Je suis persuadée que des personnages de fiction peuvent avoir plus de poids dans nos vies que des gens qu’on fréquente de façon très superficielle pendant des années. Les personnages de fiction peuvent nous accompagner avec une intimité extraordinaire.
Waouh. Waouh. Waouh. J'ai très très envie de lire ce livre - et je vais le lire, mais je viens de débuter The Expanse, ça va prendre quelques jours ^^
J'adore la façon dont elle parle de la littérature, des écrivains et des lecteurs, je ne vous fais pas le coup du recopiage, allez l'interview.
Retenez juste qu'elle dit -et c'est assez bouleversant de se rendre compte qu'elle a raison- que la mort de Milady est un féminicide, c'est une femme accusée de tous les maux assassinée par un groupe d'hommes sûrs de leur bon droit. C'est juste horrible quand on prend le temps d'y repenser. Pour autant, elle adore Dumas et ne veut pas que ce livre soit son procès, faisant remarquer que lui et ses personnages avaient fait évoluer leur point de vue en vieillissant.
En quoi la vengeance est-elle perçue différemment quand elle est entreprise par Milady plutôt que par les personnages masculins ?
Cet aspect m’a beaucoup intéressée.
Les Trois Mousquetaires paraissent quelques mois avant Le Comte de Monte-Cristo. Quand c’est Edmond Dantès qui cherche vengeance, on est tous avec lui et on trouve cela absolument noble et légitime.Et quand c’est Milady ?
Lorsque c’est elle qui cherche vengeance, elle est affublée de tous les maux dont on accuse ce genre de femme.
C’est intéressant quand même.
L’intelligence artificielle pourrait nous détruire totalement.
Celui qui l’affirme est à l’origine de Claude, l’une des IA les plus utilisées aujourd’hui.
Le patron d’Anthropic en est convaincu : sans un sursaut, l’humanité peut s’effondrer.
C'est (très) long, je suis en train de l'imprimer pour le lire au calme.
Juste une citation piochée au hasard, dans les dernières pages :
C’est là le piège : l’IA est si puissante et si lucrative qu’il est très difficile pour la civilisation humaine de lui imposer la moindre restriction.
«En 2025, mon assurance santé était d’environ 500 dollars par mois. Je payais près de 375, et les aides étaient donc d’environ 125 dollars. Les aides sont calculées en fonction du revenu. Avec la fin de l’extension d’Obamacare, et vu qu’avec mon revenu je suis au-dessus de 400 % du niveau de pauvreté, je n’y suis plus éligible. Je paye désormais 628 dollars par mois, car mon assurance santé a aussi augmenté. Les compagnies d’assurances ont anticipé une baisse du nombre de personnes qui allaient cotiser, à cause de la réduction des aides, et ils ont augmenté les prix. Quand ils ont passé la loi Obamacare, 400 % du niveau de pauvreté semblait beaucoup, mais les prix des assurances santé ont tellement augmenté depuis qu’ils sont devenus inabordables financièrement, même pour ceux au-dessus de ce seuil.
«Je vais devoir trouver cet argent quelque part. Je vais sûrement mettre moins de côté pour ma retraite, c’est la façon la plus facile de réduire mes dépenses. Mon loyer a augmenté, le prix des courses est plus cher, je ne mange déjà pas beaucoup dehors. C’est stressant. Je n’ai plus accès aux aides, vu que mes revenus dépassent le seuil, car les affaires vont bien, mais avec le prix de ma nouvelle assurance, d’une certaine manière, cela annule les gains que je fais avec mon entreprise.»
Le système (social, de santé, de l'assurance etc.) américain est brutal, surtout vu par un français, mais avec Trump c'est devenu encore pire. Cet article donne une série d'exemples, en donnant la paroles aux victimes directes de sa brutalité (chercheur sans crédit, fonctionnaire licencié, mère de famille aux portes de la pauvreté, immigrée craignant d'être expulsée...). Mais je me suis focalisé sur cet exemple qui appelle deux commentaires :
Maintenant, la question se pose, nous sommes à la croisée des chemins : les contre-pouvoirs vont-ils fonctionner ? Trump et sa clique ne vont-ils pas aller au bout de leur démarche et instaurer une dictature totale ? Comment ces gens, qui chient sur la Constitution, le droit international, ne pensent qu'à leur intérêt financier avant toutes autres considérations, ne pourraient-ils pas franchir le Rubicon du coup d’État ?
