De fait, comme lui, j'ai mis un certain temps avant de me résigner à considérer que les "accidents de lanceur de balles" faisaient système. Si nous avons été, ici, les premiers à relever l'incroyable mutisme des JT sur le sujet tout au long du mois de décembre, reste que notre prise de conscience a aussi été tardive. Cette inconscience se prolonge-t-elle aujourd'hui ? Les éborgnages au LBD, les restrictions au droit de manifester contenues dans le projet de "loi anti-casseur", les manipulations du pouvoir autour de cette vaste blague du "Grand débat", la tentative de perquisition chez Mediapart, et jusqu'à toute l'affaire Benalla elle-même, cette sidérante impunité dans laquelle cet homme de main du pouvoir se promène depuis l'été dernier, peuvent parfaitement être lues comme les pièces d'un sinistre puzzle : un pouvoir des super-riches, prêt à toutes les brutalités pour se préserver.
"Cette enquête, qui vise les enregistrements révélés par Mediapart, est susceptible d'atteindre le secret des sources de notre journal. C'est pourquoi nous avons refusé cette perquisition, comme la loi nous y autorise", a précisé à franceinfo Fabrice Arfi, un des journalistes de Mediapart. C'est "un acte inédit - et particulièrement grave - dans l'histoire de Mediapart. Articles à venir", poursuit le média sur son compte Twitter.
Secret des quoi déjà ? Une presse libre et indépend, zut, comment on dit ?
Manu convoque les journalistes pour leur dire de mieux "hiérarchiser" les information qu'ils diffusent. Comprendre : diffuser sa vérité à lui.
Big Manu Is Watching You ?
Emmanuel Macron se dit « inquiet du statut de l'information et de la vérité » dans notre démocratie. Selon lui, il est urgent de rétablir des « tiers de confiance » et « accepter la hiérarchie des paroles ». Un maire, un député, un ministre ne peut pas être mis sur le même pied qu'un citoyen lambda vêtu d'un gilet jaune et qu'à la fin « tout se vaille ».
[...]
Le bien public, c'est l'information sur BFM, sur LCI, sur TF1, et partout. Il faut s'assurer qu'elle est neutre, financer des structures qui assurent la neutralité. Que pour cette part-là, la vérification de l'information, il y ait une forme de subvention publique assumée, avec des garants qui soient des journalistes. Cette rémunération doit être dénuée de tout intérêt.
Est-ce utile de rappeler à qui appartiennent ces groupes ?
Selon lui, il est évident que les Gilets jaunes radicalisés ont été « conseillés » par l'étranger. « Les structures autoritaires nous regardent en se marrant, ajoute-t-il. Il ne faut pas se tromper. On est d'une naïveté extraordinaire. [...] Le boxeur, la vidéo qu'il fait avant de se rendre, il a été briefé par un avocat d'extrême gauche. Ça se voit ! Le type, il n'a pas les mots d'un Gitan. Il n'a pas les mots d'un boxeur gitan. Nous n'avons pas construit, comme beaucoup de nations autoritaires, les anticorps au système. Donc, nous, on est des pitres !
Ce mépris... Et cette menace à peine voilée : on n'accrédite pas RT France, considéré à juste titre comme un organe de propagande, mais on regrette de ne pas être aussi efficaces que les "nations autoritaires"...
"L'autorité administrative va priver un individu de sa liberté de circulation ou de manifester, au motif qu'il y a une présomption, des 'raisons sérieuses de penser (...) que son comportement constitue une menace d'une particulière gravité pour l'ordre public'", commence l'élu "Libertés et territoires", avant de hausser le ton: "mais où sommes nous mes chers collègues? C'est la dérive complète! On se croit revenu sous le régime de Vichy ! Réveillez-vous ! C'est une pure folie de voter ce texte !"
Vous la sentez, la dictature en marche ?
via LLM
L'office central de lutte contre la cybercriminalité a exigé le retrait d'un photomontage comparant Emmanuel Macron et Édouard Philippe à Pinochet et l'un de ses généraux du réseau social Google+. Contacté par CheckNews, il refuse d'expliquer pourquoi.
Vous ne trouvez pas que ça commence à sentir mauvais tout ça ?
