ne critique la députée Grégoire, quand elle parle, à l’Assemblée, la langue de sa principauté de consultants en stratégie d’influence. Et pourtant, se révèle là un monde qui a perdu de vue l’intérêt général. Les coups de gueule de Ruffin ne sont pas seulement intéressants en eux-mêmes, mais par l’univers qu’ils dévoilent.
Déjà cinq perquisitions, trois gardes à vue et un procès à venir. Ce zèle des autorités policières et judiciaires fait suite à quatorze opérations de décrochages du portrait d’Emmanuel Macron dans des mairies depuis le 21 février. Ces actions non violentes intitulées « Sortons Macron » visent à dénoncer l’inaction du gouvernement face au dérèglement climatique et l’urgence sociale, en laissant symboliquement des murs de mairies vides de portrait présidentiel.
EDIT : je cite Wikipédia, pour bien montrer toute l'absurdité de ces poursuites :
Offense au chef de l'État
Le crime de lèse-majesté était puni par le système législatif du Royaume de France, jusqu'à sa disparition en 1832 sous la Monarchie de Juillet. En 1881, sous la IIIe République, la loi sur la liberté de la presse réintroduit et codifie le délit d'offense au premier représentant de l'État. Naguère sanctionné par une peine de prison, le délit d'offense au Président de la République française est puni d'une amende, fixée à 45 000 €. Il est abrogé avec le vote de la loi du 25 juillet 2013.Depuis, le « délit » d'offense au chef de l'État n'existe plus, mais les injures et la diffamation envers le chef de l'État restent punis de la même amende de 45 000 €, comme pour les injures envers les ministres ou les parlementaires, mais les poursuites ne pourront plus avoir lieu qu'à la demande expresse du chef de l'État.
C'est là que les choses se gâtent. J'ai cru un temps que le passage par l'Ena du chef de l'Etat était entré en contradiction avec sa sensibilité bigourdane. Il n'en est rien. En fait, le moule jacobin de la grande école n'a fait que renforcer chez lui les représentations répandues par l'Education nationale: les "patois" sont synonymes d'analphabétisme et de misère sociale ; la culture, la vraie, ne s'acquiert que par la langue de Molière. Emmanuel Macron ne vénérait pas sa grand-mère parce qu'elle était imprégnée d'une culture régionale, mais parce qu'elle... l'avait abandonnée.
"Psychologie de bazar" ? Non, non, la suite est édifiante :
Tout cela est déjà assez grave, mais le pire est à venir. Au cours du même entretien (vers 1'50), l'élu nationaliste insiste et lui demande de faire preuve d'un peu plus de souplesse :
- Il ne faut jamais fermer la porte. Ouvrez les fenêtres ! C'est important : la langue, c'est l'avenir.
- Mais si ouvrir une fenêtre, c'est être d'accord avec vous, lui répond Emmanuel Macron, on finit enfermés, mais dans vos toilettes à vous.
"Enfermé dans vos toilettes" ! Comment mieux dire à quel point, aux yeux du président, les langues de France sont "sales", "répugnantes", "nauséabondes" ?
Il ajoute qu’« une commission d’enquête qui aurait des ambitions politiques et penserait qu’elle pourrait jouer de ses fonctions de contrôle du gouvernement pour faire tomber un président de la République, commettrait une faute constitutionnelle » (voir la vidéo, images d'Adrien Develay).
Les mots sont forts. L’attaque peut surprendre. Celui qui est aussi secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le Parlement sait très bien que le Parlement n’a pas le pouvoir de destituer le chef de l’Etat ainsi. Selon l’article 68 de la Constitution, « le Président de la République ne peut être destitué qu'en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat ». « La destitution est prononcée par le Parlement constitué en Haute Cour » précise le texte. C’est le seul cas de destitution.
Au risque de donner un sentiment de fébrilité, les déclarations de Christophe Castaner arrivent après celles de Benjamin Griveaux et de la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, au sujet de la commission, et surtout l’appel d’Emmanuel Macron à Gérard Larcher pour se plaindre de la tonalité des travaux de la commission (voir notre article).
Repeat after me Christophe :
CONS-TI-TU-TION
SE-PA-RA-TION-DES-POU-VOIRS