Président de la très influente Heritage Foundation — qui, depuis Reagan, se fixe pour mission de définir l’agenda des transitions présidentielles conservatrices — Kevin Roberts est le père du Projet 2025, que Donald Trump a commencé à mettre en œuvre dès le premier jour de son entrée en fonction et qu’il a depuis continué à pousser, finissant par adopter la moitié des mesures de ce programme.
Au moins, ça a le mérite d'être clair :
Je dirais que notre priorité absolue est que l’administration actuelle et la prochaine accélèrent le démantèlement de l’État.
Un début de réponse à la question que je posais ce matin : Trump est-il fou ou fait-il juste semblant ?
Réponse par Elisabeth Roudinesco : c'est compliqué...
L’Europe est devenue « une ennemie de l’humanité ».
Pour la disloquer, la Russie est prête à frapper l’Allemagne et l’Angleterre avec une bombe nucléaire « d’ici un an ».
On est cernés par les tarés.
Extrait du discours de Mark Rutte, secrétaire général de l'OTAN, le 11 décembre 2025 à Berlin :
Dans ce scénario [une attaque d'un autre pays européen par la Russie après avoir conquis l'Ukraine], des compromis douloureux seraient inévitables, mais absolument nécessaires pour protéger nos populations.
Ne l’oublions donc pas : la sécurité de l’Ukraine, c’est notre sécurité.
Les défenses de l’OTAN peuvent tenir pour l’instant. Mais avec son économie consacrée à la guerre, la Russie pourrait être prête à utiliser la force militaire contre l’OTAN d’ici cinq ans.
Elle intensifie déjà sa campagne secrète contre nos sociétés.
La liste des cibles de sabotage de la Russie ne se limite pas aux infrastructures critiques, à l’industrie de la défense et aux installations militaires. Des attaques ont été perpétrées contre des entrepôts et des centres commerciaux, des explosifs ont été dissimulés dans des colis, et la Pologne enquête actuellement sur des actes de sabotage contre son réseau ferroviaire.
Cette année, nous avons assisté à des violations flagrantes de l’espace aérien par la Russie.
[...]
La Russie a ramené la guerre en Europe et nous devons nous préparer à une guerre d’une ampleur comparable à celle qu’ont connue nos grands-parents ou nos arrière-grands-parents.
Cette campagne violente d’enlèvements par la police secrète, qui selon l’ONG Human Rights Watch « viole les droits humains à grande échelle », a commencé cet été après que le chef de cabinet adjoint de la Maison Blanche a annoncé que l’administration allait « libérer Los Angeles de l’invasion des migrants ».
Elle s’est étendue à Chicago, puis à Charlotte, en Caroline du Nord, puis à La Nouvelle-Orléans, où des brigades non violentes inspirées du modèle de Chicago se sont formées pour y résister dans chaque nouvelle ville.
À Grand Rapids, dans le Michigan, la police a arrêté face caméra des manifestants qui protestaient contre l’intervention américaine au Venezuela.
Tout cela est en train de se passer sous nos yeux.
En l’absence d’une résistance farouche, la situation va empirer.
J’ai un message pour l’Europe : ne cédez pas à cet homme.
Ne cédez pas à cet homme.
Trump mène une politique de terreur envers ses opposants. Tous ses opposants. On le savait depuis décembre 2024, mais la complaisance n'est plus permise : les USA sont devenus une vulgaire dictature.
Revenons en arrière. Le président est clair depuis des mois maintenant — et vous traitez cela comme un scoop.
Le président a clairement indiqué depuis des mois que les États-Unis devraient être la nation qui possède le Groenland dans le cadre de notre dispositif global de sécurité.
Les États-Unis vont s'emparer du Groenland. On sait pourquoi, et on sait quand.
Si l’armée russe atteint ses objectifs — que ce soit par une conquête pure et simple ou en transformant l’Ukraine en une « zone grise » perpétuellement instable — les conséquences ne s’arrêteront pas au Dniepr.