S'ils ont connu une telle fin, c'est parce qu'ils ont renoncé à réformer
Il a vraiment dit ça ?!
Ou : comment utiliser l'Histoire pour faire passer son idéologie, encore.
Je... je rêve.
Non, c'est le Gorafi.
Non, je rêve.
Je cite Laurence De Cock citée sur Seenthis :
Ce qui fait dire à Laurence De Cock :
« Je ne vois pas du tout en quoi votre débat avec Hanouna contredirait l’affirmation de décembre. Le mépris, la marchandisation, la communication outrancière et l’avilissement du débat sont les marques de fabrique de ce gouvernement. »
Il y aurait beaucoup à dire sur ce salmigondis, mais je voulais juste mettre ceci en exergue :
Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité ?
Ben voyons. Pourquoi se priver ?
Les gens gueulent "plus de pouvoir d'achat !" et il répond "laïcité", "immigration" et "suppression de services publics"...
Sinon, il a vraiment tout compris : Emmanuel Macron pourrait finalement envoyer sa lettre par courrier à tous les Français
La lettre aux Français, qui avait initialement été publiée dans la presse lundi 14 janvier, pourrait en définitive être adressée à tous les Français par courrier papier, affirme Europe 1 mardi. L'opération pourrait coûter 5 millions d'euros.
« Qui voudra demain être fouillé et palpé pour accéder aux cortèges ? »,« qui prendra le risque d’une garde à vue pour s’être protégé de gaz lacrymogènes avec une écharpe ou des lunettes de piscine » ou de « rembourser collectivement des dégâts causés par d’autres ? » s’interroge le Syndicat de la magistrature, évoquant « de nouveaux reculs massifs pour les droits fondamentaux » : « En fait de “loi anti-casseurs”, il s’agit plutôt d’un projet” anti-manifestants »… Le premier ministre a quelques réflexes, ces propositions ayant été portées par la droite sénatoriale en octobre… « Les Républicains » réclamaient d’interdire de manifestation « toute personne à l’égard de laquelle il existe de sérieuses raisons de penser que son comportement constitue une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public », mais pas ce fichier.
En attendant ce sombre futur à la Minority Report (1), le présent des manifestants n’est pas tout rose. Depuis le début du mouvement, le 17 novembre, on compte 5 339 gardes à vue sur le territoire national, et 815 comparutions immédiates, pour 152 mandats de dépôt au final, selon un décompte effectué par le Monde. Mais si, en province, les interpellations semblent ciblées (88,3 % donnent lieu à des poursuites judiciaires), à Paris, sans doute parce que les yeux de la nation s’y braquent à chaque mobilisation, la police ratisse plus large : sur les 1 628 gardes à vue, 798 ont été classées sans suite, soit 49 % ! Ce qui accrédite l’idée que l’exécutif veut « faire des exemples ».
[...]
Pas sûr que le chiffre d’une soixantaine d’enquêtes pour violences menées par l’Inspection générale de la Police nationale depuis novembre 2018 ne grimpe pas…
C’est peut-être pour cela que les petits aboyeurs de la Macronie auraient dû s’abstenir de hurler à la mort contre le boxeur. Après que celui-ci eut diffusé une vidéo d’excuses, ses amis ont ouvert auprès de la société Leetchi une cagnotte destinée à rassembler des fonds pour assurer la défense de Dettinger et aider sa famille dans cette période difficile. Pratique courante, normale, parfaitement légale et qui comporte de nombreux précédents. Il ne s’agissait absolument pas de prendre en charge les éventuelles condamnations pécuniaires mais de pourvoir à sa défense. Le succès foudroyant de cette cagnotte a mis les petits marquis en fureur. Chacun au sein de la petite caste y est allé de son couplet, masquant par des cours de morale hypocrite sa rage devant cette solidarité exprimée par ce peuple qu’ils détestent. La polémique enflant, et après une intervention de Marlène Schiappa on apprit par la société Leetchi que la cagnotte était « close », les sommes bloquées, et que les dépenses effectuées pour la défense de Christophe Dettinger seraient réalisées directement par la société. Et réglées aux avocats sur présentation de factures et de devis ! Ainsi, cette société très liée à Xavier Niel et filiale du Crédit Mutuel Arkea a donc cédé aux pressions gouvernementales et à l’ordre donné par Marlène Schiappa. Situation absolument stupéfiante ou le droit est simplement foulé aux pieds. En effet les règles générales de la société Leetchi acceptées par l’organisateur de la cagnotte prévoient explicitement que les sommes lui seront remises à charge pour lui de les répartir en fonction de l’objet et du mandat qu’il a reçu des donateurs. La responsabilité dans l’utilisation des fonds relève des rapports entre l’organisateur et les donateurs. La responsabilité de Leetchi ne peut être engagée en cas de problème survenant dans cette utilisation.