Aux portes de l’Europe se tiendrait alors une Russie gonflée de sa victoire, militairement renforcée, économiquement adaptée aux sanctions et suffisamment confiante pour tester la détermination de l’OTAN. Des pays comme la Moldavie et la Géorgie seront confrontés à un risque accru ; même les pays baltes, membres de l’Union, y seront exposés. L’Europe n’aura alors d’autre choix que de se réarmer à une vitesse vertigineuse, de déployer des forces le long d’une frontière beaucoup plus longue et de faire face à un conflit direct, le tout dans des conditions bien plus mauvaises qu’aujourd’hui.
Bonne nouvelle : si la Russie gagne en Ukraine, cela n'entrainerait pas une 3ème guerre mondiale. Non. Juste une guerre européenne.
Un article fleuve (j'ai lu en diagonale) de la revue Le Grand Continent, qui établit un parallèle entre Trump et... Mao. En tout cas, le Mao de la Révolution culturelle, et les similitudes sont nombreuses : désir de vengeance (si j'ai échoué le coup d'avant c'est la faute des autres), autoritarisme, culte de la personnalité, purges, "nettoyage par le chaos" (pensez au DOGE), rejet de tout ce qui n'est pas traditionnel (le wokisme pour Trump), rejet de la science et de toute voix discordante d'une façon générale, etc.
L'article s'achève en rappelant que la Révolution Culturelle n'a pas survécue à Mao...
Un entretien intéressant avec Elie Barnavi, historien et diplomate, ancien ambassadeur d'Israël en France. Lisez le, vous verrez que tout diplomate qu'il est, il ne fait pas de la langue de bois :
Lu chez SebSauvage : un article (un de plus pourrait-on dire) en cours de validation tendant à démontrer que les LLM, pour le dire vite, rendent con, ou en tout cas entraînent une "atrophie cérébrale" d'autant plus dure à "récupérer" que l'habitude d'utilisation est ancienne :
Dans cette expérimentation, 55 % de la « charge cognitive » nécessaire pour rédiger un essai sans aucune assistance diminuerait avec l’utilisation d’un LLM provoquant une sorte d’atrophie cérébrale.
Dans le temps, écrire avec ChatGPT ferait accumuler une « dette cognitive » rendant difficile un retour à une activité cérébrale normale pour les tâches effectuées sans LLM.
[...]
2 — Les effets cognitifs de l’utilisation de ChatGPT : les LLM atrophient-ils notre activité cérébrale ?
Les résultats de l’étude semblent sans appel : la « connectivité cérébrale » diminuerait systématiquement en fonction du soutien externe. [...] Autrement dit : plus le soutien extérieur est élevé, plus l’amplitude des zones actives dans le cerveau est faible.
Bon, ça peut paraître moins grave que ça en à l'air : ça revient juste à dire que selon que le sujet n'utilise que son cerveau, un moteur de recherche ou un LLM, ce ne sont pas les mêmes zones du cerveau qui sont activées, même si le nombre de zones utilisées va décroissant : cerveau seul > cerveau + moteur de recherche > LLM (et cerveau sur la table).
La suite est encore pire :
[...]
Les données dites « comportementales » — en particulier celles relatives à la capacité de citation, à l’exactitude des citations et à l’appropriation des essais — prolongent et corroborent les conclusions de l’étude en matière de connectivité neuronale.
[... ]
La divergence comportementale la plus constante et la plus significative entre les groupes a été observée dans la capacité à citer de tête son propre essai.
Bref : 83,3% des cobayes de l'étude (basée sur un échantillon, réduit, il est important de le préciser) s'étant servi du LLM pour rendre l'essaie demandé, se sont avéré incapables de citer des passages de cet essai.
Pour le coup, ça me parait plutôt normal de ne pas me rappeler d'un truc que je n'ai pas écrit moi-même. Mais l'étude établit une corrélation forte entre le faible nombre de zones du cerveau sollicitées et l'incapacité à mémoriser :
L’étude met notamment en avant le fait que la réduction de l’activité cognitive chez les utilisateurs de LLM « reflète probablement un contournement des processus d’encodage profond de la mémoire, les participants lisant, sélectionnant et transcrivant les suggestions générées par l’outil sans les intégrer dans les réseaux de mémoire épisodique ».
Par-ailleurs, les utilisateurs ont du mal, consciemment ou pas, à s'approprier la paternité du texte produit. Et ce n'est pas que de l’honnêteté intellectuelle de leur part, c'est aussi parce que, pour caricaturer, leur cerveau a été tellement peu impliqué dans le processus qu'il n'a rien produit et rien retenu, ce qui n'est pas sans poser des problèmes sur le long terme : avec une IA, on peut produire des choses, mais on n'apprend rien.
Cette observation expérimentale semblerait fournir la preuve que si les utilisateurs s’appuient trop fortement sur les outils d’IA, ils peuvent penser acquérir une maîtrise superficielle sans parvenir à intérioriser et à s’approprier les connaissances.
Ça vous semble encore anodin ? Attendez la chute.
Les effets sur le cerveau se font sentir à long terme. Après avoir échangé leurs rôles, le groupe "brain only" a obtenu de meilleurs résultats avec Chat GPT que le groupe "LLM only".
Le dernier paragraphe semble montrer (je rappelle que l'échantillon est restreint) que le groupe ayant fait du "LLM only" tend à se focaliser sur un ensemble d'idées plus restreint
Selon les auteurs, cette répétition pourrait suggérer que de nombreux participants ne se sont peut-être pas engagés profondément dans les sujets ou n’ont pas examiné de manière critique le matériel fourni par le LLM. Ce schéma reflèterait l’accumulation d’une dette cognitive : le recours répété à des systèmes externes tels que les LLM remplacerait des processus cognitifs exigeants nécessaires à la pensée indépendante par des processus purement intégratifs. La dette cognitive reporterait donc l’effort mental à court terme mais entraînerait des coûts à long terme comme une diminution de l’esprit critique, une vulnérabilité accrue à la manipulation et une baisse de la créativité.
Bref : perte de la faculté de mémorisation, perte du sens critique, perte des facultés imaginatives.
De là à dire -mais ce n'est pas si exagéré au regard du contexte- que l'objectif final des LLM est de nous rendre aussi cons que dociles... il y a un pas que je franchis sans complexes aucuns.
Je suis en train de lire cet entretien fleuve, c'est donc difficile d'avoir un avis définitif, surtout devant un bonhomme et un sujet aussi complexe.
Mais quand même... Le gars part plus ou moins du postulat qu'on peut philosopher sur la fin des temps en prenant la bible comme postulat de départ ; déjà, ça se pose là en terme de rigueur... Ensuite, le début de l'entretien m'a laissé penser qu'il y aurait une vraie réflexion sur la nature du progrès, ses risques, et finalement les risques "d'apocalypse", d'effondrement... directement liés au progrès et à la recherche frénétique du profit, ce qui ne manquait pas d'être intéressant vu le pedigree du personnage (principal investisseur dans l'IA, soutien de Trump...).
Mais en fait... non. C'est encore un putain d'intégriste qui a des visions, et qui pense que c'était mieux avant (du temps d’Érasme, à peu près), quand on pouvait embrasser tout le savoir humain, c'est à dire pas grand chose. Maintenant, les scientifiques sont beaucoup trop spécialisés et c'est pire que s'ils étaient cons, je déforme à peine : (le gras est de moi)
L’hyper-spécialisation masque une certaine décadence où des experts à l’esprit étroit se vantent de leur génie. Les spécialistes des cellules cancéreuses vendent des recherches sur le cancer et affirment qu’ils vont guérir le cancer dans les cinq prochaines années. Les adeptes de la théorie des cordes se vantent d’être les physiciens les plus intelligents et de tout savoir. Cependant, on peut voir dans ces déclarations une espèce de jeu de pouvoir académique, dans lequel les scientifiques s’empêchent d’avancer les uns les autres, et ainsi de suite.
OH PUTAIN.
Au-delà de la seule question économique, la guerre commerciale pourrait, en réduisant l’activité et le pouvoir d’achat des consommateurs-électeurs, avoir des conséquences importantes sur la scène politique intérieure et réduire le risque que la tentative techno-césariste réussisse. Trump, qui a longtemps bénéficié d’un a priori positif quant à sa capacité de gérer l’économie, est aujourd’hui désavoué par une majorité d’américains sur ce point.
Au moins une bonne nouvelle.