Au-delà des conclusions que chacun en tirera sur l’impossibilité désormais de s’adresser à cette société pour la constitution de cagnottes, il y a quand même un très sérieux problème juridique.
Résumons-nous : la cagnotte a été lancée pour venir en aide à Christophe Dettinger dans la procédure intentée contre lui (frais de défense) et à sa famille mise en difficulté par l’incarcération. C’est bien sur cette base que les sommes ont été versées par les donateurs et sont désormais entre les mains de Leetchi. Et c’est la raison pour laquelle elles doivent être remises à l’organisateur qui les utilisera sous sa responsabilité. En violant ses propres règles, et en disposant à sa guise à l’encontre de la volonté des donateurs, ce qui constitue un détournement, Leetchi semble bien avoir commis le délit d’ABUS DE CONFIANCE prévu et réprimé par l’article 314-1 du code pénal. L’organisateur et les donateurs devraient immédiatement saisir le procureur de la république pour déposer plainte entre ses mains.
Au-delà de l’impact commercial que l’on espère désastreux pour Leetchi on peut s’interroger sur ce zèle à exécuter des ordres aussi manifestement illégaux émis par Marlène Schiappa lors d’une émission de télévision
Ahurissant.
"Nous n'interdisons aucun thème." C'est par ces mots que Chantal Jouanno, la présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP) a justifié la possible organisation d'un débat sur l'abrogation du mariage pour tous, ce lundi 7 janvier.
Saloperie.
Et après, on aborde quels sujets ? Le rétablissement de la peine de mort ? L'interdiction de l'immigration ? La déchéance de nationalité ?
J'ai d'abord pensé que cette enseignante avait enfreint le devoir de réserve -et c'est sûrement ce qui va lui être reproché- mais je vous laisse juger de la virulence du texte :
« Le grand chef blanc, écrivait-elle, a parlé treize minutes pour apaiser le ressentiment de millions d’indiens. Le grand chef blanc, au début de sa palabre, a prévenu que si les millions d’indiens continuaient de lui courir sur le calumet, il allait être intraitable pour rétablir l’ordre. Il en va de l’autorité du grand tipi de l’Élysée. Le grand chef blanc accorde une part de bison fumé supplémentaire pour les fêtes et chaque mois, les vieux indiens recevront une galette de maïs et une bouteille d’eau de feu ». Et plus loin, « Emmanuel Macron pendant treize minutes a montré son vrai visage, mains sur la table, yeux rivés au prompteur avec l’empathie du dompteur pour le lion. Saute dans le cerceau, français en gilet jaune ou pas, et ferme ta gueule.»
Un nouveau site à suivre du coup : https://dijoncter.info/
EDIT : un extrait du commentaire envoyé à l'Huma par Sophie Carrouge, la professeure en question :
audace suprême, j’ai cité ma fonction, enseignante, et le nom de mon lycée. Pour cette raison et d’autres peut-être, me voilà convoquée au rectorat de mon académie par le service des ressources humaines et je suppose que je devrais rendre des comptes à ma hiérarchie sur le « droit de réserve » aussi insaisissable que l’Arlésienne mais que j’ai apparemment bafoué. Et cela, c’est grave, plus grave que les violences policières contre nos élèves, plus qu’une réforme du lycée qui réinvente la lutte des classes, plus qu’un monde qui ressemble à une dystopie de roman d’anticipation des années 50. L’Education nationale a le sens des priorités. S’en prendre à une enseignante qui depuis 30 ans fait son travail et le fait correctement est une urgence beaucoup plus urgente que de proposer une réforme qui corrigerait les inégalités sociales et ne serait pas une machine à broyer les cerveaux et les cœurs.