L’escalade de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine a conduit à un quasi-embargo réciproque, avec des niveaux de droits de douane — 145 % et 125 % — qui rendent quasi-impossible les échanges bilatéraux. Cette situation devrait radicalement diminuer le volume de fret entre ces deux pays. Plusieurs compagnies maritimes ont déjà réduit le nombre de liaisons hebdomadaires transpacifiques et l’activité sur les ports de la côte Est devrait assez fortement se contracter au cours des prochaines semaines. Le directeur exécutif du port de Los Angeles a récemment dévoilé que l’activité, la semaine du 5 mai, devrait être 35 % plus faible qu’à la même époque l’an dernier, cela car « de nombreux distributeurs américains ont totalement arrêté leurs importations depuis la Chine en raison des droits de douane »
Dans un rapport largement commenté, l’économiste en chef d’Apollo Global Management estime que ce gel des activités portuaires devrait progressivement se transmettre au reste de l’économie américaine. Il prévoit que les volumes de conteneurs devraient baisser significativement d’ici début mai. En conséquence, l’activité de fret routier devrait être affectée à partir de cette date. En prenant en compte les délais de livraison par la route et les stocks, le commerce de détail devrait être touché fin mai ou début juin. À cette date, des pénuries devraient apparaître, ainsi que d’importantes hausses de prix.
Tout cela conduirait à une entrée en récession à l’été.
[...]
Mais les dommages économiques de la politique adoptée depuis janvier risquent surtout d’être insidieux, progressifs et persistants. Le « Liberation Day » a mis à mal le système commercial mondial créé par l’Amérique, et dont elle a fortement profité pour assurer le développement de ses multinationales telles que Apple ou Nike, qui contribuent à sa prospérité en organisant les chaînes de valeur mondiale de manière à concentrer les activités à plus forte valeur ajoutée aux États-Unis. La perte de confiance dans les États-Unis a conduit au boycott de leurs produits au Canada ou au Danemark, l’escalade avec la Chine a provoqué l’annulation de ventes de Boeing, affaiblissant ainsi une des rares industrie très exportatrice des Etats-Unis et a fait naître de premières interrogations sur le statut de monnaie de réserve internationale du dollar.
[...]
Toutes ces mesures [la réduction des financements de la recherche via le DOGE, la suppression de subventions aux universités (-2 milliards pour Havard)] , ainsi que les actions du Département de la sécurité intérieure à l’encontre d’étudiants étrangers, risquent d’affaiblir le cœur de l’écosystème d’innovation américain, sur lequel repose son leadership technologico-économique, à un moment où la Chine mobilise toutes ses ressources pour dominer les technologies du futur.
Encore une couche de Sureau, qui s'essaie au polar avec ce nouveau livre. Mais le polar à l'ancienne, façon "Holmes, Lupin, Poirot, Maigret".
Et Kafka a demandé à Max Brod de détruire après sa mort la troisième partie restante.
Évidemment, on sait que Max Brod n’a non seulement pas respecté la demande testamentaire de Kafka, mais qu’il a trié, édité, mis en volume et diffusé ces textes.
Georges Perec, en parlant de ses parents qu’il n’a pas connus, dit « leur mort fut l’affirmation de ma vie ». C’est un peu la même chose avec Kafka : c’est d’une certaine façon au moment de sa mort que son œuvre naît et que naît le Kafka que nous connaissons. Son entourage se sent alors autorisé à aller piocher dans son monde — pour mettre en valeur et pour diffuser. Le patronyme Kafka peut alors s’installer dans la littérature européenne, puis mondiale.
C’est pour cela que je disais qu’il fallait certes commémorer en 2024 le centenaire d’une mort de Kafka, mais qu’il fallait surtout célébrer le centenaire du début de l’aventure éditoriale de Kafka — notamment avec le centenaire de la publication du Procès.
Grâce à cette trahison testamentaire et à cette aventure éditoriale entreprise par Max Brod, les textes de Kafka circulent, traversent les frontières — l’océan même, et arrivent jusque dans les mains des premiers traducteurs dont je parle dans le livre. Ce fut donc l’affirmation de la vie de Kafka.
Un article très long mais passionnant sur Kafka et ses traducteurs.
Je suis content de l'avoir découvert tout seul, avant que Libé n'en parle :)
Lien vers leur site : https://legrandcontinent.eu/fr/ (je vous conseille cet article par exemple : https://sammyfisherjr.net/Shaarli/?tuhyrQ)
Je me tâte de m'abonner dans l'avenir, c'est plutôt cher.
Pierre Michon. Plus grand écrivain français vivant.