EDIT du 21/12 : épilogue sans surprise : rappel au devoir de réserve
https://www.francetvinfo.fr/politique/une-professeure-de-dijon-convoquee-par-son-rectorat-apres-avoir-critique-emmanuelmacron_3109737.html
Tu bluffes, macronie
« Les Jours » ont passé les annonces présidentielles au peigne fin. Bilan : du flou, du flan et de l’enfumage.
BEST. TITLE. EVER.
(vu sur Mastodon)
N.B. : l'article est daté du 12/07/2017... alors quand Macron présente cette mesure comme un "cadeau" aux travailleurs, il se fout doublement de leur gueule. CQFD.
Ça s’en va et ça revient. La défiscalisation des heures supplémentaires introduites sous Nicolas Sarkozy, puis supprimée sous François Hollande, devrait réapparaître sous le quinquennat d’Emmanuel Macron. Loin d’être un tout petit rien, cette mesure a des conséquences importantes pour les finances publiques et le niveau de l’emploi.
Y'a ça qui tourne.
Quelqu'un l'a lu ?
Ça a un intérêt quelconque à part le pignolage de son auteur ?
J'ai pas suivi le discours du PDG, oups lapsus, du PDR, pardon. Mais j'en ai lu les échos dans le canard local, puis sur le web.
TL;DR : il se fout vraiment de notre gueule.
la hausse du SMIC de 100€ ? Elle sera supportée par les contribuables, pas par les patrons
Contacté par franceinfo, l’Élysée a confirmé que ces 100 euros d'augmentation comprenaient les hausses déjà prévues de la prime d'activité (30 euros en avril 2019, 20 euros en octobre 2020 et 20 euros en octobre 2021)
c'est quoi ce délire sur "l'identité profonde de la France " ? Après l'intermède "attention un terroriste !", le pouvoir exécutif est fier de vous présenter son fameux numéro de diversion, aussi connu sous l’appellation "c'est la faute aux étrangers"
Sécurité, immigration, laïcité. Le tiercé gagnant est là.
"Je veux renouer avec une idée juste : que le surcroît de travail accepté constitue un surcroît de revenu ; les heures supplémentaires seront versées sans impôts ni charges dès 2019" => du Sarkozy dans le texte.
Et cette phrase. C'est LA phrase. Pire qu'un constat d'échec, un aveu de mépris : "Leur détresse ne date pas d'hier mais nous avions fini lâchement par nous y habituer et au fond, tout se passait comme s'ils étaient oubliés, effacés."

EDIT du 14/12 : magnifique rétropédalage du gouvernement : https://www.lejdd.fr/Politique/gilets-jaunes-la-partie-immigration-du-futur-debat-national-fait-deja-polemique-3820325#xtor=cs1-4
Dans la présentation faite mercredi par le gouvernement, l'immigration était le cinquième axe de la future concertation nationale, souhaitée par le gouvernement en réponse au mouvement des Gilets jaunes. Mais jeudi, le Premier ministre Edouard Philippe a fait marche arrière et indiqué que ce sujet serait à l'ordre du jour sans prendre la forme d'un thème distinct.
Beaux exemples bien crades de récupération mémorielles :
Dans les deux cas, ça en dit bien plus long sur ces deux guignols qu'ils ne voudraient bien le reconnaître.
Et pendant qu'on célèbre les maréchaux, les généraux, les victoires, qu'on dépose des saloperies de fleurs sur quelques tombes, des bises sur les joues des petites filles, tout en faisant un beau discours conjuguant le plus jamais ça au conditionnel passé, on pisse à la raie des 10 millions de pauvres bougres assassinés pour la plus grande gloire des fondeurs d'acier.
Ne commencez jamais à chercher comment l'actualité française est traitée par la presse étrangère : vous risqueriez d'être déçu par celle-ci.
=> https://edition.cnn.com/2018/11/06/europe/emmanuel-macron-arrests-attack-plan-intl/index.html